CHAPITRE XXXII
DIDIER DE BORVILLE, 46e Abbé, depuis 1440. jusqu’en 1461.
Didier de Borville étoit Prieur du Prieuré de Léomont, avant qu’il fut élu Abbé de Senones. Il eut pour successeur aud. Prieuré de Léomont un nommé Hugues Thirriet Bar-
Mort de l’Abbé
Va 1 e n t in en 1451.
(a) Ceux qui odI copié Faucieu nécrologe, oui lu prius au lieu de post, ne sachant pas la valeur des abréviations, p. . .
C o m m e n cem1. de Didier de Dorvilîe.
iï
Accordentre le Prieur de Deneuvre et les C hanoïnés du même lieu to u chant les dixmes et les nov a 1 e s .
bet, dont les Balles sont du 10e des Calendes de Juin où du 23. May 1440. Dans ces Bulles il est dit que les Religieux de l’Abbaye de Senones aiant élu canoniquement pour leur Abbé Didier de Borville, cy deuant Prieur de Léomont, et Didier aiant acquiescé à cette élection et en aiant obtenu la confirmation de l’Evéque de Toul, comme ordinaire de l’Abbaye, le Pape Eugene IV. addresse Hugues Thiriet à l’Abbé de Clairlieu, pour le mettre en possession du Prieuré de Léomont, dont il déclare le nommé Jean Noise déchu à cause de sa désobéissance au Pape Eugene IV. et son attachement au concile de Basle, même depuis sa translation dans la ville de Ferrare.
Ainsi il y a lieu de croire que Valentin fit sa démission de l’Abbaye de Senones entre les mains de la communauté de ce monastère, au commencement de fan 1440. et que Didier fut élu Abbé immédiatement après.
En 1444. Nicolas de Bremoncourt Prieur du Moniet dessous Deneuvre, après auoir longtems plaidé contre les Chanoines de Deneuvre, qui prétendoient qu’outre le tiers des grosses dixmes de Deneuvre, de Bacarat et de leurs dépendances qui leur appartenoient comme curés de la Paroisse de Deneuvre, ils dévoient encore jouir des dixmes novales dans tous lesd. lieux, le Prieur du Moniet soutenant le contraire. Enfin ils choisirent des arbitres qui décidèrent, que dans la suite le Prieur de Moniet joüiroit de la moitié géneralem1. de toutes les grosses et menues dixmes et des novales, tant anciennes que nouvelles, présentes et à venir, dans tous les bans de Deneuvre, de Baccarat, de Thiaville et de leurs appartenances, même de la corvée Dame Jeanne, qui est située dessous Baccarat; et que les Chanoines de Deneuvre auroient l’autre moitié desd. dixmes, grosses, menues et novales, mais à charge de délivrer aud. Sr. Prieur annuellem1. à la SL Martin 12. quartes devaingie (a),
(a) Vaingie, autrement vvoïn, bled d’automne. En quelques endroits il est dit que ce vvoïn etoit de moiage , où méteil ; ici c’est seigle et avoine. V. cy devant an 1283.
Cette note (a) qui est en marge de la page 231 du mss. est de la main de D. Calmet.
moitié seigle, moitié avoine, à la mesure de Deneuvre, rendus à leur frais en l’hotel dud. Prieur à Deneuvre. Ce qui fut agrée par Didier de Borville Abbé de Senones et par sa communauté, l’onzième fev. 1444.
Le Prévost de Nanci, en sa qualité de prevost de Nanci, prétendoit qu’il lui étoit dû un paste où repas, sur le gagnage que l’Abbaye de Senones possède à Antlup. Je ne vois pas sur quoy pouvoit etre fondée cette prétention sinon sur quelque possession saisie sans raison, ou sur la facilité de quelque Prieur de Léomont qui n’avoit pas empêché le Prevost de Nancy de se faire donner ce repas. Quoy qu’il en soit en 1445. Huyn Hura de Remberviller Prevost de Nanci renonça volontairement pour lui et pour ses successeurs à ce prétendu droit, et en déchargea l’Abbé Didier de Borville.
En 1456. il y eut difficulté entre le trésorier de la Cathédrale de Metz et les Abbé et Couvent de Senones, pour les réfections de la nef de l’Eglise paroissiale de Celles prés Pierre-percée, l’Abbé de Senones soutenant que led. Trésorier de Metz percevant le tiers des grosses dixmes de ce lieu, étoit aussi attenu au tiers des réparations. Cependant les parties s’accordèrent et convinrent que l’entretien et réfection de lad. nef demeureroit toute entière à la charge des Abbés et Couvent de Senones. L’accord est du 23e Juillet 1456.
La même année l’Abbé Didier de Borville laissa en fief au nommé Antoine Fouch, la Cour seigneuriale et le Dinghoft que son Abbaye possedoit à Dungeshem. Cette cour est tenue en fief auec la plus grande partie de nos biens d’Alsace situez au Val de Viller, par les Messieurs de la maison d’Andlau, qui les reprennent et en font hommage à l’Abbé de Senones (i).
Il laissa aussi à quelques particuliers de Bure pour l’es-
(t) On trouve souvent dans ce manuscrit, la preuve que U. Calmet relisait et corrigeait le travail de ses secrétaires ; il le faisait précipitamment, il est vrai, et cet art. V porte surtout la trace de nombreuses corrections de l’auteur.
lie Prevost de KTanci se désiste d’un paste où repas qu’il prétendoit au village d’Antlup.
Accord pour les réparatio ns de l’Eglise paroissiale de Celles.
Fief de Dungeshem laissé au Sr Antoine F u n c h , Châtelain de Schirm e c k .
Vï
Accord pour le droit de relevem*.
d u b par les h a b it a n s du ban de la îii vier e.
Vigneule, l. 2, p. 185.
pace de 35. ans, un Saulcy, à charge de le mettre en nature de prey, après lequel tems ils le dévoient remettre à l'Abbaye. Fait le 29 Juin 1456.
Les habitans des six villages qui composent le ban de la Riviere, sauoir Ogéviller, Fruménil, Reclonville, Ruriville, Pétonville, et Hablainville, contestoient à l’Abbé de Senones le droit de relèvement, qui consiste à faire certaines soumissions et à payer certains droits à chaque fois que les héritages censables changent de main, soit par achapt, par vente, par succession où autrement, les proprietaires étant obligés de faire alors leur déclaration par devant les Officiers du Seigneur, et de lui payer un certain droit, qu’on nomme de relèvement où de revetuie; les habitans du Ran de la Riviere prétendoient donc se décharger de cette servitude, et ne payer pour tout droit de revéture, que le cens double, quand la revéture échéoit. L'affaire fut longtems débattue par devant le Seigneur de Fénetranges, Seigneur en partie du ban de la Riviere, et enfin les parties prirent pour arbitres Yari de Fléville Raillif d'Allemagne et Philippe de Lenoncourt qui, après auoir écouté les raisons des parties et ouï le serment et la déposition de l’Abbé Didier de Borville, âgé pour lors de plus de 60. ans et en ayant plus de 42. de religion et d'un grand nombre de témoins par lui produits, prononcèrent que le droit de relèvement avoit été bien prouvé par l’Abbé de Senones, et que les habitans du Ban de la Riviere le dévoient payer à l’avenir, de la manière qu’il favoit été payé par le passé, savoir pour un denier de cens, ils doivent donner un gros de chaptel, où par teste en relèvement ; pour une maille, un demi gros ; pour un chappon prisé trois deniers, trois gros de chaptel ; pour une poulie, trois mailles, qui valent deux sols de fors ; et autant d’héritiers qui relevent, ils doivent payer autant de quatre deniers et de quartes de vin (t).
(i) Ici se trouve dans le mss., un renvoi de D. Calmet à une feuille Volante contenant un passage ainsi conçu :
En 1 453, le 3 avril Poince de Champel Abbé de S*, (le feuillet est coupé, mais il faut lire S1 Symphorien,) et tout son couvent) furent trans-
L’Abbé Didier de Borville mourut le 26. du mois de Juin vu 1461. et fut enterré dans la grande Eglise de son Abbaye, Mort de devant l’autel de la Ste Croix, ainsi qu’il est marqué dans l’acte de l’election de Henri Briton de Deneuvre, qui se fit Borville le 27. du même mois. en 1461'