ET CONTRE L'ÉVÉQUE, EN
^ÉGLISE de Molehem' renouvelia en cette année 1143 la société qu'elle avoit déjà avec Saînt-Vîncent , promettant tous offices d'hospitalité et tous services de charité entre les vivants , comme aussi les obsèques ou funérailles dans les deux églises pour chacun des frères qui viendroient à y décéder. C'est en vue de cette société que le supérieur de cette église de Molehem donna une famille entière à Saint-Vincent, du consentement de la dame de Cymai, nommée Basile, femme du seigneur Adélard de Cymai. Philippe , archidiacre de Laon^ Anselme, abbé de Saint- Vincent , Jean, abbé de Saint-Michel , Basile de Cymai , dame susdite , Gauthier de Mauritanie, doyen de Laon et plusieurs autres , chanoines et séculiers , furent témoins de cet acte.
Enfin la dernière année de l'abbé Anselme fut remarquable par la conservation qu'il IGt du plus beau des droits de cette
(1) Molesme , ancienne abbaye de bénédictins en Champagne.
abbaye que les moines nouveaux du monastère de Saipt-Jeanen- la-Cité avoient \oulu lui enlever, c'esl-à-dire du droit de sépulture.
Les religieuses de Saint-Jean ayant été remplacées . comaie j'ai dit\ par des moines ayant pour abbé un nommé Drogon» ceux-cy prétendirent obtenir un cimetière cKez eux. Leur abbé en parla à Barthélémy , évêque de Laon , et ses paroles eurent un tel pouvoir qu'elles firent brèche sur Ttesprit de ce bon prélat , lequel , pour favoriser la nouvelle réforme de Saint- Jean plutôt que pour abolir ce que ses prédécesseurs avoiei>t saintement « légitimement et inviolablement institué , ce que lui-même avoit confirmé plusieurs fois , accorda à ces moines Tautorisation de choisir un cimetière sur le penchant de la montagne , proche la muraille de Téglise de Notre-Dame-là- Profonde. Cecimetière, estant préparé , fut consacré par révoque Barthélémy environ Tannée 1144 ou 1445etoncommençoit déjà à y ensevelir des séculiers , lorsque notre abbé de Saint-Vincent en apprit la nouvelle. Il en At de grandes plaintes à l'évoque , lui représentant que cela alloit directement contre les droits et privilèges de Saint-Vincent qu'il devoit déffendre , le suppliant de vouloir faire réparer ce tort au plus tôt. L'évêque , pesant les raisons de cette demande aussi juste qu'elle estoit à propos , ne voulut rien déterminer sur Theure, mais la présence de Samson , archevêque de Beims et de Thierry, évêque d'Amiens, estant arrivée très-favorablement; il leur communiqua Tafifaire et de leur avis ordonna que le mém^ cimetière qu'il avoit consacré , ne serviroit que pour ensevelir les moines et les convers de Saint-Jean-en-la-Cité, deffendant sous peine d'excommunication à toute personne , ecclésiastique ou séculière , de faire aucun dbodetière à l'avenir dans la ville de Laon, attendu que cela portoit un notable préjudice au monastère de Sainte-Vincent* Pour autoriser davan^ tage cette sentence que. l'évêque Barthélémy avoit prononcée
(1) Page 356.
contre lui-même et loi donner plus d*authenticité /rabbé^An-^ selme la fit confirmer par Samson , archevêque de Reims, en la même année 1145 qui estoit la dixième du règne de Louis-^ le-Jeune et la sixième du pontificat de Samson • archevêque deBeims.
&. l'évêque de-Laon a inquiété cette abli^ye pour le plrivilège des sépultures , il n'a guère tardé à amender son délit , car il donna en récompense à notre église les autels d'Arrancy, de Sainte-Croix, de Saint -* Jacques. , hors des murs de Pler^ repont et celui de Vaire, qui est dît aujourd'huy Pont-à-Vair, sur la rivière d'Esne, proche Saint- Marconi. Les deux premières de ces cures estoient une augmentation de la fondation anniversaire faite en <;ette église de Saint-Vincent en Tannée mil cent vingt-cinq. Il y ajouta toutes les appendances et dépeud^mces des susdites cures avec les bois de Cornelle en cette année 11 45.
I I lui