‹ Histoire de l'abbaye du BecChapitre 19 sur 50 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

L'Ecole du Bec sous saint Anselme.— Ses principes sur Tédixalion et sa méthode d'enseignement. — Traités philosophiques qu il composa au Bec. — Ses principaux disciples. — Le Mariale,

Il était réservé à saint Anselme de porter à son apogée la célébrité de Técole du Bec. On a vu qu'après le départ de son maître Lanfranc, le jeune religieux avait été immédiatement désigné pour le remplacer dans les fonctions d'écolâtre et de prieur : nul n'en était plus digne. La foule des écoliers, désireux de puiser à une source aussi réputée les éléments de la grammaire et de la dialectique, n'avait fait que s'accroître d'année en année ; aussi de nombreux maîtres se partageaientils les labeurs de renseignement. L'écolâtre surveillait le personnel et la doctrine, dont il répondait, et se réservait à lui-même ce qu'on appellerait aujourd'hui les cours supérieurs. On se figurerait malaisément Anselme professant une classe d'humanités : n'avoue-t-il pas, dans une de ses lettres, qu'il eut toujours une répugnance marquée à enseigner les éléments de la grammaire ^ L'instruction des jeunes enfants, inconstants et légers, convenait peu à son esprit abstrait et méditatif. L'âge auquel il se plaisait à donner tous ses soins était l'adolescence et la jeunesse^, car ce qu'il vou-

* « Tu scis quia niolestum mihi semper fuerit pueris declinare » [Epis t. I, 55), écrivait-il à Maurice.

* « Verumtameaadolescentibus atque juvenibus praecipue cura intendébat, et inquirentibus de hoc rationem sub exemple reddebat, etc. » Ëadmer, De vita S. Anseîmi, 11b. I, p. 3. — « Juvenibus maxime intendens, quod pro aetalis teneritudiae possent vel industria ad bonum vel incuria ad malum effigiari, » Willelm. Malmesb., De gesiis poniif. anqL, lib. I. Patrol. lat. CLXXIX. col. 1480.

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