‹ Histoire de l'abbaye du Bricot en BrieChapitre 137 sur 204 · Arcli. départ, de l Aube, C · texte numérisé non relu

Arcli. départ, de l Aube, C

Pierre-Charles Vautier, officier municipal, Pierre Verrier, Ambroise Colson, Nicolas Létuvé, Pierre Rambouillet, notables, Nicolas Desgrand, procureur de la commune, et le sieur Terrier, curé, en 1790. A rencontre de ce qui se passait à peu près partout ailleurs, la population ne se montrait nullement hostile à ses anciens seigneurs; elle leur gardait au contraire des égards. Le i3 avril 1792, sur la proposition du procureur de la commune, le corps municipal décida d'envoyer à la veuve de Gabriel de Jouy, qui venait de mourir, « une députation pour lui témoigner le vif regret qu'il éprouve de sa perte ». MM. Maury, maire, et Rémion, officier municipal, furent chargés de cette mission '. Une particularité à signaler pour cette époque, c'est que le curé du Bricot profita du décret de la Convention sur le mariage des prêtres. Une lettre de M'"'^ de Jouy à son beau-frère le régisseur du Grand-Prieuré, datée du 3 1 mars 1798, nous révèle ce détail, en même temps qu'elle peint sous de sombres couleurs la situation du pays : « Il y a, écrit-elle, au Bricot un curé qui est marié avec une jeune femme qui vient d'accoucher. La campagne se dépeuple de monde, et ce qu'il en reste est d'une cherté affreuse. Pourvu encore que l'on puisse ramasser les biens de la terre et la cultiver, car les fermiers font souvent des voyages pour

I. Archives de la ville de Sé^anne, délibérations municipales de 1791-1792, registre D 9, fol. 1 1 1.

l'armée qui les dérangent beaucoup. Tout devient icy prodigieusement cher '. »

Malgré que notre siècle ait réalisé, et au-delà sans doute de ce qu'ils osaient espérer, les vœux timides des peu fortunés habitants du Bricot en 1789, le malheureux village n'a guère prospéré depuis. Sa population, qui a atteint, en 1840, le chiffre, assurément peu considérable, de quatrevingt-dix-neuf habitants, est tombée par la suite a cinquante (1876) "et plus bas encore avec quarante-cinq (i883). Le nombre des électeurs variait entre 9 (1881) et i3 (i883), et l'on n'avait pu, en dernier lieu, « former un conseil municipal qu'en y faisant entrer deux membres qui en étaient exclus par la loi » -''. Le gouvernement a pensé qu'une agglomération d'aussi minime importance n'offrait plus les conditions d'une vie communale régulière et cessait de justifier l'existence d'une subdivision administrative. Par la loi du i5 mai i883 la commune du Bricot-la-Ville a été supprimée et son territoire rattaché aux communes avoisinantes de Châtillon-sur-Morin et de La Forestière ^.

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