‹ Histoire de l'Abbaye de SenonesChapitre 12 sur 82 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

DAUBERT, 19e Abbé.

ANSELME, 20e Abbé.

SUTHARDE Ier, 21e Abbé. .

(à) Richer, 1. 2, c. 21.

Abbé s incertain s quant au tems de leur gouvernement.

L’historien (a) Richer ne parle pas de ces trois Abbés, il donne pour successeur à Rambert l’Abbé Berchérus dont nous parlerons cy après. Mais en plaçant la mort de Rambert en 950. et le commencement de Sutharde vers l’an mille, il faut de nécessité admettre quelque Abbé dans cet intervalle de 50 ans, qui s’est écoulé entre Rambert et Sutharde. Et comme nous auons dans le Nécrologe de l’Abbaye douze où quinze Abbés dont on ne connoit que les noms et le jour de leur mort, nous auons mis ces deux en cet endroit, à tout événement, sans les garantir, et en attendant qu’il nous vienne (de plus grandes lumières.

Daubert mourut le 18. sept, et Anselme le 19 novembre.

Le nécrologe met encore Probus le 18. Mars; Ferri le

20. Mars, Leutfride le 20. Avril, Conon le 9. Aoust, Pierre le 18 Sept. etc. On ignore le rang, la vie, les années, les actions de ces Abbés. Richerius remarque (a) qu’ Adélard fut le 14e Abbé de Senones et Antoine le 27e. Cependant entre ces deux Abbés, il n’en nomme que trois sauoir : Rengerus , Rambert et Bercherus. Il faut donc qu’il y en ait dix d’omis.

Le Nécrologe met la mort de Sutharde au 9. Mars et au 29. Juin, soit que ce soit deux personnes, où qu'on fasse mémoire du même Abbé en deux jours différens. Cet abbé nous est connu par deux monumens respectables. Le 1er est un texte des 4 Evangiles qu’on lisoit à la Messe les jours solennels. Il a toutes les conditions qui rendent précieux ces sortes d’ouvrages. Il est d’une très-belle écriture, écrit sur un très beau vélin, accompagné des vignettes et autres ornemens, dont on embellissoit ces sortes de liures. Outre les canons d’Eusebe et l’Epitre de St. Jérome à Damasse, on lit à la tête de chaque Euangeliste l’argument et l’abbregé du liure, puis le simbole de l’Euangeliste.Par exemple pour St. Mathieu, c’est un Ange auec ce vers, Nunciat ex homine Ckristum Matliaeus in orbe ; Pour St. Marc, c’est un lion auec ces mots, Ceu leo desertum Marcus sermone petivit; Pour St. Luc, c’est un bœuf accompagné de ce vers, Jure sacerdotem Lucas bovis exprimit ore ; Enfin pour St. Jean, c’est un aigle et ces mots, asserit ante Deum fièrent quam saecula Jolies. A la fin de l’argument sur St. Mathieu on lit ces paroles, Deo suoque Domino St0 Petro , pro remedio animae suae , Suthardus S enonensis Abbas hune lïbrum contulit.

Le second monument qui nous reste du gouvernement de l'Abbé Sutarde est une lettre d’Adalberon IL Eveque de Metz, en datte de l’an mille de J. G. par laquelle ce prélat dit que l’abbé Sutarde luy ayant souvent porté ses plaintes contre les vexations et les excès de Gérard de Turkestein, avoué de son abbaye, lequel de tems en tems publioit des plaids dans les terres du monastère, exigeoit le serment de fidelité des sujets de l’Abbaye, faisoit sur eux de grandes

(a) Coufer.

Richer, 1.2, c.18, et 1. 2, c. 21, ç. 323.

Sutharde Ab. de Senones. .

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