Vita beati Dominici. dans Vergara
■12 HISTOIRE IJE L AHBAYE DE SILOS
première fois dans la souscription d'une charte accordée parla comtesse Moma Donna au monastère de San Millan de Bembibre le 1" février 929'. Dix ans plus tard il confirme un autre privilège de la même dame en faveur des moniales de Sainte-Marie de Lara ". Nous le retrouvons ensuite dans trois privilèges donnés à Fabbaye de San Pedro de Cardena, les deux premiers en 941 par Fernan Gonzalez, comte de Castille", et le troisième en 943 par Assur Fernandez, comte de Monzon '. Mais les archives de Saint-Dominique gardent encore aujourd'hui un souvenir bien autrement précieux de la même époque. Nous voulons parler d'un beau manuscrit, qui renferme le commentaire de l'abbé Smaragde sur la règle de saint Benoit et que copia en l'année 943 le prêtre Jean, moine de Silos, selon toute apparence. Il en sera question plus loin dans notre notice sur les manuscrits de Silos.
L'unique document qui nous parle de Didacus ou Diego % le troisième abbé connu de Silos, est une charte du monastère d'Albelda dans la basse Navarre (aujourd'hui province de Logrono}. Elle nous le montre assistant en compagnie de l'évêque de Najera et de plusieurs autres abbés à un anniversaire solennel célébré en 930 dans l'église de Sainte-Eulalie ^ pour l'ànie de Sanche Abarca, roi de Navarre, Il est d'autant plus intéressant de recueillir cette petite notice historique, qu'elle n'a pas été mise à profit par les chroniqueurs qui ont publié la liste des abbés de Silos, Yepes lui-même ', qui appelle Didacus abad Silieme^ ne se doute pas qu'il s'agit dans ce texte d'un abbé de Silos et ne le mentionne point dans son catalogue de prélats de ce monastère. Le savant P. Moret ^ traduit les mots « Siliensis abbas » par
1. Cette pièce est inédite. Les archi- Torcuato. (/6/(/., p. 383, et t. I, p. 210-211.)
vas de Silos en possèdent une copie faite 4. Donation près de Sacramenia. (Ber-
sur l'original et envoyée d'Arlanza au ganza, t. II, p. 385.)
I>. Martin Sariniento avec plusieurs autres u. On sait que ce nom est dérivé de
documents de cette abbaye. {Fonds des Divus Jacobus et répond à celui de San-
nrcltivi's de la Confjrégalion de Saint-BenoU tiago, Sanctus Jacobus. On trouve fré-
de Vnlladolid, t. 1, p. 199.; queninient les formes anciennes: Didac,
■2. Yepes, Coronica gênerai de la Orden Didaco, Didag, Didago, Diag, Diago, Dieg.
de San Benito, t. I, fol. 379 v». (Voyez notre « Index général " du Recueil
3. 1°, Union du mouaistère de San .Mi- îles chartes de Silos.)
gucl de Xavilla à labbaye de Cardena. 6. Celte bourgade, qui s'élevait près
L'abbé de Silos signe immédiatement des rives de l'Kbre, dans la Rioja, n'e.\iste
après l'évêque Basile, avant les autres plus aujourd'hui.
prélats et le comte de Castille. (Berganza, 7. Coronica, t. V. fol. 83, ad ann. 930,
Antiguedades de Espanu, t, II, p. 382. — 8. Anales del reyno de Navarra, lib. 9,
2", Sentence contre un habitant de San cap. i, nuni. 3.
DE FEKNAN GONZALEZ A SAl.NT DOMIMQI E
ahad de Sojo^ cl un aiiloiir niodoi-iie ' par ahad de Desojo, monastère parfaitement inconnu et qui n'a probablement jamais existé -.
Peut-être aussi faut-il reconnaître ce même abbe dans le Didaco abba, qui confirme en 963 une écriture publiée par Berganza, d'après le cartulaire en caractères wisigothiques de l'abbaye de Gardena^
Après don Diego nous voyons paraître un second abbé du nom de Gaudeniius. Les divers catalogues n'ont pas distingué ce prélat de son bomonyme mentionné plus haut et avec lequel l'existence de l'abbé Didacus en 950 ne permet plus de le confondre.
En Tannée 970 ', Fernan Gonzalez, étant sur le point de mourir, l'appela auprès de lui pour lui faire part de ses dernières volontés el s'aider de ses conseils. En cette circonstance^ le comte de Castillc lui lit don d'une relique de saint Sébastien, renfermée dans une châsse d'ivoire ^ Nous ne possédons plus cette châsse, mais la l'clique de saint Sébastien est encore une des plus précieuses du trésor du
1 . Govantes, hioja (dans le Diccionario ffeof/ràficohisturico de Espaça, por la real academia de la Hisloria, (1840), au mot « Santa Eulalia »). Peut-être veut-il parler de l'abbaye de Soguela.
2. Nous reproduisons ici (d'après Vepes, Coronica, t. V, fol. 43o) le passage de la charte oîi se trouve cette notice. C'est l'acte d'union du monastère de San Prudencio de Laturce à l'abbaye de San .Martin d'Albelda. (Nous n'avons pu retrouver l'original aux archives de la collégiale de Logroûo, où les documents d'Albelda furent plus tard transportés). «. Quia hec nostra traditio que facta est era nongentesima octuagesinia octava (950) regni gloriosi principis Garsiani et Tute regine eiusdem genitricis, santienda erat testibus veredicis, tune adfuerunt in margine tluminis Iberi, qui pro eo in Sancta Eulalia aniversario Sanctionis, principis prefati geuitoris, celebrato venientes, id est : Tudeniirus Nagelensis (Ndjera) episcopus, Dulquitus Albaldensis abbas, Didacus Siliensis abbas, Munio de Sancta Columba (Santa Coloma), Stephanus Bercensis abbas de Sancto Emiliano, Belasco Gironensis raonasterii {Ciruena) abbas, pluresque alii ibidem adstantes sanserunt sicut et nos. Omues Lecenses (Leza).... Vigila scriba manu mea singnuni feci. » Ce Vigila est sans doute l'auteur du fameux
recueil de Conciles et de Décrétales, écrit à Albelda en 976 et connu sous le nom de «' Codex Vigilanus », aujourd'hui à la bibliothèque de l'Escurial, (d I 2).