XIV INTRODUCTION
maisons de recueillement viennent s ensevelir les ennuis du trône, les fatigues de la grandeur et le dégoût des plaisirs. On ne doit donc pas juger les monastères par quelques abus inséparables de toutes les choses humaines , mais par leur caractère essentiellement religieux, c'est-à-dire moral, intellectuel, littéraire, laborieux, etauquel, à dire vrai, nos mœurs relâchées n'ont rien à reprocher.
Arrive-t-il qu'un Ordre cesse d'être en rapport avec les nécessités qui l'ont créé, ou qu'il ait dévié des voies saintes que lui avait tracées son fondateur, une réforme survient : une main ferme saisit les rênes de son gouvernement, et aussitôt on croit voir naître un autre institut qui surpasse le premier et le remplace. Depuis l'établissement de l'Eglise, cette succession de corporations religieuses n'a jamais manqué aux diverses situations de la société chrétienne. Ces belles et utiles institutions ont besoin d une grande liberté d'action pour prospérer et pour grandir. Aussitôt que le pouvoir civil touche à leur indépendance, on les voit arriver à leur déclin.
Quel beau spectacle que celui de ces moines qui, se sentant appelés à une plus haute perfection , se confinent, par goût, dans les solitudes 1 Là, rien ne peut les détourner de leurs pratiques pleines de rigueur, ni troubler leurs méditations austères. Calmes sous la protectrice influence d'un recueillement ineffable et de tous les instants, détrompés des vanités terrestres, détachés à jamais des plaisirs d'ici-bas, ils ne vivent que par l'esprit ; ils vaquent sans re-