‹ Histoire de l'Abbaye de SilosChapitre 10 sur 179 · fol. 62-63 ; Yepes, t. I, fol · texte numérisé non relu

fol. 62-63 ; Yepes, t. I, fol

2. Vita beat), Dominici, dans Vergara, 5. On ne connaît pas le nombre exact p. 334. des religieux de San Millan dans la pre-

34 HISTOIRE DE l'aPBAYE DE SILOS

Dans ce nouvel office, Dominique se fit remarquer surtout par une conduite pleine de prudence et de prévoyante sollicitude. Sans rien diminuer de ses austérités ordinaires, de ses veilles, de ses jeûnes et de ses oraisons prolongées, il se montra animé envers tous d'une si tendre charité, qu'il ne tarda pas à devenir l'objet de l'afTection et de l'estime universelles. Aussi lui fut-il aisé de porter remède aux quelques abus que l'administration moins vigilante de ses prédécesseurs avait laissés se glisser dans les détails de l'observance.

Le grand prieur n'eut pas moins de succès dans la gestion des affaires temporelles. Il savait quels dangers court une communauté dont les intérêts sont confiés à des mains inhabiles ou coupables, et n'ignorait pas que la misère n'est pas moins funeste aux institutions monastiques que l'excès et l'abus des richesses.

Mais, nous dit Grimald, l'antique ennemi, jaloux du bien qu'opérait l'homme de Dieu, ne put souffrir longtemps qu'il exerçât en paix une influence si salutaire. 11 suscita d'abord contre lui quelques hommes pervers, satellites secondaires, dont les artifices pour éloigner de San Millau le zélé prieur furent inutiles. Déçu de ce côté, l'esprit malin eut recours à des armes plus puissantes. La Navarre, dont faisaient alors partie les Provinces basques et la Rioja, que notre biographe appelle Provincia Nagr/arensis, était gouvernée depuis quehjues années par (larcfa de Najera, fils aîné de Sanche le Grand. Prince vaillant et belliqueux, tour à tour allié et ennemi des petits rois maures ses voisins, il montra envers les abbayes et les églises de son royaume la même inconstance que dans les actes de sa vie politique. Aujourd'hui généreux jusqu'à la prodigalité, demain rapace jusqu'au sacrilège, selon l'élat du trésor royal, tout porte à croire que ce fut le besoin de remplir ses coffres épuisés j)ar la guerre, qui le détermina à réclamer de l'abbaye de San Millau les riches donations dont ses ancêtres l'avaient comblée. Les moines avaient plus d'une fois accédé à ses (Icmaiides, du moins dans une certaine mesure ' ; mais le monarque

iriiiTC moitié du XI'' sirclo. Les ciiarlcs de l'un tl'eutre eux, l'auteur du célèbre

de cette épociue inentioniicnt d'iinc ma- Codex (cVigilaiius» ou « Abeideosis ». (Voy.

nière générale les « armées de moines » Kwald, Reise nach Spanien, dans le Neues

(nrpnina monachorum) , (|ni i)(n|)laieiit Arcfiiv, t. VI, p. 240.) Eu 997, ce nombre

alors l'abbaye. Kuvirfin soixante-dix aus était à peu prés le même. (Voy. le Père

pUH tôt, l'abbaye d'Albelda, située dans iMoret, Anales de Navorra, ad ann. ll'.n.) la même réf,'ion, mais (jui n'eut jamais à. 1. C'est ce que donnent à entendre ks

beaucoup prés l'importance de la premié- paroles de Grimald : » Uex cum, quadam

re, comptait 200 moines, au trmoi^'naf,'e die, ad (•en(diium Sancti Kmiliani venisset,

SAINT DOMIMOIË, MiI?É DE SILOS

ayant réitéré ses exigeiices^ le grand-prieur s'cn'orça de lui montrer l'injustice de sa prétention et s'y opposa avec une invincible fermeté. Peu habitué à de semblables résistances, D. Garcia entra dans une violente colère et jura de faire arracher la langue et crever les yeux au téméraire qui osait s'opposer à ses ordres. Le prieur, peu ému de ce bruit et de ces menaces, demeura inébranlable '. Vaincu par son héroïque courage et l'ascendant de sa sainteté, le prince céda pour le moment. Toutefois, il était ti'op irrité pour laisser im|)unie la noble hardiesse de Dominique. Il manifesta hautement à l'abbé son intention et sa volonté de voir le grand -prieur déposé de sa charge et chassé sans retard du monastère.

V. — Le vénérable D. Sanche était mort vers 1034, et le nouvel évêque-abbé D. Garcia, que Grimald suppose quelque peu jaloux de l'admirable constance et de la très sainte vie du serviteur de Dieu /^, n'eut pas le courage de s'opposer à l'ordre tyrannique du puissant monarque. Il priva le fidèle prieur de sa dignité et l'éloigna en lui confiant le petit prieuré de Très Celdas (les Trois-Cellules), perdu au milieu des montagnes, non loin de la rivière de ïobia ^ Quelque

et seciindinn siiam pravam cousue ludinem defacultatibiis monaster'd sibidari requisisset... >' (Vergara, p. 338).

1. Le savant évèque de Pampelune, Prudencio dé Sandoval, a écrit une relation a«sez dramatique de cet épisode. Le grand -prieur aurait fait semblant d'acquiescer aux volontés du roi ; puis plaçant sur l'autel majeur de l'église tout l'or et l'argent du monastère, entre autres les riches châsses de saint Emilien et de ses compagnons, il aurait dit à D. Garcia : « Prince, voilà nos trésors. Prends-les, si tu oses dépouiller le Seigneur des vases consacrés au service de son temple ».

(Yepes, Coronica, t. 1, fol. 203.) Ce récit ne repose sur aucun document ancien et n'est qu'une interprétation fantaisiste des paroles de Grimald.

2. Le moine de Silos semble prendre un malin plaisir à accentuer cette faiblesse : « Abbas... iam percussus in secreto cordis mortifero iaculo invidie pro tam admirabili viri constantia..., eum et a gradu prioratus iniusto et damnabili iudicio deposuit, et ab habitationc pmprii monasterii expulit ; atlamen fraudulenta

astutia Très Cellulas ad regenduni ei tradidit ». Toutefois, la mémoire de l'abbé Garcia resta toujours en vénération auprès des moines de San Millan. Ils lui ont donné comme à son prédécesseur le titre de bienheureux, et sainte Auria, qui mourut recluse à San Millan de Suso vers la fin du onzième siècle, vit en extase les deux prélats dans la gloire du ciel. (Voy. Sandoval, San Millan, fol. 64, vo.)

3. Ce monastère , appelé aussi San Cristobal de Tobia, fut donné en 1014 à D. Ferrucio, abbé de San Millan, par le roi Sanche le Grand. Mais il était beaucoup plus ancien. En effet, vingt ans environ après la mort de saint Emilien, vers la fin du Vl« siècle, les trois disciples du grand thaumaturge de la Rioja, saint Cythonat, saint Sophrone et saint Géronce, se seraient retirés dans cette solitude, pour y passer les dernières années de leur vie dans les exercices de la plus austère pénitence. Ils y furent ensevelis dans les trois cellules ou ermitages qu'ils s'étaient construits, et près desquels s'éleva bientôt le monastère qui prit pour ce motif le nom de Très Celdas ou les Trois-Cellules.

pénible que pût être à notre saint une mesure si manifestement injuste, il obéit sans murmurer et partit aussitôt. Mais il n'y trouva point le repos auquel il aspirait et, six mois plus tard, le ressentiment du roi de Navarre venait le poursuivre jusque dans sa nouvelle retraite. Garcia, qui souffrait encore de la blessure faite à sa cupidité et à son orgueil, exigeait de lui des biens qu'il n'avait pas et des trésors qui n'étaient plus sous sa garde. Dominique comprit qu'il ne lui restait désormais qu'un moyen de reconquérir la paix, de calmer la colère du prince et d'échapper à sa vengeance ». Il sortit en hâte du prieuré ; puis, franchissant les hautes montagnes qui. séparent la Rioja de la Gastille, il vint cherclier un asile dans la cité de Burgos. On était probablement vers la fin de l'année 1040 ^ Le renom des vertus de Dominique l'avait précédé dans cette ville^ où, nous dit son disciple, le peuple tout entier le reçut avec les démonstrations delà joie la plus vive et les transports d'une inexprimable allégresse ^ Ferdinand le Grand, qui depuis quelques années réunissait sur sa tête les deux couronnes de Gastille et de Léon, résidait alors à Burgos avec toute sa cour. Il avait entendu parler de la sainteté et de la sagesse extraordinaire du serviteur de Dieu, et était bien éloigné de partager contre lui les mesquines rancunes de son frère le roi de Navarre. Aussi s'empressa-t-il d'accueillir le proscrit dans son palais et de lui donner des marques de son estime et de sa vénération.

Mais l'humilité du saint moine ne pouvait s'accommoder de tant

Leurs reliques furent transférées plus tard decorus, actibus clarus, sermoue disertus, à San Millan, où elles se trouvent encore armis strenuus et usu militie bellicosus, aujourd'hui. (Voy. le R. P. T. .Miguella, San ut testantur fréquentes et nobiles ac Millan de la Coç^olla, 1881), p. 184.) Du memorabiles ipsius victorie super spurprieurë, réduit dans les siècles suivants oissimaui gentem Agarenoruui facte, cl m simple ernùta, il ne reste plus aujour- insuper rcstitutio Calagurritane civitatis » d'hui que (pielques misérables ruines entre {Vita, dans Vergara, p. 338). les villages de Ledesma et de Pedroso, 2. Ferreras {Histoire générale d'Espagne, sur le chemin qui conduit de N.ijera à ad ann. 1053) place les circonstances que Valvanera. (Voy. Mecidaeta. Ferreras ron- nous venons de rapporter en l'année lO.'iS. Ira Ferreras, 1728, p. 12t.) Au XVII« sii'-cle, L'erreur est manifeste, car, à cette date, il était devenu une grange dépoiidaute de saint Dominique était depuis dix ans abbé l'abbaye de Valvanera. {Monasiicon hispa- de Silos. Les actes signés par le saint et que nirnni, ms. 321 du fonds espagnol de la nous signalerons bientôt, ne peuvent laisser BibrKdhèquc nationale fol. 192, v.) subsister le moindre doute sur ce point. 1. A côté des défauts et des vices du 3. << Videros inexplicabili leticia et roi Garcia, le moine de Silos n'omet pas incredibili exullationc tripudiarc omnem de mentionner ses bonnes qualités. Voici populum, contemplantes eum velut précises paroles :>< Garsea rev-obtinebat regnum osum fhesaurum sibi divinitus missum » pruviricic Naggarensis ; visu certe corporo {Vila, dans Vergara, p. 340-343).

SAlîSt DOMINIQUE, ABBE DE SlLO^ 37

(rhonneurs. Il demanda et oblinl du roi la permission de se retirer dans nn petit ermitage situé en dehors de la ville, près de l'église de Saint-André '. Son séjour, cependant, devait y être de courte durée, et Dieu avait d'autres desseins en guidant les pas de son serviteur vers la capitale du royaume de Gastille.

Nous avons vu plus haut dans quelle situation lamentable se trouvait au commencement du onzième siècle l'antique abbaye de Saint-Sébastien de Silos. Il n'est pas besoin d'y revenir. Le roi Ferdinand, qui, au milieu de ses exploits militaires et de ses nombreuses conquêtes, trouvait encore le temps de prendre un soin très particulier des églises de ses Etats, connaissait le monastère de Silos et déplorait la triste décadence oii il était tombé. L'arrivée du grand-prieur de San Millan lui parut providentiellement ménagée pour l'œuvre de restauration qu'il méditait depuis longtemps.

Mais laissons parler ici le biographe contemporain : « Le prince rassembla autour de lui les comtes et les grands de son royaume, qui se trouvaient en ce moment à la cour et leur dit : « Vous n'ignorez « pas, très chers amis, combien illustre a été autrefois le monastère « de Silos, et à quelle extrémité l'ont réduit les péchés et les négli- « gences de ses habitants. Nous devons donc de toutes nos forces « aviser aux moyens de pourvoir ce sanctuaire presque désert « d'un pasteur capable et d'un maître prudent, qui puisse, avec mon « assistance et la vôtre, y faire revivre le service de Dieu et y ramener « des jours prospères ». Les grands approuvèrent d'une voix unanime les paroles du roi et le prièrent de ne pas retarder l'exécution

1. Un monastère d'ermites de Saint- par la tradition et Grimald n'en dit rien.

Augnstin s'éleva dans la suite autour de L'argument qu'ont tiré de cette tradition

cette église de Saint-André (appelée depuis quelques historiens (le docte P. Florez, par

Sfl?i ^^iwù'n), qui se trouvait à 500 mètres exemple), pour faire remonter jusqu'en

environ de la ville, au-delà du pont l'année 1040 et au-delà le monastère de

actuel de Santa Maria. C'est là que fut Saint-Augustin, ne repose sur aucune

vénérée à partir du XI Ile siècle l'image si base solide. Quant à la tradition elle-

fameuse du Sanlo Cristo, placée aujour- même que nous rappelons, elle est tout

d'hui dans une des chapelles de la cathé- autrement sérieuse. On la trouve consi-

drale de Burgos. (Voy. Florez, Esp. sagr., gnée par écrit dès la première moitié du

t. XXVII, col. 483-503, p. 242-254 de la Xlll« siècle dans l'œuvre de Gonzalo de

2™« édition.) L'ermitage de Saint-Domini- Berceo. Dominique s'adresse au roi Fer-

que, plus connu à partir de la fin du dinand, et le poète lui fait dire :

XVle siècle sous le nom de la Magdalena, j^^^ ^^ ^^^^ j,,e ^^nes una ermitania,

appartenait à l'abbaye de Silos et a ^^ sirva al que nascio de la virgen Maria,

subsisté jusqu'à la suppression des ordres p^^^^^^^^ ^^^^ ^1 ^.^y^ ^^^^ ^^^ ,a je „,ia. religieux. — Le séjour que le bienheureux

lit eu cet endroit ne nous est connu que {Vida de sanlo Domingo de Silos, sir. i%5.)

UlSTOmE DE L ABBAVE DE SlLOS

de son dessein. Touché de cette réponse, le prince poursuivit: « Si la « chose vous agrée, je serais d'avis de confier ce monastère à la « sollicitude de Dominique, cet homme plein de prudence que Dieu « nous a envoyé dans sa miséricorde ; et me confiant dans le Seigneur, « je ne doute pas que sa grande sagesse ne rende hiontôt à ce lieu « vénérable sa splendeur première ». Tous les assistants applaudirent à cette pieuse détermination du roi, et le peuple que le prince fit informer y joignit aussitôt son consentement et ses acclamations. Peu après, de hauts et nobles personnages, envoyés par le prince, conduisirent solennellement Dominique au monastère de Silos. Ils informèrent l'évêque du diocèse de tout ce que le roi, les seigneurs et le peuple avaient fait, et avec la bénédiction du pontife et l'acclamation de l'assemblée des moines, le saint homme fut préposé au gouvernement de l'abbaye * ». Grimald ne nous fait point connaître la date de l'arrivée de Dominique à Silos ; mais cet événement fut consigné avec soin dans les archives de l'abbaye et, au treizième siècle, le prieur et les moines pouvaient affirmer dans une contestation avec les habitants de Laguna ", qu'il avait gouverné l'abbaye de Silos pendant 33 ans ^ moins 33 jours. D'autre part,

1. Grimald, Vila beali Dominici , dans Vergara, p. 314. — La part prise par le premier roi de Castille à la restauration de Silos est en parfaite harmonie avec ce que nous apprend un autre disciple de Dominic|ue, l'auteur du C/tronicon Silense, source principale de l'histoire de Ferdinand le Grand. Nous le voyons, à l'exemple de Cliarleniagne, assister fréquemment aux offices divins, se plaire à mêler sa voix à celles des serviteurs de Dieu, n'avoir rien tant à cœur que de relever et d'orner les églises, de protéger les clercs, les moines et les vierges consacrées au Seigneur : « Ecclesiam (l'église de Saint-Isidore de Léon dans laquelle il avait fait transporter de Séville le corps du saint Docteur) mane, vespere, item nocturnis horis et sacrificii tempore inipigre frequentabal. Inlerdum cuin clericis voces niodulando, in Dei laude pollentcr cxullabat... Nequc Fernandus, pins et cxcellenlissiuiMS j)rinc(ps, toto vita- sua- curriculo (|uid(fuani carius duxit, qnani ul ret/ni sut principales crdesiip. suis donis veleri pollercnl auclorilale,

atque omnes per illum non solum quietse et defensse, verum etiam suis laboribus ornatte et ditatœ forent. Amabat pauperes peregrinos et in eis suscipiendis magnam habebat curam. Ad hoc, ubicunique christianos, monachos, clericos vel niulieres Deo dicatas, in paupcrtate vivere compererat, aut per se ut eos cousolaretur veuire, seu pecuniam niittere crebro consueverat.... Statuit per ununiquemque anuuui vivens, pro viuculis peccatorum resolvendis Cluniacensis cœnobii monachis mille aureos ex proprio a-rario dari. » [C/ironicon monac/ti Silensis, § 104, dans VEspaïïa safjracld , t. XVII, 2« éd., p. 321.)

2. Miraculos l'omanzados, dans Vergara, p. 133. (Voy. ci-dessus, p. 30, note 2.)

3. Le copiste a écrit par inadvertance 23 ans au lieu de 33. Il est aisé de voir que ce n'est là qu'un lapsus calami; car de l'année 1042 à 1073, c'est-à-dire pendant l'espace de 31 ans, nous voyous Dominique apparaître comme abbé de Silos dans de nombreuses chartes d'une authenticité inconteslable.

SAiNt DOMiMQLË, ADIiÉ DK SlLOS

la data précise de sa mort n'est pas douteuse et arriva le 20 décembre 1073. Il faut donc en conclure que Dominique prit possession du siège abbatial le 2i janvier lOil. Le récit de Grimald donne clairement à entendre que l'évêque vint à Silos en cette circonstance ' et y bénit le nouvel abbé selon les rits solennels de la liturgie mozarabe ou gothique, alors encore en usage dans toutes les églises d'Espagne ^

I/arrivée de Dominique à Silos fut signalée par un événement qui frappa beaucoup les assistants et prépara les voies'au futur réformateur. Au moment où celui-ci, après être descendu de cheval, entrait dans l'église, le vénérable Licinianus, entouré de la communauté des frères, chantait la messe solennelle. Après l'évangile, le prêtre qui ignorait la présence du bienheureux se tourna vers le peuple et.

1. L'évêque de Burgos était à cette date D. JuliaD. C'est du moins la conclusion qu'il est permis de tirer des savantes recherches du P. Florez sur les premiers évèques de cette ville. (Voy. VEsp. sogr., t. XXVI, p. 182-188.)

2. « Cum pontificali benedictione et totius congregationis acclamatione » {Vila, dans Vergara, p. .344). Cette cérémonie se terminait par la tradition de la crosse et du codex des règles monastiques. Au XI« .«iècle, l'usage de l'anneau était encore réservé à peu près exclusivement aux évèques. — Le rituel mozarabe, d'après lequel se fit la bénédiction abbatiale, est un livie encore iuédit. Nous n'en connaissons que deux manuscrits : celui de Madrid, malheureusement mutilé, et celui de Silos, beaucoup plus complet, dont Berganza a imprimé quelques fragments.

Nous espérons pouvoir en publier bientôt le texte intégral. Voici, en attendant, le passage qui a trait à la bénédiction d'un abbé. (Les rubriques sont en italiques). « Quiim venerit his qui ordinandus est abba, ejquirilu)- primiim de honestate vite sive de sancta régula ecclesiastici ordinis, vel de sanctorum -patrum reqularum sententiis; et sic postea ad subsequendum et percipiendum ordinem accédât. — Quum venerit episcopus ad abbatem ordinandum, induit eum staminia, pédales et sucellos in sacrario, dicens illi : In no mine Patris et Filii et Spiritus Sancti fiât tibi indumeutum hoc in sauctificalione animi

et corporis tui ; ut de tempore iudicii non tibi confusionis damuatione, sed expiate servitulis atïectu, eternam Dominus protegat libertatem.

Tune ipse qui consecrandus est abba tradet episcopo plucitum suum, tam pro se quam pro subditis, de onestate vite reç/ularis. — Oratio : Omnipotens Christe Domine, a quo est omnis vera paternitas et honorum omnium dignitas, te supplices imploramus, ut huic famulo tuo illi, quem abbatis otBcio nunc preficimus ovibus tuis in monasterio sancti illius, qui est in loco discreto sancti regiminis, et viscera digneris concedere pietatis. Regat sibi creditum gregera instauti vigilantia et vigilanli constantia. Neminem de manu eius hostis calidi versutia rapiat, aut vite secularis ten:tatio calamitosa decipiat. Ad exortationera eius inobediens discat obedientiam, lascivus deserat petuiautiam, abiciat furiosus insaniam, adprehendat incontinens castimoniam, omnis errans sectelur et teneat disciplinam. Sit hic, te propitiante, omnipotens Deus, moribus placidus, couversatione nitidus et ospitalitate precipuus ; ut tua in omnibus protectione munitus, et de subditorum nullatenus actione confusus, quum index adveueris metuendus, in sanctorum letetur societate securus. Amen. — Hac eoplicita, trudetur ei baculum (sic) ab episcopo et librum regularum, dicens ei : Accipe baculum ad sustentationem tue onestissime vite. - Accipe hune librum regularum,

yiStOIRE DE L ABBAYE DE SILOS

au lieu de prononcer la formule d'usage : Domimissit semper vobiscum^, il dit ces mots : Ecce reparator venit, auxquels les moines répondirent : Et Domiiius misit eum. Le saint sacrifice terminé, les frères descendirent au milieu de la basilique pour recevoir le réparateur que la Providence daignait leur envoyer, etdont la tête, continue le narrateur, apparut aux yeux de tous entourée d'une auréole de lumière. Grimald ne rapporte pas cette légende dont le souvenir nous a été conservé par le moine Pero Marin et par les antiques peintures murales qui décoraient autrefois la chapelle du saint abbé -.

D. Nuno de Gete s'empressa de remettre entre les mains du nouveau prélat le gouvernement du monastère ; mais il conserva longtemps encore son titre d'abbé de Saint-Michel, tandis que Dominique faisait revivre celui de Saint-Sébastien, véritable patron de Silos ^

VI. — Secondé par les religieux, qui l'accueillirent avec les plus vives démonstrations de joie [ciim totiiis congregationis acclamatione) , le nouvel abbé se mit aussitôt à l'œuvre. Son premier soin fut de rétablir la louange divine du jour et de la nuit dans le monastère à demi ruiné. Il dut, à cette fin, songer tout d'abord à augmenter l'assemblée des frères, et à communiquer à chacun d'eux la ferveur et le zèle dont il se sentait rempli. En même temps que l'édifice spirituel, il fallait aussi restaurer l'édifice matériel et, malgré toute sa grande énergie, Dominique eut besoin d'un encouragement d'en haut pour faire face à tant de besoins à la fois. Dieu le fortifia dans

studoiis ad tunni vol ad subiectorum disponendani sanctissimam vitam.

El sic postea in ordine sito slahit.

f)(il(/ue pacis oscidum episcopo et frulrihus umnibus. »

1 . Cette formule est bien celle que l'on trouve daus les nmnuscrits de la uiesse mozarabe et dans les textes publiés par Cisueros et Lorenzana. (Voy. .Mignc, l'alrol. lai. t. LXXXV, col. 536.)

2. Ces curieuses fresques se voyaient encore au WIIl» siècle, époque où elles furent renouvelées. (Archives de Silos : liorrador, ad ann. 16Î52, fol. 78 ; Libro de Deposilo, ad ann. \&'.J3). l'en» .Marin [Miractilos roîiiançados, dans Verfrara) parle plusieurs fois de ces peintures.

3. Dés ce moment Dominique voua un culte particulier au saint martyr. Parmi

les objets précieux qu'il lui consacra après avoir restauré sa basilique, nous devons mentionner un grand calice en argent, qui avec sa large patène incrustée de pierres précieuses, de camées antiques et ornée de merveilleux filigranes, est une des œuvres d'art les plus remarquables qui nous aient été conservées de cette époque. (Voy. à la fin de cet ouvrage les deux gravures qui reproduisent le calice et la patène, qui font encore partie du trésorde Silos.) .\u-dessous du pied du calice il fit graver une inscription dédicatoirc que l'on trouvera plus loiu. (.\ppendice 11, Inscriplions, n" 10). Il lui oIVrit également une riche couronne de même métal, qu'il fit suspendre au-dessus du maltre-aulel, et qui avait à peu près les mêmes diuiensions que la fameuse couronne votive en or, donnée par le roi

SAiNt DOMINIQUE, ABRÉ DE SlLOSi 41

son entreprise par la vision suivante, dont son disciple Grimald, qui l'avait apprise de la bouctie même du saint, nous a transmis le naïf et minutieux récit. « Une nuit, dit-il, que le serviteur du Christ prenait son repos après les labeurs d'une rude journée, il se vit transporté soudain sur le bord d'un fleuve, d'oii sortaient deux ruisseaux larges et profonds ; l'un roulait ses eaux aussi rouges que du sang, tandis que celles du second avaient la blancheur du lait. Un pont de cristal de la largeur de la main rejoignait les deux rives du lleuve, à l'une des extrémités duquel se tenaient deux anges vêtus de robes blanches, nouées au-dessous de la poitrine par une ceinture d'or. L'un deux portait dans ses mains deux couronnes d'or d'une merveilleuse beauté ; l'autre n'avait qu'une seule couronne, mais toute ornée de pierres précieuses et sept fois plus brillante que les deux autres. Malgré l'invitation du premier ange, le bienheureux hésitait à traverser un pont aussi étroit et aussi fragile. Il se décida enfin et se trouva bientôt auprès des messagers célestes. L'ange lui dit alors : « Le Seigneur t'envoie la première couronne, parce que, marchant sur ses traces et obéissant aux préceptes de la perfection, tu as abandonné généreusement le siècle et renoncé à ses œuvres perverses. 11 te donne la seconde pour avoir édifié l'église de Sainte-Marie (de Ganas), pour la tendre dévotion que tu professes envers la Mère de Dieu, et aussi pour la chasteté virginale que tu as su garder depuis ton enfance. Quant à la troisième, de toutes la plus précieuse, elle t'est réservée pour le monastère de Silos, que tu relèveras et rendras à sa beauté première.

Réceswinthe à l'église de Tolède (elle fut siècle de notre ère. (L'arrangement de la trouvée à Garrazar en 1858 avec plusieurs chevelure rappelle très exactement le beau autres couronnes plus petites du même buste de Faustine, femme d'Antonin le genre, et fait aujourd'hui partie du trésor Pieux, tronvé à la villa Hadriana, audu musée de Cluny). Cette couronne a jourd'hui au Vatican. On peut voir une disparu, mais on la gardait encore pré- représentation exacte de ce buste dans cicuscnient au XYII^ siècle. (Ruiz, fol. 2."J, Duruy, Histoire des Romains, t. V. p. 172.) vo ; voy. aussi le Reci<e(7, document n» 480.) Pour enlever à cette œuvre payenne son Elle était surmontée d'une tète de Vénus caractère profane, Dominique la fit surantique, qui d'après la tradition aurait monter d'une colombe en argent, dans appartenu à une iJole honorée encore au laquelle il plaça plusieurs reliques de Xl« siècle sur une montagne voisine de sainte Barbe et de saint Biaise, et que l'abbaye, et dont le bienheureux détruisit l'on voit encore sur la tête de Vénus, le sanctuaire. La tète de la déesse n'a pas On trouvera dans le Glossaire archéolodisparu avec la couronne et constitue (jique de M. Gay (au mot Colombe) un aujourd'hui une des antiquités les plus dessin du X1II« siècle qui explique fort curieuses du monastère de Silos. Elle est bien l'usage de cette colombe et de la en bronze et peut remonter au second couronne.

et en récompense du peuple que tu dois y conquérir à Dieu. Sois donc ferme et constant ; tu posséderas ces trois couronnes et régneras sans fin avec le Christ en notre compagnie ». Cela dit^ la vision disparut. Tout d'abord, poursuit Grimald, nous ne pûmes ajouter foi à cette apparition du saint homme ; mais dans la suite, à la vue des merveilles sans nombre que le Seigneur opérait par son intercession, nous comprîmes clairement la vérité de cette vision merveilleuse \ »

Ainsi fortifié, Dominique poursuivit avec courage la tâche difficile qu'il avait entreprise. Trente ans plus tard, en allant recevoir au ciel la couronne promise par l'ange, il avait la consolation de laisser derrière lui une communauté llorissante et un des plus insignes monastères du royaume de Castille. Il restaura et agrandit la basilique de Saint-Sébastien, en même temps qu'il relevait les bâtiments en ruine de la vieille abbaye '. Une partie considérable de l'œuvre du grand abbé est encore debout, après plus de huit siècles, et nous permet de nous faire une idée assez complète de l'élégance et de la beauté des édifices construits à cette époque. Le cloître, décoré de nombreuses colonnes, de curieux bas-reliefs et d'admirables chapiteaux, fait de nos jours l'étonnement des archéologues, et témoigne de l'habileté peu commune des artistes qui élevèrent un pareil monument ^ L'église était plus belle encore, avec son vaste portique orné de figures en pierre, ses trois nefs voûtées et terminées à l'est par autant de chapelles absidiales, sa haute tour surmontée de solides créneaiix, el la superbe coupole qui s'élançait au-dessus du transepts

1. Vila, dans Vergara, p. 346. — En souvenir (k; ccttevision, Tabbaye de Silos prit j)liis tard pour armoiries les trois couronnes montrées par les anges à saint Dominirpie.

2. '< Quam doscenter monasterium sibi commissnm, j)one omui re necessaria destilulum spoliatumque restauraverit ; quam eleganter ecclesiam et onmia nionastcrii habitacula pêne vetustate consuuipta ac semiruta, cum nimio labore gravi(|uc anguslia.... reedificaveril, et prislino uielioratoque decori restituent — pretcrniisimus, vel quia manifeste habetur prc oculis, vel quia dcvitamus prolixe fastidium Icctionis. » Vihi, dans Vergara, p. 3G."J.)

3. Voyez, à la (in de .ce volume, les notes expiicalive^ du plan de Silos au Xll" siècle.

4. Au témoignage des anciens moines de Silos, témoignage confirmé par nu plan assez imparrait que nous avons retrouvé aux archives de 1 evèché de Ségovie, cette église ressemblait beaucoup, quoique dans des proportions un peu moins grandioses, à la cathédrale prinntive de Salauiam|uc, appelée aujourd'hui /fl a?i//yMrt (du Xih" s.) etquiestundesplus merveilleux spécimens de l'architecture romano- byzantine en Espagne. (Voy. Street, Golhic Architecture in Spain, chap. IV, grav. n°^ 7 et 8 et pi. IV, et J. Quadrado, Salamcmca, Avila j S>-!/ocia, 1884, p. 23 et 38.)

Du monument élevé par saint Dominique il ne reste plus que la porte latérale, par laquelle on descendait du transept méridional dans le cloître inférieur, et une jolie petite rosace, aujourd'hui masquée,

SAINT DOMINIQUE, AlînÉ DE SILOS

Conservée avec soin jusqu'en 1750, elle disparut à celle date pour faire place à l'église actuelle, édifice irréprochable au point de vue classique, mais d'une sévérité glaciale, comme la plupart des sanctuaires chrétiens imités des temples païens de la Grèce ou de Rome '. Quant au monastère proprement dit, malgré les remaniements successifs qu'il a subis pendant l'espace de huit cents ans, les parties encore debout suffisent pour nous aider à le reconstituer dans ses lignes principales à peu près tel qu'il sortit des mains de saint Dominique. Il serait trop long d'entrer ici dans les détails ; nous nous contenterons de renvoyer le lecteur à la fin de ce volume, où il trouvera le plan de l'abbaye de Silos au douzième siècle et les notes explicatives qui l'accompagnent. — Mais la restauration des bâtiments réguliers ne pouvait suffire, et, pour assurer l'avenir de son œuvre^ Dominique dut se préoccuper de l'accroissement et de la bonne administration des propriétés de l'abbaye. Ici encore tout porte à croire qu'il fut puissamment secondé par la munificence du roi de de Castille et des grands seigneurs ^ Malheureusement les chartes de donations de cette période ne nous sont parvenues qu'en très petit

de ce même transept. Admirablement conservée, la belle architecture de cette porte, aussi bien que la sobriété et l'élégance de son ornementation, ne peuvent que nous faire regretter davantage la démolition de la vénérable basilique du XI" siècle.

1. Outre la basilique de Saint-Sébastien, nous croyons devoir attribuer à saint Dominique deux sanctuaires beaucoup plus modestes, qui sont expressément mentionnés par le moine Grimald {Vita, dans Vergara, p. 363 et 425). Le premier, consacré à l'apôtre saint Pierre, s'élevait à une faible distance de l'église abbatiale, vers l'est, et devint dans la suite la seconde paroisse de Silos. Reconstruit au XIV^ et au XV"= siècle, en partie détruit de nos jours, il n'est plus qu'une simple chapelle dite ermita de San Pedro. — L'autre était situé à cinq cents pas environ à l'ouest du monastère, sur ce même rocher oîi existait déjà en 919 une petite chapelle {altare) érigée, on ne peut dire à quelle époque, en l'honneur de saint Jacques. (Voy. le Recueil des chartes de Silos, p. 2.)

2. Dans un temps de famine Ferdinand {Fredelandus) apprit que le pain manquait au monastère : « Il se hâta, dit Grimald, de dépêcher un messager aux moines

avec la missive suivante : Le roi Ferdinand, mon seigneur, vous salue avec respect.

Il vous ordonne d'envoyer sur le champ vos hommes avec des montures [vehicidis] au maître de son palais, qui vous délivrera aussitôt soixante mesures {quartellas) de provisions de toute sorte ». {Vila, dans Vergara, p. 365.) Il nous parait intéressant de citer ici trois strophes de l'amplification poétique que Gonzalo de Berceo a faite de ce passage de Grimald :

Non avie el Prior el cimbalo tannido.

Un trotero del rey l'o a ellos veuido. De abbad e de fraires fo mui bien recebido ; Dixoles tal mensage que le fo bien gradido.

Abbad et sennores, el bon rey vos saluda; Eutendio vuestra mengua, embiavosayuda, Davos très vent medidas de farina cernuda, Endado que non sea mudada uin venduda.

Abbad, embiad luego vuestros azemille-

[ros.

Non seades reptado de vuestros compan-

[neros.

Los monges que madurgan a los gallos

[primeros,

Trasayuuar non pueden como otros obreros.

{Vida de sanlo Dominc/o de Silos, str.

44 HISTOIRE DE l'aBBAYE bË SILOS

nombre ; elles ne nous permettent pas de nous faire une idée exacte de l'étendue du domaine monastique. Quant à Grimald, qui plus que tout autre était à même de nous fournir des renseignements complets et très précis, il a soin d'avertir de nouveau ses lecteurs qu'il n'écrit pas une histoire, mais se propose simplement de relater quelques-unes des merveilles opérées par son vénéré maître. Il s'adresse d'ailleurs à ses confrères les moines de Silos, dont la plupart ont connu le saint abbé et qui peuvent admirer tous les jours le consolant résultat des travaux et des fatigues de leur père. Nous pouvons cependant relever çà et là quelques détails qui ne manquent pas d'un certain intérêt. C'est ainsi que nous voyons le bienheureux étendre sa sollicitude aux petits monastères placés sous la dépendance immédiate de l'abbaye, parcourir les celles et les granges^ encourager les frères préposés à l'exploitation des terres et veiller à maintenir partout la paix et l'amour du travail. Il visitait une fois quelques-unes des propriétés que l'abbaye possédait non loin des ruines de l'antique cité romaine de Clunia, lorsque les nombreux captifs Maures ', occupés à divers services dans le monastère de Silos, profilant de la négligence de leurs gardiens, brisèrent pendant la nuit les portes de leur prison et s'enfuirent à la faveur des ténèbres. A l'approche du jour, ils étaient déjà loin au milieu des montagnes. Craignant d'être aperçus et dénoncés par quelque chrétien, ils cherchèrent un abri dans une de ces cavernes dont la contrée abonde et attendirent le retour de la nuit pour poursuivre leur marche. Mais, nous dit Grimald, le bienheureux Dominique avait été averti de cet événement par une vision céleste; il réveilla les frères qui l'accompagnaient, récita avec eux comme d'ordinaire l'olhce de nuit, et leur annonça ce qui venait de se passer. Etonnés d'une semblable nouvelle et ne sachant comment Ii'ur abbé pouvait en avoir eu connaissance, les frères hésitaient à ajonler foi à ses paroles, lorsque des messagers du prieur de Silos ' arrivèrent en toute hâte et conlirmèrent la révélation dubienheureux. La perte était considérable, en raison des importants services que ces captifs rendaient au monastère ; aussi les religieux s'en montraient-ils très affligés. Seul,, Dominique gardait son calme habituel et la joie

1. (jriui.-ilil les appelle » Saraceui » (Vila mais il l'appelle un homme sage et estimé dans Yergara, p. 360), » de tous : << vir carte, prout hominibus

2. Grimald ue nous fait pas connaître le visuiii fuit, l)oni tcstimonii », {Vila, dans ui'in de ce prieur de l'abbaye de Silos ; Yergara, p. 360).

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