CHAPITRE III
ORGANISATION DEFINITIVE DU MONASTERE PAR L'INTRODUCTION DE LA REGLE DE LUXEUIL. SA REPUTATION DE SCIENCE ET DE SAINTETE. COMPO- SITION DE LA GRANDE PASSION DE SAINT SAVINIEN. AIGYLENE, 2 e ABBE CONNU. DESTRUCTION DE L'ABBAYE PAR LES SARRAZINS. SON RELE- VEMENT. LES ARCHEVEQUES CONTINUENT A Y RECEVOIR LA SEPULTURE. MAGNUS Y PASSE LA VEILLE DE SON INTRONISATION.
L'histoire de Saint-Pierre-le-Vif deraeure fort obscure j usque dans les premieres annees du vir siecle, epoque a laquelle le monastere remplagaJajLegle de saint Basile par celle deLuxeuil. Gette regie, congue et pratiquee en Italie par saint Benoit et ses disciples, avait ete implantee (590) en Gaule par saint Colomban, au monastere de Luxeuil (Haute-Saone). Elle etait 1'ceuvre d'un homme consomme dans la science du salut et suscite pour conduire les ames a la plus sublime perfection. Le pape Gregoire VH ne pouvait se lasser d'admirer 1'esprit de sagesse et de discernement qui y regne. Le fameux Cosme de Medicis et d'autres legislateurs apres lui, qui la lurent et la mediterent, y trouvaient la connaissance la plus profonde du coeur humain et la regardaient comme .une source abondante de maximes propres a gouverner les homines.
G'est a tort, pensons-nous, que le GalUa Christiana attribue a Fabbe Aigylene, en 659, 1'introduction de la regie de saint Colomban a Saint-Pierre-le-Vif. Cette erreur repose sur la mauvaise interpretation d'un passage obscur de la charte donnee en cette annee par 1'archeveque Eramon. On peut voir, en effet, par le contexte, que les moines de Saint-Pierre possedaient alors, depuis quelque temps cleja, les privileges attaches a 1'observance de cette regie et que, par consequent, ils devaient la pratiquer depuis le commencement de ce siecle.
Saint Benoit avait base ses prescriptions sur les vertus d'obeissance, de pauvrete, d'humilite, de chastete, de mortification interieure et exterieure et de silence. Le premier repas ne devait avoir lieu qu'a 1'heure de none (vers 3 heures de 1'apres-midi) et se
composait d'herbes, de legumes, de farine detrempee d'eau et d'un petit pain. L'usage de la viande etait interdit. La nourriture etait proportionnee a la fatigue et chaque journee se partageait entre la psalmodie, le travail et la lecture. Outre la priere commune qui se faisait a differentes heures de la nuit et de jour, chaque religieux devait prier dans sa cellule pour continuer 1'oraison du cceur et 1'application de 1'esprit vers Dieu.
Apres la regie venait le penitentiel, determinant la correction des fautes ordiriaires des moines. La punition la plus frequente etait les coups de fouet dont le nombre etait proportionne a la gravite de la faute; les autres corrections etaient le silence, les jeunes extraordinaires, la recitation d'un certain nombre de psaumes ou bien 1'expulsion (1).
Lesenfants, les adolescents, les adultes, les pauvres etles riches, les nobles et les roturiers, les savants et les ignorants pouvaient etre adrais parmi les religieux. Cette regie, d'une rigueur qui effraie aujourd'hui le bien -etre et la mollesse de nos mceurs, fut observee fidelement pendant de longs siecles. Elle etait d'un a-propos parfait pour une epoque ou 1'ancien monde tombait en mines sous les coups des barbares. Aussi les abbayes, celles des Benedictins en particulier, offrirent-elles un refuge assure a tons ceux qui avaient besoin de fuir le monde et dont la position ou le coeur avait ete brise dans ce bouleversement universel.
Avec la priere, le travail des mains et celui de 1'esprit se partageaient la vie des religieux. Le benedictin agriculteur, arme de la cognee, de la beche, de la faucille ou du marteau, abaltait de vastes forets, d'affreux halliers de ronces et d'epines, rendait ou donnait a la culture des terres sauvages, peuplees j usque-la d'innombrables betes fauves, et batissait partout, au milieu des campagnes, dans les deserts et au sein des vallees, des monasteres, des prieures qui ont ete le modele et comme le berceau de la vie laborieuse des champs. Une grande partie de nos villages ont commence par quelques maisons construites aupres de ces residences religieuses.
Le benedictin savant, de son cote, evangelisait et civilisait les peuples : en conservant et en transcrivant les manuscrits antiques, il preparait les materiaux qui devaient servir a la restauration des connaissances humaines.
Le monastere de Saint-Pierre-le-Vif eut, comme les autres abbayes, son ecole tenue par un des religieux les plus instruits et cette ecole ne fut pas sans Jeter, a differentes epoques, un vif
(1) Fleury, Histoire eccles., t. VIII, p. 20.
HISTOIRE DE SAINT-PIERRE-LE-VIF. 3'l
eclat. Une des premieres occupations intellectuelles cles moines dut etre 1'etude des traditions religieuses et locales et en particulier des documents qui se rapportaient aux trois sanctuaires venerables dont ils avaient regu la garde. On peut affirmer que la vie de saint Savinien et de ses compagnons, les evenements glorieux accomplis dans les lieux qu'ils occupaient, devinrent 1'objet de leurs pieuses et. patientes recherches. C'etait, du reste, 1'epoque oil Ton recomposait les legendes, la oil, comme a Sens, 1'invasion des Vandales les avait fait disparaitre.
D'apres la regie benedictine, les abbes avaient le privilege de faire des changements dans 1'office divin et d'ajouter de nouvelles lecons, s'ils le jugeaient a propos, a leur breviaire qui etait celui de Rome. C'est pour user de cette permission que les moines de Saint-Pierre-le-Vif composerent la Grande Passion de saint Savi-nien, puisque, au temoignage de Bureteau, cette composition se trouvait dans un legendaire tres ancien de 1'eglise de Sens, remontant au-dela de Charlemagne et qu'elle dut servir de lecon a la fete de saint Savinien. Comme 1'ecrivain Jornandes y est cite et qu'il vivait au milieu du vi e siecle, et que, d'un autre cote, la physionornie litteraire de cette oeuvre ne permet pas de la reporter plus loin que le vn e siecle (1), c'est clone dans les premieres annees de ce siecle que cette legende a du etre composee.
D'autres preuves viennent encore affirmer que les religieux de Saint-Pierre redigerent eux-memes cette Grande Passion dont le texte fut adopte aussitot par 1'eglise de Sens. Dans cette legende, comme dans tons les autres Actes qui furent ecrits au monastere, on remarque 1'attention d'unir toujours dans un meme souvenir saint Pierre et saint Savinien dont les moines possedaient les deux sanctuaires.
D'autre part, au ix e siecle, un moine de Saint-Pierre-le-Vif avait ete charge d'abreger cette Passion et voici en quels termes il s'exprime (2) :
D'apres votre ordre auquel je regarderais comme un crime de ne pas obeir, il s'adressait sans doute a son abbe j'ai ete engage a ecrire avec brievete les gestes et la passion du bienheureux Savinien et de ses compagnons et a resumer cette Passion qui est longue et diffuse. Ges documents n'existaient pas autrefois chez nous : ils avaient disparu par 1'incurie de nos peres ou par quelque desastre, je ne sais ; mais vous qui etes infati gables dans le bien, vous avezpris a tache de les rechercher au loin et de tous cotes, et vous avez enfln rendu ce tresor a nos vosux.
(1) Voir abbe Renault, Opere citato, p. 305.
(2) Bibl. hist, de I'Yonne, t. II, p. 328.
Combien cette action a aiguise les dents de 1'envie ! Des jaloux ont dit que nous avons ajoute des fictions nouvelles aux anciens documents et introduit 1'erreur dans 1'Eglise de Dieu : ce qui est une accusation inique. Mais, comme I'homme sage, vous avez laisse de cote tous ces dires et, rappelant le souvenir de saint Savinien non seulement aux alentours mais au loin, vous avez meprise ce que Ton disait et vous avez pris soin de ne pas laisser etouffer dans 1'obscurite du silence ce tresor de la piete divine.
Gette legende, a laquelle le moine du ix e siecle reproche d'etre longue et diffuse , ne pent etre que la Grande Passion dont il a ete parle, et qui offre bien ces deux caracteres.
De plus, les reflexions du moine senonais indiquent clairement qu'elle fut redigee a une epoque anterieure au ix e siecle, par plusieurs de ses freres qui etaient alles au loin et au large chercher des 'documents disparus. Le pluriel que 1'ecrivain emploie lorsqu'il parle de la premiere ceuvre de reconstitution des Actes vos in bonis infatigabiles demontre en effet qu'il 1'attribue a une collectivite.
En quel endroit les religieux allerent-ils puiser ainsi a des sources ignorees? M. Henault nomme (1) les villes ou saint Savinien et ses compagnons etaient honores comme a Sens, telles que Troyes, Chartres, Orleans, Greteil et ou des souvenirs precieux et meme des pieces anciennes avaient echappe a la ferocite des Vandales. D'un autre cote, D. Mathoud (2), s'appuyant sur un passage de saint Irenee, dit que dans les premiers temps de 1'Eglise on envoyait a Rome des copies des Actes des martyrs et qu'au temoignage de Gregoire de Tours lui-meme, les Actes des martyrs des Gaules furent demandes en Italie ou on les retrouva. II est permis de supposer que 1'un de ces deux sentiments ou tons les deux peut-etre sont vrais. Quant aux attaques et aux accusations des envieux, 1'auteur felicite ses freres de les avoir sagement meprisees et d'avoir compris que c'etait leur mission et leur devoir de propager le plus possible le culte de saint Savinien.
Une chose tres irnportante a marquer.ici, c'est que 1'auteur de la Grande Passion indique d'une maniere vague la sepulture des mart\rs dans 1'eglise ou saint Savinien avait dit sa derniere messe : on voit qu'il ignorait, ainsi que ses contemporains, 1'endroit precis de cette sepulture qui ne fut decouvert qu'en 847.
Une etude approfondie de cette oeuvre hagiographique fait penser a Fabbe Henault qu'elle a etc entierement remaniee par une
(1) Hist, des eglises de CJiarlres, ,Sens, etc., p. 305.
(2) Op. citato, p. 326.
seule et meme main. Sauf quelques additions, son style presente dans 1'ensemble les memes caracteres : il est grave, diffus et pompeux, surtout dans les discours ou il vise a Feloquence; les periphrases y sont frequentes; les adjectifs et les adverbes sont souvent employes au superlatif; on y trouve, en maints endroits, des redondances. Telle est cette redaction dans son ensemble. Cependant, quoiqu'elle paraisse sortie de la meme plume, il est facile de remarquer, dans plusieurs parties, urie diction plus simple et une absence presque complete de ces ornements du discours. On surprend c,a et la spontanement Feloquent narrateur se faisant copiste par respect pour des monuments venerables du passe.
AiGYLfcNE. (2 C abbe connu. Fin du vn e s. a 706?)
Bien que 1'espace de pres d'un siecle se soit ecoule entre Amalbert et Aigylene, les tables du monastere ne font mention d'aucun autre abbe. Cette lacune provient de la constitution meme de 1'abbaye qui etait gouvernee, au temporel, par des prefets, et au spirituel par des abbes dont le nom ne nous a pas ete transmis, car ils se consacraient entierement aux pratiques de la vie religieuse.
Aigylene demanda a Farcheveque de Sens, pour lui et pour ses successeurs, Fadministration temporelle aussi bien- que la direction spirituelle de Fabbaye, et saint Emmon la lui accorda avec cl'autant plus d'empressement qu'il avait ete lui-meme moine a Saint-Pierre-le Vif et s'y etait distingue par sa piete et sa constante regularite. Le prelat profita done de la reunion d'un concile, le troisieme tenu a Sens, auquel assistaient plus de trente eveques, parmi lesquels saint Ouen, archeveque de Rouen ; saint Faron, eveque de Meaux; saint Eloi, eveque de Noyon; saint Amand, de Maestrich ; et il donna, en 659 (1), au monastere, une charte qu'il adressa a tons ses suffragants. 11 est difficile de rendre, dans la traduction, les redondances du style barbare, obscur et rempli de fautes ; nous nous sommes efforce d'exprimer, avant tout, le fond du sens.
Aux seigneurs saints qui occupent la haute dignite du pontiftcat, a nos freres dans le Christ de la province de Sens : Chrodobert, Faron. Berthoade, Audoene, Gaulzbert et Eloi, Eminon, pecheur, envoie humblement le salut dans le Seigneur. Bien qu'il soit de notre devoir de conserver intact le depot des regies antiques, nous avons juge utile de porter ce nouveau decret, qui n'est point conti'aire a nos precedentes decisions,
(1) D'apres M. Quantin, Cart., g^n. de I'Yonne, t. I ej , p. 10.
Venerable homme 1'abbe Aigylene est venu, accompagne de ses freres habitant, sous les murs de la ville de Sens, le monastere de Saint-Pierre et de Saint-Paul que dame Theodechilde, reine, a constvuit jadis et qui possede maintenant son tombeau ; il nous a adresse une clemande qui a touche notre cceur, et nous 1'avons entendue d'une oreille favorable. Animes d'une sainte ardeur et desirant vivre, dans toute la ferveur de leur devotion, sous la regie de saint Benoit, telle qu'elle est pratiquee au monastere de Luxeuil, ils sont venus nous adresser humblement cette requete, a nous et a nos freres de 1'eglise de Sens. Puisque 1'epitre de saint Augustin, au concile de Carthage, concede aux abbes et aux moines un pi'ivilege de liberte d'apres lequel ils ne dependent nullement des eveques, mais des lieux dont ils ont embrasse la regie; comme cette discipline est deja en vigueur aux mona stores d'Agaune, de Lerins, de Luxeuil et parmi les moines qui habitent pres de la basilique de Saint- Marcel, nous accordons audit abbe Aigylene la liberte qui a ete concedee et qui appartient actuellement a son monastere ; et nous voulons que la basilique et les moines qui y menent la vie religieuse soient exempts de toute autorite royale ou autre dans leurs terres et sur les serfs qui en dependent, dans leur ministere, dans leurs livres sacres, dans tous leurs objets se rapportant au culte divin, et dans toutes ies choses qui leur appartiennent ou devront leur appartenir. Que pendant notre vie et sous nos successeurs, aucun clerc, pontife ou representant de 1'autorite royale, ne pretende leur enlever quelque bien et se 1'attribuer. Que 1'eveque de Sens benisse chaque annee avec le saint chreme, par respect pour les Saints et au nom de Dieu, 1'autel du monastere ou une table, si 1'autel manque. Que nul pontife n'ose enlever rien de ce qui sera offert a 1'autel ou au monastere, au nom et sous 1'inspiration de Dieu. Quand 1'abbe sera mort, que les moines choisissent entre eux le plus digne, qu'il soit ordonne par nous ou notre successeur, et nous deoiderons de conferer aux clercs toutes les autres dignites, suivant que 1'indiquera 1'election. Qu'aucun eveque, archidiacre ou autre personne n'ait la prevention de s'attribuer dans le monastere d'autre puissance sur leurs biens ou sur leurs personnes, tant que 1'abbe et les moines seront soumis a cette sainte regie. Qu'il n'ose non plus rien enlever pour lui ou pour d'autres, du monastere, pas plus que des paroisses. Que nul d'entre nous ne penetre non seulement dans les cloitres mais encore dans 1'enelos du couvent, s'il n'est demande par les religieux on 1'abbe, afin que ceux qu'on appelle moines solitaires puissent, dans un calme parfait, sous la conduite de Dieu et 1'autorite de leur regie, mener la vie des saints Peres et prier pour 1'Eglise, pour le salut du roi et de la patrie. Si les moines venaient a se laisser aller au i-elachement, qu'ils soient chaties selon la regie de saint Benoit et de saint Golomban par leur abbe, et si eelui-ci neglige ce devoir, par les abbes qui vivent regulierement. Enfin, que le privilege de liberte qui leur a ete accorde demeure dans son integrite, sous notre episcopat et. celui de nos successeurs. Si quelqu'un, par ruse ou par cupidite, avait la temerite de violer ce qui a ete statue plus haut, qu'il soit eloigne pendant un an de la Communion de ses freres, et que ce privilege demeure a perpetuite sous
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la protection du Christ. Et pour que ce decret, corrobore par notre signature et devant avoir son execution par nos freres abbes, obiienne une plus grande autorite, nous vous demand ons de le eonfirmer en y apposant votre signature. Fait a Massolac (Malay-le-Roi), dans la maison royale, la 3e annee du regne de notre maitre Clotaire, roi.
Suivent les signatures de vingt-trois eveques et de plusieurs autres personnages.
Par eette charte, saint Emmon exeraptait les inoines de Saint- Pierre de toute autorite royale ou episcopale, mettait leurs biens sous la sauvegarde du Christ et decidait que 1'abbe serait elu par les moines et consacre par 1'eyeque de Sens.
Plusieurs auteurs, donnant une mauvaise interpretation a un passage obscur de ce diplome ont pense a tort que 1'abbaye de Saint-Pierre-le-Vif etait un monastere double, corame celui de Winbourne. Dans ce passage nulli nostrum liceat monasterii adire secreta aut feminum ingredi septa , ils ont rendu le mot feminum par celui de feminarum et 1'ont traduit par (f 1'enclos des femmes . Mais D. Mathoud rejette ce sentiment et pro uve (p. 53) d'apres le moine Marculphe dont le texte se trouve dans le tome VI des Conciles generaux (edition de 1671, p. 533) et dans le tome XVI de la Bibliotheque des Peres (edition de 1654, p. 4), qu'il faut remplacer le mot feminum qui est une faute de copiste, par celui de finium . Nous adoptons pleinernent cette explication qui donne au mot corrompu un sens beaucoup plus nature! . II y a en effet gradation dans la defense des eveques : ils s'interdisentrentree, non seulement du cloitre des moines, mais encore de leur enclos . Leur seul but est de proteger la solitude et la paix des religieux. S'il avait ete question d'un convent de femmes, 1'en tree devant en etre plus rigoureusement interdite, les eveques auraient consacre a cette question plus que quelques mots et en auraient parle dans des termes plus clairs et plus precis. L'expression monialium ou autre semblable aurait remplace celui de feminarum et un chapitre special aurait specifie les conditions de cette importante decision.
Grace aux privileges importants dont le monastere etait des lors gratifie, Aigylene excita parmi ses freres un redoublement de ferveur. C'etait un personnage de mceurs exemplaires. Sous sa direction, dit le chroniqueur, le monastere se fit singulierernent remarquer par 1'autorite de sa regie et par la saintete de ses bonnes ceuvres. Aussi tons les chronologistes s'accordent-ils a celebrer ses louanges.
En 675, il recut au monastere la depouille mortelle du bienheureux prelat, Emmon, et le deposa dans la chapelle de Saint-Bar-
thelemy. Bien que Emmon ait rec.u le titre de saint, sa memoire n'a ete honoree d'un culte religieux, au 26avril, qu'a Saint-Pierrele-Vif. Son corps n'a jamais ete levc de terre.
Le reste de la vie de 1'abbe Aigylene ne nous est point connu. II la termina vers 706. On ignore 1'endroit precis de sa sepulture qui eut lieu aupres de celle de ses freres.