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CHAPITRE XIV

Ho},'er I" de Bailleul, 7** abbé. L'Impératrice Malhilde inhamée au Bec, HG7. Dédicace de l'église. 1178. Osbern, 8' abbé. Koger II, 9'' abbé. Reccnsion des Usages du Bec. Sources et fontaioes données à l'abbaye. Gautier, 10*^ abbé. Hugues deCoquainvilliers. 11" abbé. Hugues de Nonant meurt au Bec, 1198. Guillaume II, 12*^ abbé. Les abbés du Bec chanoines d Evreux, 1207. Mort de l'abbé Guillaume II, 1211.

On se souvient que Létard, sixième abbé du Bec, était mort le 2 juillet 1149. Il eut pour successeur Roger I" de Bailleul, prieur de l'abbaye. « C'était, dit Robert de Torigni, un religieux possédant à fond les Saintes Ecritures, et nou moins versé dans les sciences ecclésiastiques et séculières ^ » Elu le 6 juillet 1149, il fut béni dans l'église de Saint-W andrille, le 25 du même mois, par Hugues, archevêque de •Rouen, qui l'installa lui-même peu de temps après dans sa chaire abbatiale*^.

Vers la fin de mars 1159, Henri II, sur le point d'entreprendre une campagne contre Raymond V, comte de Toulouse, convoqua ses. hommes d'armes de Normandie, d'Angleterre, d'Aquitaine et des autres provinces ; mais, ne voulant pas fouler les chevaliers vavasseurs, agrarios milites^ ni la masse des bourgeois et des paysans, il se contenta d'imposer GO sols angevins par fief de haubert et emmena seulement avec lui les seigneurs en chef, capitales^ avec une

* Chronique du Bec, édit. Porée, p. 13.

• Chron, du Bec, p. 13.

LES ABBÉS DtJ BEC 509

troupe innombrable de mercenaires, solidarios milites K Au cours de ces préparatifs, le roi d'Angleterre se rendit au Bec et assista à la procession et à la messe le jour de l'Ascension, et après être demeuré trois jours à Tabbaye, il partit pour Rouen ^

Sa mère, Timpcratrice Matliilde, tomba malade Tannée suivante. D'après les conseils mêmes de son fils, elle distribua d'abondantes aumônes aux églises, aux monastères et aux pauvres; comme en 1134, ce fut Tobbaye du Bec qui eut la meilleure part\ Mathilde guérit encore une fois, et survécutquelques années ^ Elle mourut àRouen, le 10 septembre 1167 *et fut inhumée •*, suivant le désir qu'elle avait plu-

* Robert de Torigni. Chronique, I, 318-321 ;. Matth. Paris, HUt . major, p. 68.

* Bibl. nat., lat. 12884. f" 217. Cf. : Matth. Paris, flist. major, p. 68 ; Lingard, Hisf. iVAiUflelerre^ I, 264.

•* Robert de Torigni, Chronique^ \, 327 ; Etienne de Rouen, Uraco normnnnicus, édit. Omont, p. 120.

* Lc3 dernières années de Mathilde se passèrent dans les infirmités de l'âge et les maladies. (Etienne de Rouen, Uraco normnn. cdit. Omont, p. 120 et 122).

* Malhilile mourut à Rouen, dans son manoir du Pré, près du prieuré de Bonne-Nouvelle, le dimanche 10 septembre, a tertia ipsios diei hora ». (Etienne de Rouen, !>raco norman., p. 119 et 122). Selon le même écrivain, ce serait un moine du Bec qui aurait le premier annoncé à Henri il la morl de sa mère, et à cette occasion le roi Ini aurait donné (sans doute peu après) la crosse abbatiale. Page 117.

* Ses funérailles, auxquelles assistaient Rotrou, archevêque de Rouen. Arnoul, évoque de Lisieux, et un grand nombre d'abbés et de seigneurs normands, furent des plus somptueuses. Etienne de Rouen les décrit ainsi :

Tradidil liane tumiilo Rotrodus, tune Rodomcustis Pracsul, et abbalum conflua turba simul ;

AfTiitt Arnulfus, autiste» LcxoviGnst», Inpenii virtus, oioquiiquc uilor :

Praolorc.i clcrus, procercs, celus popularis,

(iroxquo piu!» Iratrum quos stiiti junxit anior.

Al |>retii inairni <<tat dcsuper anipla eornna;

Jure» coronalam elara corona tofril.

i^audciabri radiis sc|>toniH, lanipadihuii(]uc

Cuni tolidcm, tuniuli condccoratur lionos.

Draco normnn., p. \t\. Ces énormes chandeliers à sept branches, ainsi que les couronnes de lumières faisaient alors partie du luminaire

510 QISTOIRE DE l' ABBAYE DU DEC

sieurs fois témoigné, dans l'église du Bec, devant le maîtreautel. Elle avait jadis richement doté Tabbaye du Valasse et y avait mis des religieux de Giteaux ; elle fonda en outre deux monastères de chanoines réguliers, celui du Vœu, près de Cherbourg, et celui de Silly, dans la forêt de Gouffern. Enfin, elle laissa une somme considérable pour achever le pont de pierre de Rouen, dont elle avait commencé la construction ^

L'abbé Roger obtint à prix d'argent d'importants et utiles privilèges pour son monastère. Nous avons cité plus haut la charte de Robert, comte de Meulan, par laquelle il accorda, vers 1174, le droit de tonlieu et les coutumes du bourg et paroisse du Bec, ainsi que l'exemption du droit de péage dans l'étendue de Yhonneur de Brionne, pour les allant et venant, vendant et achetant au marché du Bec. Pour reconnaître ces avantages et leur donner un caractère contractuel, l'abbé du Bec donna au comte de Meulan « 100 livres parisis, et 10 livres angevines pour deux palafrois^^ ». Ces termes du contrat expliquent ces paroles de Robert de Torigni : (( Roger donna à Robert, comte de Meulan, une grosse somme d'argent pour le marché qu'il établit dans le bourg du Bec'. »

Mais ce qui caractérise d'une façon toute particulière l'abbatiat de Roger P, ce sont les vastes constructions qu'il fit exécuter dans son monastère. « Nul abbé, dit Robert de Torigni, sauf saint Herluin, ne fit autant que lui pour son abbaye. L'église fut presque entièrement rebâtie et consacrée de son temps, et, dans toute la Normandie, aucune ne l'égale en beauté *. Il fit construire deux étages de chambres

des grandes églises : Milan, Reims, Bayeux, Aix-la-Chapelle. Hildesheiu], etc. — Cf. : Albert Lenoir, Archileclure monastique^ H, 14Ô. » Robert de Torigni, Chronique, I, 367. Cf. : A. Deville, Recherches sur Tancien ponl de Rouen, dans le Précis des travaux de l'Académie de Rouen, année 1831. p. 166-17«.

* Bibl. nat., lat. 4i884, f 235.

^ Robert de Torigni, Chronique. II, 89.

* « Ecclesia siquidem fere tota aedificata est in tempore suo et dedicata; cujus pulchritudinem nulla aequatur in tolaNormannia. » Rob. de Torigni. Chronique, II, 89.

avec cheminées pour recevoir les hôtes et les étrangers, et une infirmerie aussi belle que spacieuse ; il répara le dortoir tant dans ses murailles que dans le vitrage et la couverture. Il fit établir un aqueduc pour amener de loin une source importante et en distribuer les eaux dans tous les bâtiments du monastère ; enCm, il installa un très beau réservoir couvert pour conserver Teau *. »

L'église abbatiale, détruite par un incendie, dut être entièrement reconstruite par les soins de Tabbé Roger. Ce fut la veille de l'Assomption 1161 que les religieux en prirent possession, en présence de Tévêque d'Evreux, Rotrou de Warwick, qui en fit la bénédiction ^. Mais l'édifice était loin d'être achevé, car la dédicace solennelle n'eut lieu que beaucoup plus tard.

Ce rite imposant fut accompli le quatrième dimanche de Carême, 19 mars 1178, par Rotrou, devenu archevêque de Rouen, assisté des évêques de Bayeux, d'Avranches et d'Evreux. Le roi d'Angleterre et deux de ses fils, Henri Courl-Mantel et Jean^, furent présents à cette cérémonie, ainsi que Robert, comte de Meulan, Simon, comte d'Evreux, Henri, comte d'Eu, Henri du Neubourg et une foule de barons de Normandie. A la consécration du maître-autel, Henri II donna au monastère, « per capellum suum », 100 livres de rente à prendre sur ses moulins de Robecà Rouen,

* Rob. de Torigni. Chronique, II, 89.

* « MGLXI. Intraverunt munachi Becci novaui ecclesiam sub Rogerio abbate, vigilia scillcet Assuniptionis sanctae Mariae. » Chronique du Bec, p. 9. D. Thibault dit que Uotrou, évoque d'Evreux. fut présent, sans doute pour bénir le chœur qui seul était alors terminé. (Bibl.nat., lat. 12884, P 225). L'impératrice Mathilde avait contribué pour des sommes considérables à cette reconstruction :

Que vcTo monachis autccclrsic faciencle Coiilulit iu censu, iio^ccrc nemo poletil.

Etienne de Rouen, Draco normannicus, p. 120.

' Henri le Jeune ou Court-Manlel, fils aîné d'Henri Plantagenet et d*Éléonore d'Aquitaine, né en 1155, fut associé au trône par son père en 1170. Il mourut le iO juin 1183 et fut inhumé dans la cathédrale de Rouen. Voir l'abbé Cochet, Tombeau du roi Henri Court-Mantel à la cathédrale de Rouen, 1867. ,

512 HISTOIRE DE L'aBBAYS DU BEC

et le jeune roi, Henri Gourt^Mantel, confirma cette donation en offrant son anneau K

Les prélats consécrateurs et l'abbé du Bec décidèrent que Tanniversaire de la dédicace se célébrerait non point pendant le carême, mais le mardi après l'octave de Pâques*. En même temps qu'il fixait cette date, l'archevêque de Rouen accorda quelques faveurs spirituelles. Pendant la première année qui suivait la consécration, tout fidèle vraiment pénitent qui visitait l'église abbatiale gagnait l'indulgence du tiers de toutes les peines à lui infligées pour ses péchés. Pour l'avenir, les fidèles en visitant l'église dans l'un des huit jours de l'octave de la dédicace gagnaient quarante jours d'indulgence ^.

Roger de Bailleul mourut le 25 septembre 1179 * et fut enterré dans le chapitre, aux pieds du vénérable Heriuin *.

Le temps est l'auxiliaire indispensable des grandes entre-

* Chronique du Bec, p. 21. Le texte de la charte d'Henri II se trouve dans le Recueil de D. Jouvelin, Bibl. nat., lat. 13905, f'» 9. et dans le Chnmicon Hecceiise aucfum de 0. Thibault, lat. 12884. fo 239. Le paiement de cette rente est porté sut le rôle de l'Echiquier de Tannée H 86 : « Abbatie de Becco, C. libras in niolendinis Rothoiuagi de elemasina staluta ». liofult Scacrarii, 70. Quand les moulins de Robec furent cédés en 1197 à l'archevcquc de Rouen, Gautier de Coutances, cette rente fut reportée sur le reste du domaine. (Gh. de Beauropaire. /V Ja Yieotntê de ieuu de Rouen, p. 46.) En liî56, au mois de mars, saint Louis confirma cette rente d° 100 livres sur la vicomte 4e Rouen. (Bibl. nat., lat. 1^884, f- 303).

* Chronique du Bec, p. 22.

^ La lettre de Tarchevcque se trouve dans lems.lat. 13905, f« 9, de la Bibl. nat., et p. 22 de notre édition de la Chronique du Bec.

* C'est la date donnée par la Chronique du Bec et le Gallia christ XI. col. ^3U.

■* Chronique du Bec. p. 23. En il 73. on loi avait offert le siège de Gantorbéry quil avait refusé. « Feria quarta ante Cœnam Domini (i avril ll73i prior Cantuarieusis et aliae personae bonestae venerunt ad sanctani Barbaram, in cpiscopatu Luxoviensi, ad regeni Henricum et ad lefjalos Romanos Albertum et Theodinura. et elegerunt Rogerium abbalem Becci ad archiepiscopatum Cantuariensem. Ille vero praelendens intirmitatem suam, noluit adquiescere electioni eorum. » Rob. de Tori^^ni, Chron., II, 37. L'élection de Roger avait d'abord été arrêtée en Angleterre, le 2 mars 1173, par les suEfragants de l'archevêque de Gantorbéry. (Raoul de Dicot dans Twysden, col. 561. Gf : Gervais de Gantorbéry. ibid., col. 1423.)

prises. Pendant son abbatial qui dura plus de trente ans, Roger avait pu réaliser de vastes desseins. L'administration de ses quatre successeurs immédiats fut beaucoup plus courte ; elle fut aussi moins remplie. La date de leur élection, celle de leur mort : voilà tout ce que la chronique monastique nous apprend sur leur compte. Nous tâcherons de suppléer à cette insuffisance.

Le successeur de Roger P"" fut Osbern ; il était prieur de la Trinité de Beaumont lorsqu'il fut élu par le chapitre, au mois d'octobre 1179. C'était « un homme d'une très grande prudence et de vie religieuse et honnête*». Il mourut le 23 septembre 1187, et fut inhumé dans le chapitre aux pieds du vénérable Herluin*.

11 fut remplacé par le prieur claustral du Bec, Roger, IP du nom. La Chronique est muette sur ses faits et gestes ; heureusement d'autres documents nous révèlent quelques faits importants de son administration abbatiale.

Roger II fit une récension des Usages en vigueur au Bec, et ajouta au cérémonial et au coutumier certaines prescriptions, ainsi qu'il estpermis^d'inférer, ditD. Bénigne Thibault - du chapitre intitulé : De levi culpa. « Celui qui se sera rendu coupable d'une faute légère n'imposera pas d'antienne, ne chantera pas de répons, ne lira pas de leçons, ne mangera pas avec ses frères mais avec les serviteurs, et sera servi le dernier, se prosternera au milieu du chœur à toutes les heures du bréviaire lorsqu'on dira Kyrie eleison, etc., ne revêtira pas les ornements avec les autres religieux. A la procession, il marchera en lête et sans ornements ; on ne lui rendra pas son tour pour officier, et il s'abstiendra de chanter la messe au grand et au petit autel. Ainsi fut-il décidé, nous présent, par Roger II, abbé du Bec, et tout le couvent'. »

* Chron. du Bec, p. 24.

- Chron. du Uec^ p. 24. SeloQ le Nécrologe du Bec, Osbern mourut le 23 septembre. (Bibl. nat., lat. 13905, f« 76.j

» Bibl. nat., lat. 12884, f» 2G0. et lat. 13905, P 103 v*. Les pénitences enjointes pour les manquements à la règle pouvaient durer plusieurs jours. Ou peut les rapprocher de celles qui sont décrites dans le

514 UISTOIRE DE l'abbaye DU BEC

Maintes fois on a remarqué le sens pratique dont les religieux firent preuve dans le choix de remplacement de leurs monastères. Ils attachaient surtout un grand prix à la possession de sources ou de cours d'eau qui pussent alimenter leurs viviers, arroser leurs jardins et leurs prairies, faire tourner leurs moulins et subvenir aux nécessités quotidiennes d'une communauté nombreuse. Nous avons vu que Roger T' avait fait construire un aqueduc et un châteaud'eau pour amener el recevoir Teau de deux sources situées à une lieue de l'abbaye, à Sain t-Martin-du- Parc. Selon D. Thibault, l'une de ces sources, nommée Fonspoissone^ aurait été donnée par Hugues surnommé Le Moine et Jeanne sa femme ; la seconde, dite Longus fons S par Thomasse et son fils Robert Labé ^

Guillaume du Boulay, à Saint-Martin-du-Parc ^, du consentement de son fils aîné Robert '♦ et de ses frères Laurent et Richard, ratifia et confirma à l'abbaye la donation d'une source avec ui^e perche de terrain alentour, et d'un vivier avec la source qui l'alimentait dans sa cour. Il ne faisait aucune réserve, sauf la dérivation vers sa maison d'un conduit de la grosseur d'un pouce prise sur le vivier. Les religieux étaient libres d'exécuter à leur gré tous les travaux de maronnerie nécessaires pour capter et amener l'eau dans

chapitre xvi des Décrets de Lanfraac : De cuïpis et salisfactionibus. édit. Giles. 1, 103.

* Au mois de mars 1249, Simon du Quesney, seigneur en chef, confirma la donation faite à l'abbaye par Hobert Le Monnier d'une terre et d'une masure, et la permission accordée aux religieux de travailler et d'augmenter leur fontaine appelée Lonr/us fons « apud camdem masuram », (luand bon leur semblerait. Pour cette donation et permission, Robert Le Monnier rcrut onze livres tournois. (Bibl. nat., lat. Ii884, f»348.)

» Bibl. nat., lat. 12884, f» 2i9 v».

' Le Buulay était un fief sis à Saint-Martin du Parc. Cette commune a été réunie à celle du Bec-Ilellouin.

* « Hobert du Boulay, fils et héritier de Guillaume, élait un des quatre seis^neurs patrons de Malle ville ; il donna en 1256 à l'abbaye une terre à Malleville pour le salut de son âme ; cinq ans auparavant, il avait abandonné aux moines de Jumiègesles droits qu'il avait sur les églises de Malleville et de Saint -Martin du Parc. » Charpillon et Caresme, Die t. hist. de rEure, I, 277.

leur monastère, à condition qu'il n'en résultât pour lui aucun dommage évident ; en ce cas, les religieux étaient obligés à le réparer. Pour cette donation que son père avait faite en 1190, Guillaume du Boulay reçut, « de caritate domus Becci », 15 livres d'angevins ^

Pendant longtemps les Religieux possédèrent paisiblement les sources de Saiût-Martin-du-Parç^ Mais, vers 1281, il s'éleva un grave différend à ce sujet. Gautier du Boulay avait rompu Taqueduc qui conduisait les eaux au monastère, soutenant qu'il avait le droit d'agir ainsi du moment qu'il consentait h indemniser les moines ; ceux-ci prétendaient qu'une action semblable, loin d'être l'exercice d'un droit, n'était qu'une pure violence. L'affaire fut portée devant l'Echiquier siégeant à Rouen, à la saint Michel 1282, et les parties passèrent une transaction par laquelle il fut réglé

* Bibl. nat., lat. 1288i, f» 249 v». En 1248, Alix, veuve de ttobert dit Vllôtc, donna à l'abbaye une source qui émergeait dans son tèneuient, R juxta cheminum quod ducit apud sanctum Martinam de Parco, volens et concedcns quod dicti abbas et conventus faciant operari circa dictum fontem, parari et reparari eumdem et ejus eiiiersiones perquirere et sequi per totum praedictum tenementuin quoties voluerint ». Si l'abbaye venait à vendre ou à engager ce tènement, le droit des religieux devait demeurer intact. Robert du Boulay, seigneur en chef de ce tcnement, confirma cette donation au mois d'août 1218. (Bibl. nat., lat. 12884, f« 346 v*.)

• On trouve dans VInventaive des titres du Bec (p. 119), à l'année 1262, la « confirmation d'une acre de terre seize près le vivier Corbin (paroisse du Bec) consentie au profit de l'abbaye par Jean Pillet. » Cette vente, qu'Adeline, femme de Jean Pillet, approuva devant Tofficial de Rouen, eut lieu moyennant 25 livres tournois, du consentement de Guillaume de Chaumont, écuyer, seigneur en chef. (Bibl. nat., lat. 12884, f« 382 vo.) Et sans date : « Traité fait entre l'abbaye çjn Bec et Roger des Bris, Jean Petit et autres, par lequel il est dit (lue le canal par lequel l'eau du vivier Corbin coule, sera large de six pieds le long de la chaussée. » Inventaire des titres du Bec, page 160. — Dans les titres de Sainl -Martin du Parc, on lit à l'année 1301 : « Accord faict entre l'abbaj-e du Bec et Jean de Feugueray de faire un petit dallot ou eschise au fond de la rivière allant de Saint-Martin au petit moulin pour aller à son vivier ; laquelle escluse le musnier dudit moulin pourra fermer quand il voudra faire mouldre son moulin ; et ledit sieur de Feugueray ne pourra l'ouvrir quand iceluy moulin moudra, estant tenu ledit sieur de Feugueray de souffrir un chemin de quatorze pieds par dessus son héritage pour le passage du musnier pour aller boucher ledit dallât toutes fois et quantes qu'il voudra. » Invent, des titres du Bec, p. 182.

516 nisTOiRK DE l'abbaye du bec

que la rente annuelle de 12 deniers, que les religieux payaient à Gautier du Boulay pour le droit des fontaines, serait élevée à 16 sols, conformément h la sentence arbitrale rendue par Guillaume d*Asnières, chantre de Lisieux, et Guillaume de Vatteville (ou Valleville) chevalier; d'autre part, Gautier du Boulay et ses hoirs renonçaient à toutes leurs prétentions sur les sources et leur aqueduc, et les religieux demeureraient maîtres de capter les sources, de réparer les conduits, d'enclore le vivier, les sources et le terrain qui leur appartenait, à la hauteur et de la façon qu'il leur plairait ^ En un mot, on revenait aux termes de la donation de Guillaume du Boulay citée plus haut. Le jugement fui scellé des sceaux du bailli de Rouen et de Gautier. Jean du Rouvray, seigneur de Grainville, tenant en chef le fief du Boulay, ratifia et confirma cette transaction au mois de mai 1283 ; en même temps, les religieux pour témoigner à Jean du Rouvray leur reconnaissance, lui accordèrent «pure, liberaliter et caritative, sublato omni scrupulo symonie », au jour choisi par lui, une messe quotidienne de Spiriiu sanciOj et après sa mort une messe quotidienne pro defnnclis K (( L'an 1194, dit la Chronique du Bec, mourut le seigneur

* Carlulaire du Dec, feuillets appartenant à l'auteur, et Bibl. nat., lat. 12884, f« 413 v».

* Carlulaire du Bec, feuillets appartenant à Tauteur. Vlnventaire des titres du Dec mentionne les deux pièces suivantes, inexactement analysées : « Accord fait entre l'abbaye du Bec et Gaultier du Boullay par lequel ledit Gaultier quitte à ladite abbaye 12 deniers de rente qu'elle leur devait, avec la renonciation à prétendre aucun droict aux fontaines ny cours d'icellcs scitués sur la paroisse de Saint-Martin du Parc, li80. » — « Accord fait entre l'abbaye du Bec et Jean de Hoboret (du llouvrayi, sieur de Grainville, par lequel il luy cedde et accorde tout et tel droict qu'il pouvait avoir aux fontaines de Saint-Martin du Parc, mesme aux cours d'icelles, 1282. » Page 181. — « Commémora ndum quod anno Domiui M^CC"» octogesimo secundo, nos abbas et oonventus Becci concessimus Domino Johanni de Uoboreto, militi, sinj^ulis diebus qiiandiu vixerit unam missam de Spiritu sanot(s in aii({ua domo de ordine Becci, etpostmortem ipsius singulis diebus in perpetuum unam missam pro anima ipsius et pro fîdclibus defunctis. Hoc autem factum est pro Dco et confirmatione quam fecit nobis de fontibus et conduclibus nostris sitis in feodo suo, videlicet in terra Walteri de Bolevo. ([uo est de feodo de Hoboreto. » Ordo anniversariorum. Bibl. d'Evreux. ms. lat. 58 (xvi" siècle).

Roger II de pieuse mémoire, neuvième abbé du Bec, qui gouverna courageusement Tabbaye pendant sept ans, deux mois et quatre jours, et fut enterré dans le chapitre du lieu. Il eut pour successeur le seigneur Gautier» homme d'une sagesse respectable, « venerandae discretionis vir ^ ».

Roger II était mort le 10 ou 11 décembre j il ne fut pas immédiatement pourvu à son remplacement. Une bulle de Célestin III, du 18 février 1195, laisse entendre que l'obstacle venait des exigences injustes de l'archidiacre de Rouen auxquelles les religieux refusaient de se soumettre. C'est la première fois que l'on voit le pape intervenir dans l'élection des abbés du Bec. La bulle était adressée au prieur Gautier et à ses frères. Célestin III reconnaît aux religieux le droit d'élire leur abbé par voie de compromis, selon l'usage du monastère, c'est-à-dire à la majorité des voix des électeurs désignés par le prieur; en outre, il les autorise à installer eux-mêmes le nouvel élu dans la chaire abbatiale, nonobstant l'exaction entachée de simonie et condamnée par le concile de Latran, que l'archidiacre prétendait percevoir'-^. Cet usage simoniaque n'était autre que le droit de procuration que s'arrogeait l'archidiacre en installant les abbés. Les archidiacres traînaient avec eux une suite fort nombreuse, ce qui occasionnait des dépenses considérables aux monastères el aux paroisses qui devaient les héberger.

Ce fut le prieur Gautier qui succéda à Tabbé Roger. Pour des motifs que nous ignorons, il résigna sa charge d'abbé en 1197 ^. On nomma à sa place le prieur de Notre- Dame-de- Bonne-Nouvelle, Hugues de Coquainvilliers. En 1198, on le voit figurer comme témoin dans la charte de fondation de

1 Chronique du Bec, p. 25. Selon le Nécrologe du Bec, l'abbé Roger II mourut le 10 décembre (Bibl. nat., lat. 13905, fo 76 v*) ; D. Thibault dit qu^l mourut le 11 décembre. (Bibl. nat., lat. 12884, f» 254.)

* Bibl. nat., lat. 12884, f» 252. Dans une bulle donnée à Rome, le 17 novembre 1196, Célestin III accorda de nombreux privilèges à Tabbaye et régla, entre autres choses, la question de l'élection des abbés.

' Chron. du Bec, p. 25. Le Nécrologe du Bec place la mort de Tabbé Gautier au 22 janvier. (Bibl. nat., lat. 13905, f« 74.)

SI 8 HISTOIRE DE l'aK&AYE: DU BEC

Tabbaye de Bellosanne ^ Hugues mourut au prieuré du Pré ou de Bonne-Nouvelle, le 16 mai 1198. Son corps, rapporté au Bec, fut inhumé dans le chapitre, aux pieds du vénérable Herluin ^.

Le monastère fut témoin, au mois de mars 1198, de la mort édifiante d*un prélat anglais dont les intrigues et les perfidies avaient plus d'une fois troublé son diocèse et même le royaume. Hugues de Nonant était neveu d'Arnoul de Lisieux et archidiacre de son église. L'ambition le poussa à la cour du roi d'Angleterre, où son habileté dans les affaires, son esprit d'intrigue, son dédain de tout scrupule le firent bientôt remarquer. En 1185, il devint évèque du diocèse de Coventry qui avait alors trois sièges, Covenlry, Chester et Lichfield. Henri H l'avait chargé de plusieurs missions diplomatiques qui avaient réussi ; il l'emmena avec lui en Normandie pour lui servir de secrétaire dans ses colloques avec Philippe-Auguste. « Beau parleur, prompt à passer de la flatterie à la menace, l'évèque de Coventry était en outre un littérateur érudit et un écrivain fécond. Il avait composé un grand ouvrage, malheureusement perdu, qui. était intitulé : Histoire générale du monde jusqu'en Tannée 1189. Les rares loisirs que lui laissaient ses ambassades et les études qui lui étaient chères, il les employait à son administration diocésaine, si l'on peut ainsi nommer ses contestations incessantes avec les moines du chapitre de Coventry. L'animosité entre eux et lui était telle que, un jour, en plein chœur, une collision avait éclaté. Succombant sous le nombre, le prélat était sorti, déchiré et meurtri des mains de ses adversaires. Dans cette lutte, Hugues de Nonant avait contracté l'horreur du monachisrae, et il poursuivit avec rage la réalisation d'une réforme à laquelle s'étaient ralliés plusieurs évoques, qui consistait à exclure les moines des chapitres des cathédrales. Les chanoines, disait-il, avaient à remplir des devoirs incompatibles avec la profession monastique; mais le motif secret de Tépiscôpat était l'espoir de

* Gallia christ.^ XI. ïnstram., col. 29.

* Chron. du Dec, p. 25.

trouver chez les prêtres isolés et vivant dans le monde des collaborateurs moins rudes et moins altiers. « Donnez-moi carte blanche, disait Hugues de Nonant à Henri II, et dans trois mois j'aurai purgé le royaume de toute cette engeance I Au diable tous les moines M ,y

Les religieux expulsés de Coventry avaient appelé au pape qui ne se pressait guère de rendre son jugement dans cette grave affaire. La conduite de Tévèque était odieuse ; mais, d*autre part, on accusait les moines d'avoir frappé Tévèque jusqu'au sang. Après plusieurs années d'hésitation, Gélestin III se décida à casser le décret rendu au mois d'octobre 1190 par le concile de Westminster, et au mois de décembre 1197, le bref pontifical, mis à exécution par Hubert, archevêque de Cantorbéry, réintégrait les religieux dans leur cathédrale.

Hugues de Nouant se révolta contre cette condamnation de sa conduite. Il prit le parti de s'expatrier et de se rendre à Rome pour faire reviser la cause qu'il venait de perdre. Du reste, disgracié par Richard Cœur-de-Lion, l'évêque de Coventry avait compris que son rôle politique était fini. Comme il traversait la Normandie, il tomba gravement malade. On le transporta à l'abbaye du Bec. Ayant réuni autour de son lit les abbés et tes prieurs du voisinage, il commença en leur présence la confession publique des forfaitures et des attentats sans nombre qui avaient souillé sa vie ; puis, les larmes aux yeux, les mains jointes, il supplia les abbés de lui imposer telle pénitence qu'ils jugeraient à propos. Consternés de ce qu'ils venaient d'entendre, les religieux se regardaient les uns les autres, ne sachant trop quelle décision prendre dans une aussi grave conjoncture. L'évêque s'en aperçut : « Je sais bien, dit-il, qu'à la vue de l'énormité de mes péchés, vous ne savez pas quelle pcnilenoe proportionnée vous devez m'enjoindre. Je vous conjure, au nom de Jésus-Christ Notre-Seigneur, de m'imposer de demeurer, s'il plaît à Dieu, dans le purgatoire jusqu'au jour du juge-

* Boivin-Champeaux. Sofice sur Guillaume de Long-Champ, évégue d*Ely, p. 44. Evreux, 188o.

ment dernier. » Les abbés y consentirent, sans toutefois prétendre préjuger de la divine clémence qui veut sauver tous les hommes et ne laisser périr personne. Satisfait sur ce point, Hugues demanda à Tabbé du Bec de vouloir bien le revêtir de Thabit monastique, afin d'avoir pour protecteurs et pour frères dans Tautre monde ceux qu'il avait si durement persécutés dans celui-ci. Enfin, après avoir donné aux maisons religieuses et aux pauvres tout ce qu'il possédait d'or, d'argent, de vases et de pierres précieuses, il mourut dans les sentiments du plus sincère repentir. On l'enterra dans l'église de l'abbaye, le vendredi ou le samedi saint, 27 ou 28 mars 1198 *. Le Nécrologe du Bec faisait sa mémoire le 27 mars*.

A Tabbé Hugues de Goquainvilliers succéda, le § juillet 1198, Guillaume ÏI* du nom qui était simple moine du Bec^ Son administration fut marquée par quelques actes importants.

Les chanoines réguliers du prieuré de Beaulieu, près de Rouen, qui venait d'être fondé*, avaient acheté quelques vignes dans le domaine des religieux du Bec à Meulan. L'abbé Guillaume, considérant l'honnêteté et la religion des chanoines de Beaulieu, et voulant leur assurer pour l'avenir la libre et tranquille possession de ces vignes, ratifia, à la condition de la tenir de l'abbaye, l'acquisition qu'ils venaient

* Matth. Paris, Hist. major, p. 134; Monasl. angl., p. 303. Cf. Bibl. nat., lat. 12884, f« 258 v».

• Bibl. nat., lat. 13905, f«> 74 v°.

• Chronique du Bec, p. 20. Vers 1200, Guillaume II fut désigné, en qualité d'arbitre par le pape, avec Tévêque de Lisieux et Jean, abbé de Bernay, pour terminer un différend survenu entre les Templiers et le chapitre d'Evreux au sujet de la possession des dimes du fief d'Eudes du Bosc, à Sarquenville. (Carlulaire du chapitre d*Evreux, f« 32 v». Arch. de l'Eure, G. it2,)

* Le prieuré de chanoines réguliers de Notre-Dame de Beaulieu, situé dans retendue de la paroisse de Bois-l'Evôque. près de Rouen, avait été fondé en 1200 par Jean de Préaux. Le pieux seigneur dota cette maison de plusieurs revenus considérables, y mit des religieux de Saint-Lô de Rouen, et leur donna le patronage de toutes les églises qui lui appartenaient tant en France qu'en Angleterre. (T. du Plessis, Description de la Haute-Normatidie, il, 353 ; Gallia christ., XI, col. 57.)

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de faire de la vigne de Thomas de Gardin contenant un arpent et demi^ de celle de Raoul de Gisors, de trois quarterées ou quart d'arpent, et de celle de Laurent, de la même contenance. Cette charte fut donnée en 1203^.

Une contestation s*était élevée entre Luc, évèque d'Evreux, et l'abbé du Bec relativement à la perception des revenus des églises de Saint- Aubin d'Ecrosville et de Marbeuf. Trois arbitres, N. abbé de Josaphat, Guy, abbé de Saint-Pierre en Vallée et le doyen du chapitre de Chartres furent délégués eu 1206, par le pape Innocent ÏII, pour terminer le différend.

Les parties ouïes, les .'arbitres décidèrent que Tabbaye jouirait en totalité des églises Saint-Aubin d*Ecrosville et de Marbeuf, et des chapelles de Crosville, de Faipou et du Mesnil-Brochet; sauf toutefois que le vicaire de Saint-Aubin aurait les menues dimes de ces églises, et paierait de ce chef aux religieux un besant, bisanliiim^ k Pâques; en Outre, le vicaire et ses successeurs auraient l'autelage, les trois hôtes près du cimetière, le terrain de Luc et celui du vicaire, c( masagium quod fuit Lucae et masagium vicarii'^; » les religieux devaient avoir tout le reste, c'est-à-dire le blé, bladium^ les autres hôtes et la terre aumùnée. L'abbé et les religieux assignèrent à perpétuité à l'évêque d'Evreux la rente de dix livrées de terre. Les vicaires des paroisses susdites devaient acquitter personnellement les droits épiscopaux, sauf les tailles dont les religieux demeuraient chargés^.

Le 3 novembre 1207, un autre accord intervenait entre Luc et Guillaume. L'évêque d'Evreux abandonnait, ou plutôt restituait la dîme de la paroisse de Grandchain qu'il avait reçue des moines, « quam habuimus ex dono ipsorum » ; de leur côté les moines cédaient à l'évêque et à ses successeurs le patronage de l'église de Damemarie avec toutes ses appar-

• Bibl. nat., lat. 12884, f» 272.

' Le ms. de D. Thibault porte «en marge : «Mansionem cuai adjacenti clausulo. »

3 Bibl. nat., lat. 12884, f» 277.

tenances*. Oa voit que Taigreur des revendications avait fait place à une bienveillance réciproque. On ne s'arrêta pas en si beau chemin.

Le même jour, l'évêque, d'accord avec le doyen Raoul et le chapitre d'Evreux, scellait une charte par laquelle ils admettaient dans la fraternité spirituelle de leur église Tabbé et les religieux du Bec; les abbés seraient à l'avenir considérés comme chanoines de la cathédrale d'Evreux et auraient part aux distributions communes, commuiiicarii ; une prébende, appelée prébende d'Evreux, serait constituée au moyen des églises de Saint-Aubin d'Ecrosville, de Marbeuf, de la Roussière, d'Emalleville^, de Barc et d'Hellenvilliers ^; cette prébende, uniquement réservée à Tabbé du Bec, ne serait jamais vacante, et les fruits n'en pourraient être attribués à Tévêque ou aux autres chanoines ; l'abbé du Bec ne serait point astreint à la résidence à Evreux; il aurait voix et place au chapitre et une stalle au chœur, et sa prébende comporterait le même service que les autres. En témoignage de sa reconnaissance, l'abbé Guillaume donna au chapitre d'Evreux les dîmes d'Ormes ^ et le patronage et les dîmes de l'église d'Ajout Pour tout religieux du Bec défunt, le chapitre chanterait une messe au chœur avec un ofGce &e\QVLV,officium diur7iu7n, au son des cloches ; chaque prêtre dirait une messe, et les clercs, cinquante psaumes ; tous les moines du

* Bibl. nat.. lat. 12884, T 27S; Carttilaire de l'évéclœ d'EvreujCy i^ 10. Arch. de VEure, G. 6.

* On voit que Tabbé du Bec apportait sa quote-part dans la constitution de la prébende d'Evreux.

* V Inventaire des titres du Bec renferme la mention suivante : a Traitté par lequel l'abbaye du Bec, pour demeurer quitte de 100 livres et de 10 muids de blé qu'elle devait de rente au chantre d'Evreux, luy cède la dixme d'Esmalleville, 1208. » Page 1023.

* Le patronajçe de l'église d'Ormes (canton de Conches) avait été donné au chapitre d'Evreux, au commencement du xui* siècle» par Henri d'Aufay. [Archives de l'Eure, G. 104.)

* Vers 1170, Henri II, roi d'Angleterre avait confirmé la donation de l'église d'Ajou {canton de Beaumesnil), des dimes de cette paroisse, et de 20 acres de terre au même lieu faite à l'abbaye du Bec par Vauquelin de Mancelles et sa sœur. {Cart. du chapitre d'Evreux, f» 15. Arch. de rEure, G. 122.)

Bec soit vivants soit défunts participeraient aux prières et aumônes qui se faisaient dansTéglise d*Evreux. L'abbé et le couvent du Bec s'engagèrent à rendre aux chanoines des devoirs réciproques, c'est-à-dire une messe par chaque religieux prêtre, cinquante psaumes par les moines non prêtres, et cent Pater nosler par les frères lais*.

Guillaume II mourut le 18 septembre 1211, et fut enterré dans la salle du chapitre, auprès de Guillaume deT^eaumont, à droite du tombeau du vénérable Herluin. On lisait sur sa pierre tumulaire cette simple inscription :

Aller Willermus jacet hic abbas duodenus*.

' Bibl, nat., lat. 12884, f 278 v°, et Cartulaire du chapitre iVEvreux, fo 16, Arch. de l'Eure. G. 122. La charte de Luc fut confirmée au mois d'août 1225 par Richard de Saint-Léger, évoque d'Evreux, ancien abbé du Bec: ms. lat. 12884, f» 306 v».

* Chronique du Bec, p. 27.

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