‹ Histoire de l'Abbaye de Saint-Vincent de Laon ... publieé, annotée et continuée par l'abbé Cardon, et l'abbé A. MathieuChapitre 17 sur 116 · DE QUELQUES PERSONNES NOTABLES QUI ONT ESTÉ ENTERRÉES · texte numérisé non relu

DE QUELQUES PERSONNES NOTABLES QUI ONT ESTÉ ENTERRÉES

AILLEURS QUE DANS CETTE ÉGLISE DE SAINT-VINCENT, ET POURQUOI LE CIMETIÈRE DE UON A ESTÉ MIS HORS U VILLE.

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B droit de sépulture H"a pas esté tellement observé que 1^ plusieurs n'ayent esté enterrez hors de celte abbaye et

dans cette ville même. Il est douteux si saint Génebanlk, premier évêque de Laon , a esté enterré à Saint-Vineent , quoiqu'ily ait probabilité et apparence, parce qu'ayant érigé un eimetière et établi une loi avec saint Bemy, il n'est pas croyable qu'il Tait enfreinte le premier. La cathédrale possédant ses reliques, ce n*est pas une preuve qu'il y ait esté enterré, parce qu'elles ont pu y estre transportées par après.

le corps du prélat fui porté , avant son inhumation , dans la chapelle de Saint- Vincent. Cette réclamation , restée sans effet , était ainsi exprimée : « Je , Louis- » Antoine Mopinot, premier huissier audiencier au bailliage et siège présidial du » dit Laofl, y demeurant, signifie et dûment fais àsçavoir à Messieurs les doyen ^ » chanoines et chapitre de Téglise cathédrale de Laon , parlant pour eux à » M. Froment, leur butillier/ que, dès la fondation de Tévéché du dit Laon, » réglise de Saint-Vincent a été destinée pour être la sépulture des évéques , » comme ayant Thonneur d'être le second siège de Tépiscopat; que Messieurs du » chs^itre ayant composé avec les religieux de Saint-Vincent, en 1183, pour » avoir leur sépulture en leur église , les évêques néanmoins ont continué 1 d'être enterrés à Saint-Vincent jusqu'au tenq^s de Garnier, évêque de Laon , » mort en 1249, lequel fut enterré en son église cathédrale ; mais son corps a 1 été apporté à Téglise de Saint-Vincent pour y passer une nuit, ce qui fut tou" » jours observé dans la suite... que, suivant cet usage ancien et les tkres sur

Il estd^aiUeurs constant que le corps de sainte Salaberge a esté enterré à Saint-Jean, aussi bien ({ue celui de saint Bauduin, archidiacre, de sainte Anstrude et de quelques autres dont parle Guibert , abbé de Nogent.

Pour satisfaire à cette question, pourquoi saint Remy et saint Génebault ^nt établi la sépulture de Laon en cette abbaye, hors et loin de la ville , Je dirai que dès le commencement du mondé , la coutume à esté d'enterrer dans les champs. Noé donna à ses trois eirfans les ossemens d*Âdam et Sem , ayant reçu pour partage la teste avec une partie des autres , les enterra après le déluge sur le mont du Calvaire , où Notre-Seigneur a esté du depuis crucifié. Le patriarche Abraham fit porter le corps de sa femme Sara , de la viUe où elle estoit morte , pour Tensevelir dans un champ quMl avoit acheté exprès des enfants de Qtth. Le chapitre 23* de la Genèse nous fournit assez de preuves de cette vérité. L'Évangile nous en donne aussi des témoignages assurés lorsqu'il dit que Notre-Seigneur fut enseveli dans un sépulcre nouveau sur la même montagne^, lequel avoit esté préparé pour servir de sépulture à un autre ; ce qui montre la coutume usitée en ce temps-là d'ensevelir loin et hors des villes. Spcfnde^ en

» lesquels il est fonde, les dits prieur et religieux supplient Messieurs du cha- » pitre et en tant que besoin serait, ils requièrent que le corps d*Eminentissime » et Révérendissime Père en Dieu Monseigneur Jean-François de Rochechouart, » Cardinal de la sainte Eglise romaine , du titre de Saint-Eusèbe , Évéque4)uc de » Laou, Comte d*Ânizy, Commandeur de Tordre du Saint-Esprit, etc., décédé à » Paris le 20 du présent mois et transporté à Laon la nuit dernière , leur, soit » rendu et transporté en Téglise de Saint-Vincent pour y rester une nuit, selon 9 la coutume andenne, et pour être ensuite reconduit honorablement et solen- » nellement par em, en Téglise cathédrale , et être rends ès-mains de Messieurs » les doyen et chanoines du chapitre: protestant ,. où ils seraient jrefysans de ce » faire , de se pourvoir par-devant qui il appartiendra selon droit el raison. Et > j'ai , huissier susdit et soussigné , parlant comme dessus aux dits sieurs doyen » et chanoines, laissé copie du (nrésent exploit, les jour et an susdits.

» Signé, MoPiNOT. »

(1) Sponde , évéque de Pamiers (1626). Ses principaux ouvrages sont: Y Abrégé des Annales de Baronius, dont il fit la continuation depuis 1127 jusqu'à 1622,

son CœmeUria Sacra , remarqae la même eoutame parmi les Égyptiens» lies Romains ensevelissoient au même lien de leur mort ceux qui avoient esté frappez par la foudre. Saint Jean- Ghrjsostôme » au Sermon de la foy et des loix, nous fait preuve que de son temps il y avoit des sépulcres hors les villes , de tous costéz, même sur les chemins. Ce ii'estolt pas seulemoit une pratique chez les Romains , une loy y contraigamt. Il est vrai qu'il y eut, auTapport de saint Isidore , une coutume d'ensevelir les morts dans la maison même ; mais cette coutume a esté abdie par la loy des douze tables , qui a ordonné qu^on enseveliroit les morts hors la ville et deffense à qui que ce soit d'y enterrer. I^û^ry» roy d'Italie , ayant trouvé que cette coutume estoit presque abolie de son temps, la rétablit. Les Romains brûloient leurs corps morts hors les villes» et les y ensevelissoient» «rainte que la corruption ne fût nuisible aux vivans. Cette coutume est passée des Romains aux autres peuples payons , et des payons aux chrétiens. Saint Vast» au rapport d'Alcuin» deffendit trèsexpressément à son arehiprêtre de donner ou permettre de donner la sépulture à aucun mort dans la ville» parce que, disoitce saint, la ville est le lieu Oes vivants, non des morts. Le même saint Yast a élu sa sépulture hors la ville , et a fait connoître par un miracle après sa mort qu'il vouloit estre enterré au .même lieu quMI âvoit choisi.

L*histoire de Reims nous fait connoître que la sépulture des Rémois estoit hors la ville , au lieu où est présentement Tabbaye de Saint-Nicaise. Saint Remy estoit porté à cette même sépulture» lorsque passant par la chapelle Saint-Christophe il y demeura immobile. C'estoit donc la coutume du temps de saint Remy d'ensevelir hors les villes , particulièrement en ces pais où les préfets Romains avoient établi la loi. Tous les jours encore aujourd'huy» en remuant la terre, on trouve quantité

les Annales sacrées de l'ancien Teslamènl jusqu'à J.-C., son iraAié des Cimeiières sacrés, qui renferme des documents intéressants et des recherches trèscurieuses.

diurnes et de lacrymoires qui les accompagnent, ce qui estoit Tancienne façon d* ensevelir des Romains. Il y a peu d'années qu*on en a trouvé proche de Saint-Quentin , en yermandois\

Ce n*est donc pas merveille si saint Bemy a ordonné et établi la sépulture des Laonnois hors la ville , puisque c*estoit la coutume de son temps, très-reçue et très-autorisée.

(1) Voici les détails que nous trouvons dans une notice de Tannée 1671 , intitulée: Remarques du sieur Lenin, conseiller et ingénieur ordinaire du Roy et de sa province de Picardie : « En faisant travailler au bastion de St-Jean , en » 163^, et à en creuser le fossé, nous y avons rencontré un ancien cimetière des » Romains , environ à la moitié de la hauteur de ce fossé , où il se trouva une » infinité d*urnes , lacrymoires , médaiUes et autres pièces dont ils se servoient » en leurs funérailles et entr*autres une urne de singulière considération. Elle » estoit enfermée dans une pierre de taille carrée d'environ 20 pouces , au nulieu » de laquelle Ton avoit fait un trou en rondeur dans lequel cette urne estoit logée » et tout autour quantité de petits trous où estoient enfermés les lacrymoires. » L'entrée de cette urne estoit couverte d'une grande médaillé d'or qui avoit en » l'une de ses faces la figure d'une fille, et de l'autre ime inscription dont l'on » ne peut déchiffrer que deux mots , à cause de la vieillesse de ses caractères » jettes en sable, mal imprimés; l'un desquels disoit: Ft7ia, et l'autre Germa- » nicus ; et le tout estoit recouvert d'une autre pierre de la même grandeur et » de moindre épaisseur. Cette urne , avec sa médaille , fut prise par Monsieur de » Goulombié , lors gouverneur de cette ville , dont je crois qu'il fit présent à » Monsieur le cardinal de BrcbeMeu , comme d'un trésor de l'antiquité dont il » estoit fort curieux...

» De plus, en faisant travailler à la demye lune de GouUombye, qui est entre » le bastion de Longueville et celui de Coullombye , j'ai trouvé que la plus grande 9 partie des terres qui estoient au-dessus du banc vers la gorge de cette demye- » lune n'estoient composées que de la poutriture d'une infinité ou'nombre ineem- » brable d'os de morts, à présent ordure et poussière. Ce qui m'a fait vdr agie » tous les cimetières de notre ancienne Auguste estoient de ce c6sté-là et que la » peuplade en estoit très-grande... »

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