‹ Histoire de l'abbé de Rancé et de sa réformeChapitre 115 sur 445 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Opinion des plus hauts personnages de l'Eglise de France, à cette époque, sur l'abbé de Rancé; un jeune poète vient lui demander l'habit monastique ; Santeuil chante les Trappistes dans ses hymnes (1689).

Saint Arsène avait beau se retirer plus avant dans le désert, les évêques, les prêtres et les gens du monde avaient toujours le secret de le découvrir : il en était de même de l'abbé de Rancé. Parmi les grands personnages qui l'honoraient à cette époque de leur amitié et de leurs lettres, nous distinguons le célèbre cardinal César d'Estrées, non moins versé dans les affaires de l'Église que dans celles de l'État, joignant à un véritable talent diplomatique des manières polies, l'amour des lettres, une grande charité pour les pauvres. Employé dans la plupart des négociations du règne de Louis XIV, s'il n'y fut pas toujours heureux, ce ne fut la faute ni de son esprit , ni de son zèle , ni de sa prudence. Il écrit à l'abbé de Rancé : « que, l'ayant infiniment estimé dans le monde, il ne l'admire pas moins dans son insigne vocation ; qu'il révérera toujours sa vertu et aimera également sa personne. Il lui répond, une autre fois, « qu'il s'acquittera avec plaisir et ponctualité du petit service qu'il lui demande, et qu'il voudrait être propre à quelque chose pour lui faire connaître que sa vénération pour lui est extrême, et sa cordialité et sensibilité égale à celle qu'il a pour ses amis, dont il est le plus ancien. »

Le cardinal de Bouillon, le neveu de Turenne, grand-aumônier de France, lui manda, le 6 décembre de cette année, « que la plus méchante opinion qu'on pourrait avoir de lui, ce serait de le croire capable d'oublier une personne d'un mérite aussi éclatant et aussi solide que le sien. »

(1) Voir Manuscrit de Septfons, cah. XIe, p. 43 et 52; — et Le Nain, Vie de l'abbé de Rancé, 1. 1, 1. IV, p. 270.

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