CHAPITRE X
SUTHARDE II, 22e Abbé.
ERLIN, 23e Abbé.
Nous auons déjà remarqué que nous n’auons nulle preuve certaine qu’il y ait eu deux Abbés du nom de Sutharde et qu’on n’en mentionne deux, que parce qu’on en trouve un mort le 9e Mars, et l’autre le 19. Juin. S’il y en a eu deux, nous n’avons aucune connoissance du gouvernement du second.
Gomme l’abbaie de St. Evre auoit été réformée presque en même tems que celle de Senones et que l’une et l’autre auoit tiré sa réforme de celle de Gorze, elles conservèrent une grande union et s’entre-secoururent dans leurs besoins mutuels. Humbert, qui auoit été Religieux de Gorze, fut fait Abbé de St. Evre au dixiéme siècle (a), et S. Guillaume, Abbé de S1 Bénigne de Dijon, y auoit de
(I) L’Abbaye de Bon- Wontier, ou Moutier, ou St. Sauveur — Doni C ilm- 1 dans sa Notice de la Lorraine et dans sou Histoire de Lorraine donne l’historique de cette Abbaye.
Sutharde II.
douteux.
Erlin vivoit en 1030.
(a) V. Hist de Lorr., I. I, p. 865.
èé^Ibid^p. 1036.
IIÏ
Eglise de Vipucelle du Siocèse de Toul.
(c) Deffense de l’Eglise de Toul par M. Broulier.
Tiré de la Bulle du Pape Léon IX.
de l’an 1031 . pour S. Diez imprimée lom. I, Hist. de Lorr. , preuves an. 1051.
diplôme du £»oi Henri III. en fau e u r de 1 ’Ab b ai e de Senones.
an. 1040 ou environ.
nouveau introduit la réforme dans l’onzième siècle (b). En ce tems là , Brunon , Eveque de Toul, ayant résolu de rétablir cet ancien monastère, qui ménaçait ruine et qui auoit été brûlé une où deux fois, engagea les personnes puissantes et pieuses à contribuer à cette bonne œuvre par leurs aumônes ; notre Abbé Erlin lui donna une livre et demi d'or ; c’étoit alors une somme considérable. La Duchesse Mathilde n’en donna pas d’auantage et l’Eveque de Metz ne donna que deux livres d’or.
C’est apparamment sous cet Abbé qu’arriva ce que nous lisons dans la deffense de l’Eglise de Toul (c). Vers l’an 1023. Sous l'episcopat d’Herman, deux clercs de Strasbourg s’emparèrent de l’Eglise de Vipucelle, qui est de la dépendance de l’Abbaie de Senones; pour colorer leur entreprise, ils soutinrent que la Cure étoit du diocèse de Strasbourg ; l’Eveque de Toul en porta ses plaintes à celui de Strasbourg, qui ayant examiné la chose et reconnu la mauvaise foy de ces deux Clercs, les excommunia, les obligea de donner satisfaction à l’Evéque de Toul et les chassa de son Diocèse. S. Léon IX. confirma la restitution qui auoit été faite de cette Paroisse au diocèse de Toul, et addressa sur ce sujet une Bulle à Udon, son successeur dans l’Evéché de Toul.
Nous rapportons aussy au tems de cet abbé un diplôme accordé à l’abbaïe de Senones vers l’an 1040. par le Roy Henri III, à la prière de Thierri dit le Jeune où le second du nom, Eveque de Metz. Il n’y exprime pas le nom de l’Abbé : mais il dit qu’ayant été prié par l’Eveque de Metz de renouveller et de confirmer la Charte du Roy Childeric accordée à l’Evéque Gondebert, fondateur du monastère de Senones, il y a donné volontiers son consentement et a ordonné que le dit monastère, auec le marché qui y est établi sous la redevance d’un certain tribut, y subsistera comme du passé ; puis il marque les limites du val de Senones d’une maniéré assés différente de celle qui est rapportée dans le titre de Childeric et dans celui d’Othon I. de fan 949. apparemment à cause du changement desnoms