‹ Histoire de l'Abbaye du Bricot en Brie (XIIe siècle-1792) [microform]Chapitre 22 sur 194 · PROSPIIRITE DE L'ABBAYE AU XIII C SIECLE 5 I · texte numérisé non relu

PROSPIIRITE DE L'ABBAYE AU XIII C SIECLE 5 I

veuve du due de Lorraine, Gertrude de Darsbourg, comtesse de Metz, laissait encore a sa mere, 1'energique et habile Blanche de Navarre , comme regente r , le souci du gouvernement de la Champagne. Au reste, Sezanne et tout le territoire de la chatellennie sezannaise faisaient partie du douaire de cette princesse 2 . C'est done a Blanche qu'eurent affaire les religieuses du Bricot. Assez jaloux de leurs prerogatives, et cela, semble-t-il, avec d'autant plus d'obstination qu'elles se trouvaient moins bien etablies juridiqu'ement, les souverains champenois n'etaient pas toujours faciles a apaiser en pareille matiere. Sous Thibaud III, les religieuses d'Avenay - ayant, sur la recommandation de 1'archeveque de Reims, Guillaume aux Blanches Mains, elu une abbesse sans la licence du comte, il ne fallut pas moins, pour le desarmer, que 1'intervention du

1. La veuve de Thibaud III exerca la regence de 1201 a 1222 (D'Arbois de Jubainville, Histoire des comles de Champagne,. t. IV, p. 101). Blanche etait fille de Sanche VI le Sage, roi de Navarre. C'est par elle qu'a la mort (1234) de Sanche VII, son frere, la couronne de Navarre passa a la maison de Champagne.

2. Collection de Champagne, vol. i38, fol. n5 : Lettres de Thibaud, comte de Troyes palatin, par lesquelles il donne en douaire a sa femme Blanche, fille du Roy de Navarre, sept de ses chastellenies, scavoir : Espernay, Vertus, Sezanne, Chantemerle, Pons, Nogent.et Meri, ez presences de Adele, reine de France, Berangere, reine d'Angleterre, Geoffrey, comte du Perche, Guillaume, comte de Joigny, Jeoffroy, senechal de Champagne, Gaucher de Chastillon et autres, a Chastre, 1'an 1199 .

3. Abbaye de femmes de 1'ordre de saint Benoit, fondee au vii siecle, dans le diocese de Reims, non loin d'Epernay.

grand prelat, son propre fils : . Le cas des religieuses du Bricot etait le meme. Celui qui s'entremit pour obtenir leur pardon fut 1'abbe de Nesle-la- Reposte, cette communaute avec laquelle nous savons, par ce qui precede, que la notre etait en relations. Soit par ordre de la comtesse de Champagne, soit de sa propre initiative et en vue de prepafer la conciliation, ce zele religieux se rendit au Bricot dans le but de s'enquerir des faits. A peine arrive, il apprit qu'on ne 1'avait pas attendu pour tenter de reparer la faute commise : au nom de la communaute entiere, reunie en chapitre pour exprimer une volonte qui s'etait trouvee unanime (de voluntate commimi et consensu expresso totius capitiili), la superieure irregulierement nominee avait fait solennellement amende et reparation a la suzeraine 2 . L'abbe de Nesle en recut 1'attestation

1. Bibliotheque nationale, mss., fonds latin, n 5gg2, Cartnlaire de la comtesse Blanche, fol. 279, v : quod ecclesia de Avenay, que non habet abbatissam, non potest eligere nee debet sine licentia comitis Campanie ; et Collection de Champagne, vol. i36, p. 210. Cf. Collect, de Champ., vol. i3y, fol. 5y : Lettres des prieur et couvent de Laigny a la reine de Navarre, comtesse de Champagne et de Brie, par lesquelles ils la requierent de leur donner permission d'elire un.abbe, 1'an 1274.

2. On ne voit pas exactement, d'apres la charte, s'il s'agit ici d'une simple amende honorable ou bien d'une amende pecuniaire. Les analyses que nous trouvons dans Teulet (Inventaire des layettes du tre'sor deschartes, n 1482) etdans la Collection de Champagne n'interpretent pas ce point delicat, Voici celle que donne le compilateur de la Collection de Champagne : Lettres de 1'abbe de 1'eglise de Neelle, par lesquelles il declare que 1'abbesse, prieure et tout le chapitre de Bicor, pour avoir esleu une abbesse sans la per-

Page 1