Ut suprà
2. Arch. départ, de la Marne, série H, fonds de l'abb. de N.-D. du Bricot, carton IV, liasse i5.
3. Arcli. départ, de l'Aube, G, 886, lettre de l'abbesse 4e Poussç à l'cvéque de Troyes (sans date).
Ce triste espoir de délivrance ne tarda pas beaucoup, en effet, à se réaliser pour elle. Marie II Raguier de Poussé s'éteignit, après une vie remplie d'années et de bonnes œuvres, le i6 mars 1729 ', à l'âge de quatre-vingt-sept ans. Elle avait gouverné pendant soixante-deux ans l'abbaye de Notre- Dame de Sézanne. Elle disait, pendant les derniers temps de sa vie, quand elle entreprenait quelque tâche pour le bien de son abbaye : « Je suis si vieille que ce ne sera peut-être pas moy qui en auray la peine, mais je me croy obligée de travailler également pour les autres comme pour moy -. »
§ 4. — Maric-Françoise-Berthe d'Etampes
{ij2g-ij3'j).
Marie-Françoise-Berthe d'Etampes, abbesse du couvent du Réconfort '-\ de l'ordre de saint Bernard mitigé, au diocèse d'Autun, fut pourvue, par bulles du pape Benoît XIII en date du 25 juillet 1729 ^, de l'abbaye de Notre-Dame-des-Bois de Sézanne. Le 19 février suivant, dans le chœur de
1. Gallia diristiana. t. XI K col. 58o ; pièces justificatives, n° XLVIl.
2. Arcli. départ, de l'Aube, G, SS6, lettre missive du 28 décembre 1717.
3. Par brevet du roi donné à Versailles le 12 avril iy2:^ {Arcli . départ, de la Manie, série H, fonds de l'abbaye de N.-D. du Bricot, carton III, liasse 12).
4. Arch. départ, delà Marne, ut suprà. — Les auteurs du Gallia diristiana donnent ;lc mois de mai, sans préciser le quantième, comme époque de la nomination de cette abbesse.
cette communauté, en présence d'Ignace Monnot, curé de Notre-Dame et doyen rural de Sézanne, « commissaire en cette partie nommé par M. Delachasse, officiai de Troyes », et assisté de François Prévost, curé de Villeneuve-lez-Charleville, elle quitta son habit et prit celui de saint Benoît, dont elle fut revêtue par madame Marie de Boufflers, abbesse de l'abbaye d'Andecy. Ensuite elle prononça les vœux, à la manière ordinaire, en présence de la même abbesse et de la prieure et des religieuses de Notre-Dame de Sézanne ; le tout en exécution et pour satisfaire aux conditions de ses bulles '. L'installation se fit incontinent après.
Berthe d'Étampes n'était point jeune : elle avait cinquante ans ; de plus, elle était accablée d'infirmités ". Le monastère comptait vingt religieuses de chœur : A^... Fricard, prieure, A^... Louvat, sousprieure, Catherine Saulsoy, Françoise de Hénault, Marguerite de Bermen, Angélique Deschamps, Anne Blanchet, Anne Pajot, Marie CoUart, Catherine de Dampierre, Anne Gaudemer, Marie Gasseaux, Marianne Marest, Marie-Anne Deniset, Françoise Deniset, Louise de Bouber, Marie Deniset, Catherine Collet et deux religieuses dont les noms ont échappé à nos investigations. Dans ce
1. Arch. départ, de la Marne, série H, fonds de l'abbaye de N.-D. du Bricot, carton III, liasse 8, procès-verbal de la cérémonie.
2. « ... ob varias qitas patitur siii corporis infirmitates » {Arch. départ, de la Marne, fonds cité, carton III, liasse 12, bulle).
204 HISTOIRE OK L ABBAYK DU HRICOT
nombre, dix-huit étaient professes, et deux, novices. Il y avait, en plus, huit converses. On voit, en outre, pour la première fois à la date de 1729, à laquelle se rapportent ces informations, que l'abbaye recevait, pour les instruire, des jeunes filles pensionnaires, alors au nombre de douze, « tant grandes que petites ». Un chapelain était attaché à la communauté, ce qui n'empêchait pas le curé de Notre-Dame de Sézanne d'en être confesseur et directeur. Un prédicateur y prêchait l'avent, le carême et les grandes fêtes, et les pères Récollets de la ville y disaient les premières messes les dimanches et fêtes. Enfin, pour compléter les renseignements sur le personnel de la maison, ajoutons que la domesticité s'y composait de trois valets et de cinq servantes '.
Un plan des bâtiments nous manque. Nous savons simplement que le rez-de-chaussée se composait d'un cloître, du réfectoire et de la cuisine; qu'il y avait au dessus un dortoir, avec neuf cellules de chaque côté, et la salle du chapitre; que le troisième étage comprenait les cellules des sœurs converses ; qu'il n'y avait point, à proprement parler, d'église de bâtie, mais qu'une chapelle, dans un autre corps de bâtiment, en tenait lieu. L'infirmerie était au dessus. « L'appartement de Madame l'abbesse consiste en une chambre, une antichambre, un parloir et un petit cabinet. » Dans ce corps
}, Arcli. départ, de l'Aube, G, 886, état de 1729.
l'abbaye du bricot a sézanxe 2o5
de logis, « les chambres des pensionnaires font le premier étage. Il y a environ huit arpents d'enclos qui sont bien plantez et bien emblavez ' ». Ces édifices sont encore, comme au temps de l'abbesse de Poussé, en très mauvais état. Ils ne se soutiennent « que par les étayes qui y ont été mis il y a déjà plus de vingt ans, lesquels bastimens il faudra refaire à neuf avant qu'il soit cinq ans » ".
La situation financière de l'abbaye n'était guère plus brillante 3. Ses revenus ne dépassaient point 5,000 livres environ. Or la nourriture et l'entretien de vingt religieuses de chœur, chacune ne pouvant vivre à moins de 25o livres par an, revenaient à 5,000 livres annuellement ; la nourriture et l'entretien des converses, à raison de 200 livres chacune, à 1,600 livres. Il fallait ajouter à ces chiffres les dépenses ordinaires de la maison, s'élevant à 1,960 livres. C'étaient, en tout, 8,56o livres; d'où un excédent de 3,56o livres de charges sur le revenu. Voilà pourquoi, parmi les communautés de filles auxquelles furent adressés des secours en lySi, nous vo3'ons figurer Notre-Dame du Bricot pour une somme de 400 livres de pensions, assises sur les têtes des plus anciennes religieuses '^.