ALEXANDRE , QUARANTE-UNIEME ABBÉ
Trois semaines après sa mort, on lui substitua Alexandre, dont nous avons déjà parlé. Son païs et ses parents nous sont entièrement inconnus; mais nous sçavons qu’il avoit appris les lettres humaines et divines à Paris , et qu’il étoit docteur lorsqu’il se fit religieux à Jumièges, le 14 août de l’an 1171. Il apporta avec lui plusieurs, livres manuscrits 1 , dont les principaux sont l’Exode 2, les épitres d’Adam,
1 Un certain nombre d’entre eux sont encore conservés à la Biblioth. municipale de Rouen; nous allons noter au passage ceux qu’il nous a été permis de reconnaître : lorsque l’attribution nous en paraîtra douteuse, nous aurons soin de l’indiquer par un point d interrogation (?). Le premier numéro est celui que portait le volume dans la Biblioth. de Jumièges et que cite le P. Labbé dans sa Bibliotheca Bibliothecar. Manuscript. ,* le second est le numéro du catalogue des mss. de la Bibl. de Rouen ; le troisième est le numéro de classement sous lequel le volume est actuellement placé dans cette bibliothèque.
2 Jum. B 67 ; Bibl. de Rouen, cat. 76, ms. A 419.
surnommé d’Evesham 1 ; l’exposition de la foi ou du simbole, par S. Athanase (a), copiée par Simon de Tournai; le miroir de l’église sur les coutumes de Rome ; les œuvres de Claude 2 avec la philosophie d’Hildebert, archevêque de Tours, sur l’immortalité de l’âme 3; un volume d’excerptions 4, intitulé des bons
(a) Manusc., sous la lettre B, nos 28, 70, 72, 76, etc.
1 Adam d’Evesham, abbé du monastère de ce nom en Angleterre, fleurit vers l’an 1160. Pits ( De illustrib. Angliœ scriptoribus) di-t qu’il était bénédictin, et le P. Possevin ( Apparatus sacer) assure qu’il était cistercien. Il a laissé, entre autres ouvrages, des sermons, des épitres et un livre de miracles de la Sainte-Eucharistie. Aucun de ces ouvrages ne figure dans la Patrologie latine de M. l’abbé Migne.
Le ms. cité ne se trouve point non plus à la Bibl. de Rouen.
2 Quel est ce Claude? Il serait bien difficile de l’établir avec quelque certitude.
Si bizarre que puisse paraître au premier abord cette idée, il ne semble point impossible qu’il soit ici question de l’empereur Claude. Jean Le Petit, plus connu sous le nom de Jean de Salisbury, contemporain de l’abbé Alexandre, cite en effet un livre philosophique {De l’Analogie ) qu’il attribue à cet empereur et qui subsistait de son temps ( Hist . litèr. de la France , tome I, p. 173.).
Il semble pourtant plus probable qu’il s’agit des ouvrages de Claude, espagnol d’origine, chapelain de Charlemagne, puis, sous Louis le Débonnaire, modérateur de l’école du Palais, et enfin évêque de Turin ; outre des commentaires sur presque tous les livres de la Sainte-Ecriture, il avait composé une chronique se poursuivant jusqu’à l’an 814, et que le P. Labbe dans sa Bibliotheca nov. manuscript., dit assez singulièrement avoir été composée j uxta hebraïcam sacrorum codicum veritatem. (Cf. Hist. lit. de la France , tome IV, p. 223-224.) La plupart de ces ouvrages se trouvent dans la Patrologie latine, tome CIV.
3 Quel ouvrage est ici désigné ? S’agirait-il de son dialogue en prose De querimonià et conflictu carnis et spiritus ? Mais il n’y est pas question de l’immortalité de l’âme. Nous ne voyons du reste aucun traité auquel on puisse appliquer ce titre dans tout le gros volume des œuvres d’Hildebert publié par Dom Beaugendre (de Caudebec-en-Caux) et réédité par M. l’abbé Migne dans sa Patrologie latine, tome CCXXI.
4 Excerpta.
mots ; Claudien sur la substance de l’âme 1 *, l’art de la foi, par Nicolas d’Amiens2, et quatre volumes de commentaires sur Salomon 3, Isaïe 4,les douze petits prophètes 5 et S. Mathieu 6, avec l’histoire scholastique de Pierre Comestor ou le mangeur, doyen de l’église de Troies en Champagne 7, qui comprend en abrégé toute l’histoire sainte, depuis le commencement de la Genèse jusqu’à la fin des Actes des Apôtres (a).
On trouve parmi les oeuvres de Pierre de Blois, archidiacre de l’église de Bath , en Angleterre , une lettre à Alexandre, prieur de Jumièges8, où il le qualifie du nom de docteur, d’ami et de compagnon, magister, ami eus, et socius , sans doute parce qu ils avoient étudié ensemble à Paris ; si ce n’est que par cette expression équivoque de socius, il ait voulu désigner la res—
(a) Chron. norm., Biblioth. Vatican 9.
1 Mamert Claudien, De statu animez, au tome LUI de la Patr. lat.
2 Cet ouvrage paraît être resté inconnu aux auteurs de Y Histoire litéraire de la France, qui consacrent cependant quelques lignes à Nicolas d’Amiens (tome IX, p. 30) ; il en est question dans les lettres du pape Alexandre III; cf. Martène, Ampliss. collect. II, 658 et 744.
3 Jum. B 28; Bibl. de Rouen, cat. 125, ms. A 149.
4 Jum. B 70; Bibl. de Rouen, cat. 149, ms. A 385.
& Jum. B 72; Bibl. de Rouen, cat. 164, ms. A 338.
6 Jum. B 76; Bibl. de Rouen, cat. 180, ms. A 392.
7 Jum. G 17; Bibl. de Rouen, cat. 35, A 136 (?)
8 Patrologie latine, tom. CCVII.
9 L’auteur veut indiquer sans doute le texte des Annales de Jumièges contenu dans la deuxième partie du ms. 553 du fonds de la Reine, à la Vaticane, fol. 153-168. — Voir la description qu’en a faite M. Léopold Delisle dans sa Notice sur vingt manuscrits du Vatican, p. 28 et suiv.
semblance de leurs occupations actuelles ; ce qui paroit également vray semblable, quand on fait réflexion aux ouvrages de Pierre de Blois et à l’explication qu’ Alexandre avoit déjà donnée de ces paroles de Jésus-Christ: Quem dicunt homines esse filiumhominis ? Qui disent les hommes qu’est le fils de l’homme ($) ? Il est même à présumer que le livre qu’il avoit presté à Pierre de Blois, et que celui-cy s’excuse dans sa lettre de ne lui avoir pas renvoié, n’est autre chose que sa théologie, en un volume in-4° où il traite de la foi, des sacrements , des vertus et des vices, et de la prescience de Dieu contre les curieux (ô) ; ou quelques sermons ou commentaires sur divers passages de l’écriture sainte ( c ), dont les auteurs ne nous sont pas connus. Quoi qu’il en soit, on ne peut accuser Pierre de Blois d’avoir prodigué l’encens à Alexandre, en le qualifiant de docteur; l’université de Paris l’avoit décoré de ce titre, et l’on peut juger, parle témoignage avantageux des écrivains qui l’ont suivi , qu’il n’en étoit redevable qu’à sa grande et profonde érudition : Vir multa sciens, ac magnœ eruditionis doctor extitit. Ce sont les termes d’ Artur du Moustier ( d ) .
Après avoir renoncé aux avantages que ses talents pouvoient lui faire espérer du siècle, pour se consacrer
(a) Anec. Marten., t. I, p. 177.
(b) Manusc., sous la lettre E, num. 19.
(c) Ibid., E, 20.
(d) Neust. pia, p. 314.
1 Cet ouvrage inédit se trouve à la Bibliothèque de Rouen, cat. A, 267.
au. service de Dieu , Alexandre ne pensa plus qu a pratiquer les vertus qu’il avoit acquises dans les écoles où l’on avoit formé sa jeunesse, et dont on lui donnoit l’exemple à Jumièges. Il fit voir dans toute sa conduite une humilité profonde, une douceur et une patience à toute épreuve, une fidélité inviolable dans 1 exécution des commandements de Dieu et dans 1 observance des plus petits points delà règle. L’opinion que l’on eut de son mérite alla si loin, que, neuf ans après sa profession , la communauté, aïant perdu son prieur, le demanda pour le remplacer et l’obtint. Il fut élevé a cette dignité du temps de Robert IV, qui le chargea d’écrire la vie de Roger Ier, son prédécesseur dans la charge d’abbé. Il la fit, dit la chronique de Normandie déjà citée, mais, ou elle a été entièrement perdue, ou elle demeure encore aujourd’hui cachée dans la poussière de quel— qu’autre bibliothèque que celle de Jumièges, ainsi que quelques opuscules que la meme chronique lui attribue. L’office de prieur n’empêcha point Alexandre de continuer les leçons de philosophie et de théologie, qu on l’avoit chargé de donner aux jeunes religieux dès les premières années de sa conversion. Il étendit meme ses soins aux personnes du dehors, et Jumièges devint sous lui une école célèbre. Il étoit, dans l’exercice des fonctions de prieur et de maître, considéré du roj d’Angleterre , estimé de l’archevêque de Rouen , respecté et consulté par tout ce qu’il y avoit de sçavants en Normandie, en France et en Angleterre, et aimé généralement de tous ses confrères , lorsqu il fut
élevé sur le siège abbatial, et béni le 15 février de l’an 1198.
Le premier usage qu’il fit de son autorité fut de mettre un prieur à sa place. Plus de vingt religieux la méritoient par leur piété et leur zèle, par leur régularité et leur sçavoir ; mais, comme il n’y avoit parmi eux d’autre émulation que celle de la vertu, personne n’y aspiroit et ne portoit envie à celui que l’abbé devoit choisir. Gautier fut nommé, et eut la consolation de voir qu’aucun ne fut choqué de la préférence qu’on lui avoit donnée. Si l’on remarqua que les sentiments d’estime et d’amitié avoient eu quelque part à son choix, on ne se dissimula pas non plus que des raisons de prudence y en avoient encore eu davantage, et que, l’abbé aïant destiné Gautier à l’instruction des jeunes religieux, rien n’étoit plus juste que de le distinguer des autres par une autorité qui ne cédât qu’à la sienne. Gautier vécut peu de tems depuis son élection, mais assez pour laisser un commentaire sur les Actes des Apôtres 1 ( a ). Les second, tiers et quart prieur, le chantre et le sacristain, le chambrier 2, le cellerier, le grenetier, le procureur, l’infirmier, le cuisinier et le pitancier 3 furent maintenus dans leurs dignités et offices par une nouvelle nomination, qui ne fit pas plus
(a) Manusc. B, 66.
1 Bibl. de Rouen, cat. 237, ms. A 212.
2 Cet officier claustral avait particulièrement soin du vestiaire.
3 Le pitancier était chargé de distribuer aux moines la nourriture, dans la proportion si exactement déterminée par la règle de saint Benoit.
de jaloux, et qui montre assez combien ils dévoient être exacts dans l’acquit de leurs devoirs.
On étoit en carême , et Alexandre n’ignoroit pas combien S. Benoît recommande dans sa règle que l’observance en soit exacte. Il y tint la main, conformément aux usages reçus dans Jumièges, où nous croions que Pierre de Cluni les avoit introduits près de cinquante ans auparavant. En voicy quelques uus des plus remarquables l. Depuis le mercredy des cendres jusqu’au jeudi saint, excepté les dimanches et les fêtes, on disoit trois offices au choeur : celui du jour, celui de la sainte Vierge, et celui des morts. Les matines étaient suivies de trois psaumes : Domine ne in furore ; Usque quô Domine , et Ad Dominum cum tribuiarer; du Pater noster et de quelques oraisons, qu’on disait prosternés. L’intervale qui restoit entre l’office de la nuit et celui de prime étoit emploié à faire des lectures en commun sous le cloître , où le sacristain avoit soin de préparer les lanternes pour la commodité des lecteurs. Si c’ étoit un dimanche, le célébrant de semaine alloit s’habiller au commencement des Laudes , et encensoit l’autel et le saint-sépulchre pendant le cantique Benedictus. A prime on ajoutoit aux psaumes ordinaires le Beati quorum , et Levavi oculos meos in montes. A tierce , on en ajoutoit deux
1 Nous recommandons ce passage à l’attention du lecteur. Il prouve combien le grand devoir de la prière publique était consciencieusement rempli dans nos vieilles abbayes, où les louanges de Dieu ne s interrompaient ni jour ni nuit.
autres, deux à sexte, deux à none, et quatre à vêpres. On chantoit tous les jours deux grandes messes : l’une du jour, et l’autre des morts. Mais le jeudi, la messe matutinale étoit de S. Pierre ; le vendredi, de la Trinité, pour les maisons associées ; et le samedi, de la sainte Vierge; à moins que ces trois jours ne fussent occupés par le trentain 1 d’un confrère, ou par le service de quelque religieux étranger ; dans lequel cas, l’abbé ou le président, après la lecture du martyrologe et d’un point de la règle de chapitre, avertissoit, ou faisoit lire la rotule 2, et aussitôt la communanté se rendoit à l’église Saint-Pierre, en récitant lé psaume Verbamea auribus percipe Domine , et chantoit ensuite la messe des morts, à laquelle les officiers et serviteurs de la cuisine étoient obligés d’assister, quand ils ne pouvoient la dire ou qu’ils prévoioient quelques affaires pendant la messe conventuelles. Toutes les heures de l’office divin étoient partagées , chantées en notes, et précédées de la prière. Le mercredy et le vendredy, avant la messe du choeur, les frères s’assembloient dans le cloître après none, et quittoient leur chaussure. Ils retournoient ensuite à l’église, et, après avoir récité les psaumes pénitentiels avec les litanies, prosternés sous les lampes, ils faisoient la procession, nuds pieds,
1 On appelait ainsi le nombre de trente messes qu’on avait coutume de célébrer pour les défunts, immédiatement après leur mort.
2 C est-à-dire le fragment du rouleau de parchemin que l’on faisait circuler parmi les abbayes associées de prières avec celle du défunt. — Voir la belle étude de M. Léopold Delisle sur les Rouleaux des Morts , dans les publications de la Société de l’Histoire de France.
autour du cloître, à la réserve du semainier, qui s’alloit s’habiller pour la grande messe , tandis que le chœur, prosterné une seconde fois sous les lampes, récitoit en silence le Miserere, ou quelqu1 autre psaume ordonné par le président à la coulpe du matin. Si néanmoins le froid étoit si grand qu’on ne put sortir nuds pieds sans un danger évident, l’abbé pouvoit en dispenser ; mais il falloit que le chantre le demandât au nom des religieux, et que le plus grand nombre fût de son avis. S’il prévaloit, on se contentoit de faire le tour du cloitre en chantant les litanies , comme on faisoit le lundi , le mardi, le jeudi et le samedi, lorsque ces jours n’étoient point chommés, et qu’il n’y avoit pas de mort à enterrer. On disoit les vêpres de la Vierge et du jour immédiatement après la grande messe ; mais on faisoit quelques prières auparavant; et alors les novices cédoient aux prêtres et aux profès les places qu’ils avoient occupées sous le jubé , et reprenoient leurs places ordinaires près de l’autel. Les vêpres finies, on alloit processionnellement à l’église de Saint-Pierre, où l’on chantoit les commémorations de la Trinité, de la Croix , des saintes reliques et des patrons du monastère, avec l’office des morts, pendant lequel les serviteurs alloient préparer le réfectoire et déjeuner avec le lecteur de table. La lecture étoit toujours la suite de ce qui avoit été lu à l’office de matines, excepté le jeudi de la seconde semaine de Carême, où on lisoit l’évangile Non possum a me ipso facere quidquam 1, et ce jour
1 Joann. V 30.
là, le cellerier donnoit du meilleur vin qu’il eût dans la cave. Le repas n’étoit qu’une soupe, des légumes et du hareng, si ce n’est qu’aux quatre derniers jours delà quatrième semaine, le cuisinier et le pitancier donnoient tout ce qu’ils pouvoient trouver de meilleur poisson. Il n’y avoit de collation que le jeudi, et elle ne consistoit qu’en un verre de vin.
La multitude et la longueur des offices laissoient peu de temps pour le travail des mains. Aussi ne voions nous pas que l’auteur du cérémonial, d’où nous avons tiré tout ce que nous venons de dire des coutumes de Jumièges durant le Carême, en fasse aucune mention. Il remarque seulement que le samedi après none, les religieux remontoient au dortoir et alloient au lavoir, jusqu’à la messe conventuelle. Encore sommes-nous portés à croire qu’ils n’y alloient que pour se laver les pieds, à cause du Mandatum 1 qui se faisoit ce jour-là en chapitre par l’abbé et le grand prieur. Nous ne pensons pas néanmoins qu’ils eussent déjà prescrit contre ce point de la règle de S. Benoît, que chacun s’effor- Çoit de pratiquer à la lettre. Il est plus probable qu’ils y occupoient l’après-midi, et que l’auteur n’en a point parlé parce qu’il n’ avoit entrepris de toucher que ce qui regardoit le service de l’église, dans lequel il fait entrer les grâces du lecteur et des serviteurs après leur dîné. Nous passons plusieurs choses moins consi-
1 La cérémonie du lavement des pieds, qui se fait encore le Jeudi- Saint dans toute l’Eglise catholique, prenait ce nom du répons que l’on chantait à ce moment : Mandatum novum do vobis....
dérables, comme les conversations aux jours de fêtes et de dimanches, entre prime et tierce, none et vêpres ; mais nous ne devons pas oublier la courtine, ou rideau2, qui traversoit le choeur, et qu’on ne tiroit qu’au per omnia de YAgnus Dei, pour ouvrir le passage à ceux qui vouloient communier.
Nous causerions au lecteur une perte qu’il pourroit regretter, si nous omettions les cérémonies particulières au dimanche de la Passion et à la semaine sainte, qui en étoit la plus chargée. Nous passerons cependant sur celles qui sont encore d’usage dans toute l’église, et même nous ne rapporterons des autres que ce qui nous paraîtra le plus important. Le dimanche de la Passion, on faisoit une profession de foi solennelle touchant la réalité du Corps et du Sang de Jésus-Christ dans l’Eucharistie. L’hedomadier, avant la communion, tenant entre ses mains les espèces consacrées, disoit tout haut : Hoc Corpus quod pro vobis tradetur ; hic „ Cadix test amenti est in sanguine Christi , et, àl’instant, tout le chœur se mettoit à genoux et demeuroit en adoration jusqu’à ce que le prêtre eût communié. Les erreurs de Bérenger3 pourroient bien avoir donné lieu à cette cérémonie. Le mercredi saint, à ces paroles de
2 L’usage d’entourer les autels de courtines, ou rideaux, est de la plus haute antiquité. On le retrouve dans tous les anciens cérémoniaux des cathédrales et des abbayes. Il s’est continué de nos jours encore dans nombre d’églises d’Allemagne et d’Italie; seulement ces rideaux n’enferment plus comme autrefois l’autel lui-même.
3 Archidiacre d’Angers, dont les attaques contre la présence réelle soulevèrent en ce siècle les plus vives protestations, surtout dans l’Eglise de France.