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formelle de la bouche de toutes les religieuses. Les pauvres filles lui demanderent meme, pour mieux marquer leur regret et se sentir plus rassurees, qu'il en voulut bien temoigner par ecrit. L'abbe s'empressa de le faire z . Ainsi Blanche de Navarre vit clairement -que, si ses privileges et ceux du comte son fils avaient etc un moment meconnus a Notre-Dame-des-Bois, le mauvais vouloir n'avait aucune part a cette offense. Trop de precipitation, un peu de negligence ou de legerete peut-etre, voila au plus a quoi se reduisait tout le delit. Le pardon fut aussi prompt d'une part que 1'avait etc de 1'autre le repentir, et les souverains de la Champagne ne retirerent pas une parcelle de leur affection a la communaute placee, depuis Henri le Liberal, sous leur tutelaire egide.
On ne parlait, sans doute, dejaplusde 1'incident au Bricot, lorsqu'un chevalier de la Brie champenoise, Henri de Nogent-l'Artaud, donna, de son cote, aux religieuses une preuve des bonnes dispositions qu'il entretenait a leur egard. L'abbaye possedait, sur les moulins de Chevigny, non loin de Vertus, une rente de deux setiers de ble par an. Or, il n'etait pas sans interet que ce droit, qu'aucun ecrit peut-etre ne garantissait, pour etre rendu plus stable et moins sujet a contestation,
mission de Blanche, comtesse de Champagne, 1'auroient depuis amende envers de ladite comtesse, 1'an 1221, novembre (Vol. i3(S, fol. i3i; voir aussi vol. i3y, fnl. 49, ct vol. 13^, fol. 69). i. V. pieces justificatives. n XI.
fut reconnu par Henri de Nogent. Ce seigneur ne s'y refusa point. II accorda aux religieuses du Bricot ce qu'elles desiraient, sous la forme d'un acte de reconnaissance en regie, bien et dument muni de son sceau. Cette piece, dont 1'original existe toujours, est datee du mois de mars 1228 l .
Mais la serie des fails que nous devons relater nous ramene a la comtesse de Champagne. Ge n'est pas a tort que, plus haut, nous disions qu'en depit de son leger manquement, notre abbaye n'encourut point la disgrace de cette princesse. Nous voyons, en effet, au commencement de 1'annee 1225, Blanche de Navarre presider a un accord entre 1'abbesse de Notre-Dame-des-Bois et une dame du voisinage, nominee Isabeau, avec laquelle le monastere avait quelque difficulte. II s'agissait d'une aumone, c'esta-dire d'une donation pieuse faite aux religieuses sur une terre sise a Gaye, qui appartenait maintenant a Isabeau. Celle-ci etait veuve. Autant qu'il est permis de le conjecturer, 1'auteurde la donation ne devait etre autre que son defunt mari, Bonard de Barbonne. II avait laisse deux fils, 1'un Pierre, et 1'autre Guillaume, qui devint dans la suite bailli de Provins 2 . Estimant, peut-on croire, que la liberalite de Bonard grevait trop lourdement, soit son douaire, soit 1'heritage de ses enfants, et n'ayant peut-etre pas, pour se 1'imposer, les memes motifs
2. Douet d'Arcq, Collection de sceaitx, premiere partie, t. II, p. 293, n" 5144.
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de conscience que son mari, Isabeau refusa pendant quelque temps de se depouiller au profit de 1'abbaye, ou n'y voulut pas consentir dans une mesure jugee suffisante, bien que ses obligations ne fussent point douteuses. Sur ces entrefaites, la comtesse de Champagne vint a passer a Sezanne. Mise au courant de la situation et desireuse de la regler, elle appela aupres d'elle les interessees et leur fit accepter un arrangement en vertu duquel les droits de 1'abbaye sur la terre de Gaye etaient definitivement resolus, de 1'entente des deux parties, en une redevance annuelle de quatre setiers de grain : un setier de ble, un setier de seigle, un setier d'orge et un setier d'avoine, exigibles a la Saint-Reini 1 . Isabeau n'etait pas venue seule : ses deux jeunes fils et un seigneur du nom de Philippe de Lurey, dont elle etait vassale pour la terre en question, 1'avaient accompagnee.Tous trois ratifierent cette transaction. Dans le cours de la meme annee 1225, Blanche fut appelee par un de ses vassaux de la chatellenie de Sezanne, Renaud de Gironde 2 , a recevoir la
2. Le nom de ce personnage se retrouve dans un role des vassaux du comte de Champagne remontant au regne de Thibaud IV (i20i-i253). Voici, en effet, un des articles qui y figurent, sous la rubrique Ce stint li fie de la chastellenie de Sezanne : Li oir Renaut de Gironde, Hue de Gironde, liges, sa meson de Calci et ce qu'il a a Mesmy (Archives nationales,?,-! 1 14, fol 148, r). On connait egalement, par une source semblable, toujours du xin siecle, une dame Florence de Gironde (D'Arbois de Jubainville, Histoiredes comtes de Champagne, t. VII, p. 227, art. io35 : Domina Florentia de Girondia tenet... apud Soogni IX libratas terre ,
declaration d'un don qu'il faisait aux protegees de la princesse. Deux soeurs de Renaud avaient pris le voile au Bricot ; elles se nommaient Gomtesse et Marie. II etait assez naturel que ce seigneur s'imposat quelque chose en faveur de la communaute. II lui constitua, sur la dime et le terrage l qu'il percevait a Gaye, une rente perpetuelle de vingt-six setiers de grain, par moitie seigle et avoine, a prendre chaque annee, la veille de la Toussaint au plus tard. Mais il stipula en meme temps que ses deux soeurs recevraient annuellement, a Paques, des mains de 1'abbesse, une somme de quinze sous pour leurs necessites , suivant le terme employe plus tard, c'est-a-dire pour subvenir a leurs menus besoins. En cas de predeces, soit de 1'une, soil de 1'autre, 1'integralite de la somme devait etre payee a la survivante. Mais apres la mort des deux sceurs, toute obligation serait eteinte pour 1'abbaye, et elle jouirait des lors sans nulle charge de la donation du seigneur de Gironde. La comtesse de Champagne fit dresser un instrument de cet acte et y apposa son sceau pour 1'authentiquer. II est d'octobre 1226 2 .
1. Le terrage etait le -droit, pour le seigneur, de prendre chaque annee une part determinee de la recolte (D'Arbois de Jubainville, Histoire des comtes de Champagne, t. VII, Introduction, p. 140). Le droit de terrage est tel, disait une coutume, que les heritages qui sont tenus audit droit, quand ils sont enfruitez en grains ou autres fruits, il en est deu au seigneur du terrage certaine portion, aux aucuns plus, aux autres moins, et ainsi qu'on les a accoustumez de payer selon la diversite des lieux . (Du Gauge, Glossarium mediae et infimce latinitatis, v terragium).
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C'est vers la meme epoque, probablement, qu'eut lieu, toujours sous les auspices de la comtesse de Champagne, la vente, au profit de 1'abbaye, d'un terrage et d'un cens, a Fayel, appartenant ou ayant appartenu a Bonard de Barbonne. Philippe de Lurey et Renaud Grenons ratifierent, en presence de Blanche de Navarre, cette transaction, et peu apres, le i cr decembre 1227, Thibaud IV la confirma par un acte sans lequel nous 1'eussions ignoree I .
Quelques annees se passerent, et les religieuses du Bricot firent, sur le territoire du Meix-Saint- Epoing, une acquisition des plus importantes. Ce lieu, qu'un comte Helingaud, sous Charlemagne, avait donne, avec ses dependances, aux clercs de Saint-Martin de Tours, ainsi qu'on 1'a vu plus haut 2 , n'avait pas cesse, depuis le ix e siecle, d'appartenir a la celebre collegiale. Parmi les terres qui formaientce vaste domaine, se trouvait une notable etendue de bois. La foret de Saint-Medard ou de la Traconne y etait partiellement comprise. Mais les moines en avaient defriche et mis en culture certaines portions. En 1282, le chapitre de Saint- Martin consentit a detacher vingt arpents de ces terrains cultives pour les accenser a 1'abbaye du Bricot, moyennant une redevance annuelle de quatre deniers provinois. Cette cession fut faite sans detriment pour les droits de justice que les