CHAPITRE XLI
Monseigneur le Prince NICOLAS FRANÇOIS Evêque de Toul, 55e Abbé de Senones, depuis l’an 1625. jusqu’en 1634.
Le Prince Nicolas François, fils du Duc François II., naquit en 1609. du Prince François, Comte de Vaudémont et de Salm, et de Christine de Salm. Il fut fait evéque de Toul en 1625., et la même année il fut fait coadjuteur et ensuite Abbé de Senones. En 1627. il fut crée cardinal. Nous trouvons peu de monumens de son gouvernement de l’Abbaye, parce qu'il s’en mêla peu. Il fut fait coadjuteur de l’Abbaye de Maurmoutier en 1621 (i). En 1629. il céda aux Religieux de son Abbaye de Senones les dixmes et le gagnage du Ménil, situé dans led. val de Senones, pour être déchargé à l’avenir lui et ses successeurs, des réparaôns et entretiens de l'Eglise, comme aussi de la fourniture des ornemens et de six pastes ou repas, qu’il devoit par an aux Religieux les jours de grandes festes, auxquels les Abbés avoient accoutumé de célébrer solennellement la messe (2).
En conséquence de cette cession, les prieur et religieux de Senones firent réparer le presbytère et les chapelles de la grande église de S% Pierre, pour les mettre en l’état où on les a vûs jusqu’en 1741, quant à la structure des bâti-
Comme cem'.
Prince Nicolas Françoi s , Abbé de Senones.
(1) Maur-Munster, Mauri-Monasterium ou Maurmoutier (Marmoutier) était une célèbre abbaye située dans la Basse-Alsace.
(2) Dans le mss. il y a ici un renvoi à un feuillet qui devait se trouver fixé en marge de la p. 289, car on y voit encore les traces de la colle, mais le texte a disparu et la feuille a dû même être arrachée. Le renvoi qui est de la main de D. Calmet, commence par ces mots « En conséquence » et j’en ai reconstitué le texte au moyen du manuscrit d’Epinal.
A partir de l’art. II, sauf un renvoi, je reprends le contexte du manuscrit de Saint-Dié.
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lie Prince Nicolas François permute son Abbaye de S en o n e s contre celle de Belchamp
mens, bien différente de celle qui se voioit auparavant, y aiant alors trois absides : l’une au fond de Féglise, et les deux autres aux deux côtés de l’autel de la Vierge et de celui de S. Benoit, comme il paroit encore par les vestiges des deux arcades qu’on a boûchées et mûrées. Avant l’an 1718, auquel on reblanchit l’église, on voioit dans la clef de la voûte au fond du choeur, l’an « 1630 », que l’on a mal à propos couvert d’enduit pour y mettre « 1718. » (Voyez les comptes de 1629, 1630 et 1631. Et encore les mémoires de D. Charles de Gondrecourt de Van 1653.)
Le R. P. D. Augustin Calmet, Abbé de Senones, aiant en 1741, commencé un nouveau choeur, on a découvert les anciens fondemens sur lesquels on a dressé le plan de l’ancienne Eglise, comme on l’a vû ci-devant.
En 1631. il permuta son Abbaye de Senones contre celle de la Trinité de Belchamp, avec le Prince Charles Abbé de Gorze, fils naturel du Grand Duc Charles, à condition qu’il en conserveroit tous les fruits et revenus, à la réserve d’une pension annuelle de cinq cent frans barrois, payables au dit Prince Charles, abbé de Gorze (*).
Ce fut en ce tems-ci que le prince Nicolas-François, abbé commendataire de Senones, fit faire des copies de tous les titres de l’abbaïe de Senones qui concernoient sa mense abbatiale, et plusieurs autres aussi concernant la mense conventuelle. Ces titres avoient été longtems à Nancy, entre les mains de Mr. Odot et autres gens du Conseil de S. A. Charles IV, fils du prince Nicolas-François (2). Ces copies sont demeurées dans les archives de Lorraine jusqu’en 1699, que le duc Léopold 1er permit qu’on les communiquât à l’abbé Dom Pierre Alliot, qui les fit transcrire
(1) Ici encore se trouve un entête de renvoi, dans les mêmes conditions que le précédent. Le texte s’étend jusqu’à l’art. III, mais le feuillet sur lequel il était écrit a disparu du mss. de Saint-Dié. Même observ. que ci-dessus.
(2) On sait que Charles IV, duc de Lorraine, et Nicolas-François, évêque de Toul, 55e abbé de Senones, étaient hères.
et ranger, dans un livre bien relié, et chaque titre collationné par un tabellion nommé Aida de -S1. Diez.
Le Prince Nicolas François, cardinal, ayant pour des raisons d’Etat, quitté l’etat écclesi astique, et épousé sa cousine germaine la princesse Claude en 1633., résigna ses bénéfices entre les mains du Pape qui lui créa sur ces bénéfices une pension de douze mille ducatons. L’Abbaye de Senones fut possédée avec tous ses fruits, par le prince Charles, abbé de Gorze, résignataire jusqu’en 1647.
Le Duc François IL, père du cardinal Nicolas François, avoit conçu le dessein de faire unir à la mense abbatiale de Senones les prieurés de S. Christophe de Vie, de Xures et de Mervaville, dont on ne faisoit monter le revenu annuel qu’à 3500. fr. barrois, charges acquittées. Le motif de cette union étoit que le Duc, dont on vient de parler, ayant chassé tous les hérétiques qui s’étoient habitués dans les montagnes de son Comté de Salm, et ayant procuré aux habitans la facilité d’entendre la messe et de recevoir les instructions toutes les fêtes et dimanches, par l’érection de quelques nouvelles cures dans le val de Senones, cela lui auroit occasionné des dépenses fort considérables puisqu’il étoit obligé de fournir à l’entretien des curés de ces nouveaux établissemens, dépenses que l’on faisoit monter par an à la somme de trois mille frans barrois, à cause des dixmes que l’Abbé abandonnoit, disoit-t-on, à ces curés. Nous avons l’instruction et le projet de cette union envoyé à l’agent que S. A. avoit à Rome. La pièce est sans datte et on ne voit pas que ce dessein ait eu aucune exécution. Il aurait pu etre avantageux aux religx. si le Seig. Abbé leur avoit abandonné les dixmes du ^Val de Senones et des bans en dépendans (1).
Il quitte l’état écclés iastique en 1633.
Le Duc Fr anç ois II de Lorraine fait soll iciter l’union des Prieurés de Xures, de Vio et de Mervaville à la mense abbatiale nes .
(1) Cette dernière phrase est ajoute'e en marge par D. Calmet, qui continue : « Voicy l’instruction que le Prince donna à son agent à Rome pour obtenir cette union ; » mais cette instruction n’existe pas dans le mss. ; elle était sur un feuillet intercalé, qui a été décollé comme les précédents, et elle perd de son importance du moment qu’elle ne parle que d’un projet.