FELIX. XL1I
Felix, de Rigny-le-Ferron, etait un religleux sage, pieux et instruit. il acheta pour la somme de 200 livres tournois, a Farcheveque Guillaume de Melun, le don cle joyeux avenement (1345;. L'annee suivante, il obtint du meme prelat une indulgence de quarante jours pour tous les tideles qui iraient prier a 1'eglise de Saint-Pierre les jours de saint Savinien, cle la dedicace de 1'eglise, des saints Innocents, do saint Gregoire, dessaintes Reliques, ainsi que les lundis et les vendredis de 1'Avent et du Careme.
L'abbe Felix eut encore recours a Guillaume de Melun pour la solution d'un differend. Un chevalier, Jean de Mezieres, ayant
HiSXOlllE DE SAINT-HERRE-LE-V1F.
fonde la chapelle dite de Sainte-Marie-des-Cinq-Joies, pretendait avoir le droit de presentation a la cure de cette chapelle, droit que revendiquait egalement le monastere parce que cette chapelle se trouvait sur son territoire : elle se trouvait, en effet, sur la paroisse de Saint-Pierre-le-Donjon, et clevait servir au convent nouvelleraent fonde des Celestins. L'archeveque etablit que le droit en litige appartiendrait an fondateur, de son vivant, et qu'apres sa mort il passerait a Saint-Pierre-le-Vif .
Les comptes du couvent portent encore, a cette epoque, a vingtdeux le nombre des monies claustraux. L'abbaye avait subi le contre-coup des guerres car, en 1351, le procureur de Pabbe, charge d'aller a Rome visiter le Siege apostolique, ne put payer aucune taxe a la chambre pontificale.
JEAN. ~ XLIIP (1351-1358).
Jean de Joigny prit possession du siege abbatial, le 4 avril. II dut defendre energiquement les biens du monastere, au milieu du bouleversernent produit par la guerre dans les proprietes. C'est dans ce but qu'il obtint du pape Innocent IV, alors en residence a Avignon, deux bulles. La premiere mandait a Pabbe de Saint Germain-des Pres de rendre a Saint-Pierre-le-Vif les biens qui lui avaient ete soustraits; la seconde enjoignait au prieur de de Saint-Eloi, de Paris, de restituer au prieure de Saint-Loup-du- Naud les proprietes qui lui appartenaient.
Louis. XLIV e (1358-1365).
Louis de Corns, d'abord prieur de Saint-Barthelemy du Buisson (pres de Provins), puis de Saint- Jean de Joigny et enfin coadjuteur de Jean de Joigny, fut choisi pour lui succeder. II eut la douleur de voir miner son monastere. Le roi Jean etait tombe au pouvoir des Anglais et ces derniers, apres s'etre empares de la ville d'Auxerre, approchant de Sens, les gens du roi dementelerent completement les murs de Pabbaye, Peglise et les cloitres pour empecher les ennemis de s'en servir. Les religieux se retirerent dans la ville, sous le cloitre de Saint-Etienne, pres de la chapelle Sainte-Anne. Guiliaume de Melun leur permit d'y celebrer Poffice divin et d'y menerla vie reguliere.