LIVRE IX, CHAPITRÉ IV
tudes qui tournaient à la gloire de l'Eglise, avaient été approuvés par les souverains-pontifes Grégoire XV et Urbain VJII (1). Lorsqu'elles étaient accordées sagement par les supérieurs légitimes , les moines pouvaient en user en sûreté de conscience dans la mesure et pour les fins qui leur étaient prescrites. C'est l'Eglise qui de son souffle communique l'esprit de vie aux règles monastiques, et qui le retire quand il lui plaît; c'est à elle à les modifier selon les besoins des temps et des hommes. Tantôt elle n'en présente au monde qu'un côté à la fois, tantôt elle en offre les diverses faces en même temps. La Congrégation de Saint-Maur et celle de l'abbé deRancé étaient comme deux faces différentes de la Règle de Saint-Benoît. Dans la première, on avait remplacé les travaux du corps par les travaux de l'esprit, le sillon des champs par le sillon de l'intelligence, une partie de la psalmodie par l'étude. On donnait peut-être trop à l'étude aux dépens de la piété ; mais s'il se trouve quelques misères humaines à côté de tant de monuments de critique et d'érudition élevés par les mains aussi habiles que laborieuses des Bénédictins , on sent le besoin de les couvrir du voile de l'admiration (2).
(1) Bref et Bulle du 17 mai 1691 et du 21 janvier 1627.
(2) Cet Institut est sorti il y a quelques années des ruines faites par nos révolutioDs. 11 compte dans son sein des nommes aussi pieux que doctes, comme Dom Gnérangcr et Dom Pitra, dignes de succéder aux Mabillon, aux Montfaucon, aux Ruinart, aux d'Achéry et aux Félibien.