CHAPITRE XVI
Richard de Saint-Léger, IS** abbé. Reconstruction de la nef et du grand portail de Féglise. Travaux exécutés dans quelques fermes de Tordre. Statuts du chapitre générai de 1219. Confirmations épiscopales. Sentences d'arbitrage. Richard de Saint-Léger élu évéque d'Evreux. Henri de Saint-Léger, 14*^ abbé. Les pitances. Restauration des bâtiments claustraux. Patronages d'églises. Affaires temporelles. Le Bois du Mont-Maie. Pensions. Réformes disciplinaires. Convocation d'un chapitre provincial. Statuts de Grégoire IX.
Au temps de Lanfranc, d'Anselme et de leurs successeurs immédiats, l'abbaye, grâce au rôle prépondérant de ses abbés, conseillers ordinaires et ûdëles des rois anglo-normands, voit son nom souvent mêlé aux événements contemporains ; à tel point, qu'on n'aurait pas une idée bien juste de rhistoire normande aux xi^ et xii^ siècles, non plus que du caractère de Guillaume le Conquérant, d'Henri P*", de l'impératrice Mathilde, si Ton n'en connaissait pas certains traits essentiels qui nous ont été conservés soit par les biographes des premiers abbés du Bec, soit dans les annales du monastère. Cet intérêt tout spécial que présente alors l'histoire de l'abbaye, et que nous nous sommes complu à faire ressortir, un peu longuement peut-être, ne se prolonge pas au delà du XII® siècle. Alors le Bec n'a plus qu'une histoire intime, celle de ses abbés et de ses religieux. Le cadre perd de son ampleur ; mais, pour rétréci qu'il puisse paraître, il n'en est pas moins rempli, et l'abbaye continue à poursuivre son développement normal. Ses abbés sont moins mêlés à la politique, et ils consacrent exclusivement leur activité à des
réformes utiles, à des améliorations matérielles qui révèlent, dans ceux qui les ont réalisés, des hommes aux vues vastes et à l'âme généreuse.
Le i& septembre 1211, la communauté, réunie en chapitre, donna pour successeur à Guillaume II, Richard de Saint- Léger, justicier du monastère. Deux jours après, le nouvel élu était présenté au roi, el le l**" octobre, il recevait, dans la cathédrale de Rouen, la bénédiction des mains de l'archevêque Robert Poulain^
Une tâche considérable s'imposait au nouvel abbé : la reconstruction de son église en partie écroulée en 1197. Richard se jeta résolument dans cette entreprise. Le premier lundi de Carême, 9 mars 1215, il posa la première pierre de la nouvelle basilique, et confia la direction des travaux à Enguerran, le maître de l'œuvre de la cathédrale de Rouen. Cet habile architecte poussa la construction avec une rapidité étonnante. En dix-huit mois, il avait élevé les grands murs de la nef, augmentée en longueur de quarante pas *, et construit le portail occidental avec ses deux tours. Mais alors, on ne sait pour quel motif, l'activité de l'architecte se ralentit.
Richard se fâcha de ces retards; et cédant à des conseils qui, pour avoir été sages, dit la Chronique, ne nous en paraissent pas moins étranges, sans avoir égard à l'admirable talent d'Enguerran, il le congédia, et chargea Gautier de Meulan, autre maître-maçon, de terminer son œuvre. L'entreprise fut donnée à forfait. Gautier mit également dix-huit mois à achever l'église, car à la fin de 1217, la nef était reliée par les voûtes à ce qui subsistaitde l'ancienne basilique, et les tours étaient couronnées de leurs flèches. Il renouvela la couverture en plomb de l'abside et de la tour Saint- Nicolas ^ refit la charpente des grands combles tant dans les
* Chronique du Bec, pages 27 et 28.
* « Cujus teaipli pars inferior, quam popularls usus naviiu appcllat, quadraginta passus aiicta, paribus pyramidibus gratum accessum exhibentibus decoratur. » Chronique de François Carré ^ apud Chronique du Bec, édit., Porée, page 214.
* Il est probable que la tour dite de Saint-Nicolas était, à l'origine.
parties anciennes que dans les neuves, et couvrit le tout de lames de plomb*.
Richard de Saint-Léger fut un bâtisseur. Non seulement il fit reconstruire la nef et le grand portail de son église^ mais il ne négligea ni les prieurés, ni même les simples fermes de son ordre. A Vernon, il refit et agrandit la chapelle de Saint-Nicolas 2; en même temps, il édifia d'autres bâtiments d'exploitation rurale, les fit couvrir en tuiles et entoura la cour d'un mur en pierre. Il établit deux pressoirs aux Mureaux ^ et en reconstruisit trois autres dans les environs de Meulau ; on sait que la plupart des vignes de l'abbaye étaient situées autour de Meulan. Le manoir de Tlle- Saint-Côme fut réparé et recouvert en tuiles. Tous ces importants travaux, qui témoignent de l'infatigable activité de Richard, furent exécutés en moins de trois ans, sur
la tour centrale ou lanterne que la plupart des grandes églises normandes possédaient à Tintersection des transepts. Plus tard, quand on prit le parti d'élever un beffroi séparé, pour mettre les fçrosses cloches que les tours occidentales n'étaient plus en état de supporter, on lui donna le nom de tour Saint-Nicolas. C'est le grand beffroi que l'on voit encore aujourd'hui.
* (i Igitur, jactis in altum fundamentis, ipse, manibus suis primum lapidem, circumstante conventu suo, super fundamentum posuit, prima die lunae quadragesimae, procurante et coopérante Ingelranno magistro operis beatae Mariae Hothomagensis, cujus consilio se com misit ad illud opus inchoandum et procurandum. Idem vero Ingelrannus viriliter agens, opus incoeptum primo anno cum magna virtute aedificavitet frontem ecclesiaeetnavem in longitudinem auxit, et duabus amplissimis turribus mirifice adornavit. Peracto vero anno et semi» retraxit se aliquantulum opus retardando, et non sicut decebat perficiendo. Quo viso et comperto, abbas sapienti usus consilio, jam uno anno et octo mensibus expletis, amoto Ingelranno, forofacto tradidit illud opus ad perficiendum magistro Walterio de Mellento, qui tertio anno deduzit et exaltavit praedictum opus in tantum quod novum opus aequavit veteri, simul cum turribus et eurum ciboriis. Coopertorium presbyterii et turris sancti Nicolai plumbum ex toto renovavit. Super corpus ecclesiae novamtecturam posuit, tam super opus antiquum quam novum, et tegula plumbea cooperuit. » Chronique du Bec y p. 28. Après les travaux exécutés par Richard de Saint-Léger, l'église abbatiale comprenait : l'abside, le chœur et les transepts de l'église consacrée en 4178, la nef agrandie de quarante pas, avec le grand portail et les deux tours construites par Enguerran et Gautier de Meulan.
* Aujourd'hui Saint-Nicolas de Vemonnet (Eure).
* Les Mureaux, canton de Meulan (Seine-et-Oise) .
S46 BiSToauK M l'asbats mj bec
les propres ressourees du monastère, sans que Tabbé ail eu recours à aucun don extraordinaire K
L'édifice spirituel n'était pas non plus demeuré intact, et le besoin de réformes disciplinaires commençait à se faire sentir. Certains religieux, animés d'un mauvais esprit, s*efforçaient de jeter le trouble et le scandale parmi leurs frères î leur orgueil se cabrait sons le joug de l'obéissance; les remontrances et les corrections de leur abbé ne faisaient que les poussera la révolte ouverte, et pour gagner du temps et prolonger leurs intrigues, ils faisaient appel au Saint- Siège. Richard de Saint-Léger s'en plaignit à Innocent III, et ce pontife, dans une lettre datée de Latran le 24 novembre 1216, condamna en termes sévères la conduite de ces religieux, « de ces fils de Bélial qui cachent l'esprit de superbe sous l'humilité de l'habit monastique. » Il déclarait que l'appel est un refuge pour l'innocent et non une arme pour le crimineU et prescrivait à l'abbé de poursuivre et de corriger les moines dyscole», selon les règles données par saint Benoît et observées dans Tordre du Bec, nonobstant bout appel au Saint-Siège '. Dans une autre lettre datée du même jour, Innocent III accordait à l'abbé la faculté pleine et entière de rappeler à l'abbaye les religieux résidant dans les prieurés de l'ordre, et dont la conduite laissait à dé-
* Chronique du Bec, p. 29,
* Bibl. nat. lat i28S4, f« 294, et lat. 13905, f* 3 v^ Malgré cette dé- ^ fease, les appels des moines dyscoles n'en continuèrent pas moins ^ d'arriver jusqu'à Rome, à moins qulls ne les adressassent à l'évèque i diocésain, si les chances de succès paraissaient meilleures de ce côtélà. Innocent IV renouvela la condamnation portée par Innocent II 1 en 1S16, et Tabbé du Bec fut maintenu en pouvoir de réprimer de sa propre autorité et en vertu de sa charge les fautes de ceux qui lui étaient soumis par la profession religieuse. Cette bulle est datée de Pérouse, le des ides de février 4253 (Bibl. nat.. lat. 12884, £«354).
* Bibl. nat.. lat. 12884, f* 294, et lat. 13905 f* 3 V. On peut rattacher à ces bulles disciplinaires celle qu'Honurius ill adressa, le 20 décembre 1220. àTarchevêque de Rouen relativement aux moines dont rentrée en religion était entachée de simonie. Le quatrième concile de Latran. tenu en 1215. défendait d'exiger de ceux qui entraient en religion ni festins, ni vêtements, ni petites sommes d vgent; quant à ceux qui avaient été reçui de la sorte avant le concile, ils devaient être trans-
La stricte observance de la discipline fut Tuiie des piits constantes préoccupations de l'abbé Richard; il savait qu'elle est le fondement de la vie religieuse, conune elle en est la sauvegarde et l'honneur. Il résolut de profiter de la tenue d*nn chapitre général où tous les prieurs de Tordre tant de France que d'Angleterre étaient présents, pour établir de nouveaux statuts et remettre en vigueur ceux qui étaient tombés en désuétude. Ce fut dans le chapitre du 23 juin 1219 que ces importantes mesures furent adoptées. Noua citons un certain nombre de ces prescriptions disciplinaires, parce quViles aident à saisir sur le vif Tesprit, les usages, les mœurs d'une abbaye an commencement du xin* siècle. Malheureusement le fragment qui nous est resté des statuts de iâl9 est incomplet de la fin.
« Que les prieurs sachent avant tout qu'ils sont des moines et non des seigneurs; qu'ils honorent les religieux comme des religieux, pour qu'eux-mêmes reçoivent l'honneur qui leur est du. Qu'ils se gardent de l'orgueil, de l'avarice, de la prodigalité, de la dareté> de la faiblesse*. S'il y a des abus qu'ils ne peuvent corriger, qu'ils nous laissent le soin d'inlliger des peines que nous nous réservons, telles que l'imposition de la pénitence d'une faute gi^ave, de la prison et de l'expulsion. La pénitence de la faute grave est infligée à celui qui frappe violemment de la main un moine, un prêtre, un clerc et même un laïque, ou qui menace un religieux de violences, lors même qu'elles ne suivraient pas, et enfin à
férés dans d'autres abbayes, ou obligés à faire une autre profession dans le uièuie monastère et y être renvoyés au dernier rang. Les évêques diocésains étaient chargés de publier tous les ans cette ordoo^ nance atin qu on ne poisse l'ignorer. (Thomassin, Ancienne el nouvelle discipline ecclésiastique, \L 3dU.) Voici le passage essentiel de la lettre d'IIouorius III qui ne faisait, en somme, que rappeler le décret du concile de Latran. « Oilecti filii abbas et conventos Beccensis nobis humiliter supplicavenint, ut, eu m quidam eorum fratres monasterii ingressum habuerint vitio simoniae, super hoc paterna soUicitudine providero dignaremus. . .; ideoque fratemitati taaeper apostolicaacripta mandamus. quatinns illos qui taliter iniraverunt monaatennin mémo* ratum^ in ipsius obedientiis colir>ces, nunquam causa continue com* morandi ad ipsum monasterium rediturus... Datum Latenini^ 13 eal. janoar. pontif. nostri anno quinto* » BibL nal.^ Ut. 13884^ £• 2fi8 v, et lat. 13905, f* 3 V.
548 HISTOIRE DE L*ilBBAYE DU BEC
celui qui désobéît. Il y a Heu de distinguer si la désobéissance a été commise dans le chapitre ou en dehors. Si c'est dans le chapitre, et que le coupable promette obéissance et repentance avant que le chapitre soit terminé, il doit obtenir son pardon; si c'est en dehors, et que dans le chapitre suivant il témoigne spontanément un sincère repentir et demande son pardon, il peut et doit l'obtenir, à moins qu'une autre faute très grave ne s*y oppose. Si quelque religieux avait eu le malheur de commettre. une faute si grave qu'elle soit en dehors de la juridiction du prieur, celui-ci ne devrait pas punir lui-même le coupable, à moins d'en avoir reçu de nous le pouvoir, mais nous l'adresser sous garde sûre, avec une cédule relatant sa faute, signée par les religieux du prieuré. Nous enjoignons aux prieurs d'avoir grand soin de leurs frères malades et infirmes, de leur procurer de la lumière pendant la nuit, des serviteurs honnêtes, des aliments conformes à leurs besoins, et de les visiter souvent. Lorsqu'un religieux partira en voyage, soit pour les affaires de sa maison, soit pour les siennes propres, soit pour tout autre motif, le prieur devra lui fournir une monture convenable, l'argent nécessaire pour sa route, et d'honnêtes serviteurs. Si un moine change de résidence par ordre de ses supérieurs, il ne sera point obligé de partir avant d'avoir reçu du prieur des vêtements en bon état et de l'argent pour ses frais de route, suivant l'estimation qui en sera faite par les anciens du prieuré ^.. »
Au siècle précédent, les abbés du Bec s*étaient ordinaire- |
ment contentés de demander aux souverains-pontifes une protection générale et une simple confirmation de leurs droits temporels. Il n'est pas sans intérêt de constater qu'au xiii" siècle, on précise davantage, et Ton prie le pape d'affirmer, par exemple, le droit des religieux sur la jouis-
* « Gecy est tiré d'un martirologe du prieuré de Beaumont. La suite des règlements était transcrite dans le feuillet suivant qui a été coupé par quelque moine à qui ce qui suivait ne plaisait peut-être pas, ou pour avoir la mignature qui était derrière, avant le prologue de la règle de saint Benoist qui suivait, u (Recueil de D. Jouvelin, Bibl. nat.» lat. 13905, t» 71 vo.)
sance et la location des dîmes qui leur appartenaient. La jurisprudence ecclésiastique au temporel s'affirme de plus en plus, et le droit canonique formule ses décisions ^ L'abbé du Bec s'était plaint au pape que, lorsque sa communauté affermait les dîmes des églises, les curés ou les vicaires, en vertu d'un statut porté par l'évêque diocésain ^, s'arrogeaient sur elles un certain droit de cbampart. Honorius III accorda aux religieux, nonobstant tout statut contraire, d'affermer leurs dîmes à qui bon leur
> C'est vers le milieu du xi« siècle que Tétude du droit canonique commença à prendre une extension qui ne fit que grandir durant le moyen âge. Le premier en date parmi les recueils de la jurisprudence nouvelle est le Decretum que le moine bénédictin Gratien fit paraître à Bologne en 4151. Une collection de Décrétales parut en 1199, publiée sous le titre de Breviarium Extravaganlium, par Bernard Circa, prévôt de Pavie. La Secunda Collectio Decrefalium parut en 4202, la Tertia en 1210, sur Tordre du pape Innocent III; Tauteur de la Quavta n'est pas connu ; la Quinta fut promulguée par Honorius III. Les importantes OécrUalei de Grégoire IX furent rédigées en 1234 par le dominicain Raymond de Pennafort. Le Sexlus Decretalium fut publié en 1298 par Boniface VIII ; les Clementinae, par Clément V. Les Extravagantes ou Décrétales qui n'avaient été insérées dans aucun recueil antérieur, forment deux collections, les Extravagantes Joannis XXII, et les Extravagantes communes^ depuis Urbain IV jusqu'à Sixte IV. Voir Huguenin, Expositio methodica juris canonici, Paris 1867, t. I, p. 114 à 120.
• Un statut porté en 1172 par les cardinaux réunis à Avranches déclarait que nul ne pouvait empocher le desservant d'une paroisse d*y percevoir le tiers de la dîme. (D. Bessin. Concil. Rothom. prov., I, 86.) La plupart des dîmes données aux abbayes (et celle du Bec est du nombre), étaient des dîmes inféodées à des seigneurs laïques qui, sollicités de les restituer à l'église paroissiale à laquelle elles avaient appartenu en propre à l'origine, avaient préféré les donner à des instituts monastiques. Innocent III jugea qu'on devait tolérer 'ce désordre, puisque rien ne se faisait sans le consentement de l'évêque : « Monendus est laîcus qui decimam destinet ut eam restituât eccleslae ad quam spectat. Qui si forte induci nequiverit, et ee^m cum diaecesani consensu alteri ecclesiae assignaverit, praesertim religioso conventui, constabit ipsa donatio perpétua firmitate subnixa. » Cité dans Thomassin, Ancienne et nouvelle discipl, de VEglise^ t. VI, p. 602. Les évêques ne pouvant toujours faire rendre aux paroisses les anciennes dîmes inféodées, s'efTorçaient d'obtenir des décimateurs qu'une portion en fût au moins donnée aux curés. Mais, en vertu de l'axiome que ce qui est bon à prendre est bon à garder, les religieux soutenaient que les dîmes leur ayant été données en totalité, ils n'en devaient laisser prélever aucune portion au profit des curés.
SSO' niSTOIRE DR L*ABBATB DU BEC
semblerait, pour le plus grand profit de leur monastère *.
Nous rencontrons dans les années 1221 et 1222 deux confirmations épiscopales qu'il convient de mentionner; Tune de Guillaume de Pont-dé-rArche, évèque de Lisieux, qui accorde à Tabbaye la dîme des novales, ou terres nouvellement mises en culture, a sive de bosco, sive de gastina, sive de qualibet inculta terra ^ » ; Tautre de Tévéque d'Evreux, Raoul de Gierrey, par laquelle il règle la condition des vicaires qui desservent les églises de la prébende d'Evreux constituée en 1207 au proQt de l'abbé du Bec comme chanoine de la cathédrale. Il fut décidé que les vicaires jouiraient des menues dîmes, de Tautelage et des terres qui leur
^ Bibl. nat., lat 12884, f» 298. Dans «ne autre bulle du 25 décembre 1220, le môme pape accordait aux religieux le droit de jouir de la dîme des novales sur les terres qu'ils possédaient antérieurement, f/^/., f" 2^)8.) Ënf^n. le 4 janvier 1221, Honorius III prend sous sa protection les biens présents et à venir de Tabbaye, notamment les églises de Sainte-^Marie et de Druval, les prébendes de Condé données à. Tabbaye par Tévêque de Lisieux du consentement de son chapitre, une pension de 100 sols sur l'église d'Orbec, et ce que le monastère possède à Marbeuf du don des seigneurs de F.iipou, et de Thomas de Tournebu. (M., f» 298.) <i Guillaume, évèque de Lisieux, confirma en 1220 plusieurs donations faites à l'abbaye du Bec, entre autres « duas praebendas in ecclesia de Ôondeto in proprios usus eorum convertendas, ex dano Ricardi Le Bigot et Uoberti filii cjiis. et duas alias praebendas quas dicti monachi a longis retroactis temporibus in proprios usus habuerunt et adhuc pacificc possident. et preseotationeui quatuor presbyterorum ad eandem ecclesiam. » Le même Guillaume confirma en 1221 tous les biens du Bec entre autres o ecclesiam de Ponte Episcopi ». {Recueil de D. Jouvelin, Bibl. nat., lat. 1391)5, f** 18 v.) Ces donations furent confirmées par le doyen et le chapitre de Lisieux au mois de décembre 1221 (Lat. 128^4, f» 300 v«).
* Bibl. nat., lat. 12884, f« 301. Les novales des forêts étaient généralement considérées comme provenant de biens qui étaient demeurés en dehors de la circonscription paroissiale. Voir L. Delisie, Etude ^ur la condit., etc., p. 97 et 202-293. Selon Thomassin, dont Tautorité ea,t très grande en ces matières, « la dispensation générale des biens ecclésiastiques de tout le diocèse appartenait originairement aux évèques '
Les novales n'appartenaient point au laïque qui tenait les anciennes dîmes en fief..... Alexandre III déclara que les dimes des novales qui ne se trouvaient enfermées dans aucune paroisse, appartenaient à Tévèque qui pouvait ou les retenir ou les adjuger à une paroisse. C'était encore un vestige du droit universel de Tévôque sur tous les biens ecclésiastiques de son diocèse. » Thomassin, Ancianne et noutt. discipl., t, VI, p. 6«2. 62 et 41 .
STATUTS DU CHAPIiaE SAlltRAL SKI
avaieat été aumônées; le vicaire d'Ecrosville aura le.8 trois hôtes près du cimetière; celui d'Ëmalleville reoevra chaque année, dans la grange des religieux, un muid de blé, à la mesure d'Evreux ; le vicaire de la Rouasière paiera sur sa vieai rie 100 sols de rente à Tabbaye, celui d'Hellenvilliers €0 sols, etc^ .
A Tadmiaistration de Richard de Saint-Léger se rattachent plusieurs sentences d'arbitrage relatives au temporel de l*abbaye. Le couvent du Bec et Garnier de Roncenay, « Garnerius de Roncineo, laïcus », possédaient à Roncenay ^ des bois contigus dans lesquels^ en raison du voisinage, la pâture était commune. Garnier ayant défriché une grande partie de son bois, la mit en culture, et prétendit néanmoins continuer à exercer son droit d'usage dans le bois des moines. €eux*ci obtinrent du pape un rescrit qui désignait les abbés de Saint-Ouen et de la Trinité avec le prieur de Saint-Lô de Rouen pour juger définitivement cette affaire. La dispute fut vive, if post multos bine et inde altercationes »; mais Garnier se voyant sans doute en mauvaise posture, et comptant sur la facilité de Tabbé du Bec, « abbatis religiosa facilitate conlldens », abandonna tout à coup sa propre dé* fense, et s'engagea par serinent à s'en remettre, lui et ses héritiers, à la sentence des arbitres. L'abbé aurait pu faire supporter à Garnier les frais d'un procès occasionné par sa ^lauvaise foi; cependant il ne voulut pas profiter de ses avantages. It fut donc réglé par les juges de la cause que les bois seraient délimités et bornés, et que personne ne pourrait dorénavant prétendre aucun droit sur la terre du voisin. Cette sentence est de l'année 1214'.
Un conflit d'un autre genre avait surgi avec Gérard, abbé de Saint'Germer, relativement à deux traits de dîmes de Bray et de Lu, dont les moines du Bec réclamaient le tiers. L'abbé et le prieur de Saint-Symphorien et le chantre de
* BU>1. aat,, lat. i28S4. f 303. Voir plus haut Taccord intervenu, en 1206, entre Tévôque d'Evreux et Tabbé du Bec ait sujet des églises (b3 Saiot-Ajibia d'Ecrosviile et Morbeuf.
* Roncenay, eanton de Dam vit le (Eure).
* Bîbl. nat., lat. i«8S4, f- 29t.
Beauvais, commissionnés par le pape, décidèrent que les religieux de Saint-Germer paieraient à ceux du Bec, au terme de Noël, douze mines de blé et autant d'avoine sur la paroisse de Bray et Lu ; à cette condition, les moines du Bec n'avaient plus rien à réclamer sur les dîmes. L'archevêque de Rouen ratifia cette décision en 1219, et le différend se trouva définitivement vidé au mois de novembre de cette même année ^
Au mois de juin 1219, un compromis fut passé entre l'abbé du Bec et celui de Mortemer, en présence de Guillaume, chancelier de l'église de Rouen, et de Th..., archidiacre de Bayeux, délégués du Saint-Siège, par lequel il fut arrêté que les religieux de Mortemer feraient à ceux du Bec une rente de trois muids du vin de la cuve, de cuba, pour le racquit des dîmes que ceux-ci possédaient alors sur les vignes de Port- Mort 2. En outre, Tabbaye de Mortemer délaissa à celle du Bec quatre acres de terre sises dans la paroisse de Touffreville ; de son côté, l'abbaye du Bec laissa à celle de Mortemer lesdimes de la Boelée, G.., et H..., archidiacres, et Guillaume deBoisney, chanoine de Lisieux, confirmèrent cette sentence, en qualité de délégués apostoliques, au mois de juillet de la même année *.
» Bibl. nat., lat. 12684, f« 297. Bray et Lu, canton de Magny (Seine et-Oise).
* Le Bec possédait ua droit de dîme sur quelques vignes de Port- Mort. En 1176, Robert de Reuilly lui avait donné un inuid et demi devin et 12 deniers de rente sur son clos des Monts à Port-Mort. (Invent, des titres du Bec, p. 941 .)
* Bibl. nat.. lat. 12884, f« 297. Au mois de juillet 1236 eut lieu une nouvelle transaction qui porta de trois à cinq muids de vin la rente faite par les moines de Mortemer : « Nova compositio facta est cum abbate et conventu Mortui Maris pro quadam decimatione vineanim quas possidebant, in parochia de Pormor, per très modios vini quos annuatim abbati et conventui de Becco persolvebant ; et quia in dicta decimatione novas vineas acquisiverunt vel plantaverunt, bona fide convenerunt ut in postcrum quinque modios vini pede presai singulis annis Beccensibus persolverent ; îioc addito, quod de omnibus terris et vineis quas amodo adquirent in dicta parochia. ab hoc anno et deinceps, légitimas décimas ipsis Beccensibus reddere tenebuntur, nonobstantibus privilegiis impetratis vel impetrandis, etc. Âctum mense julio 1236. » (/(/. f* 330 v<».) Au xvi« siècle, cette rente cessa
L'abbaye possédait quelques droits sur le moulin Hersende, Hei^sendis; en 1231 elle en fit Tabandon à la com« mune de Meulan, moyennant une rente de trente setiers de blé, moitié du meilleur et moitié du secondaire, payables à divers hommes, <c ad diversos homines » j au profit de Tabbaye dans son manoir de Saint-Gôme. « Hanc autem donationem triginta sextariorum bladi fecit praefata communitas propter meliorationem villae Murellorum * ».
« Richard de Saint-Léger, remarque D. Bénigne Thibault, s'efforça toujours de terminer à Tamiable les différends qui auraient pu dégénérer en querelles et en procès*». C'est ainsi qu'il s'en remit à l'arbitrage de l'abbé et du prieur de Sainte-Geneviève et du doyen de Saint-Marcel de Paris pour mettre fin à un grave conflit qui s'était élevé à l'occasion d'une chapelle nouvellement construite à Belleville, sur le territoire de la paroisse de Elargies dont le patronage appartenait au Bec ; les religieux voulaient qu'elle fût détruite parce qu'elle avait été élevée sans leur consentement ^. Les
d'être payée en nature : « Accord fait entre Tabbaye du Bec et Tabbaye de Mortemer-en-Lions par lequel ladite abbaye de Mortemer, pour demeurer quitte de cinq poinssons de vin de rente qu'elle devait à l'abbaye du Bec, s'engage de lui payer chacun an 10 livres. i520. » Inventaire des titres du Bec^ p. 1777. — Voir la transaction et les pièces de procédures pour les religieux de Mortemer contre ceux du Bec-Hellouin au sujet des rentes dues à ces derniers à cause des biens de Tabbaye de Mortemer à Port-Mort (4518-1620). Archives de VEure H, 638.
* Bibl. nat., lat. 1288i, f» 300.
* Chron, Beccense auct. et illustr., lat. 12884, f 303 v».
* La construction et la desserte des chapelles particulières furent souvent l'occasion de conflits entre les moines et les curés et chapelains : voici l'instrument de la transaction passée en 1222 au sujet de la chapelle du château de Bréval : « Cum inter monachos et presbyteros ecclesiis eorum vicarios institutos fréquentes oriri soient controversiae, quae nonnisi authoritate apostolica aut saltem episcopali sedari queunt, Gaufridus decanus, Vivianus cantor et magister Valterius archidiaconus Lexovienses authoritate Honorii papae tertii scriptis committere duxerunt ea quae de presentia sua acta sunt, super querela quae vertebatur inter conventum Becci et Petrum presbyterum de Brehervalle : videlicet quod capella de caste llo de Brehervalle quae de jure ad abbatem et conventum de Becco spectat, sicut per instrumenta eorum astruitur et per confessionem dicti presbyteri, cum omnibus ad eam pertinentibus, postquam fine debito extremum ciauserit diem,
8S4 Bisiontt im l'âbbatb wj bbc
arbitres décidèrent que la ehapelle de BelleTtUe demeurerait perpétaellement bous le patronage de 1*abbaye; que la messe y serait dite trois ou quatre fois par semaine, au gré de Tabbé, dont deux fois à Tiatention de Simon de Beausault et de ses ancêtres. Des fonts seraient établis dans la chapelle pour le baptême des enfants ; les femmes y feraient leurs relevailles; mais on n'yétabliraitpasde<^metière, sauf du consentement de Tabbé et de Tévèque diocésain. Ledit chevalier de fieausault pourra construire une ehapelle dans son château de Belleville, et son chapelain y célébrer la messe : toutefois, les hommes de Elargies et ceux de Belleville n'y seront point admis à l'office divin; le chapelain de la chapelle castrale en percevra les oblations. Quant aux dîmes et oblations de la chapelle de Belleville, elles appartiendront à l'église matrice de Elargies; les religieux continueront à payer au seigneur de Beausault la somme d'avoine, « summam avenae », qu'ils lui doivent à titre de cens. Cette transaction, passée an mois de novembre 122â, fut scellée des sceaux de l'abbé du Bec et de Simon de Beausault ^
L'année suivante, Richard de Saint-Léger autorisa Guillaume du Mesnil, chevalier, fils d'Herbert, à construire une chapelle dans la paroisse du Itesnil, sur le fonds appartenant h l'abbaye, à condition que le droit de l'église parois-
in proprios usus monachorum de Becco apud Hamelum residentlum convertetur, et ad majorem hujus rei securitatem et evidentiam, dicti monachi apud Ilameluui résidentes, de recognitione dicti Petri presbyteri, unum modium bladi nomine pensionis de eadem capella récipient annuatiui ; et ut praescripta perpetuaoi obtiueant ârmitatem, dictoruiu canoaicoruor sigiilo coafirmata siuit ; et iasuper Clemens luonachus, procurator coustitutus in eadem quereia ex parte abbatis et conveutus Becci hoc firmiter observanduiu pro dictis abbate et coolventu, et idem Petrus presbyter pro seipso sacramento corpoi'ali coram dictis arbitris praestito firinaveruiit. Âctuui anno Domiui 12â^ die dominica proxima post festuoi beatorum apostolorum Pétri et Pauii. » Bibl. nat., lat. 12884, f» 302 v.
* BU)l. nat., lat. Iâ884, f* 303 v*. D'après Dom Jouvelm, Simon de Beausault avait obtenu de i'abbé du Bec, en iâ31, TastonsatioB de bÂtir une autre chapelle castrale dans son manoir de Beausault, et il avait, en recoonaissanoe, fondé une rente de 25 sols au profit de Tabbaye ; cette chapelle, d'abord réservée aux gens du château, fut ouverte à. ceux du dehors, ainsi que nous l'apprend une charte dcMinée mi mars iib± par GoiLiaume, fils de Simon de Beausault*
STATUTS DU CBAPITRE GÉNÉBiX 3S8
siale demenreraît entier; que Guillaume; ses héritiers él leurs gens, « omnis familia sua », assisteraient à roffice de la paroisse dans les fêtes annuelles, qulls j recevraient les sacrements et paieraient intégralement k l'église la part des dîmes à laquelle ils étaient tenus ^
En sa qualité de chanoine d'Ëvreux^ Tabbé du Bec avait plus d*une fois siégé au chapitre où sa prudence, sa piété» son activité avaient pu être appréciées de ses confrères. Lorsque la mort de Raoul I*' de Cierrey, survenue le 48 mars i!223, laissa vacant le siège de saint Taurin, les chanoines s*em pressèrent d'appeler à leur tête Tabhé Richard de Saint-Léger. Son élection eut lieu le 17 juillet 1223 et le nouvel évêque fut sacré et intronisé le 27 août par Thibaut, archevêque de Rouen ^.
Les religieux lui donnèrent comme successeur Henri de Saint-Léger, prieur claustral de l'abbaye. Il reçut la bénédiction abbatiale des mains de Tarchevéque de Rouen, le 28 juillet 1223».
Le tableau que la chronique du Bec fait de l'administration d'Henri de Saint-Léger est évidemment dû à la plume
* Bibl. nat.» I&t. 12884, f 305 t*. Noas ne savons de quel Mesnil il est ici question. Peut-être s'a<B^it-il de Saint-Georges-du-Mesnil, canton de Saint-Georges-duVièvre (Eure), où l'on cite un Guillaume du Mesnil, témoin d'une charte donnée vers 1210 {Dicl. hisi. de VEure, II, 782).
* Chronique du Bec, p. 31 ; Gallia ch7*ist,. XI, 58 'i.
* Chronique du Bec, p. 32. Henri de Saint-Léger était peut-être parent de Richard son prédécesseur. Déjà un Guillaume de Saint-Léger avait fait profession au Bec vers 1194 : « WilleUnus de Sancto Leodegario veniens ad nionarhatum, assensu et voUmtate filiorum meorom Lucae. Willclini, Koberti et Tbomae, dedi... quiquid juris habebam vel habere poteram in capella S. Mamuietis, juxta S. Georgium de Tilio. tam in patronatu (piam in omnibus ejusdem capellae pertînentiis. Teste Will. épis. Lexovienst. » Bit^l. nat.. lat. 13905, f» 8.%. La ehapelle Saint-Mammct est-elle le prieuré de Saint-Mauxe, sur la paroisse du Gros-Theil, canton d'Amfreville-Ia-Campagne (Eurr)? Il y aurait eu une église de Saint-Mametz dont le lice avait le patronage : « Jugement rendu par le bailly de Rouen par lequel Tabbayc du Bec est envoyée en possession du patronage de l'ôglise de Saiut-Mameli prés Tilliéres, et ce du consenleuient de M« Jean d'Harcourt, 1313. » Invenl. des litres du liée, p. 1333. Ce doit <'tre une erreur ; les d'Ilareourl n'étaient pas seigneurs d« Tilliéres, et le copiste de VInventaire a du lire Tileriae pour Tiliae^
d'un bon moine qui n*eut jamais d'autres horizons que les murs de son monastère; il s*inquiëte peu de ce qui se passe au dehors et se born^ à consigner sur son journal les heureuses modifications apportées par Tabbé, soit dans la nourriture, soit dans le logement des religieux.
Henri de Saint-Léger autorisa l'usage des pitances dans le régime alimentaire de sa communauté; c'était une grave innovation au Bec K On sait que la règle de saint Benoît, qui interdisait Tusage de la chair des quadrupèdes, accordait chaque jour deux plats cuits, plus une livre de pain et une hémine de vin (soit 93 centilitres). ! Quand il y avait des fruits et des légumes nouveaux, ou lorsqu'on faisait un travail plus pénible que de coutume, Tabbé augmentait, s'il le jugeait convenable, la quantité des aliments dans la mesure du nécessaire, en se gardant de céder aux désirs de la gourmandise. Au xn° siècle, les moines de Gluny considérant comme insuffisant l'ordinaire permis par la règle de saint Benoît, se firent servir tous les jours, excepté le vendredi, un plat supplémentaire qu'ils appelaient pitance ou générale^ selon le cas. La pitance se servait le lundi, le mercredi et le samedi; elle consistait en un plat pour deux moines; le générale se servait le dimanche et le jeudi et consistait en un plat pour chacun. On y donnait des aliments meilleurs que ceux qui composaient les plats prescrits par la règle, et qui étaient connus sous le nom de -pulmenta regularia; ceux-ci consistaient en légumes, au lieu que pour la pitance on avait du poisson, du fromage, des œufs. La pitance en œufs était de quatre et le générale de cinq. De Tordre de Gluny, l'usage des pitances s'étendit à celui de Citeaux ; an xni* siècle, il était général dans les ordres religieux -.
On a vu que l'église abbatiale était terminée. Henri de
1 « Iste Ilenricus in dîebus suis laudabiliter et religlose Tivens, super alios, ut creditur, conventum suuai diligens, de bonis quae multi nobilium et ignobilium largiter et affluentissime tempore suo ecclesiae Becci contulerunt, pitantias ad necessitatem eorum liberaliter consiituit. » Chron. du Bec, p. 32.
' Antiquiores consuelucL Cluniac. monast., lib. III, cap. 35, apud d'Achéry, Spicilegiiim, IV, 155.
Saint-Léger s'occupa de restaurer les bâtiments claustraux qui en avaient grand besoin. Le dortoir était trop étroit, et les moines étaient obligés de coucher sur trois rangs de lits; Tabbé fit construire un dortoir plus spacieux. Malgré les importants travaux accomplis par Tabbé Roger, le service des eaux laissait encore beaucoup à désirer; Henri aménagea des aqueducs et des canaux pour nettoyer les latrines du couvent et de Tinfirmerie. Il y avait urgence, paraît-il, car d'après la Chronique, la puanteur qui s'en exhalait rendait fort incommode pour les religieux le séjour du cloître ^
Adeline, fille de Hugues de Montfort, avait donné à l'abbaye, vers 1125, alors qu'elle était veuve, le patronage et les dîmes de l'église de Routot ; Tarchevèque de Rouen lui en confirma la possession en 1141 ^. L'abbaye dut en jouir paisiblement pendant longtemps, car on ne trouve aucune trace de revendication avant le second quart du xin* siècle. Le 13 novembre 1226, Raoul « clericus de Rouetot^, » présent en la cour de l'archevêque, déclara avec serment qu'il renonçait à tous les droits qu'il pouvait prétendre sur le patronage de l'église de Saint-Ouen de Routot^.
Jean, seigneur d'Orbec, disputait également aux religieux le patronage de l'église d'Orbec ; il y renonça, le 12 août 1231, aux pleines assises tenues à Rernay, par Jean des Vignes, bailli du roi, en présence des évèques de Lisieux et d'Avranches, du seigneur de Friardel, de Guillaume Mauvoisin et de plusieurs autres barons '.
* « Ipse dormitorium novum fieri fecit, quia antea monachi jacebant in quodam veteri dormitorio in tribus ordinibus lectorum confuse. Ipse etiam aquaeductus fontium ad caméras necessarias emundandas, tam pro conventu quam pro inOrmitorio manare fecit, ad maximam domus emundationem, quia antea, ut dicitur. vix possent monachi in claustro propter foetorem diu stare. » Chron. du Bec y p. 32.
• Toussaint du Plessis, Descript, de la Haule-Normandie, II, 771, CharpiUon et Caresme, Dict.hist. de VEure, II, 722.
' Il faut peut-être traduire : «c Raoul le Clerc, de Routot. »
*Bibl. nat., lat. 12884. f«309.
" Bibl. nat., lat. 12884. f» 318 y. L*abbaye avait les deux tiers de la dime de Téglise paroissiale d'Orbec. (Inventaire des titres du Bec, p. 1659.)
ISSS ' BtsroiirE db l'abbaye bu bcg
Nicolas (k Beanlku déclara, ea pMrésetiee de l'arcfaetèque de RoBen, au aïoîs de aovembce iâ^, reaancer à ses droits sur le patroaage de l^égUse de Bamerilb * que Guillaume de Ifcrteiner amt cédé aux reli^ux du Bec eu iââ4 '\
L'affaire du palrooage de Féglise d'Âcoa, qae Yiucent d'Acou disputait aux religieux, fut plus épineuse. Le procès se termina le ii janvier ii4â par un aceord aux assises de Verneuil présidées par Guernon de Verberie, bailli du roL Vincent d^'Acon abandonna tous ses droits moyennant 4 livres tournois que le sacristain dn Bec lui paya au ncun de Tabbé et du couvent. La notiee de cet accord fut rédigée immédiatement', et Vincent donna aux religieux une charte de cession scellée de son sceau ^. Toutefois la propriété n'était pas encére assurée A Tabbaye. Bertbe d'Acon, tante de Vincent, réclamait aussi des droits sur le patronage. Ce second procès se termina comme le premier par bim renonciation que fit Bertbe aux assises de Verneuil, le 6 mars i24!â. On rédigea une notice^, et Bertbe d'Acon donna deux ehartes de cession, la première n'ayant point sans doute paru suffisante. La seconde en diffère en ce que la tante de Vincent reconnaît que les religieux possédaient le patronage anciennement et de bon droit*. Il paraîtrait que l'évéque d*Evrenx, Raoul de Gierrey, était intervenu pour arranger l'affaire, car k bailli, Guernon de Verberie lui en rendit compte par une lettre''.
Les religieux s'empressèrent do présenter à l'évéque d'Evreux un titulaire pour la paroisse de Saint- Denis d'Aeon, et Raoul de Gîerrey écrivit le âl mars iâ4â au doyen de
• Bibl. naU, lat. Ii884, f«23« v.
• Bibl. nat., lat. 1^884, f- 306 ; Dict. hùt, de VEure, I, 205. — BwnevOle, canton d« Houtot (Eure;.
» Bibl. nat., lat. 9ill, n« i9 ; et lat. liA84, f» 33» v». *Bibl. nat., lat. 9511, n»30.
• Bibl. nat., lat. 9241, n» 3i.
" Bibl. nat., lat. 9211, n" 31 et 32.
' Bibl. nat., lat. 9211, a* 33. Toutes les chartes da recueil ras. lat. Sâti sont originales. Voir 1 abbé Lebenrier, Naiiee historique sur la C07nmune d'Acon.
STATUTS ira CBÂPITBE efetteiii SSI
Veraeail pour le charger dlnstaliar le noufeaa cvré, ea présence de deux prêtres du doyenné i. Le curé Guillaoïne prêta le serment d obéissance à Térèque, et promit de rece* voir les ordres qui lui manquaient, et de desservir en personne son église ^.
Parmi les nombreuses transactions, acquisitions, échanges dont le texte nous a été conservé, nous sommes forcé de faire un choix et de ne citer que ce qui offre un intérêt réel pour rhisioire de Tabbaye.
L'exercioe du droit d'usage dans la forêt du Neubourg» accordé à Tabbaye par les seigneurs 3e ce nom, avait suscité certaines difficultés qu*Henri du Neubourg et l'abbé du Bec soumirent d'un commun accord à l'arbitrage de Richard de Saint-Léger, évéque d'Ëvreux, de Robert dePoissy, chevalier,
* (( Rodulfiis, Dei gratia Ebroicensis episcvpvn» decano de Vemolio saluiem. Mandamus tibi quatinus Guiilclmuui clerkum, latorem praesentium, per 'virum religiosum abbatem Beccensem , ad [ecrlesiam S. Dionisii de Acon praesentatum et a nobts peceptum, autiioritate nostra instituas in eadeui. et ipsum in corpoiaiem posseasionem ejusdein ecclesiae inducas, et adjunctis tibi duobus de decanatu tuo presbyteris, redditus, libres et omnia ornamenta dictae ecclesiae in aliquo libro ejusdem ecclesiae majori conscribi facias diligentia : hoo salvo, quod si est vel fuerit aliqua contentio inter aliquos soper ipsa ecclesla vel super patronatu ejusdeni de qua non fuerit facta mentio in inquisitioae facta, nihtl juris per hanc insUtutioneiii attribnatur et
Quo facto, litteras sigill Actura die veneris aote Domtaicam qua
cantatur OciUi mei, anno Douiinil242. » Bibl. nat.» lat. 12884^ f» 340.
* Voici la formule de ce serment : « Ego Willelmus, presbyter ecclesiae de Acon, jurari domino episcopo Ebroicensi et successoribus sui» caaonice intrantibus eteorum officialibus obedienliam et reverentiam; item qiiod veniam ad ordines successive, et deserviam in propria persona in dicta ecclesia, nisi liccntiatus fuero super hoc a dîcto doiuino episcopo vel successoribus suis, ilem, quod bona dict» ecclesiae observabo^ aec alienabo. nec altenari perniiUam, aliènata revocalM» pro posse meo ; quae revocare non potero, dicto domino episcopo vel successoribus suis aut eoruiu officialibus renuntiabo. » Bibl. nat., lat. 12884 f« 340. £a 425o. certains droits de Tabbaya furent contestés non plus par les seigneurs d'Acon, mais par Durand le Sec, clen: d« TiiUères« Une sentence du chantre de Lisieux, subdélégué par le chefcier, commissaire apostolique^ maintint Tabbaye en possession de pe<cev<»ir les deux tiers de la dime des fruits croissant dans la parotase, «t le tiers seulement pour les terres placées entra le territoire de Breux et le chemin d'Acon Cette sentence est du 9 «mi i25& (BibL net., lat. Iâ884« f» 3()5 ; inveriL de* Uires du Bec, p. 132S. Aïoon, canton de Nonancourt (Eure).)
et de Guillaume de Laîgle, maître de Tordre du Temple en Normandie. Les arbitres décidèrent que chaque année Tabbé et les religieux recevraient vingt et un hêtres délivrés par les forestiers, « per liberationem forestariorum ad suum usuagium ». Henri du Neubourg et Isabelle sa femme promirent avec serment de dédommager selon leur pouvoir les religieux, dans le cas où leur droit d'usage souffrirait quelque préjudice. Cette sentence est du mois d'août 1326 '. Soit que les religieux n'aient pas trouvé cet arrangement assez avantageux, soit pour tout autre motifs la cause revint devant les mêmes arbitres le 14^ septembre suivant. Ils jugèrent à propos d'ajouter, comme complément de leur droit d'usage, que les religieux recevraient tous les mois, des forestiers du seigneur du Neubourg, deux hêtres équivalents aux trois hêtres que ' leur charte de donation leur donnait droit de prendre chaque année *.
S'il était besoin de preuves pour établir la richesse et la prospérité financière de l'abbaye au commencement du xm* siècle, on les trouverait dans le grand nombre d'acquisitions qui furent faites à cette époque par les moines. Des donations inspirées par le sentiment religieux ont partout formé la première dotation des établissements monastiques; plus tard, des économies, une culture bien entendue et fructueuse des terres permirent d'accroître ce noyau par des acquisitions onéreuses. Le penchant naturel des abbayes (nous parlons de celles qui prospérèrent), comme celui de
*Bibl. nat., lat. 12884, f308.
' On ne semblait pas encore bien assuré de la portée immédiate de cette sentence arbitrale, à en juger par la clause suivante contenue dans la notice du 14 septembre : « Et si forte dominus Robertus (de Pissiaco) apud Albigenses decedat vel remaneat, dominus Noviburgi alium honestum virum loco ipsius ad arbitrium dictorum terminandum nominabit ; similiter dictus abbas, si episcopum mori contigerit, alium in loco ipsius nominabit ; et si forte contingat quod dictus Robertus ad Albigenses in praesens iturus non accipiat dictum arbitrium, terminabunt qui tune praesentes aderunt, quam citius poterunt terminare ; et quia Robertus de Pissiaco sigillum non habebat, sigillo magistri militiae Templi in Normania praesens scriptum sigillavit. Datum anno 1226, die lunae post inventionem sanctae Crucis. » Bibl. nat.) lat. 12884, f* 308 v.
tout propriétaire foncier, fut de travailler à arrondir leurs terres *.
Au mois d*ayril 1229, Tabbaye du Bec acheta de celle de Grandchamp, de Tordre de Prémontré >, moyennant la somme de 580 livres, tout ce qu'elle possédait à Meulan, à Mésy et dans les environs, en vignes, terres, prés, hommes, revenus, maisons, pressoirs et autres biens, sauf le matériel et les meubles. Thibaut, abbé de Grandchamp^ remit en même temps aux religieux du Bec les chartes et les titres de propriété, ainsi que la lettre de N. de Montfort qui ratifiait la vente. Conrad, abbé de Prémontré et général de Tordre, donna au mois d'avril 1S29 une charte par laquelle il consentait à cette aliénation qui fut, du reste^ ratiQée par le chapitre général de Prémontré. Eustache et Robert de RuellOf chevaliers, dans la censive desquels plusieurs de ces terres étaient situées, autorisèrent la vente, sous ré« serve du cens que paieraient à Tavenir les religieux du Bec. Enfin, le 24 avril de la même année, dans une charte datée de Gambais ', Amauri, comte de Montfort,
* Les acquisitions plus ou moins importantes, soit de maisons, de rentes ou de terres que fit l'abbaye aux xiii* et xiv» siècles atteignent un chiffre assez considérable; pour une simple période de dix ans, de 1250 à 1260, elles s'élèvent, pour la paroisse du Bec, à 26, de Saint- Eloi-de-Fourques & 11, de Bosc-Robertà 5, de Bonneville à 4, ce qui forme un total de 46 acquisitions à titre onéreux. L'Inventaire des titres du Bec, auquel nous empruntons ces chiffres, fournirait des séries aussi importeintes pour certaines paroisses plus éloignées où Tabbaye prenait soin d'agrandir son domaine, par exemple à Thierviile où Ton constate 27 acquisitions, de 1256 à 1317 ; Saint-Denis-du-Bosc-Guérard, 30, de 1255 à 1321. Il y a parmi ces actes beaucoup de constitutions de rente au profit de Tabbaye. « Lorsque les petits propriétaires, surtout ceux qui ne vivaient que du fruit du modeste héritage cultivé de leurs mains, avaient besoin d'argent soit pour acquitter les arrérages de leur rente, soit pour toute autre nécessité, leur seule ressource consistait à constituer une rente au profit de celui qui leur fournissait de l'argent... Sans crainte de nous tromper, nous pouvons avancer que le rapport de la rente au capital était en moyenne, aux xu* et xiu* siècles, comme 1 est à 10. En d'autres termes, les placements se faisaient à 10 p. 100. u L. Delisle, Eludes sur la condition, etc., p. 211 et 213.
* L'abbaye de Grandchamp, commune de Breuil, canton de Limay (Seine-et-Oise), avait été fondée vers 1214 par Simon, comte de Montfort, en souvenir de la victoire de Muret.
s Gambais, canton de Houdan (Seine-et-Oise).
S6i mSTOIRE ME L*ABBATS »V BBC
approuva le contrat de yente et le coaQrma de son autorité ^ Un échange pur et simple eut lieu au mois de septembre 1232 e&tre les moines du Bec et ceux de Goalombs*. Les religieux du Bec cédèrent lenr Tignc de la Gharière, sise eaire Mésy et Juziers, exempte de toute dîme et redevance, et ceux de Coulombs donnèrent en retour une partie de la vigne Bordette, située entre Meulan et Mésy, au-dessoms d« cbeoûn, avec une terre couverte de joncs., « cum ajoto », jusqu a ia Seine '•
Les pleines assises présidées par les baillis royaux étaient le tribunaf où se jugeaient les conûits qu'on n'avait pu terminer à l'amiable. Edith, dame du Feugueray, veuve de Pierre Le Roy, chambrler, « camerarii », de Tabbé du Bec \ réclamait à Tabbaye le. droit de panage dans les bois du Bec vers Malleville, et dans la haie de Glos et de Fourques. A la demande de Jean des Vignes, qui tenait les assises royales à Bcrnay en 1232, Tabbé et le couvent du Bec accordèrent à Edith le droit de panage dans les bois du Bec,
* Bibl. nat., lat. 12884, f* 312 v« à 313 v». Nous n'avons point trouvé la désignation a! la contenance des terres achetées par l'abbaye à Meulan et à Mésy en 1229.
* En 1243, an différeiàd s'éleva entre Coalomiis et le Bec sur le droit d-e patronage des églises de Tes6ancoiirt (canton de Meulaa) et de Goadeaconrt (aujourd'hui €ondécourt. canton de Marines. Seioe-et-Oiae) . La première affaire fut portée devant la cour du vicaire géifeéral de Tarchevèque de Rouen ; mais les religieux de CouIoisIm, saat doute peu confiants dans leur cause, ne se présentèrent pat, et adressèrent à l'abbé du Bec, an mois de juin 1243, uae lettre par laquelle ils renonçaient à l'avenir à toute revendication sior le patronage 4ie TesaeDconrt. La seoonde affaire se termina à i 'amiable, et l'on convint que ie patronage serait alternatif, que l'abbé de Coulombs nommerait ^ cette année 1243, et l'abbé du Bec à la prochaine vacance de la eure. ^Bibl. nat., lat. 12*84, f« 341 et 141 v'.)
« Bibl. nat., lat. 12884, f 321 . En 1241, Tabbé et le couvent deSaint- Lucien de Beauvais approuvèrent l'échange d^une autre portion de la vigne Bopdette consenti à Fabbaye du Bec par le prieur de SeinlnCdoie de Meulan. (Bibl. nat., lat. 12S84, ^ 338 ; inventaire des lUrtt dM Bec, p. 1163.)
* L'office de chambrier était un office monastique dont la surveillance «"'étendait sur la justice rendue par des ofiB-cîers laïques: ncroa ne nous expliquons pas comment Tolfice de chambrier de Tabbaye eu Bec était rempli par un laïque marié ; peut-être Pierre Le Roy s-étaH-fl fait religieux du vivant et du coB8eateii>ent de sa femme.
STATUTS t>U CHAPITIIB GÉNÉRAL 563
moyennant aveu <c cum aliqùa recognitione », et le panage eiempt de toute coutume et exaction pour vingt de ses pourceaux ^
En 1333, aux assises d'Ândely présidées par Raoul Arundel, bailli du roi à Gisors, l'abbé du Bec gagna le procès que lai avaient intenté les filles de Benoît le Clerc, de ToufTrevîlle, au sujet de trois acres de terre sises à Ecouis, «c apud Escohées ' ». L'abbé, loin d'abuser de ses avantages, donna six livres tournois h ces filles, en pure libéralité. Parmi les seigneurs présents à ces assises, on remarque : Richard de Saint-Léger, évêque d'Evreux, Guy de la Roche, Roger Pescheveron, Gautier de Gantiers, Hugues de Villers, Gautier de Saussay, Mathieu de Hennesis, Geoffroy de Gournay, Robert du Plessis, Gilbert de Saussay, Robert de Mussegros, de Mueegroz, Roger de Daubeuf, de Aubue, Guillaume d'Autevernes, Simon Pescheveron, Guillaume de Meulan, Guillaume de Boscbénard, Simon du Vivier, de Vivario, etc. •.
Un important échange eut lieu en 1235 entre Tabbaye et Richard d'IIarcourt. Ce seigneur céda aux religieux 53 acres et 16 perches de terre sises aux Hautes^Terres, près de Bosc-Guérard *, exemptes de toute coutume, avec 63 sols de rente sur la prévôté de Brionne, pour le manoir du llamel, sis à Livarot, avec tout ce que l'abbaye possédait au Mesnil-Germain, sauf le patronage de l'église. Les religieux se réservaient une acre de terre, au delà des prés du Hamel, pour y bâtir une grange sur laquelle le seigneur d'Harcourt n'aurait à prétendre aucun droit ^
• Bibl. Dat.. lat. 12884. f» 319 v.
' En iiiii. Benoit Le Clerc avait donné à Tabbayo en pare et perpé* tuelle aumône non champ de Vaucello ; quant au reste de son téne>ment, ses héritiers le devaient tenir de Tabbaye du Bec. La donation du champ de Vaucelle fut confirmée par Aubert, fils d'Amauri de Touffre ville, qui confirma pour son compte 3 se tiers de froment que lui et ses hoirs devaient payer aux moines du Bec dans sa maison de TouCTreville, « in domo sua de Toufrevilla ». Ce dernier acte est du mois de décembre 1232. (Bibl. nat.. lat. 12884, f* 3iO v»).
• Bibl. nat., lat. 12884. f« 322 v.
^ Saint-Âmand-de s -Hautes-Terres, canton d'Amf reville (Eure). » Bibl. nat.. lat. 12884. («> 329; lat. 13905, f« 92 v ; Inventaire des titres du Bec, p. 735. Sur Richard d'IIarcourt, voir L. Delisle, //w-
L'abbé Henri de Saint-Léger voulut clore d'un mur de pierre le Parc de Tabbaye, qui comprenait une partie du bois du Mont-Maie ^ Cette entreprise souleva une vive opposition de la part des hommes ou vassaux de Brionne, « homines de Brionio ». Gomme usagers, ils étaient tenus d'entretenir les clôtures des haies et des parcs S et ils n'envisageaient pas sans dépit cette longueur énorme de murailles dont l'entretien pouvait, en partie du moins, tomber à leur charge. Ils intentèrent un procès à Tabbé. L'afFaire fut d'abord appelée par ordre du roi aux pleines assises d'Andely, où comparurent Tabbé et son procureur, « attornatus ejus »; puis elle fut renvoyée à celles de Pont-Audemer, ainsi que nous l'apprend une lettre de Raoul Arundel, bailli de Gisors, à Jean des Vignes, bailli de Rouen, en date du 25 mars 1233-4^. La cause fut définitivement jugée à l'assise de Pont-Audemer
du château et des sires de Saint-Sauveur-le-Vicomte^ p. 39 et suiv. On sait que la baronnie de Livarot appartenait à la famille du Neubourg qui la conserva jusqu'au commencement du xv* siècle. (De Caumont, Statistique monumentale du Calvados, Y, 674.)
* A répoque de la translation de Tabbaye au lieu où elle est aujourd*huif Guy de Bourgogne, comte de Brionne, avait donné au nouveau monastère le bois du Mont-Maie « haiam de Monte-Malo ». Cette donation n'était peut-être pas, dès lors, définitivement acquise aux religieux, car avant Tannée lâOO, Avienne, fille de Guillaume de Brionne, renouvela la donation du bois du Mont-Maie; elle y ajouta la moitié des bois du Bosc-Yves, et la moitié du droit de patronage de l'église de Saint- Georges-du-Theil. Cette donation fut confirmée par Jean sans Terre, roi d'Angleterre. (Invent, des titres du Bec^ p. 582.) D. Thibault la mentionne en ces termes : « Avenia, filia Guillelmi de Briosna. totum nemus de Monte Mallonis, a via quae tendit ad Callevillam per januam paroi seu silvae raonachorum Becci, cum toto fundo terrae usque ad S. Martinum veterem ; praeterea mediam partem villae suae de Bosco Yvonis, tam in hospitibus quam in dominio, pascuis, terris, libertatibus, excepto suo herbagio ; insuper terram quae fuerat Simonis fratris sui, liberam et quietam dictis monachis concessit. » Bibl. nat., lat. 12884, f» 295.
• Voir L. Delisle, Etudes sur la condition, etc., p. 388.
' <( Carissimo amico sus Joanni de Vineis. domini régis ballivo, Radulfus Arundel, ballivus de Gisortio, salutem. Dilecte, vobis notum facio quod dominus abbas de Becco fuit coram me ad assisiam de Andeliaco, die veneris post Annuntiationem dominicam, de mandato quod ei feceram ex parte Domini régis, et ejus attornatus, contra homines de Brionio. Actum anno Domini 1233, praedicta die veneris. » Bibl. nat., lat. 12884, f« 321 V.
présidée par Jean des Vignes, en présence des évêques d'Avranches et d'Evreux, de Robert Bertran, des seigneurs de Tibouville et d'Harcourt, de Guillaume de Beuzeville, de Roger de Plasnes et d*un grand nombre de seigneurs normands. La saisine du bois du Mont-Maie fut maintenue au profit de Tabbé du Bec contre les hommes de Brionne S
On trouve à Tannée 1235 une curieuse mention relative à ce travail de clôture du parc. Guillaume du Hamel, qui tenait de Tabbaye un vilainage sur la paroisse de Bosc-Robert, en fit remise aux religieilx qui lui donnèrent dix livres, et s*engagërent à lui fournir chaque jour, sa vie durant, une miche de pain bis, deux pains f7'at)ers*, une mesure de cervoise^, cei'evisiae, et quatre œufs; dans les fêtes, de la viande comme aux autres serviteurs du monastère, et chaque année 15 sols tournois pour ses vêtements. Mais Guillaume était obligé de fournir fidèlement le service qui lui était indiqué, à savoir clore le parc ou garder le bois. S'il venait à être convaincu de quelque infidélité, l'abbé et le couvent avaient le droit de lui retirer tous les avantages ci-dessus spécifiés; <c Testis parochia de Bosco-Roberti ^ ».
Cependant l'abbaye ne possédait encore qu'une partie du Mont-Maie ; elle se procura le reste soit au moyen de donations, soit par des acquisitions à titre onéreux. En 1239, Richard du Bosc, chevalier, donna à l'abbaye une part de bois située entre le Parc^ la terre de Guillaume Ruaut, le chemin du Bec et celui de Brionne, qu'il avait achetée de Guillaume Beauvillain '. En 1240, Raoul du Plessis cède aux
* a Isti omnes adfuenint ad assisîam Pontis-Audomari quando abbas de Becco remansit in sesina ad finem de bosco Montis Malonis contra homines deBrionio. » Bibl. nat., lat. 12884, f« 321 y«.
' Ce mot est ainsi orthographié dans D. Thibault et dans D. Jouvelin. a Sur la cervoise ou bière, voir L. Delisle, Etudes sur la condition, etc., p. 481-484.
* Bibl. nat., lat. 42884, f» 329 et lat. 13905. f<» 92 v<». D. Jouvelin qui place par erreur cette notice à Tannée 1255, la fait suivre des réflexions suivantes : a On peut inférer de ceci qu'il n'y avait que les domestiques qui mangeaient de la viande, encore était-ce seulement dans les fêtes ; secondement que Henry abbé a fait travailler aux murailles du Parc que son successeur fit continuer et peut-être achever. »
■ Inventaire des titres du Bec, p. 581 et 180.
566 BlftTOIBE '»K L* ABBAYE DU BRC
religieux le droit de retraire une portion de bois, aise prësdn Parc, qui lui avait été vendue par Guillaume Beauvillain son frère ^ Mais il fallut acheter à beaux deniers le plus gros morceau du bois. Guillaume Beauvillain, du consentement de Richard du Bosc, le céda aux religieux, compris le fond, le domaine et ses droits, les pâturages avec un pécheur péchant trois jours par semaine dans Teau du roi à Brionne, moyennant la somme de âOO livres. L'acte fut scellé du sceau de Richard du Bosc, qui fut présent à la transaction, au mois de mars 1343, c'est-À^ire 1244, Pàqnes tombant cette année*là le li avril'.
Richard du Bosc eut son aubaine. Pour avoir consenti et ratifié Tacte de vente, il reçut « de domo Beoci » 40 livres tournois ',
Depuis longtemps déjà, Robert de Meulan avait fait Tahaadon à Tabbaye de tout le droit de coutume que lui et ses vassaux de Brionne prétendaient avoir dans le bois du Mont- Maie et autres lieux ^. Les habitants de Brionne n'avaient plus qu*à en faire autant; en 1248, ils renoncèrent à toutos leurs prétentions sur les bois du Mont-Maie, Beauvillain, la Couture de devant la porte du Parc, Ecoute-pluie et autres ^
Mentionnons un passage relatif à un service militaire anquel les abbayes se soumettaient de meilleur ou moins bon gré.
* Invenlaii^ fies titres du Bec, p. 581. « Quidquid juris reclaraare poterant Roduirus del Plesseisy et lleloïs uxor ejus in parte quadam nemorit, juxta Parcuni Becci, qnacn GuUletmas Bel vilain veodidit Beccensibus. eisdem remisere acce2)tis quatuor libris turonensium pro hac relaxattone. Actuai anno liiO. » Bibl. nat. lat. liSli4. f« 336.
* Bib. nat., lat 12884, (• 340 v.
» Bibl. nat., lat. 12884, {• 341.
* Inventaire des fifres du Bec, p. 581. Celte renonciation de Robert, comte de lieulan, est nécessairement antérieure à 1204.
" Inventaire des titres du Bec, p. 582 ; Le Prévost, MémoitT» et notes stable dép. de lEure, l, 236. « L'abbé du Bec ayant fait enclore avec le Parc une pièce de terre « in qua quidein terra nos (rcx Franciae) habe> bamus altani justitiam et tertium et dan^erium dicti nenioris, si vtmderetur ». les moines pour Tamende et le droit d'amortissement payèrent au roy iOO livres tournois. Ces lettres du roy Philippe sont dattces. « Parisius anno Domini 1278. • Recueil de D. Joavelin, Bibi. nat., lat. 13905, fl9v.
STATUTS »U CKAPmB CaÉllÉRAL 567
Ëa 1224, le roi de France reeaniiaii et certifie par lettres authentiques que Tabbaye du Bec a fourni sponianément, et non par obligation, des chevaux poar la guerre qui se faisait contre Raymond, comte de Toulouse, et les Albigeois^. Saint Louis, par lettres patentes données à Saint-Germai»en-Laye au mois de juin 1234, reconnut qu*on ne pouvait ni ne devait exiger de l'abbaye des chevaux pour le service 4e Tanaée ^
La question des pensions bénéfidales, qui reparaîtra souvent sons des formes diverses, fut, en ce qui concerne Tabbaye du Bec, Tobjet de décisions importantes de la part de Rome. L'usage des pensions était fort ancien dans l'Église; elles étaient ordinairement données à d'anciens titulaires devenus infirmes ou incapables de continuer à exercer leur office'; les évèques et les prêtres déposés avaient droit à une pension prélevée sur les fonds de leur ancienne église \ Parfois, des pensions étaient imposées, sous forme détournée, à titre charitable, au profit de religieux d'un monastère étranger. Alexandre 111 ayant appris que l'abbaye de Tournus était abîmée de dettes, conjura Louis Vil de prendre cette abbaye sous sa garde royale et sous sa protection^ et de distribuer les religieux en divers monastères de France, afin qu'ils y fussent nourris pendant qu'on travaillerait à acquitter leurs dettes*. « Ce sont quelquefois, ajoute Thomassin, des conjonctures semblables, où l'utilité et la nécessité de l'Église sont évidentes, qui donnent naissance à des droits nouveaux, qui s'augmentent et se fortifient avec le temps, mais qui se portent aussi quelquefois trop loin^. » Les souverains pontifes se réservèrent toujours le r6le de mo-
« Bibl. nat., lat. 12884, f» 306; fnvent. des titres du Bec, p. 25. Une reconnaissance semblable fut délivrée aux religieux de Jamiéges au mois de juin 42i4. (L. Delisle, Cartulaire normand, n» 1132, p. 308.)
• Bibl. nat.. lat. 12884, f* 326 ; lat. 1390."», ^ 19.
' ThomassÛL, Ancienne et nouvelle discipline ecclés.^ tome VU, p. 13 et suiv.
* Thomassin, Ancienne et nouvelle discipL, VII» 17.
* Thomassin, Ancienne et nouvelle discipL, Yll, 23.
• Tbomassin, Ancienne et nouvelle discipL, VU, 23. y
dérateurs dans la concession ou la révocation des pensions bénéficiâtes.
L'abbé Richard de Saint-Léger s*était plaint au pape de la lourde charge dont son monastère se trouvait grevé par les pensions que Ton payait à des clercs en attendant que l'abbaye les pourvût d'une cure^ L'usage abusif s*était introduit de promettre à des clercs des cures qui n'étaient pas encore vacantes et de leur servir une pension en attendant qu'elles vaquassent réellement. Il arrivait que les clercs, peu soucieux de prendre la charge d'âmes, renonçaient au bénéfice, mais voulaient garder la pension. Honorius III, dans une lettre datée d'Allatri, le !23 mai 12^1, autorisa les abbés du Bec à refuser une pension à ces clercs qui refusaient euxmêmes leurs provisions canoniques à une cure. Dans une autre lettre datée de Latran, le 23 mai 1243, le même pontife, considérant que ces pensions étaient une charge et un préjudice pour la communauté, défendit absolument à l'abbé du Bec de promettre à l'avenir aucune pension de ce genre, annulant à l'avance tout engagement qui pourrait être pris dans ce sens^.
De même que les chapitres cathédraux, les abbayes étaient soumises à des pensions d'un autre genre : celles imposées proprio motu par les papes. Adrien IV, qui monta sur le siège apostolique en 1154, semble avoir été le premier qui ait commencé à demander aux évêques et aux chapitres quelques prébendes ou quelques dignités pour en gratifier des particuliers. Ce qui n'était d'abord qu'un titre de recommandation, une simple prière, devint un mandement, puis un commandement en forme*.
Nous ne savons dans quelles circonstances l'abbaye du
* Cet usage était assez répandu en Normandie. Voir dans D. Bessin {ConcU. Rothom, prov,, II, 40) une lettre d'Innocent 111 relevant les abbés d'Aunay, d'Ardenne et de Fontenay de Tobligation de payer des pensions de ce genre et leur interdisant de s'engager à en servir de semblables à l'avenir. Ces pensions s'appelaient « gratiae expecfativae ».
* Bibl. nat., lat: 12884, f« 300 et 302 v.
' Thomassin, Ajicienne et nouvelle discipline ecclés.y III, 48i, 483
et 484.
Bec avait reçu de la cour de Rome un mandement de payer une pension à Adenulfus, neveu de Grégoire IX. Mais ce clerc ayant été pourvu de la prévôté du chapitre de Saint- Ouen et d*un canonicat dans Téglise de Paris, Grégoire écrivit à Tabbé et au couvent du Bec que son neveu étant d'ores et déjà suffisamment pourvu de bénéfices qui lui permettaient de vivre convenablement, il les dispensait de payer à Adenulphe la pension annuelle de 20 livres parisis qu'ils avaient précédemment consentie en sa faveur ; puis il déclare que nul ne pourra à l'avenir les obliger à servir des pensions semblables, à moins d'une concession formelle du siège apostolique. Cette lettre, datée de Latran, est du 8 décembre 1233*. Innocent IV confirma ce privilège le 9 janvier 1247 2.
La cour de Rome poursuivait des réformes autrement importantes pour la discipline monastique. En 1214, le légat Robert Courçon avait présidé à Rouen un concile provincial auquel assistèrent Tarchevèque et ses suffragants, ainsi qu'un certain nombre d'abbés. Le légat prêcha la croisade, comme il l'avait fait à Reims et à Paris; puis le concile formula un grand nombre de statuts concernant les clercs séculiers, les moines, les religieux et les prélats. Nous ne nous occuperons que des statuts relatifs aux religieux.
Le concile condamne, en principe, la propriété chez les religieux qui suivent la règle de saint Benoît et de saint Augustin ; toutefois, les prieurs peuvent garder par devers eux ce qui est nécessaire pour Tusage commun dans leur administration ; le religieux claustral peut, avec la permission de son supérieur, posséder quelques menus objets à son usage'. Il est expressément défendu de recevoir à la profes-
< C'est la date donnée par D. Thibault (Bibl. nat., lat. 13884. f« 329). D. Jouvelin place cette lettre à Tannée 1230 environ (lat. 13905, f« 5).
' (c Innocentius papa IV, pontifex maximus, postulationibus abbatis et conventus Beccensis bénigne annuens, speciali eos f?ratia prosequitur indulgendo ut ad receptionem sive provisionem alicujus in pensionibus aut ecclesiis beneficiis per litteras apostoli^as de cetero compelli non possint, nisi de hac indulgentia plenam fecerint mentionem. Nulli ergo liceat etc. Datum Lugduni, quinto idus januar., pontificatus ejusdem anno quarto. » Bibl. nat., lat. 12884, f« 344 v*.
3 Le III* concile de Latran tenu sous Alexandre Il'l, en 1179, avait
S70 BISTOIBIS DB L^ABBATB WS BSC
Bion avant l'âge de dix-huii ans (cap. ii). L'hospitalité est instamment recommandée non seulement à Tégard des riches et des amis, mais surtout des paavres et des indigents (cap. v). L'aumône doit être exactement faite aux pauvres, et rien n'en doit être distrait en faveur des familiers (cap. vi). Il est défendu aux religieux de porter des souliers de cuir blanc, des houseaux, des chaussures étroites et terminées en pointe, des bonnets de coton, « pileis qui dicuntur de cotun », de se servir de couvertures précieuses, de selles peintes ou de couleurs variées, de prendre des repas à part hors du réfectoire, sans la permission de Tabbé ou du prieur (cap. x). Il est interdit de coucher hors du dortoir; sont également défendues les disputes dans le chapitre, les conversations dans le cloître, l'entrée des femmes par des lieux suspects, « ingressum mulierum per loca suspecta », les
défendu (caa. X) de recevoir les moioes pour de Targent, de leur laisser un pécule et de les envoyer seuls dans les prieurés, les paroisses on les granges ; lorsqu'on les laissait seuls dans une église, ils semblaient en posséder les revenus plutôt en particulier qu*en commun. Cependant» ce même canon permettait le pécule aux officiers claustraux, mais seulement pour remployer aux charges de radministration. Innocent III, pour prévenir l'abus dangereux de la propriété monastique, défendit de donner à vie les offices claustraux et les obédiences, et déclara que les moines ne pourraient rien posséder en particulier, quelque permission qu'ils eussent obtenue de leur abbé. Un canon du concile d'Auch, tenu en 1308. défend de faire jamais aucune séparation de biens entre les abbés et les religieux ; il défend en outre aux abbés de donner aux moines des fonds ou des pensions en blé ou en argent, afin de ne point rendre les religieux propriétaires. Mais il y avait des abbés qui abusaient de l'autorité qu'ils avaient dans l'administration du temporel tout entier de leur abbaye, et refusaient à leurs religieux môme ce qui leur était le plus nécessaire. L'exemple de ces abbés qui s'appropriaient une bonne partie du temporel portait facilement les officiers claustraux et les simples moines à se rendre aussi maîtres d'une portion de ce même temporel. « 11 faut donc avouer, dit Thomassin, qu'avant l'an 1300, à l'exemple des abbés qui avaient commencé depuis environ cent ans de prendre une manse, et une portion de fonds et de revenus séparés, les officiers claustraux se rendirent aussi perpétuels administrateurs des fonds et des revenus assignés à leur office ; et. se dispensant de rendre compte, ils s'érigèrent en bénéficiers. Cela porta enfiu les simples religieux à ne plus se contenter de possé- •dcr quelques fonds ou quelque revenu propre, avec la permission de l'abbé, mais de vouloir obtenir des pensions réglées sur les fonds des monastères, et de, les obtenir eifectivement. » Ancienne et nouvelle digcipl, ecclés., VI, G16-(J:iO.
STATUTS DU GOAPITaB GBITÉBAL S71
jeux illîeites tels que les dés et les éehees, la ehasse (cap. xi). Les moiaes en voyage devront être pourvus de tout le nécessaire, a&n de n'être point réduits à mendier, « ce qui serait un opprobre pour le couvent et Tordre entier )> (cap. xn). Dans certains monastères, les abbés affermaient à des religieux les prieurés et les offices claustraux; si le prieuré produisait plus que la ferme, le religieux bénéficiait du profit et pouvait en mésuser ; s'il produisait moins, tous les moyens lui étaient bons pour arriver à payer le prix de la ferme' à l'abbé : le concile défend aux abbés, sous peine de suspense, d*^ffermer ainsi les prieurés et les autres offices (cap. xv). Il est en outre interdit aux moines d'avoir à la fois deux prieurés ou deux obédiences (cap. xix), de se faire, en cour de justice, l'avocat de causes étrangères aux intérêts de leur couvent ou d'autres maisons religieuses (cap. xxi). Les religieux qui, pour le motif d'être mieux à même de secourir les malades ou de traiter avec plus de succès les affaires ecclésiastiques, sortent de leur couvent pour étudier la médecine ou le droit civil, ne peuvent être absents plus de deux mois, sous peine d'excommunication (cap. xxii). Les prieurs et les officiers doivent deux fois par an, et à des époques déterminées, rendre compte à l'abbé de leurs recettes et de leurs dépenses'; l'abbé lui-même rendra compte en présence d'au moins sept religieux sénieurs élus par la majorité du chapitre (cap. xlvii). Aucun religieux après son entrée en religion ne pourra sortir de son couvent pour aller aux écoles ; s'il veut étudier, ce sera dans son cloître ; quant à ceux qui sont partis aux écoles, ils devront rentrer dans leur monastère dans les deux mois qui suivent (cap. Liv)*.
On voit que les règlements ne manquaient pas. Mais s'il était aisé de les décréter, leur exacte application présentait plus d'une difficulté. D'ailleurs, les abbés prétendaient exercer seuls le droit de correction et de police dans leurs mo-
' Le concile provincial de Rouen de 1231 (can. II), ordonne aux abbés, prieurs et officiers de rendre leurs comptes quatre fois par an. [D, Bessin, Concil, Rothom. provinc.A, la*.)
' D. Bessin, ConciL Hotfiom, provinc, l, 114-122.
nastères ; ils étaient prélats, avaient charge drames, jouissaient d'importants privilèges accordés par le Saint-Siège, et ringérence des évéques, en matière de discipline monastique, leur parut toujours difficile à supporter. Cependant, rinfluence des évéques finit par prendre pied, et si l'immunité religieuse eut quelque chose à souffrir de ce contrôle, la régularité et la discipline y gagnèrent.
Dans une bulle datée de Pérouse, le 24 juin 1235, qu'il adressa à Tabbé du Bec, au prieur de Sainte-Barbe-en-Auge et à Tarchidiacre de Rouen, Grégoire IX faisait un tableau fort sombre de Tordre de saint Benoit, « jadis vigne choisie du Seigneur, plantée au milieu de l'Église, aujourd'hui devenue vigne sauvage, aux fruits pleins d'amertume^ ». Il leur mandait de convoquer dans l'année, et dans tel lieu qu'ils jugeraient à propos, un chapitre général auquel devraient assister tous les abbés et prieurs bénédictins de la province de Rouen ; deux abbés de Tordre de Giteaux seraient priés de s'y rendre, par devoir de charité. Ge chapitre général devait dorénavant se réunir chaque année dans les mêmes conditions, et des visiteurs y seraient nommés, chargés de veiller à la stricte observance des règles dans chaque monastère ; le procès-verbal de tout ce qui aurait été corrigé et réformé serait adressé au pape?.
* K Propter quod vobis et universis qui euKudem ordinem sunt professi non modicum est verendum ne viri Ninivitae cum ipsis surgentes in judicio eos damnent, quia cum illi poenitentiam egissent in praedicatione Jonae, isti non sciderunt hactenus corda sua, nec ad mandatum nostrum saepius repetitum a viis suis pessimis recesserunt ; sed praevaricationes praevaricalionibus apponentes, omnes, tam praelati quam subditi, a disciplinis regularibus derlinarunt, omnesque inutiles sunt effecti, et vix invenitur in eis qui bonum faciat, eo quod ^t languidum omne caput, et omne cor moerens, et a planta pedis usque ad verticem in eis sanitas non existât ; propter quod transeuntes. et corum Yidentes ignominiam, deriserunt sabbata eorumdem. »
■ D. Bessin. Concil. Rothom. provinc, I, 141. Cf. Bibl. nat., lat. 13905. f 4, et lat. 12884, f« 358. Plusieurs abbés de l'ordre de saint Benoit avaient demandé à Innocent Ui Tautorisation. pour tous les abbés de l'ordre noir de la province de Rouen, de se réunir une fois par an, en chapitre général, sous la présidence de l'un d'entre eux, « afin de remédier, dans une consultation collective tant aux excès des abbés qu'à la dissolution des moines. Le pape, par une bulle datée de Latran, le 25 août 1214, leur accorda l'autorisation demandée, « ad corrigen-
STATUTS DU CUAf»ITRE GÉNÉRAL 573
Aucun document ne nous apprend si ce chapitre fut tenu. Grégoire IX attachait une grande importance à ces chapitres provinciaux dont il attendait de sérieuses et salutaires réformes. Ce fut pour y aider que ce pape publia la bulle renfermant les <c statuts pour la réformation de Tordre de saint Benoît » qui mettaient à nu tant de plaies vives. Cependant, ces désordres n'étaient pas universels. On peut voir dans le Registre des visites d*Eudes Rigaud, archevêque de Rouen, quels étaient les monastères d'hommes ou de femmes qui laissaient le plus à désirer ; celui du Bec se con^ serva toujours dans une régularité suffisante, et c'est sans doute à cette ferveur soutenue que son abbé avait dû Thonneur d'être chargé par le pape, en 1235, de convoquer un chapitre provincial d'abbés bénédictins. Quoi qu'il en soit, les statuts de Grégoire IX ont trop d'importance pour l'histoire monastique au xin^ siècle pour que nous ne les fassions pas connaître, au moins dans leurs grandes lignes.
Les religieux se confesseront tous les mois ; la communion aura lieu le premier dimanche du mois.
Au bout d'une année de probation, les novices feront leur profession, s'ils ont atteint leur dix-huitième année.
Les prieurés, décanies^ et autres offices doivent être con* férés gratuitement et sans aucune convention pécuniaire ; les prieurés conventuels seront confiés à des prêtres, ou du moins à des religieux qui recevront le sacerdoce dans le cours de l'année.
On ne doit pas, sans cause raisonnable, destituer les prieurs des prieurés conventuels; on ne donnera jamais à un prieur des lettres de confirmation qui lui assurent de n'être jamais retiré de son prieuré ou de son obédience.
Quand l'abbé voudra .confier à un religieux une baillie, une prévôté, ou l'administration de quelque revenu, il ne les lui donnera pas à ferme et n'exigera aucune caution.
dos excessus qui aliquando in vestris monasteriis, suadente inimico humani generis, committuntur. » D. fiessin, Concil, Rothom, provinc, I, 109.
* On donnait le nom de decanatus ou décanta aux celles, graùges ou fermes dépendant de Tordre de Cluny.
S74 arsTomi di i*abbatb du bbc
La nourriture sera la même pour tous les religieux, sauf la pitance que, d'après certains usages, on sert èi la ^ande Uble de Tabbé.
Aucun moine, qu*il soit dans une maison de son ordre ou ailleurs, ne mangera de viande, si ce n'est conformément à sa régie. Sont absolument défendus les repas de viande dont l'usage s'est introduit dans quelques monastère», ainsi que certains mélanges suspects de viandes ^
Les moines et les convers seront pourvus en temps utile de vêlements et de chaussures ; il est expressément défendu de leur donner de l'argent pour en acheter. Les moines voyageront avec leur habit religieux et ne se serviront pas de selles riches ou agrémentées de clous ; le mors du cheval n'aura point de ferrures d'ornement ; les religieux ne porteront point d'éperons dorés ou argentés, de gants avec doigts séparés, ni de bottes terminées en pointe. Jamais ils ne se serviront de 'tuniques ou de couvertures de brunette^ ou d'étoffe de couleur, de fourrures d'animaux sauvages, de ehemises ou de draps de toile, ni de manteaux ouverts par devant ou par derrière.
Pour que l'état des maisons soit connu de façon certaine, les officiers rendront tous les mois un compte fidèle de leurs recettes et dépenses en présence de Tabbé on du prieur et des religieux sénieurs. Deux fois par an, le 1^ octobre après la récolte, et le l'' avril, les abbés et prieurs rendront en chapitre un compte détaillé du temporel de leur maison, en présence des religieux sénieurs ou des visiteurs. L'abbé, le prieur ou l'offîcier qui aura déguisé l'existence de dettes importantes sera privé de son administration. Il est interdit de donner à des laïques des prieurés, des granges, des pensions ou des prébendes monacales'.
* « Illasautem carnium refectiones, qnae sanis in quibusdaminonas' teriis certis temporibus consueverunt hactenus exhiberi, penitus probibemuf , et ticut interdicimus usiuu carnium, ita falaaUiras de ceriia caroibus denegamus. » Peut-être faut-il lire « saltaturas ».
* Brune tuin, étoffe de laine teinte.
* La prébende monacale était «ne portion de nourritiire et de boisson que l'on donnait quotidienaenieai à um relî^^Uiix» « SI «iper
STATUTS DB GHAPITRX GÉNÉBAL 575
Les moiaes propriétaires seront excommaniés par leurs abbés; celoi chez lequel on aura trouvé un pécule au moment de la mort sera privé de la sépulture ecclésiastique. Nul, si ce n*est pour Toffice qui lui aura été conOé, n'aura de coffre fermant à clef sans la permission de Tabbé ; la clef sera remise à Tabbé toutes les fois qu'il la demandera; autrement, le religieux sera considéré comme propriétaire. L'abbé qui sciemment aura permis le pécule, ou qui ne Taurapas puni, sera suspens pour un temps ^
L'entrée du cloître, du réfectoire, du dortoir, et du chœur lorsqu'on chante TofOce, sera interdite aux femmes; mais elles pourront pénétrer dans Tégiise aux fêtes de la dédicace, aux jours d'indulgences et aux obsèques des morts. On fait exception pour les dames nobles, protectrices du monastère, et pour les autres femmes de haute naissance auxquelles on ne peut sans scandale refuser l'entrée du monastère; l'heure et le temps de leurs visites seront fixés par l'abbé et le prieur, sauf pour celles qui ont obtenu un induit du siège apostolique.
Les religieux résidant dans les prieurés observeront en toat la règle de leur ordre.
Il est interdit d'admettre des femmes comme servantes dans les monastères.
Il est défendu aux abbés et aux simples religieux de coucher dans une maison séculière s'ils ne sont pas à une lieoe de leur abbaye ou d'une maison de leur ordre.
Quand un abbé voyagera, sa suite ne comportera pas plus de dix personnes à cheval.
Tous les revenus des abbayes et des prieurés seront consignés par écrit ; les ohvenliones qui ne sont pas fixes seront
haec statuimus nt praebendam quotidianam habeat in refectorio ad majorem mensam. » Hogonis abb. Cluniac., Epist, Cité dans du Caage» Glossarium^ III, 373.
< « PropriuiD autem intelligimus, disent les Statuts de Grégoire IX, secundum beati Benedicti regulam; set nec accommodatum, neque locatum, neque depositum aliquis omnino uionachus vel conversus Domine suo recipiat, nec etiam monasterii nomiDe, nisi de abbatis vei CQnventna licencia speciali» set oecpie rautimni tiUra illan quantitatem quam moderatam taxari volumus per capilulum et abbatem. »
estimées au plus juste; Tun des exemplaires de ces états sera remis à Tabbé, l'autre demeurera aux mains du prieur; il demeurera secret.
Comme dans beaucoup de monastères le texte de la règle n'est pas compris de tous, il est ordonné que, lorsque la lecture en sera faite au chapitre, celui qui préside le traduira aussitôt en langue vulgaire, afin que les simples, minores, puissent en bien saisir le sens.
Le pape veut que les abbés et les prieurs fassent inviolablement observer tous ces statuts dans leurs abbayes, prieurés, obédiences et autres lieux qui leur sont soumis; les visiteurs seront chargés de punir ceux qui les transgresseront.
Il ordonne que Tabbé ou le prieur fasse lire et commente lui-même^ en chapitre, ces statuts trois fois par an, à savoir, dans les octaves de Noël, de Pâques et de l'Assomption de la Sainte-Vierge.
Enfin, Grégoire IX prescrit que^ dans les chapitres provinciaux, les abbés élisent des visiteurs prudents, vigilants et craignant Dieu, qui visitent dans l'année les monastères et les prieurés, corrigent et réforment ce .qui mérite de Têtre, et consignent par écrit et scellent de leur sceau le résultat de leurs observations ; cette cédule, déposée dans l'abbaye, devra être présentée dans le chapitre de l'année suivante aux visiteurs nouvellement élus. Tous les cinq ans, les visiteurs provinciaux adresseront au pape le procès-verbal de leurs visites*.
Ces statuts pontificaux, vu la multiplicité de leurs règlements, visaient principalement les maisons où régnaient ces abus déplorables. Ils furent trouvés un peu trop rigides dans les monastères où la discipline conservait encore sa vigueur et qui ne méritaient pas d'être l'objet de tant de défiance. La règle de certains ordres allait se trouver surchargée d'un grand nombre de prescriptions jusque-là inconnues ; et l'on se demandait si tous ces changements
* Le texte de ces statuts a été publié à la suite du Registre des notes d'Eudes Rigaud, archevêque de Rouen^ édit. fionnin, Rouen, 1852, p. 643-648.
ii*allaieat pas apporter plutôt le trouble que rapaîsement dans les esprits. Les abbés voyaient là, d'ailleurs, une atteinte réelle à leurs usages séculaires qu'ils regardaient comme sacrés, et qu'ils se croyaient obligés^ en conscience, de transmettre intacts à leurs successeurs. Ce fut le cas de Tabbé du Bec. Il n'hésita pas à s'adresser au souverainpontife et à lui soumettre ses perplexités. Aussi, dans une bulle datée de Pérouse, le 18 janvier 1253, Innocent IV accorda à l'abbé du Bec et à ses si^ccesseurs le pouvoir de dispenser ses religieux de l'observation des statuts de Grégoire IX qui n'étaient pas de la substance de la règle du Bec et qui l'aggravaient, sauf pour les cas où cette règle elle-même ne comportait pas de dispense. Il lui octroyait en outre la faculté d'absoudre ceux qui, jusqu'à ce jour, avaient encouru, ou encourraient à l'avenir Texcommunication pour la transgression des statuts de Grégoire IX qui aggravaient la règle de l'ordre du Bec*.
* a luoocentius episcopus, servus servorum Dei, dilecto filio abbali monasterli Sanctae Mariaede Becco Ilerlewini, ordinis sanctiBenedicti, Rothomagensis diaecesis, salutem et apostolicam benedictionem. Ex parte tua fuit nobis humiliter supplicatum ut, cum observantia tui ordinis ab ipsa sui institutione multum sit rigida et difûcilis ad ferendum, fuerintque postmodum per felicis recordationis Gregorium papam praedecessorem nostrum superaddita statuta gravia diversarum poenarum adjectione vallata, ne contingat sub tantis oneribus deficere oneratos, providere super hoc paterna soUicitudine curaremus : attendentes igitur quod (expedit calamum quassalum non conteri, et in aerasionem aeruginis vas non frangi, devotionis tuae precibus inclinati, praesentium tibi authoritate concedimus, ut super observatione statutorum ipsorum, qnae de tuae substantia regulae non existent, tu ac successores tui tuai monasterii tui ejusque menjbrorum monachis praesentibus et futuris libère dispensare possitis, bis casibus duntaxat exceptis super quibus, in eadem régula, est dispensatio interdicta, in quibus casibus dispensandi super poenis adjectis et irregularitatibus quas tui subditi hactenus incurrerunt vel incurrent de cetero, eosque absolvendi abexcommunicationisvinculo quo ipsos ob transgressionem praedictorum statutorum involvi contigit aut continget, injuncta sic absolu tis poenitentia salutari, libéra sit tibi et eisdem successoribus de nostra permissione facultas priori nihilouiinus monasterii suis ac ipsius successoribus concedendi tibi tuisque successoribus hujusmodi dispensationis et absolutionis beneficium, si fuerit opportunum : indulgentes praesentium authoritate potestatem, nonobstantibus aliquibus litteris ad venerabilem fratrem nostmm Rothomagensem archiepiscopum, vel quemcumque alium ab apostolica sede sub
^78 nisTOTRE DE l'abbayb du bkc
L'évêque d'Evreux, Richard de Saint-Léger, était mort le 4 avril 1236 ^ Son corps fut transporté à Tabbaye et « enterré près de la porte collatérale du chœur du côté de Tépître. On ne retrouva, en 1719, que ses ossements, un anneau de fer au doigt et une crosse de bois^. » Le 26 mai 1236, le chapitre d*Evreux se réunit pour choisir son successeur ; l'archidiacre Raoul de Gierrey fut élu. Dans le procès-verbal de l'élection, on voit que l'abbé du Bec, Henri de Saint-Léger, signa, comme premier chanoine, immédiatement après le doyen, le chantre, les archidiacres elle trésorier^.
Henri de Saint-Léger mourut le 21 ou le 22 juin 1247, et fut inhumé le 23, dans le chapitre, aux pieds du bienheureux Herluin, en présence de tous les prieurs de Tordre du Bec •qui étaient venus tant de Normandie et de France que d'An- -gleterre et du pays de Galles, pour assister au chapitre général qni se tenait ce jour-là*.
•quovis tenore directia, et processionibus habitis per easdem de quibus forsitan oporteat fieri mentionem et etiam obtinendis. Nulli ergo etc. Datuiu Perusii, XV Kal. februar., pontiûcatus nostri anno deciuio. » Bibl. nat., lat. 12884, p. 3Di v«.
* «IV. aprilis. Obiit Ricardus bone memorie Ebriocensis episcopus, •qui dédit capitulo £broiceiisi CGC (sic) ». Obituaire du chapitre. Bibliothèque de TÉvôché d'Évreux. — Le ^écrologe de l'abbaye faisait égaleaient sa mémoire le 4 avril. (Bibl. nat., lat. 13903, fo75.)
* D. Toussaint Du Plessis, Description de la Haute-Normandie, II, 282. ' D. Pommeraye, Sanctae Rothom, eccles, concilia, p. 223. Cet acte
comporte Tingt-cinq signatures.
* Chronique du Dec. p. 34. Le Nécrologe du Bec faisait sa mémoire le -S4 juin. (Bibl. nat., lat. 13903, P 75.)