Maurice Poinsignon, Géographie de la Marne, p
5. Bibliothèque nationale, mss., Collection de Champagne, vol. CXIX. fol. 82. Cf. Millard, Histoire de l'abbaye d'Andecy, p. 2.
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jusqu'à Vindé et aux bois de Saint-Nicolas, comprenant le Ghamp-Benoist, la Vaurache, Jambejoux, le Clos, jusque et compris le Petit- Vindé, qui servoit de faubourg ' ». Ce qui est certain, c'est que son nom ne se rencontre dans aucun document avant le xi'" siècle. Elle appartenait alors à Hugues de Broyés et formait un comté -. Réunie, en 1 162, au domaine du comte de Troyes, nous la vo3^ons, presque quarante ans plus tard, figurer comme l'une des sept châtellenies que Thibaud III (11 97-1 201) assigna en douaire à sa femme Blanche de Navarre par son contrat de mariage. Elle entra de nouveau dans le douaire d'une comtesse de Champagne avec Marguerite de Bourbon , femme de Thibaud IV. Après avoir d'abord suivi, en 1 284, le sort de la Champagne, rattachée, comme on sait, à la couronne depuis cette époque, elle en fut distraite ultérieurement pour former l'apanage d'une branche de la famille d'Orléans ^. Plusieurs fois, dans le cours de ses destinées, Sézanne subit les fatales conséquences de la guerre. Thibaud IV la rasa en 1228 (ou 1229), mais la reconstruisit aussitôt, trop tôt, il est vrai, car à peine rebâtie, les
1. Bibliothèque nationale, mss.. Collection de Champagne vol. CXIX, renseignements donnés comme tirés d'une « note communiquée par Groslcy ».
2. Courtalon, Topographie Jiistorique de la ville et du diocèse de Troyes, t. III, p. 3i3; Maurice Poinsignon, Géographie de la Marne, p. 9b.
3. Courtalon, loc. cit.; Baugier, Mémoires historiques delà province de Champagne, t. I, p. 372,
TENTATIVE DE RESTAURATION iSj
troupes de saint Louis l'incendièrent, en 1240 '. On a vu plus haut comment, par deux fois, la guerre de Cent Ans et les guerres de religion entraînèrent pour l'infortunée cité le renouvellement de semblables désastres.
A l'époque de Louis XIII, Sézanne passait pour une des cités champenoises les plus attrayantes. Les maisons y étaient « fort bien bâties et... très belles...; ladite ville étant habitée par plusieurs officiers tant du baillage, prévôté, élection, grenier à sel, eaux et forêts que bons bourgeois, qu'honnêtes marchands de longue main, ils s'étaient efforcés de se bien accommoder et y bâtir des maisons dignes de leurs qualités et conditions - ». La place était ceinte de murailles réputées assez bonnes ; une fausse porte ou poterne et quatre principales portes y donnaient accès : la porte de Broyés au nord , la porte de Paris ou porte Gohier à l'ouest, la porte de la Juiverie au sud et la porte Notre-Dame à l'est -\ Mais les maisons débordaient fort au-delà de l'enceinte des murs et formaient, sur les chemins de Chàlons, de Paris et de Troyes, des faubourgs importants. C'est dans l'un de ceuxci et non dans la ville même, à proprement parler, que les religieuses du Bricot avaient arrêté le dessein de se fixer.
1 . Maurice Poinsignon, Géographie de la Marne, p. 96 et suiv.
2. Description de la ville de Se:{anne suivie du procès-verbal de V incendie de cette ville en i632, p. 17.
3. Baugier, Mémoires historiques, t. I, p. 372 ; Bibliothèque nationale, mas., Collection de Champagne, vol. XUV, fol. 14.
l58 HISTOIRE DE l'aBBAYE DU BRICOT
Tout semblait les attirer à Sézanne : la proximité de cette localité par rapport à leur premier établissement, les avantages matériels qu'offrait la ville, abondante en ressources de toute espèce, les nombreux intérêts, droits ou propriétés qu'elles y possédaient, la faveur que leur avaient constamment témoignée les habitants, enfin le calme et la tranquillité de cette paisible résidence, à laquelle sa vieille et majestueuse église, à l'aspect imposant de cathédrale, prêtait comme un air de pieux recueillement. Sézanne n'était donc nullement un séjour mal choisi pour une maison religieuse, et ce qui le prouverait encore au besoin, c'est que, malgré son importance médiocre, elle en renfermait déjà quatre : un prieuré, une collégiale, un couvent de Cordcliers et un couvent de Récollets.
Le prieuré bénédictin de Saint-Julien, remontant au moins au xi' siècle ', était le plus ancien de ces établissements '. Il dépendait directement de Cluny '\ En i i53, le pape Anastase IV lui accorda une confirmation de toutes ses possessions, parmi lesquelles nous vo3^ons figurer les églises Notre- Dame, Saint-Pierre et Saint-Nicolas de Sézanne, la dîme de cette ville, celle de Ghàtillon-sur-Morin