‹ Histoire de l'abbé de Rancé et de sa réformeChapitre 187 sur 445 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

De la manière dont le livre de l'abbé de Rancé fut accueilli de part et d'autre : mort du Frère Joseph (1692).

On se rappelle que pour Y Explication de la Règle de Saint-Benoît, on avait reproché à l'abbé de Rancé de n'avoir que ses amis pour approbateurs de ses livres. Il crut devoir cette fois se contenter des approbations ordinaires. M. Blampignon, après avoir examiné l'ouvrage, déclarait: « Qu'il n'y avait rien trouvé qui ne fût conforme à la foi et aux bonnes mœurs ; que par la solidité des raisons, le choix des autorités, la profondeur de l'érudition, il était digne de l'auteur, dont le nom seul faisait l'éloge (1). »

Bossuet, ainsi que nous l'avons vu, était toujours un des plus empressés à lire tout ce qui sortait de la plume de l'abbé de Rancé. Il existait toujours entre ces deux grandes âmes des liens mystérieux d'affection et d'estime. Le livre avait paru le 10 mars, et le 15, l'évêque de Meaux écrivit en quelques mots son opinion ; mais ces quelques mots, sans être précisément un de ces arrêts du génie qui font loi pour la postérité , marquaient assez combien le savant prélat était sympathique aux principes de l'auteur.

« Je suis parfaitement touché de ce que vous dites des études. Vous parlez divinement des Écritures et de leur plénitude. Vous attaquez la fausse critique, qui est la maladie et la tentation de nos jours, avec une efficace invincible. En un mot, l'ouvrage est parfait, quoi que le monde, dont le goût est si bizarre et si injuste, en puisse juger (2). »

Il écrivait le 7 mai suivant à Madame de Beringhen : « Madame des Clairets a raison d'admirer le dernier livre de M. l'abbé de la Trappe et de dire que le vrai moine, c'est-à-dire le parfait chrétien , y est caractérisé d'une manière incomparable (3). »

« Je vous remercie mille fois, lui disait le vénérable Père Gourdan, de votre excellent livre que j'ai reçu comme un présent du Ciel, puisque les vé-

(1) Approb. de M. Blamp., docteur de Sorbonne, chefcier et curé de Saint-Méderic, 17 janvier 1692.

(2) Maupeou, Vie de M. l'abbé de la Trappe, t. II, p. 78.

(3) Lett. de direct., 62e.

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