SAINT DOMINIQUE, AHHÉ DE SILOS
il fut renversé de son cheval, et quelques instants après, il rendait le dernier soupir entre les bras de l'abbé d'Ona, saint Inigo \
Quelques années plus tard, probablement vers 1601, nous voyons l'abbé de Silos remplir avec plus de succès une mission bien diiïérente.
Avila possédait depuis le commencement du quatrième siècle les corps de saint Vincent et de ses deux sœurs, sainte Christète et sainte Sabine, qui souffrirent le martyre sous la persécution de Dioclétien ^ La ville ayant été à peu près complètement détruite et abandonnée à la suite de la conquête de l'Espagne par les Arabes, les précieuses dépouilles restèrent dans l'oubli sous les décombres de la basilique qui avait abrité leurs tombeaux. L'éloignement définitif des Maures, que les croisés victorieux refoulaient peu à peu vers le pays d'où ils étaient venus, ne rendit pas tout d'abord à Avila son ancienne prospérité. Elle ne se releva guère de ses ruines que vers l'année 1090, date à laquelle le comte Raymond de Bourgogne vint la repeupler par ordre d'Alphonse VI % et la ceindre de la magnifique couronne de murailles et de tours crénelées que nous admirons encore aujourd'hui. En 1061 \ les saintes reliques gisaient donc oubliées
1. Le récit de la bataille d'Atapuerca et les démarches de Ferdinand pour éviter cette rencontre sont rapportés avec quelques détails par l'auteur du Chronicon Silense. Nous donnons comme date de cette bataille l'année 1034, malgré l'autorité de Mariana qui la place en 1053. Le P. Moret a prouvé péremptoirement qu'elle avait eu lieu le i'^'" septembre de l'ère 1092 (année de J.-C. 1034 ; cf. Ferreras, ad hune annum). Quant au rôle des abbés d'Oùa et de Silos nous le trouvons mentionné pour la première fois dans un très ancien document d'Oùa, imprimé d'abord en 1612 par Dameto dans sa vie de saint lûigo, puis en 1613 par Sandoval dans son histoire de Ferdinand le Grand {Los cinco reyes, p. 22-24 de l'édition de 1792), et enfin par Henschenius dans le l^r volume de mai des Acta Sanctorum (p. 119 de l'édition de Venise). On peut consulter aussi sur ce sujet le P. Florez, Esp. sagr., t. XXVII, p. 278 et 307.
2. On trouvera sur ces saints une très savante étude du P. Van Ilecke dans le tome XII" d'octobre des Acla Sanctorum (p. 193-206.) Le doute que le savant bollan-
diste émet sur l'authenticité du chapitre VIIl« de la vie de saint Dominique par Grimald n'est pas justifié. Il n'aurait pu hésiter s'il avait eu entre les mains l'excellente édition de Vergara, qui reproduit avec un soin minutieux l'original du XI« siècle, écrit tout entier en caractères wisigothiques. Malheureusement le P. Van Hecke ti'a connu que l'édition tronquée de Tamayo, dont l'autorité est trop souveut en effet sujette à caution.