‹ Histoire de l'abbé de Rancé et de sa réformeChapitre 174 sur 445 · LIVRE IX, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE IX, CHAPITRE III

Tel était pour l'abbé de Rancé l'idéal du soldat chrétien ; mais il avouait que la vie de la plupart des militaires de son temps était loin d'y répondre.

Le pamphlet, qui n'avait été que manuscrit et distribué secrètement à un petit nombre d'exemplaires , fut livré à l'impression (1). Lorsque l'abbé de Rancé l'apprit, il se contenta de dire : « Je croyais la satire du grenadier supprimée; mais elle ne me fait nulle peine (2). Elle paraîtra quand il plaira à Dieu. Il y a longtemps que l'expérience m'a fait connaître que

les hommes ne font pas tout le mal qu'ils voudraient Je me suis

accoutumé, depuis longtemps, à souffrir en paix les impostures et les calomnies. Il n'y a rien que l'envie et la malignité des hommes n'aient vomi contre moi ; cependant je n'ai pas eu un moment de mauvaise humeur ni de chagrin contre ceux qui les ont débitées (3). »

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