VI INTRODUCTION
les siècles , elle a ouvert sa demeure sacrée pour servir d'asile à la vertu et à l'innocence contre les vices et la corruption de la société; dans tous les temps aussi, elle a trouvé des ames qui, supérieures aux faux jugements des hommes , ont préféré l'obscurité de ses cloîtres aux joies du siècle, et se sont arrachées aux amusements et aux honneurs du monde, pour se livrer aux exercices de l'humilité et de la pénitence. Ces traits d'héroïsme chrétien, dont tant de milliers de moines ont donné l'exemple f sont un des plus beaux triomphes de la religion. Des abbés, ignorés du monde, ont prouvé qu'ils savaient, beaucoup mieux que la philosophie, élever T homme au-dessus des passions et des faiblesses de l'humanité. Le monde lui-même n'a cessé de payer un tribut public de respect et d'hommages à ces ames nobles et courageuses qui se consacraient, dans la retraite, à la pratique des plus sublimes conseils de l'Evangile. Ce n'est que dans ces derniers temps , que de vains et orgueilleux raisonneurs ont osé traiter de faiblesse les victoires que la religion remportait sur la nature.
L'histoire du couvent de Saint-Germain est celle des mœurs du peuple auxerrois. Le clergé et les différents Ordres religieux ont toujours été, dans cette contrée, éminemment populaires. Leur cause a été celle de la grande majorité de la population, témoins ces nombreux monastères de l'un et de l'autre sexe, que l'on rencontrait à la ville et aux environs. L'armée cléricale , tant séculière que régulière , se