LIVRE VIII, CHAPITRE XV
que je fasse, afin que, d'un côté, je ne manque point à Dieu, et que, de l'autre, je ne fasse pas une fausse démarche; j'attendrai sur cela vos ordres. »
La réponse du prélat fut favorable aux vœux des religieuses et au désir de l'abbé de Rancé. Le jour de Saint-François, 4 octobre 1692, elles furent autorisées à suivre régulièrement la réforme à laquelle elles s'essayaient depuis plus d'un an; elles s'y sont maintenues depuis avec édification. Le 10 juillet 1697, l'abbé de Citeaux, Nicolas Larcher, les incorpora aux autres monastères, de l'Étroite Observance, sous la direction de la Trappe et la juridiction du vicaire général des provinces de Bretagne et du Perche (1).
La lettre à l'archevêque de Paris nous prouve deux choses : d'abord que l'abbé de Rancé ne damnait pas , comme on le répétait alors , tous les religieux mitigés; il croyait qu'il y avait des mitigations autorisées par l'Eglise et dans lesquelles on pouvait faire son salut. Ensuite, cette lettre nous montre que ce n'était point un homme tout de feu et de saillie, agissant sans discrétion et sans mesure , jetant sans réflexion et sans conseil sur les épaules des autres des fardeaux intolérables.