‹ Histoire de l'abbaye du Bricot en BrieChapitre 136 sur 204 · Arcli. départ, de l'Aube, C · texte numérisé non relu

Arcli. départ, de l'Aube, C

contestait la nécessité; l'entretien des chemins ou leur ouverture dans le pays, pour faciliter l'écoulement de ses denrées, par les soins de l'État; des mesures contre le reboisement toujours plus envahissant, qui entraîne la multiplication des fauves dévastant les récoltes et une augmentation de la dîme et de l'impôt pour les cultivateurs ; enfin, la réduction des employés de l'État, dont le nombre exagéré est pour lui une cause d'épuisement. Tels sont les vœux, fort raisonnables, que formulaient, au moment de la Révolution, les paysans du Bricot. Moins ambitieux que leurs voisins de Châtillon-sur-Morin, ils n'allaient pas jusqu'à réclamer la liberté de la presse, qui n'importe que de loin à de pauvres travailleurs des champs courbés tout le jour sur l'ingrat sillon et illettrés. Prudemment terre à terre, ils sortent à peine des préoccupations et des intérêts strictement locaux. Si la forme de leur cahier n'est pas partout aussi soumise que son fond, et s'il y est question, par exemple, des « milliers de sangsues toujours altérées du sang des peuples » (ce sont les fonctionnaires publics qu'entend désigner cette peu courtoise périphrase), il est bien clair que c'est aux tendances du temps et à la littérature du bel esprit chargé de la rédaction du morceau qu'il faut s'en prendre.

Un des desiderata du cahier ne tarda pas à être réalisé. Dès l'année même, de grands travaux de voirie furent entrepris au Bricot et dans la forêt de la Traconne, pour mettre ce village et ceux de Launat, de Touraine et du Meix-Saint-Époing en

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communication plus facile avec Paris, Sézanne et une portion de la Champagne, qu'ils approvisionnaient de bois'. « Le village duMeix et les hameaux qui en dépendent, disent les habitants, sont situés dans une partie de terrain les plus ingrates de la Brie, terrain marécageux, couvert en partie et de toutes parts environné d'étangs, ce qui en rend les chemins impraticables, singulièrement dans les temps d'hiver. » Les habitants, manouvriers ou biicherons, déshérités de grains et autres denrées, ne trouvent pas dans leurs travaux de quoi subsister. « Sans quelqu'assistance de leur seigneur, la plus grande partie seraient réduits à la dernière misère ". »

Ces ouvrages s'exécutèrent en 1789 et 1790, par la voie des ateliers de charité. Ils eurent pour résultat, au Bricot même, la réfection de la rue principale, traversant le village et passant devant l'église et le presbytère; en dehors, la mise en état de chemins menant aux Essarts-lès-Villenauxe et àSeu ^.

Nous ne voyons pas que les événements de 1789 et des années suivantes aient provoqué beaucoup d'agitation au Bricot. François Bégis y était maire.

1. Une ligne de chemin de ter d'intérêt stratégique, reliant Coulommiers à Sézanne, dessert aujourd'hui le Bricot par une halte et par la gare voisine du Meix-Saint-Époing.

2. Avcli. départ, de l'Aube, C, 1275, extrait du registre des délibérations de la municipalité du Meix-Saint-Kpoing à la date du 14 avril 1789.

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