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PRIEURÉS DE L*ORDBE DU BEC

lement le corps de sainte Honorine. Ives comle de Beaumontsur-Oise et Adèle sa femme, voulant que Téglise de Sainte- Honorine de Conflans fut desservie par des religieux, la donnèrent, ainsi que les biens qui en dépendaient, aux moines du Bec, sous la libre disposition el autorité de Tabbé de ce monastère. Et comme, d'ordinaire, les hommes de bien favorisent les bonnes actions, Tévèque de Paris, dans le diocèse duquel se trouve Conflans, consentit, ainsi que son chapitre, à cette donation, sous la réserve que si, pour une raison quelconque, Tordinaire interdisait la célébration de l'office public soit dans tout le diocèse, soit seulement dans la ville, les moines du prieuré, dûment informés par l'évèquc ou son envoyé, se conformeraient à son ordonnance ^ »

Sainte Honorine était invoquée pour la guérison de diverses infirmités, mais elle signalait surtout sa puissance par la

colute Ives leur fit bâtir une nouvelle église où l'on transféra solennellement le corps de sainte Honorine.

* Chronicon Beccense, édit. d'Achéry, Giles, ï, 201. D. Jouvelin reproduisant dans son Recueil ce passage de \aChronique du Bec, qui est lui-même emprunté à la charte de fondation, donne également la fin de celle notice. «Et si, causa consilii, abbates vel priores in episcopatu Parisiensl mauentes evocantur, si quis monachus in ea ad hoc idoneus manserit, invitatus venire non contemnat ; et nullus monachus ibidem convertens, in Francia sacros ordines accipiat sine consensu cpiscopi Parisiensis, nisi ab ipso ; quos tamen ordines iidem monachi, quamdiu Beccensis erunt monasterii, in Normannia, si opportunitas exegerit, accipient. Hoc etiam observabitur, ut abbas Ueccensis non quaerat aliquando ut mater ecclesia Parisiensis de ecclesia S, Honorinae hoc vel aliquid aliud, quod catenus ibi habuerat, perdat. Curam vero animarum, quantum ad eandeia ecclesiam attinet, abbati Beccensi ab episcopo Parisiensi habere concessit episcopus. Testes •: (iosfridus episcopus Carnotensis ; Ursus, prior S Martini de Campis ; Gislebertus, Ilugo.^Nicholaus, Euslachius. monachi Beccenses. Laici : Anastasius et Helinan de ConQuentio: Hosselus de Bellomonte- Kodulfus, dapifer comitis de Bellomonte ; Willelmus Calvus; Rodulfus Klondus; Gunfridus de Burnonevilla, et plures alii clerici. Signum régis Philippi; signum episcopi Parisiensis Gosfridi. Hoc quoque confirmaverunt in capitulo S. Mariae Parisiensis, Johannes decanus ; Drogo^ Gozcclinus» ivo.archidiaconi; Walerannus cantor ; Bicardus, Bernardus et alii canonici. » — Cette pièce est scellée du sceau du roy Philippe, non pas sur un lac pendant, mais le sceau est attaché sur la chaile même, en la manière que Ton scelle les actes solennels de la communauté^ dont le sceau est attaché par un lac qui tient à la pièce par deux coupures. Bibl. nat., lat. 13905, f» 00 v» et 61.

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délivrance des captifs. Aussi l'église était pour ainsi dire tapissée des chaînes des prisonniers que la sainte avait délivrés, et qui avaient tenu à lui témoigner ainsi leur reconnaissance.

Peu de temps après leur arrivée, les moiofes de Conflans reçurent une visite qui fit grand bruit dans le pays. Enguerran de Boves, comte d'Amiens, vint au prieuré, escorté de nombreux serviteurs qui apportaient une très longue chaîne d'un poids considérable. Après l'avoir fait suspendre aux murs de Téglise et avoir rendu à Dieu ses actions de grâces, le comte réunit les religieux et leur raconta, qu'ayant été fait prisonnier dans un combat, ses ennemis lui avaient mis cette chaîne au cou et l'avaient jeté dans un tonneau; mais qu'ayant appris les merveilles opérées par sainte Honorine, il s'était recommandé à elle avec ferveur. La nuit suivante, la sainte lui apparut et lui dit: « Lève-loi prompleraenl; la grâce du Seigneur te délivre en considération de mes mérites. » Aussitôt le prisonnier ne sentant plus le poids de ses chaînes, avait sauté du fond de son tonneau. Le comte ajouta à son récit beaucoup d'autres circonstances. Son plus grand désir eût été de venir chaque année remercier lui-mèi»e la sainte de sa délivrance; mais les incursions de ses ennemis et d'autres embarras ne lui en laissant pas le temps, il donna à l'église un de ses hommes, avec ses enfants, qui vieadraient h sa place, chaque année, à Conflans, avec de riches offraûdes^

!1 existe une lettre de saint Anselme aux religieux 4e Conflans dans laquelle il. les charge de remettre de sa part une missive à Benoit, moine de Saint- Pierre-sur-Dives, qui, m4àlgré la défense de son abbé, demeurait dans l'abbaye de Saint-liagloire de Paris, pour étudier ou enseigner, « propter

• Bibl. nat., lat. 1288i, f* 66. ~ « Non mnllo post, ad novam iHam ecclesiam accessit vir nobilis Ing^erandus de Bova, pater Thoni«e de Varia, boiarum seu catenarum tria paria afferens, Beccensibus cootestatHS, captum se ab hostibus et tribus illis catenis in doWo coDstrk*tum, oralione Deo facta, meritis sanclae Honorinae fuisse absolutnin ; cujus beneficii memor, serrum quemdam cnm çeneratione sua, cpii vice sua oblationes quotannis apud Confluentium afferret, perpétue addixit. » Annales ord. S. Bened., Y. 162.

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scholas ». Il les prie d'agir à son égard comme avec un de ses propres religieux, et de lui fournir les moyens de venir au Bec soit à cheval, soit par la Seine, jusqu'à Preneuse K

Louis VI se montra généreux envers les religieux de Conflans. En M 33, il leur donna la maison d'Hébert qui lui était échue par la forfaiture d'Hugues, fils de Remon, « domum Herbert! quae forisfaclo Hugonis Remonis lilii in manum nostram venerat=^». Le même roi accorda aux religieux, en ll3o,à la demande de Matthieu, comte de Beaumonl-sur-Oise, et de Matthieu de Montmorency, une foire de trois jours, aux dimanche, lundi et mardi indiqués, et prit sous sa protection les allants et venants à cette foire*', Matthieu III, comte de Beaumont, du consentement de sa femme Eléonore de Yermandois et de son frère Philippe, concéda et confirma la foire octroyée par le roi, les jours de la vigile, de la fête et du lendemain de l'Ascension ; il leur accorda en outre le tonlieu, la haute justice, sangiiinem, le ban, le larron et toute autre justice, sauf cependant les revenus qui lui appartenaient. De leur côté, les religieux s'engagèrent à célébrer chaque année, pour le comte Matthieu et ses ancêtres, un trentain de messes, tricenarium , qui commencerait le mardi de la première semaine du Carême '\

* 0 Proniisit enim abbas ejus luihi, se ilU misericordiam et mansuetudiucin, pro nostro amore, si rcdierit exhibiturum. Quod si facere voluerit. oiuniuo illmii, sirut moiiachiim de nostro monaslcrio, charitaliva soiliritudine beaigiie juvate, ((iiatenus aut equo usqiie ad nostniiu luuuasteriuin, aut iiavi usijiie ad Fraisnosam venire nossit. w ii/>w/. 11,14.

* « Actum publiée apud S. (ieruiaunui in Leia, anno incarnati Verbi 1133, regni nostri i6% astautibus inpalalio nostro quorum noniina subtitulata suut et signa : S. Hodulfi comitis (Viromandonini) : S'. Guillermi buticularii ; S. Ilugonis caïuerarii: S. Hugonis constabularii. Datuiu per manum Stephani caucellarii. »> lîibl. nat., lat. 13903, f»6i v".

^ « Actuu) Parisius publiée anno incarnati Verbi ll3i, regni nostri 27», annucnte Ludovico UUo nostro in regem sublimato anno .r, aslantibus in palatio nostro quorum nomina subtitulata sunt et signa : S. Rodi.lfi dapiferi Viromandonim comitis ; S. CKiillelmi buticularii : S Hugonis ramerarii; S. Hugonis constabularii. Datum per mammi Stephani cancellarii. — Le sceau pend au bas de l'acte, w Bibl nat lat. 13983, f» (H. . . .,

* Bibl. nat.. lat. 13i»05, f» (51. 1). Jouvelin place cette charte à Tannée 1*218; c'est li08 qu'il faut lire, car selon Douet d'Arc([, les derniers

392 HISTOIRE DE L'aBBAYK DU BEC

Uq certain Hugues Rivel assigna à Tabbaye du Bec et à ses religieux de Conflans une renie annuelle de 10 marcs d'argent sur le manoir de Lamgahamy payable à la saint Michel par lui et ses hoirs. Cette donation était faite en souvenir de sa mère qui s'était offerte à Dieu sous Thabit religieux, et était morte au prieuré de Conflans*. La charte est datée du château de Poissy, le 8 mars 1139, présence de Robert, prieur de Conflans, de Guillaume, prieur de Poissy, ^et de plusieurs autres témoins 2.

La possession d'un four sis à Meulan fut, pour les religieux de Conflans, le sujet d'un procès qui ne se termina que par l'intervention du pape. L'un des vassaux du comte de Meulan, Thomas de Montaure, de Monte Aureo, réclamait un four que son frère Roger, clerc, avait reçu de leur père Raoul de Montaure. A la mort de Roger, Galeran de Meulan avait donné ce four à Robert de Poissy qui l'avait longtemps tenu en fief; puis Robert de Poissy l'avait aumône aux religieux de Conflans, etcette donation avait été confirmée par Robert de Meulan seigneur en chef, ainsi qu'il résultait d'une lettre du comte de Meulan à Regnaud de Mouçon, évéque élu de Chartres. Mais Thomas de Montaure poursuivit son procès, et ce fut l'évèque élu Regnaud qui, par commission du Saint-Siège, le termina en 1185 et adjugea le four aux religieux du Bec ^

En 1190, Philippe de Beaumont-sur-Oise donna au prieuré 20 sols parisis pour la célébration de son anniversaire et de celui de ses parents ; l'acte fut passé et lu publiquement

actes de Matthieu 111 sont de cette année, et il serait mort le 24 novembre 1209. 11 ne laissa pas d'enfants de sa femme EléonoredeVermandois, et son frère Jean lui succéda au comté de Beaumont. (Voir Douet d'Arcq. Recherches sur les anciens comtes de lieaumonl-sur-Oise. p. xcix/j

* a Pro anima matris meae quae se îUic sub religionis habitu Deo oblulit ibique vitam finivit. » Ce passage veut dire que la mère de Hugues Rivel. reçue dans la fraternité du Bec et ayant pris le voile, s'était retirée dans quelque cellule voisine du prieuré de Conflans. On sait qu'au temps de saint Anselme, trois pieuses femmes s'étaient, dans les mêmes conditions, retirées auprès de l'abbaye du Bec.

» Bibl. nat., lat. 13905, f» 45 v».

•'Bibl. nat., lat. 13903, f» 60.

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dans la cour du château de Beaumont, « in aula Bellimonlis», en présence de Gui, abbé de Notre-Dame du Val, et d'Ives, abbé de Marchcroux, et de plusieurs autres témoins*. Matthieu III, comte de Beaumont, confirma la donation de :20 sols parisis que son frère Philippe avait faite cinq ans auparavant ce pour le salut de son âme et de la mienne et de celles de Matthieu, mon père, de Mathilde, ma mère, de Jean et de Matthieu, mes frères, et de mes deux sœurs nommées l'une et l'autre Adélaïde ». ^ Cette confirmation est datée de Ghampagnes, 1195 ^.

Signalons, en terminant, la donation faite en 1207 au prieure de Conflans,par Simon, comte de Leicester et seigneur de Montfort, gendre de Bouchard de Montmorency, du bois de Dreu, nemus Droconis, qu'il avait acheté d'un chevalier nommé Albéric de Conflans. La charte fut donnée à Saint- Denis^ en présence et avec l'approbation de Matthieu, sire de Montmorency *•

On place à l'année 1082 environ la donation à l'abbaye du Bec de Téglise collégiale et paroissiale de Saint-Pierre de Pontoise ^ Selon Toussaint Duplessis , ce ne serait « qu'en conséquence d'une bulle du pape Pascal II de l'an 1104, que l'abbaïe du Bec y établit, à la place des chanoines, une communauté de religieux sous le gouvernement d'un prieur ))<*. Les commencements de ce prieuré sont fort obscurs. On voit en 1141 Tarchevêque de Rouen, Hugues d'Amiens, confirmer

* Bibl. nat., lat. 13905, f»GO.

* Sur les enfants de Maithieu II comte de Beaumont, voir Douet d'Arcq, Recherches sur les anciens comtes de Beaumont-sur-Oise^ p. XC.

» Bibl. nat, lat. 13905, fo 60 v».

^ Bibl. nat., lat. 13905, f» 60 \\

* « 1082. Hoc fermé tempore, de consensu Guillelnii archiepiscopi Ilothomagensis, concessa est ecclesia sancti Pétri de Pontisara Beccensi monasterio, ut in ea Beccensis abbas monachos constitueret ; quam concessioneni Paschalis papa II confirmavit anno 1104. >> Bibl. nat., 12884, f» 07. « Misit Anselnius et nonnuUos è gremio suo monachos ad Gonfluenlium oppidum diaeccsis Parisiensis, cujus ecclesiam dono acceperat anno circiler 1081, ab Ivone domino Bellimontis ad Isaram et ab Adelide ejus uxore ; deinde, anno rirciter 1082, ad Sanctum Petrum Pontisarenscm. » Gallia christiana, XI, 224.

** Description de la Haule-Sormandie, 11,203.

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à l'abbaye la possession de cette église ; puis il faut deseendre jusqu'à l'année 1175 pour rencontrer un document de quelque importance. C'est la confirmation par le roi Louis VII d'une donation faite au Bec, de biens situés à Pontoise, par G ooffroi de Saint- André. Les conditions assignées sont intéressantes à connaître. c< Sachent tous... que Geoffroi de Saint-André a aumône, en notre présence, au monastère du Bec 10 arpents de terre sis à Rouvray (?), un four à la porte de Boiard et deux muids de vin de sa vigne du val de Jouy* ; il a fait cette donation pour l'amour de Dieu et à Tintenlion de son frère Rémi, pour que son dit frère soit nourri sur ce bien, sa vie durant, dans le prieuré de Saint-Pierre de Pontoise, et qu'il prie assidûment pour l'àme dudit Geoffroi, de ses ancêtres, de ses hoirs et de se? frères, et pour qu'à sa mort un autre religieux du Bec lui soit substitué, qui soit nourri de la même aumône, et prie aux mêmes intentions ; et, à cette occasion^ le nombre des religieux ne devra être nullement diminué. Quant à nou^, nous avons concédé les choses dessus dites, en tant qu'il nous appartient, et sauf autrui droit... Fait publiquement à Paris, l'an de J.-C. llTo, présents dans notre palais... Thibaut, comte, notre sénéchal, Gui, bouteillier, Regnaud, trésorier, Raoul, connétable. Donné la chancellerie vacante^. ». Le prieuré de Notre-Dame du Pré, ou de Bonne-Nouvelle \ fut fondé en 10G3 par Guillaume le Conquérant et sa femme Mathilde, dans la prairie d'Emendreville * dont le domaine

' Jauy-lc-Moutier, canton de Pontoiie.

* Bibl.nat., lat. UOO.i, f- 69.

* Sur les divers noms dimnés à ce prieuré, on pent consniter le Oallia chnstiana, XI, 2:^9, et Toussaint Duplesais, Description de la Haute-iionnandie^ II, 47.

*Le site du prienre, tel rpi'il s'offrait an xvm» siècle, est ngréablcment décrit dans les li<rnos stiivantes : n l'ositum est extra nniros llotoma- ^ensis civitatis. intertlucnte Sequana, Virginis Deiparae coenobinm, in Ennenirndis villae suburbio. nunc sancti Severi dicto, cnjus amoena planities, «-oelum, solurrufue necnon arboruui ordinala séries, gratissimuni pniebent civibus eO voli causa petentibus ambulacruni. o Gallia christ. XI, :239. Cf. Etienne de Rouen, Dt^aco no7vnaîinicus, édit. Omont. p. lii.

PRIEURÉS DE l'ordre DU BBC 39o

appartenait à Tabbaye du Bec^ Ce monastère ne fut guère avancé par les premiers fondateurs ; était-il même, en ce temps, régulièrement desservi par une communauté de religieux ? Les auteurs du Gallia christiana et Toussaint Duplessis faisant remarquer, d'après Orderic Vital, que le duc de Normandie, Robert Courte-Heuse, obligé de fuir de Rouen en 1C90, s'était retiré de l'autre côté de la rivière et avait été reçu au monastère du Pré par Guillaume d'Arqués, moine de Molesmes, concluent que ce religieux était le prieur du Pré, et que, par conséquent, les premiers religieux de Bonne-Nouvelle étaient des moines du Molesmes*. Tout cela n'est pas péremptoire. Orderic Vital dit encore que ce Guillaume d'Arqués était alors, avec Edgar^Atbeling et Robert de Bellesme, l'un des principaux conseillers du duc Robert^; il pouvait aussi bien, à ce titre, accompagner ordinairement le duc, ce qui ne s'accorderait guère avec les fonctions d'un prieur.

Quoi qu'il en soit, Robert Courte-lieuse, dans un diplôme donné au mois de février 1093, après avoir rappelé que le monastère du Pré avait été commencé par son père et sa mère, le mit sous la dépendance de l'abbaye du Bec, ainsi que les autres biens aumônes par ses parents, y ajoutant

* a Aimo Douiini 1063, tempore Uerluini primi pastoris et fundatoriâ coeiiobii Beccensis, Willelinus, potealis&imus dux Normanniae, ({ui postea Angliani acquisivit, coepii aedilicare ecclesiam juxla Eniientrttdis villaui, prope Rothomagum, Seqnana inter utruin(|ue Ûuente, »ttper terrain et haereditafem ipsius iiionasterii Bercensis, in caïupis inter Kevilleium et Ennentrudls villam , quae aiiibae parocliiae sunt de patrimoaio ejusdem monasterii. Quae (luideni ecclesia vocata fuit ecclesia beatac Mariae de Prato, et ibi constituti fuerunt UKHiachi de monasterio Becci ad Dei servitium ibidem faciendum. » Chron. Becccnse, edit. d'Acliéry, Giles, t. ï. p. 199. La Chronique ne parle pas de la coopération de la reine Mathilde, mais elle est étalîUe par les tenues de la charte de Robert Courte-Heuse.

* Gallia ckrUl, XI, 240; Description de la Uaute-Sonnam/ie , 11, 49.

» Ord. Vital, III, a2« et 354. — Mabillon {AnnaUs ord. S. Beiied,, V. 275) avait fort bien remarqué que l'on ne p«'ut conclure, du passage d Orderic, la présence de reli^eux àt Molesujes à Bonae-NouTelle : « Nonoiilli, ex Orderico maie intellecto. colligunt Molibmenses monacbos locuiii ilUim iacoluisse ante Beccenses, etc. »

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lui-même la dîme du foin de son parc situé près de Rouen, sur les bords de la Seine*. Mais il se réservait, ainsi qu'à son frère Guillaume, roi d'Angleterre, le droit de faire ériger le prieuré en abbaye, en donnant aux religieux du Bec une compensation suffisante '^ Ce projet ne fut jamais réalisé, et Bonne-Nouvelle demeura toujours un prieuré soumis au Bec.

La fondation renouvelée par Robert Courte-Heuse, n'eut elle-même que peu ou point d'effet, car son ,frère Henri l*** put bientôt la reprendre pour son compte; il fit des donations tellement considérables qu'il a pu, h bon droit, être regardé comme le véritable instaurateur du prieuré du Pré». Il fit construire le cloître et plusieurs autres bâtiments conventuels, ainsi qu'un mur d'enceinte autour du monastère, le dota de domaines importants tant en France qu'en Angleterre, et le pourvut de riches ornements pour la célébration du culte, et mit les religieux du Bec en possession du prieuré *.

' « Et de parco Rolhomagi tolam decimam feni. » T. des Chartes. Keg. LXVIII, n" iijcxxxvj, et Reg. VI»^XV1II, n** ccxj (cité dans L. belislc, Eludes sur la condilion, p. 348),

* Le diplÔQie de Robert Courte- Heuse se trouve dans le Neuslria pia. p. 611, et dans le uis. lat. 42884 de la Bibl. nat., lat. f» 85. — Cependant, le droit sur l'église d'Eniendreville était contesté à l'abbaye dès la fin du xi« siècle, au point qu'elle eut besoin de le défendre en justice ; elle y fut uiainteune en vertu d'un jugement solennel rendu vers H 00 par l'archevêque de Rouen, assisté de Turold, évèque de Bayeux, de Turgise, évoque d'Avranches, de Robert de Bellesnie, de Robert, comte de Meulan. dEustache, comte de Boulogne. d'Henri, comte d'Eu et de plusieurs autres personnages de marque. (Bibl. nat.. lat. 13905, f» 18 v«, et Description de la Haute-SormandiCy II, 49.)

' « Ex douo Henrici, avi mei, pii amatoris et fundatoris ejusdem loci, etc. » Charte d'Henri II, Seuslria pia, p. 615.

* (t Apud Rothomagum. ecclesiam S. Mariae de Prato a matre sua dudum incoeptam penè consummavit, claustro et officiis monachis congruentibus et anibitu uiurorum ipsuni locuni decorans, nonnulla pracdia tam in Northuiannia quaui in Ânglia. ad opus ibidem Deo servientium cum ornameutis pretiosis contradidit ; majora tamen, ai ali- ({uantum vita cornes foret, secundum suam promissionem largiturus. Et quia idem locus ad ecclesiam Becceusem pertinebat, utpole palrimonium domni llerluini primi abbatis et fundatoris Beccensis monasterii, monachos Beccenses illic Deo servituros instituit. » Willelm. Gemct. Hist. Sorlhm. lib. Ylll. Palrol. lat. CXLIX, col. 900.

PRIEURÉS DE l'ordre DU BEC 397

Ea 1149, Geoffroy Plantagenet, se trouvant au Bec, donna à Tabbaye les trois prébendes de Bures, au fur et à mesure du décès des trois chapelains Hugues, Ives et Alexandre qui les possédaient, à condition que le prieuré de Bonne-Nouvelle en jouirait librement et à perpétuité. La charte fut donnée dans le chapitre du Bec, le dimanche des Rameaux 1149 ».

Une charte'confirmative d'Henri II nous fait connaître les donations considérables que ses ancêtres avaient faites au prieuré du Pré. La reine Mathilde, femme de Guillaume le Conquérant, avait donné le Mesnil, Becdane et le moulin de Hareville*, dit le moulin de la Reine, Téglise d'Obourville et sa dime ; Henri P** : le manoir de Bures et ses libertés royales, avec le droit de prendre dans les forêts d'Eavy et d'Alihermont tout le bois nécessaire à la construction et au chauffage dudit manoir ; la dime de la forêt de Rouvray ; les foires d*Emendreville ^ ; 40 muids de vin par an dans le cellier du roi à Rouen ; le manoir de Westmontorie en Angleterre ; Timpératrice Mathilde: dans la forêt de Fécamp, la terre de Villainville située entre les vallées de Cuverville et de Pierrefique et bornée par les tenures de Nicolas d'Estoutevilleet de Robert de Turretot, sergent, minister^ d'Etretat ; à Pont-de-rArche, les 4 livres de rente que les pêcheurs payaient pour leur droit de pèche; les livrées déterre* du ma-

Ces derniers mots donnent à penser que les religieu.\ du Bec ne furent définitivement installés au Pré qu'à une époque assez tardive.

* Bibl. nat.. lat. Ii88i, f** 210 v*. Bures, canton de Londiuières (Seine- Inférieure). Henri 1" avait déjà donné aux moines du Pré le manoir royal de Bures, qui devint un prieuré simple. (Bibl. nat., lat. 139U5, f-» 14 v«). Voir : T. Duplessis, Description de la Ifauie-Sormandie, 1,

* Peut-être le Mesnil-Follemprise, près de Bures. — Becdane, manoir près de rîle d'Oissel. — lialleville, probablement Vatteville, canton de Caudebec-en-Caux.

* Sur les droits et privilèges dont jouissaient les religieux aux foires royales d'Emendreville, voir Oallia christiana, XI, 243 et 244.

* La livrée de terre, libra ou liberata terrae, était une portion de terre qui rapportait une livre de revenu. Sur ce mot, voir Du Gange, Glossariumy II, 286; L. Delisle, Éludes sur la condition de la cla^e agricole y p. 539.

vi98 HISTOIRE IMS l'aBBAYE DU BfiC

noir de Vesberia aumôaées par Guillaume Def/lttbalus, et l'église de Fui tôt, Foletoi S ses terres et ses dîmes doaaées par le prêtre Richard.

Les droits utiles, exemptions, libertés, n'étaient pas moins nombreux. Le prieuré du Pré possédait, sur toutes les terres lui appartenant le droit de haute justice, c'est-à-dire d'après la charte d'Henri II, « le meurtre, la mort d'homme, la plaie, plaga, lamulilation d'un membre, nichaim, l^sang, leduel, le larron, le jugement par l'eau, aqiia ei 7^apo (?) », et tous les autres cas royaux. Il va sans dire qu'il était exempt du droit de tonlieu et de passage, des services et exactions séculières. A toutes ces donations Henri H ajoutait trois masures avec deux maisons, qu'Ansfroi de Pont-Audemer avait tenues à Rouen, franches de tout cens et coutume, sauf la redevance par muid de vin qu'il payait au roi. Les, témoins de cette charte furent : Rotrou, archevêque de Rouen, Richard du Homet, connétable, Robert, comte de Meulan, GoscelinCrespin et Guillaume son fils, Hugues de Gournai, Robert de Iléricourt ^. Elle est sans date, mais elle est au moins postérieure à l'année 1165, date à laquelle Rotrou de Warwick passa du siège d'Evreux à celui de Rouen.

A peine la Normandie était-elle reconquise, que Philippe- Auguste, dans une charte donnée à Paris au mois de juia ou juillet 1204, s'empressait d'accorder en propre aux moines de Notre-Dame du Pré, le droit de pressurage du vin^ qui lui appartenait dans la ville de Triel, oc salvo pressoragio claus-

' Villainvillc, Pierrefique, CiivenûlIc-en-Caux, cantoD de Criqaetotl'Esneval ; Kultot, canton de Doudeville < Seine-Inférieure). Sur 1 église de KuUot, voir Description de la IlaulcSornuindie, I, 48i. — Dans la charlc confinnative des biens du Bec doniiée en iilU) par Jean-sans- T(»rre. on lit: « Kx dono Wiiielmi Defubiati, deceui ixbraa. in manerio de Westebri. » BiW. nat.. 15884, p. 259.

- Scasiria pia, p. 61-2 et 613.

:« <( L(;s frais que nécessitaient rétablissement et l'entretien des pressoirs avaient servi de prétexte pour réserver a«x steif^neurs l« droit exclusif den posséder, et pour obli«;er leurs tenanciers à ne recourir à aucune autre mac bine qti'à celle de leur maître. Tel élaii le droit de pressurag^e. H était perçu en- argent ou en nature. » L. Oeli^iâ, Eludes sur la condition de la classe agricole, p. 408.

PRIKUBÉS BB t ORDRE DU BEC 399

Iri noslri », et la franchise de toute coutume et péage royal pour le transport du TÎn, de leur pressoir jusqu'au prieurésauf toutefois au péage de Mantes ^

Galeran !•', comte de Meulan, fait prisonnieren 1060, pendant la campagne qu'Henri l®"", roi de France aidé de ses vassaux avait entreprise contre Guillaume le Bâtard, doc de Normandie, avait fait vœu, s'il revenait jamais sain et sauf à Meulan, de construire une nouvelle église et de bâtir un monastère en l'honneur de saint Nigaise, l'apôtre du Vexin, dont les reliques étaient conservées à Meulan. La paix étant faite, Galeran revint et s'occupa de raccompiissemeht de son vœu *. L'emplacement choisi pour l'édifice fut celui sur lequel s'élevait déjà la petite église de Notre-Dame de l'Ile, au levant de l'île du Long-Boyau. La première pierre fut posée le i«'' mai de 1062, et le 28 octobre 1067, Téglise était consacrée par Robert, évèque de Chartres ^, en présence du roi de France, Philippe I*% et d'un grand nombre d'évêques, d'abbés et de seigneurs français et normands K Galeran V^ mourut le 8 décembre 1069 et eut pour successeur Hugues, son flls aîné, qui, n'ayant pas d'enfants, quitta le siècle et prit 1 habit monastique au Bec, vers 1077; il y mourut le 15 octobre 1080.

* Seushna pin, p. 614 ;L. Delisle, Catalogua des actes de PhUippe- Augusie, p. 191, n« «38.

» Selon Mabillon [Annales ord. S. Bened, V. 407^, Galeran \^ de Meulan aurait fait bâtir en Î03.3, l'église de Saint-Nigaise et l'aurait fait desservir par des clercs séculiers.

=» Arthur du Monstierdit que l'église fut dédiée le 28 octobre 1076 par Geoffr«)y. éve(|ue de Chartres, daus le diocèse duquel se trouvait Tlle du Lojig-Boyau. {Seiistria pia, p. 33*2). Quant à la ville de Meulan proprement dite, elle appartenait au diocèse de Rouen (Voir : Description de la llaute-Sonnandiey II, 247 et suiv.). Selon D. Jouvelln, une dédicace aurait eu lieu en. 1120: « Eglise de Meulent, sous Tinvocatiou de la Sainte Vierge et des saints martyrs Nicaise, Quirin et Scuviculc. dédiée par Gaufridus, évoque de Chartres, du temps de Galeran, comte de Meulant; en 1120, selon l'original, et selon les cartuJaires où il y avait erreur en lisant li20- » Bibl. nal., lat. 13005, f"» 119.

*• E. Beaux. Histoire du comté de Meulan, p. 107 et 109. Selon cet auteur, lieriuin et saint Anseliiâe assistaient à cette dédicace. Galeran I" de Meulan mourut le 8 décembre 1069 ei fut enterré dans 1 église de Saintr-Nigaise.

400 HISTOIRE DE L'aBBAYB DU BEC

Héritière, par le décès de tous les mâles de sa famille, dès droits de la maison de Meulan, Adeliae^ sœur de Hugues et femme de Roger à la Barbe^ fit passer le comté de Meulan dans la puissante maison normande de Beaumont^ Adeline mourut en 1081; son fils aîné Robert prit alors le titre de comte de Meulan; il y pouvait joindre, depuis la conquête de l'Angleterre, celui de comte de Leicester. C'était, disent les contemporains, un chevalier aussi vaillant sur les champs de bataille que prudent et avisé dans les conseils. Lorsque son cousin Guillaume de Beaumont succéda à saint Anselme, il avait comblé l'abbaye du Bec de ses largesses. U y ajouta encore en donnant à ce monastère Téglise de Saint-Nigaise de Meulan, jusque-là desservie.par des clercs séculiers. Mabillon place cette donation à l'année liOl ^ ; D. Thibault à Tannée 109S, et cite une lettre, sans date il est vrai, de Tévêque Ives de Chartres qui raconte comment les moines du Bec furent mis en possession du prieuré de Meulan^

' Roger, comte de Beaumont, fils d'Onfroy de Vieilles, était encore seigneur de Pont-Audemer, de Bourgtheroulde, de Préaux, etc.

* Annales ord. S. Bened. V, 407.

' Bibl. nat., lat. 12884, f« 94. Après avoir placé à l'année i095 Tarrivée des religieux du Bec à Meulan. D. Thibault relate le même événement à Tannée 1110. Est-ce incertitude, est-ce inadvertance ? Voici la lettre d'Ives, évoque de Cliarlrcs, reproduite également dans Je Seustna pia, p. 333 : a Quoniam dignum estcommendari scripturae quae posterorum sunt transmittenda cognitioni et memoriae, ego Ivo, gratia Dei Carnotensis ecclesiae, licet indignus, episcopus, cum consensu et astipulatione fratris nostri Odonis archidlaconi, praecepi in liac describi paginula quod de ecclesia sancti Nigasii apud Mellcutum sita in perpétua haberi volo notitia. Erat autem haec ecclesia sancti Nigasii a secularibus clericis per manum laici, videlicet comitis Mellenteusis. intranti bus inhabitata et possessa, donec placuit Uoberto, comiti Mcllentensi, cum beneplacito clericorum in praedicta ecclesia intitulalorum, ipsam ecclesiam in meliores usas commutare, et ut ibi Deo regulariter serviretur, elaborare. Tradidit itaque ipse cornes Robertus. cum consensu et beneplacito praeUictorum clericorum illam ecclesiam sanctae Mariae Beccensis monasterio, ut ab ipso monasterio, secundum quod opportunum sit, monachi in praedicta ecclesia sancti Nigasii ordinentur, Deoque regulariter famulentur. Hanc autem traditionem a praefato comité Roberto factam, frater Guillelmus, abbas Beccensis, cum quibusdam sui monasterii fratribus, ad praesentiam nostram detulerunt humiliter deprecantes ut noster assensus praedictam donationem corroboraret. Et quia digna videbatur eorum postulatio, salvo jure et reverentia Carnotensis ecclesiae, illis saepe dictam sancti Nigasii ecclesiam con-

PRIEURÉS DE l'ordre DU BKC 401

Le 5 mars 1140, Galeran II donnait aux religieux TégJise Saint-Nicolas de Meulan, à la charge d'y mettre un prêtre qui en ferait convenablement la desserte, après la mort des trois clercs qui en possédaient le bénéfice, Raoul de Montaure, Robert et Herbert. Cette donation eut lieu à Beaumont et fut faite à Richard, prieur du Bec, par le couteau du cellérier Raoul posé sur Tautel par Galeran de Meulan, en présence de Robert du Neubourg et de plusieurs autres témoins ^

Dans une charte solennelle donnée en 1152, Galeran II confirma toutes les donation^ faites antérieurement au prieuré et accorda ou renouvela en faveur des religieux de nombreux privilèges, entre autres : le droit de coutume ou tonlieu sur toutes les denrées et marchandises vendues au marché de Meulan, depuis l'heure de none du mercredi jusqu'à pareille heure du jeudi, sauf l'exemption toutefois de ces redevances pour les habitants de la ville et du fort de Meulan, ainsi que pour ceux du village de Tessancourt et les gens qui apportaient aux chevaliers et seigneurs, habitant la ville de Meulan, les provisions de leur cru; la dime du sel que le comte prélevait sur les bateaux qui remontaient la Seine; la dîme du poisson des étangs de Meulan^, avec le

cessimus ut ibi monachos ordinent, et per librum ipsam ecclcsiam fratri Guillelmo Beccensi abbati dedimus, praeseote et assensum danto Traire nostro Odone archidiacono. praeseulibus quoque Hildiiino cantore, Ansello caucellario, Ernoldo archidiacono, Guaslino praeposito- Oerardo capellauo. w — Le premier prieur de Saint-Nigaise paraît avoir été Albaldus, qui devint abbé de Saint-Edmond en Angleterre. En l'année 1112, Hugues de Gournay était prieur. (Bibl. nat., lat. 1288i, t» li)6; Annales ord. S. Bened. V, 407.) En 1104, le pape Pascal II adrebsa à l'abbé Guillaume de Beaumont une bulle pour confirmer et approuver l'union faite à Tabbaye du Bec des églises de Conflans, de Ponloise et de Meulan. confirmées déjà par Guillaume, archevêque de Ilouen, Geotrroy de Paris et Ives de Chartres. (Bibl. nat., lat. 13903, f» 120 V).

* Bibl. nat., lat. 12884, f« 195 v« ; et lat. 13905, f«> 2i et 69; et lat. 13888, f** 18 v». (Cette dernière cote est celle du Carlulaire du prieuré de Saini-Sif/aMe de Meulan, rédigé au xiii» siècle, et formé de 76 fol. plus un fol. préliminaire).

* a In nomine sanctae et individuae Trinitatis. Ego Galerannus, comes Mellenti. pro salute meaet pro remissione peccatorum meorum, dedi ecciesiac S. Mariae sanctique Nigasii, decimam piscium et molendinorum novi siagni de Grandimonte, concedens eidem ecclesiae

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402 HISTOIRE DE l'aBBATE DU BBC

droit d*y pêcher le jour de la fête de saint Nigaise pour approvisionner abondamment la communauté; un cierge de trois deniers que le samedi de chaque semaine le prévôt du comte était tenu de porter et de mettre en Téglise Saint- Nigaise; 10 livres de la monnaie de Meulan, ou y ayant cours, à prendre annuellement sur les revenus de l'acquit perçu sur les bateaux qui passent sous les ponts de la ville ^ En outre, Galcran confirmait au prieuré les églises de Saint-Nicolas au château de Meulan, de Saint-Gervais et de Saint-Jean en Grève à Paris* avec le patronage, les dîmes et les oblations; la redevance des marchands forains à la foire annuelle de TAscension accordée par le roi, avec les franchises, coutumes et redevances de ces foires, sans qu'aucun de ses gens puisse se permettre de rien exiger. Parmi les témoins de cette charte, on voit figurer Philippe d'IIarcourt, doyen de Lincoln, qui devint évêque de Bayeux, Matthieu de Montmorency, connétable de France, Robert du Neubourg cousin germain de Galeran, Geoffroy de Gournay^.

decimam piscium sta<^nî quod patcr meus fecit apud Mellentiim, ipsn dccinia jampridem a pâtre meo supradictae ecclesiae data. Farta snn hacc apud Mellenluai, iu jauidicta ecclesia, anno ab iacarnatioue Doiniai 113t, douiinica die post processioiiem, astantibus omnibus qui proccssionemsecuti fueraut ;(|uosquia omnes nominare perlongum est. aliquos ex eis idoneos testes proferimus... u Bibl. nat., 13905, f« 120 v.

- * Le môme Galcran donna « ecclesiae Becci et ecclesiae S. Nigasii de Mellento in die dedicationis ejusdem ecclesiae S. Nigasii, 10 libras denariorum per unumquemque annum de theloneo aquae. videlicet Sequanae, quae currit per Mellentum. Anno ab incarnalione Domini H20. » Bibl. nat., lat. 13005, f- 120 v».

* Voir : Jacques du Breul, Le Théâtre des Aniiquilez de Paris, 1012. pag. 806 et 807.

3 Nous citons cette charte d'après E. Rcaux. Histoire du comté de Meulan (p. 200-204). L'original de cette charte existait encore avant 1793. C'est à cette pièce que pendait le grand sceau de Galeran 11 de Meulan, que Millin a fait reproduire dans ses Antiquités nationales.

— Nous trouvons dans le Hecueil de I). Jouvelin, sous la date « 116.*) ou environ », la mention d'une autre foire dont le prieuré percevait la redevance : « llobert, comte de Meulant, confirma aux moines du liée de i?aint-Nicaise la foire de trois jours, le jour de l'octave de Pâques rt les deux jours suivants, que Louis, roy de France, et son père (ialeran, avoient déjà confirmée. La charte de Robert de Meulent est sans datte, » Bibl. nat.. lut. llWOo. ^ OU v«.

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