‹ Histoire de l'abbaye du BecChapitre 31 sur 50 · PRIEURÉS DE L^ORDRE BU BEC · texte numérisé non relu

PRIEURÉS DE L^ORDRE BU BEC

Antérieurement à l'année 1077, Gilbert Crespin avait donné au Bec Téglise de Saint-Hilaire de Tillières, la chapelle du château et plusieurs autres biens. En 11^7, Ouen, évêque d'Evreux, concéda et confirma à Tabbaye la vicairie de Saint- Uilaire de Tillières, et les chapelles de Saint-Christophe et de Saint-Nicolas du même lieu pour l'entretien des moines demeurant à Tillières, sous réserve du droit épiscopal, et à la condition que les religieux du Bec établiraient un prêtre dans la vicairie et lui fourniraient des moyens convenables d'existence *. L'évèque d'Evreux, Garin de Cierrey (1193- 1:201), donna en Tan 1200 une charte qui renferme d'intéressants détails sur le prieuré à la fin du xii* siècle. « Nous avons résolu de déclarer que le prieuré de Tillières, avec . toutes ses dépendances, appartenait à Tabbaye du Bec, et que ledit prieuré (possédé dès longtemps par elle pleinement et pacifiquement), après la mort ou la résignation de Raoul Lovel, archidiacre d'Evreux, notre parent, auquel Tabbé et le chapitre du Bec, à l'instance de nos prières, l'avaient donné sa vie durant, « in suo perpetuo », fera retour au Bec dans toute son intégrité et avec les acquêts faits par ledit archidiacre. D'autre part, l'archidiacre Raoul devra pourvoir pleinement et suffisamment aux nécessités du religieux qui demeure habituellement au prieuré et de celui qui vient au temps de la moisson pour faire la récolte ', ainsi que de Tabbé et de tous les moines qui peuvent venir au prieuré ; le

donna à ferme pour trente -cinq ans tons les revenus de Rouvres, à la réserve de la dime de la paroisse et du patronage, pour la somme de 10 livres par chaque année, à condition que le preneur, noble homme Jehan de Vaux, escuyer, mettrait en réparations 200 livres tournois de douze en douze ans. Cet acte est de Tan 1450, le lundi 4* janvier, c'està-dire en 1451. Il n'y avait point de prieur rétabli à Rouvres en 1566. M. le cardinal de Guise afferma cette année toute la seigneurie de Rouvres pour le prix de 740 livres par chaque année. Il y a maintenant un prieur à Rouvres (Saint- Martin de Bouvres). Pierre du Carnel, clerc du diocèse d'Evreux, résigna en ltM)5 à Jacques du Carnel. son frère, qui prit possession l'onzième décembre 1605. » Recueil de D. Jouvelin, lat. 13905, f» 26 V.

* Bibl. nat., lat. 12884, f« 173 v». Tillières, canton de Verneuil-sur- Avre (Eure).

'Cette clause ludique bien que Tillières n'était qu'un prieuré simple.

jour de la Toussaint, il paiera chaque année à l'abbaye une pension de cinq muids de bon vin, et au cuisinier une rente annuelle de 20 sols angevins. Ledit archidiacre s'est engagé par serment à remplir toutes ces conditions et à observer inviolablement, sa vie durant, les antiques coutumes auxquelles était soumis le prieuré. Pour sauvegarder les droits de Tabbaye du Bec et prévenir toute occasion de malice, nous avons voulu rendre à la vérité ce témoignage, confirmé par l'apposition de notre sceau ; interdisant à chacun, sous peine d'anathème, de mettre la main sur le prieuré, en prenant prétexte de cette concession, et de solliciter ou de vexer, à cette occasion, Tabbaye du Bec ^ »

Hugues de Gournay et sa femme, la pieuse Basilic qui se retira près de Tabbaye lorsque son mari y eut pris lui-même rhabit religieux, avaient donné au Bec, entre autres biens, la moitié de l'église de Saint-Pierre de Longueil avec la chapelle du château '. D. Thibault pense que cette chapelle fut convertie en prieuré soumis au Bec : « et medietatem ecclesiae Sancti Pétri de Longolio cum capella quae est in castello; quae cella seu prioratus Becci subjectus facla est ^ ». Nous n'avons rencontré aucune autre mention de cet établissement qui ne fut jamais qu'un prieuré simple.

« Hugues, archevêque de Rouen en 1141, et Rotrou eh 11 82 confirment « ecclesiam de Senos cum décima ». On ne sçait

* Bibl. nat., lat. 13905, f • 92 et lat. !2884. f« 262. D. Joiivelin donne dans son Recueil quelques renseignements sur le manoir de Tillières. « Le revenu de ce prieuré ne pouvait nourrir tout au plus que deux moines. Le prieuré de Tillières était dès l'an 1190 dans des mains étrangères, savoir celles du doyen d'Evreux, qui dans un différend qu'il eut avec le curé de Damville, Richard de Damville, eut recours au pape qui délégua Lisiard, évêque de Séez et Henry, abbé de Saint- Martin, pour en connaître. Henry se transporta sur les lieux, cita Richard de Damville, qui ne comparut point, écouta les témoins et adjugea au doyen d'Évreux « possessionem duarum partium oblationum ecclesiae de Danvilla... noniine prioratus de Tyleriis», et condamna le curé aux dépens. Sans date. Damville, Hellenviller, le Plessis- Penlate faisaient autrefois partie du prieuré de Tillières. » Bibl. nat., lat. 13905, f« 92.

* Longueil, canton d'Offranville (Seine-Inférieure). 3 Bibl. nat., lat. 12884, f» 142.

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quand cette église est devenue prieuré *. » Sénos ne fut jamais un prieuré régulier.

Dans une lettre adressée en 1303 par Tabbé du Bec à son procureur en cour de Rome, il est fait mention du « manoir ou prieuré de Bures avec ses dépendances, et du prieuré du Hamel au diocèse de Chartres * ». Le premier était le manoir donné à Tabbaye par Henri P^ donation augmentée par Geoffroy Plantagenet en 1149. Quant au prieuré du Hamel, c*est le même que celui de Bréval.

Les prieurés de TOrdre du Bec, soit conventuels, soit simples ^ n'étaient point alors, ce quils devinrent plus tard, I des bénéCces ou fiefs ecclésiastiques accordés à des titu-

i laires qui les tenaient à vie : les prieurs recevaient de leur

' abbé une obédience ou commission pour administrer, en

I qualité de procureurs, le prieuré qui leur était confié ; ils

étaient révocables au gré de Tabbé. « Les prieurs des prieurés, dit D. Jacques Jouvelin, étaient en même temps procureurs de Tabbaye de Bec, et les affaires se faisaient au nom de l'abbaye.

« On trouve une infinité de procurations données à ces prieurs pour gérer les affaires de ces prieurés qui n'étaient que de simples administrations \ ». Nous aurons

* Bibl. nat., lat. 13905, f» 97 v». L'église de Senos était sous le vocable de saint Uémy ; il existait en outre une chapelle sous celui de saint Ansbert. Senots, canton de Chaumont (Oise).

I * n In dyocesi Uothomagensi, manerium seu prioratus de Buris cum

pertinentiis suis ;... in dyocesi Carnotensi prioratus de Hamello cum

, pertinentiis suis. » Bibl. nat., lat. 13905, f» 14 \:

[ ' On appelait prieuré conventuel ou régulier une communauté gou-

l" vernée par un prieur qui était chef des religieux placés sous son obé-

dience; et prieuré simple un bénéfice qui n'avait point de communauté.

I ne comportait pas la charge d'àmes, mais était originairement desservi

I par un religieux.

* Bibl. nat., lat. 13905, fo82 v. Dans un acte du 21 juillet 1162, concernant le prieuré de Beaumont-le-Roger, on trouve cette formule finale : a Herveo priore tune procurante res ipsius ecclesiae. » Ceci prouve, ajoute D. Jouvelin, que les prieurs n'étaient que les procureurs du Bec; aussi, quand ils étaient envoyés prieurs, on leur donnait commission de gérer. » (Id. f» 63 v»). Ces commissions étaient encore en

I usage au xv» siècle. « En lôUO, le 17 novembre, Guillaume, abbé du

Bec, envoya une procuration à Jacques Bcssin, prieur du Pré, pour

plus tard à revenir sur cette question et à la traiter plus longuement.

gérer les affaires dudit prieuré. Ces formalités prouvent que les prieurés du Bec n'étaient point des bénéfices en forme. Ces procurations étaient générales pour tous les bénéfices du Bec. » (Id. f« 60.)

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