‹ Histoire de l'abbaye de Saint-Germain d'Auxerre, Ordre de Saint Benoît et de la Congrégation de Saint MaurChapitre 48 sur 69 · FRANÇOIS DE CRUSSOL D'UZÉS · texte numérisé non relu

FRANÇOIS DE CRUSSOL D'UZÉS

De Crussol , conseiller du roi en tons ses conseils , fut évêque de Blois, ensuite archevêque de Toulouse. L'abbaye de Saint-Germain lui fut donnée en commende en 4738. Le brevet du roi portait qu'il prélèverait sur ses revenus une rente annuelle et viagère de deux mille livres pour le supérieur du séminaire de Blois. Toutes les pièces relatives à sa nomination, signées de la main de Louis XIV, se voient encore aux archives de la préfecture. L'abbaye de Caroffy, prise aussi en commende, vint ajouter aux revenus de cet abbé-archevêque, qui mourut en 4758, à Tàge de cinquante-cinq ans (4).

En 4743, les religieux de Sainte-Germain fixèrent à onze heures du matin leur dîner , qui était auparavant à neuf. Ils donnèrent pour motifs, en demandant cette permission aux supérieurs généraux , que toutes les messes étant terminées à neuf heures , les fidèles qui se rendaient chaque jour en foule à Saint-Germain pour satisfaire leur dévotion, ne pouvaient les entendre ; que les chanoines de la cathédrale , qui y venaient aussi fréquemment en pro-

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cession, obligeaient souvent à en retarder l'iieure; enfin, que les religieux en voyage , qui arrivaient à l'abbaye en grand nombre, soit par eau, soit par terre , entraient ordinairement lorsqu'on sortait du réfectoire (1).

Toujours disposés à se prêter aux besoins de la société , et surtout des pauvres , ils mirent , en 4746 , à la disposition des autorités de la ville, les bâtiments qu'ils n'occupaient pas , pour caserner les prisonniers hollandais qu'on venait de leur envoyer : ils y restèrent deux ans et demi (2)»

Depuis la commende , l'abbatiale n'était habitée que momentanément. On peut juger par ce qu'il en reste, que cet édifice n'était pas sans magnificence. Les dernier! abbés réguliers y avaient introduit une somptuosité et une élégance qui répondaient au rang élevé qu'occupait leur monastère. On fait tant de changement dans l'iulérieur de cet édifice, qu'on n'y verra bientôt plus de traces des appartements occupés par les abbés. Des terrasses, des jardins, dessinés dans les proportions majestueuses du grand siècle, couvraient le vaste enclos du monastère.

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