FRANÇOIS DE BEAUJEU
Cet abbé , né en Franche-Comté , tirait son origine des
(1) Dom Viole, ross, p. 1156. Gall. chr., t. 1S, col. 390. Dom Cotron, p. 1198.
(2) Gall. chr., t. 4, col. 693.
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seigneurs de ce nom. Il fut d'abord religieux de Saint- Bénigne de Dijon, chambrier de la même abbaye, ensuite prieur de Saint-Pierre de Decize, en 1506, et d'un autre prieuré du nom de Saint-Bénigne, dans le diocèse de Toul. H fut pourvu du monastère de Saint-Germain par une bulle du pape Jules II, le 23 du mois de mai de l'an 1509, d'après la résignation que lui en avait fait Claude de Charmes, qu'on croit avoir été son oncle. Ce dernier, qui avait retenu une pension de six cents ducats d'or, dont deux cents devaient être pris sur la seigneurie d'Héry, deux cents sur la chambre de Saint-Bénigne et autant sur le prieuré du même nom, dans le diocèse de Toul , avait encore retenu la collation des bénéfices. Cette manière de transmettre à un autre tout ce qu'il y avait de pénible , de se réserver les meilleurs revenus et ce qui pouvait faire rechercher dans le monde, trouva de l'opposition dans la chambre apostolique. Le cardinal des quatre couronnés et un autre prélat que l'histoire ne nomme pas, s'élevèrent fortement contre ce trafic honteux des bénéfices. Leur voix ne put être entendue au milieu d'un siècle où toutes les charges étaient vénales. De Baujeu en fut quitte pour quelques jours de retard dans l'envoi de ses bulles. 11 prit possession en 1509 et eut pour grand vicaire François de la Borde, auquel succéda le frère Philibert de Beaujeu, neveu de l'abbé.
La résignation et la commende, ces deux plaies des maisons religieuses, \ont devenir l'état normal de l'abbaye de Saint-Germain. D'après les anciennes règles de l'Église, on résignait un bénéfice en le remettant entre les mains du collateur , qui pouvait refuser ou accepter cette transmission. Au quinzième siècle commencent les transactions simoniaques, telles qu'on en a vu faire à Hugues de Tyard et à Claude de Charmes. Des canonistes soutinrent que les papes pouvaient dispenser de cette espèce de simonie; ils le firent. Dès^lors , le peuple regarda les bénéfices
comme un patrimoine qu'on pouvait donner à qui l'on voulait.
La commende était , dans le principe, la garde ou l'administration d'une église vacante, en attendant qu'il y eût un titulaire. Le commendataire prenait ce qui était nécessaire poirr sa subsistance, le reste était employé pour l'utilité de cette église. Sous la seconde race de nos rois, on abusa des commendes : on donua des monastères nonseulement à des évêques et à des prêtres, mais encore à des laïques et à des gens de guerre. Cet abus fut enfin retranché ; les évêques continuèrent cependant à retenir quelques monastères en commende, mais depuis le séjour des papes à Avignon , elles se multiplièrent à l'infini. La cour de Rome , privée de ses revenus d'Italie , y suppléa par les bénéfices de France. Les abbés vivaient en grands seigneurs et enrichissaient leurs parent3 aux dépens des moines et des pauvres. Enfin, comme nous le verrons bientôt, le concordat entre le pape Léon X et le roi François Ier mit le comble à tous ces scandales. Le prince fut autorisé adonner toutes les abbayes à ses favoris. À dater de ce moment , elles allèrent toujours en décadence : telle fut celle de Saint-Germain, qui tenta aussi, par ses richesses, la cupidité des hommes de la cour (1).
L'abbé de Saint-Germain est toujours obligé de se mêler aux affaires du siècle pour soutenir les intérêts de son monastère. Une sentence du présidial de Sens, de l'an 4511, le maintint dans le droit de justice haute, moyenne et basse dans la terre de Villiers-Vineux. Madoc Babule , écuyer, seigneur de Froidfons, qui jouissait du prieuré de Moutiers-en-Puisaye, fut obligé de s'en dessaisir en faveur de la fabrique de l'église de Saint-Germain. Alors l'abbé de Beaujeu, disposant de ce prieuré de son autorité privée,
(1) Voy. Fleury, institut au droit ccclés., chap. 20 et 26.
en donna le revenu à son frère. Il fit encore une échange de biens, sans le consentement des religieux, avec François de Rochechouart , chevalier , seigneur de Saint-Amand , chambellan du roi et sénéchal de Toulouse. L'histoire ne reproche à cet abbé que ces deux actes opposés à ses devoirs et aux intérêts du monastère. Dans la suite, il retira le prieuré de Moutiers des mains de ses parents, pour le remettre à la fabrique de l'église de Saint-Germain.
Le frère Charles du Moret, maître des novices, porta dans la communauté le désordre de l'orgueil et de l'ambition. Ayant gagné la confiance de Georges d'Amboise, légat du pape en France , il se fit donner l'office de grand-prieur. L'abbé, pour le punir de sa témérité, le fit enfermer dans les prisons du monastère et l'obligea à donner sa démission pour obtenir son élargissement. Ce frère ne s'en tint pas là; il obtint, en 1512, des provisions des pères du concile de Pise, pour le prieuré de Moutiers, et prit possession de ce bénéfice malgré l'abbé ; il fit même confirmer sa nomination par le pape Léon X. François de Beaujeu entreprit un procès contre lui, espérant dévoiler les intrigues à l'aide desquelles il avait trompé la confiance des pères du concile et du pape. Ce frère quitta le prieuré et obtint un arrêt du parlement qui lui assurait une pension et le monastère de Saint-Martindes-Champs , pendant le temps que durerait le procès. Sa mort arriva avant que le jugement ne fût rendu. On voit que l'abbé de Saint-Germain , peu accoutumé aux usages de la commende , ignorait que le pape donnait jusqu'aux prieurés des grandes abbayes , c'est pourquoi du Moret trouva de l'appui jusque dans un concile.
L'abbé de Beaujeu donnait à l'étude le temps qui lui restait après avoir visité les prieurés, et vaqué aux autres devoirs de sa charge. Il avait une prédilection particulière pour les ouvrages de saint Jean-Chrysostôme, qu'il avait
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continuellement dans les mains. La lecture de ce père lui était si familière qu'il employait ses expressions et ses tours de phrases dans les instructions qu'il adressait aux frères ; on ajoutait même qu'il en avait tout l'esprit.
Quoique son prédécesseur eût terminé la maison du Seigneur, il ne se crut pas quitte envers elle ; il s'occupa de sa décoration ; il donna aussi ses soins à la demeure abbatiale, qu'il rebâtit presque à neuf. En 1521, il appuya le réfectoire de nouveaux arc-boutants ; ce sont sans doute ceux qu'un imprévoyant architecte fit disparaître lors de la formation de l'hôpital. Comme la solidité de 1 édifice était compromise, on en mit immédiatement d'autres en bois, que l'on supprima, en 1834, en liant les murs du dehors avec ceux de l'intérieur de la cour, par de grosses barres de fer qui passent entre la voûte et le carrelage , au-dessus du rez^-de-chaussée.
Lorsque l'évêque François de Dinteville fit son entrée à Auxerre, en 1514, il se rendit à Saint-Germain, comme ses prédécesseurs. L'abbé de Beau jeu lui fit prêter serment qu'il conserverait les immunités du monastère, ajoutant que lui et ses religieux estoient notoirement exempts de lui et de sa juridiction. L'évêque répondit par ces paroles du Sauveur : « Je ne suis pas venu pour enfreindre la loi, mais pour l'accomplir. » La bonne intelligence ne régna pas toujours entre l'abbé et ce prélat, car un arrêt du 20 mai 1525 déclare que l'évêque d' Auxerre, son officiai, son promoteur et ses autres officiers, ne peuvent entreprendre cour, juridiction, ne connaissance contre eux, ny aucun d'eux, ny décerner citations, icelles exécuter, ni autres censures ecclésiastiques contre eulx, et que les dits religieux ny sont tenus d*y répondre, sinon aux cas de droit réservé aux évéques contre les exempts (t).
(1)Gall. chr., i. î, eol. SSL
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En 1521 , te clergé élut l'abbé de Saint-Germain pour son représentant aux Etats généraux de Bourgogne, parce qu'après 1 evêque, il passait pour le personnage le plus éminent du diocèse.
L'année suivante, les craintes que le protestantisme naissant inspirait aux établissements religieux , portèrent l'abbé et ses moines à former une association avec le monastère de Saint-Julien d'Auxerre (\). Nous avons déjà vu de ces unions par lesquelles plusieurs communautés se promettaient des secours temporels, et s'accordaient une part mutuelle dans leurs prières, dans leurs messes, leurs psalmodies, leurs offices et leurs aumônes. A la mort d'un moine, on célébrait pour lui un service funèbre dans les communautés unios; s'il venait à quitter le monastère, par suite de mesures disciplinaires, on lui donnait l'hospitalité dans les maisons associées jusqu'à ce qu'il lui fût permis de rentrer en paix (2).
De Beaujeu se trouva dans la nécessité de vendre, en 1538, la forêt de Grosbois, pour payer sa quote-part de la subvention accordée à François Ier , dans la guerre qu'il soutenait contre Charles-Quint. Le prix fut de quinze * cent cinquante écus d'or (3). C'était précisément la somme
(1) Dom Colron, p. 1203.
(2) Des moines parcouraient les abbayes arec un rouleau de parchemin, sur lequel ils recueillaient les adhésions à l'association avec leur monastère. On voit aux archives de Dijon un de ces rouleaux appartenant autrefois à l'abbaye de Saint-Etienne de celte ville; il est long de plus de quinze mètres et renferme les noms de plusieurs centaine» d'abbayes , parmi lesquelles doit se trouver celle de Saint-Germain d'Auxerre. Chaque adhésion est à peu près conçue ainsi : • Ce rouleau
a été présenté au monastère de .... ordre de l'an du Seigneur
priez pour les nôtres, nous prierons pour les vôtres ; que les ames de tous les fidèles défunts reposent en paix par la miséricorde de Dieu.
(5) L'abbé Cornât, dans une notice surleMont-Saint-Sulpice, insérée dans V Annuaire de 1850, dit qu'on vendit seulement la coupe du bois.
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à laquelle l'abbaye avait été imposée. Ou voit , par une énumération de ses biens, faite à cette époque, que sa fortune territoriale était la même que celle des siècles précédents (1).
Un des derniers actes de l'abbé de Beaujcu fut une augmentation de la mense des moines, à laquelle il ajouta le domaine de Villicrs -Vineux. Sur la fin de sa vie, il devint presque aveugle ; cette infirmité, ajoutée à d'autres qu'il avait déjà, le rendait peu propre à la direction d'une communauté nombreuse. S'il eut senti son impuissance pour le gouvernement du monastère et qu'il eut donné sa démission, il eut ajouté à la somme de ses bonnes œuvres. Enfin, en 1539, Dieu content des travaux et de la résignation de son serviteur, se hâta de l'appeler à la gloire. On lui fit des funérailles aussi solennelles que le deuil était profond. Toute la ville accourut dans une douloureuse admiration, saluer ses restes mortels. Des regrets unanimes éclatèrent parmi les moines ; il semblait que le monastère comprit que Tune de ses dernières splendeurs s'éteignait j en effet, il en fut le dernier abbé régulier. Son corps fut inhumé au milieu du chœur de l'église de Saint -Germain , le 5 novembre. On grava sur sa
dont le prix fut de 1230 écus. Dom Viole dit que ce fut le fond et porte la Tente à 1550 écus d'or. Celle somme élevée est sans doute le prix do la forêt) car il n'en est plus parlé dans l'histoire de l'abbaye. La contenance des terres et des prés était de deux cent trente arpents, qui furent affermés, en 1788, moyennant 1,800 livres et dix bichets d'avoine.
Ce fief venait d'un seigneur d'Orraoy qui, en partant pour une croisade au commencement du xur» siècle, en avait conûé l'administration aux moines d'Héry , avec donation de la propriété s'il ne revenait pas. Etant mort dans celte expédition, son fief fut dévolu à l'abbaye de Saint-Germain. Les moines desservirent immédiatement la chapelle du château, selon l'intention du donataire.
(1) Voyei pièces justifie.
tombe une épitaphe en français qui renferme son éloge (1).
U était représenté sur sa tombe vêtu de ses habits pontificaux. On lisait ces trois mots autour de sa mître : Sola manent mérita. (On n'emporte que ses bonnes œuvres). Le frère de Pesselière (2), élève de théologie à Paris, a fait son éloge dans trois épîtres qu'il lui adressa pendant sa vie : il loue la noblesse de sa naissance, sa prudence dans les affaires et dans le gouvernement de l'abbaye, sa doctrine, son éloquence, ses vertus privées et publiques. On voit, par une de ces lettres, qu'on ne recevait dans le monastère que des sujets de famille noble, ou qui jouissaient d'un certain rang dans le monde.
François de Beaujeu tint le siège abbatial environ trente ans, et non trente-trois, comme le porte son épitaphe. Son neveu , Philibert de Beaujeu , licencié en décrets , fut prieur claustral, en 1520, ensuite abbé de Saint-Nicaise de Rheims, puis évêque de Bethléem-les-Clamecy.
Plusieurs membres de cette famille furent inhumés à Saint-Germain. Marie des Ulmes, dame delà Maison-Fort, veuve de Claude de Beaujeu, mort en 4541, fît Tannée
(1) Elle élail ainsi conçue : • Ci gisl vén. et illustre personne frère
François de Beaujeu, jadis abbé du inooaslére environ xxxm ans,
et icelui grandement enrichi, décoré et augmenté, décéda plein de âge, foy et bonnes oeuvres le v* jour du mois de novembre mdxxxix. Sola maixent mérita.
Ses armes , qu'on voit dans le manuscrit de dom Cotron , étaient d'argent à quatre faces de gueules. On y trouve aussf son sceau où il est représenté debont entre six meneaux en ogire , ayant la crosse et la mitre et donnant sa bénédiction. Dom Cotron, p. 1212 et 1215.
(2) Pierre de Pesselière naquit à Gurgy d'une famille plus avantagée «les dons delà grâce que de ceux de la fortune. Sa docilité, jointe à ses grandes dispositions pour les sciences , le firent recevoir à Saint- Germain au nombre des frères. Oh- renvoya étudier dans l'Université ée Paris, en 1555: il s'y distingua par «ne supériorité incontestable sur tous ses égaux. L'abbé de Beaujeu , qui payait sa pension , étant mort, Louis de Lorraine, son successeur, continua cette bonne œuvre -
suivante une fondation remarquable. Elle donna treize arpents de pré, situés à l'extrémité du territoire d'Héry, dans un lieu appelé les Isles. Le fief de la Maison-Fort était dans ces parages, près du Serain. Le canton en a retenu le nom. Cette noble dame demanda en retour que l'on célébrât, pour elle et pour sa famille, tous les jours de l'année, à perpétuité, une messe, à l'autel de Sainte-Catherine, qui prit, peu après, le nom de Saint-Michel, et qui était à l'entrée de la nef. Catherine de Blossct , sa mère , avait reçu la sépulture dans cette chapelle. Pour remplir l'intention de la fondatrice , les moines disaient, le lundi, le mardi et le mercredi de chaque semaine, une messe des morts, le jeudi une du Saint Sacrement, le vendredi une autre de la Croix, le samedi elle était en l'honneur de la bienheureuse Marie, et le dimanche, ils disaient celle qui est propre à ce môme jour. Deux anniversaires devaient être célébrés avec diacre et sous-diacre, pour sa mère et pour son mari. Parmi ceux qui signèrent l'acte de donation, en l'absence du grand-vicaire, on remarque François Desmoulins, prieur, Pierre Coi ffy, sous-prieur et sacristain, Etienne Chauveau, tiers-prieur et aumônier, Hugues de Vernay, chantre, EdmeNigot, infirmier, Thomas Manance, grenetier, et Jean Revel, trésorier.
L'aumônier du monastère donna, en 1517, des lettres d'affranchissement pour le four banal à l'usage des habitants de GrangeUc et de Colangette , hameaux de la commune de Thury ; il fait, à cette occasion, ce singulier exposé : <* Considêranz que du commencement du monde
Il le fil prieur du monastère vers Van 1544. Il fut successivement grand vicaire de trois abbés commendataircs : Louis de Lorraine, François de Beaacaire et Pierre de Lyon. II publia , en 1545, la vie de saint Germain , mise en vers lalins par Héric , qu'il dédia à Louis de Lorraine. II a laissé des mémoires sur les événements de «on temps. Sa mort arriva le 3 juillet 159T.
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toutes personnes vivotent francz et en liberté et que en icelluy temps, nulle manumission n'estait introduite ne establie, combien que par le droit des gens depuis ce aucunes personnes et en plusieurs lieux ayant esté trovez serfs, et pour ce le dict aulmosnier luy voullant raigler et gouverner , selon les commandemens de Dieu; considéranz aussi ce que les saine tes escriptures disent que quiconque relaische et deslie la servitude de son subjetz de jub (joug) lien et charge de servitude, il dessert avoir du souverain juge relaxation de ses délietz et péchez ; considéranz l'obédience et bonne intention des dietz subjeetz et aussy qu'il espère faire le prouffict et augmentalion de l'esglise et de la dicte seigneurie.». » (1),
Les écoles do Saint-Germain, si célèbres du temps de Louis-le-Débonnaire, étaient déchues de leur splendeur j néanmoins, fidèles à cette vocation, les moines eurent toujours une école dans leur monastère. Au seizième siècle, le peuple est émancipé, la civilisation fait de rapides progrès, les études du cloître ne suffisent plus au désir de s'instruire qui anime la génération nouvelle. Les abbés de Saint-Germain ne surent pas se mettre à la tète du mouvement qui entraînait les esprits vers des études plus sérieuses. On enseigne toujours dans leur école la grammaire et la logique, ainsi que les premiers éléments de l'instruction. Les citoyens réclament des cours plus complets d'enseignement; ils appellent des maîtres du dehors. Un chanoine de la cathédrale , nommé Jean de Charmoy, légua une somme considérable pour fonder un vaste établissement. On acheta plusieurs édifices, occupes depuis par un couvent d'Ursulines, et transformés aujourd'hui en casernes. Le 20 septembre 1538, les grandes écoles y furent installées ; c'est ainsi qu'on les appela pour les distinguer de celles de Saint-Germain que l'on nomma les
f; Animes «ïo la prëfcct.
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petites écoles. Un principal et quatre professeurs y enseignaient la langue française, la langue latine et la langue grecque. Il n'y avait point de chaires de rhétorique ni de philosophie. Le savant Amyot, devenu évèque d'Auxerre, fut peu satisfait des grandes écoles. 11 forma le projet de fonder un grand établissement, qui serait à la fois collège et séminaire, qu'il mettrait entre les mains des Jésuites. Sa mort ne lui permit pas de mettre ce projet à exécution (1).
Du fond de leur retraite, les moines de Saint-Germain avaient dirigé l'éducation de la noblesse et du peuple pendant plus de neuf cents ans, et leur avaient aidé à traverser la période la plus dure dont nos annales fassent mention ; ils avaient appris aux nobles à user avec sagesse et avec modération des pouvoirs illimités que les lois féodales mettaient entre leurs mains et au peuple à supporter, avec patience et résignation, les épreuves de la providence. Par cette œuvre morale, ils avaient puissamment contribué à l'affranchissement des peuples. Vienne maintenant la philosophie , avec ses vains sophismes , ravaler les immenses services de ces précepteurs et de ces consolateurs de l'humanité opprimée ! Que nos contemporains leur rendent la justice qui leur est due ! Quant aux moines, ils ont reçu la récompense qu'ils ambitionnaient, celle d'avoir été utiles à leurs concitoyens, et d'avoir par là mérité une couronne dans les cieux.
ABBÉS COMMENDATAIRES DONT LE RÈGNE VA DURER 250 AU* ET NE FINIRA QI AVKC L ABBAYE ELLE-MÊME EN 1790, ' APRÈS AVOIR DONNÉ ONZE TITULAIRES.