III INTRODUCTION
florissantes, où l'on a vu revivre, avec la foi, l'innocence des premières mœurs? Ils ont soumis aux lois de l'Evangile des peuples qui avaient échappé aux armes des conquérants. Buffon n'a-t il pas dit que « les missions ont formé plus d'hommes dans les nations barbares, que les armées victorieuses qui les avaient subjuguées? (1) » Qu'on interroge ces peuples ignorants , superstitieux et sanguinaires répandus sur tant de plages et d'îles lointaines ; qu'on leur demande à qui ils doivent la lumière qui est venue les éclairer : presque tous répondront qu'ils en sont redevables au dévouement de quelque Ordre religieux.
Parmi les dépositaires des lettres et des sciences , dont nos contemporains sont si fiers , on remarque saint Grégoire-le-Grand, Bède, Egbert, Paul, diacre, Alcuin, Jean Scot, Hincmar, Mabillon, d'Achery et tant d'autres, tous formés dans les cloîtres. Sans sortir de Saint-Germain, nous voyons des littérateurs distingués. H^ric savait le grec ; il mit en vers latins la vie de saint Germain , et ouvrit avec éclat cette longue suite d'hommes supérieurs que nous verrons illustrer l'abbaye qui lui était dédiée. Glabert , Guy de Munois , dom Viole , se sont fait un nom dans l'histoire. Remi, ce grand dialecticien, ce prince des études , cet esprit subtil et pénétrant du neuvième siècle, après s'être formé à Saint-Germain où il enseigna, ouvrit des écoles publiques à Reims et à Paris.
(I) Histoire uatureile, t. 5, p. 500.