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LIVRE VII, CHAPITRE III

comme eux, il est sans cesse en quête de citations : il les accumule, il les prodigue, sans trop se soucier parfois de les unir par des transitions habilement ménagées, et surtout de les fondre dans son récit. C'est là, croyons-nous, son principal défaut. Il n'avait voulu, d'abord, faire qu'un recueil : ses amis l'ont décidé à faire un grand ouvrage; mais, malheureusement , le recueil paraît trop dans l'ouvrage.

Son but, c'est de retrouver le vrai moine, le moine primitif; c'est de retracer ses devoirs et sa mission dans le monde, dans toute leur sublime réalité.

Un écrivain contemporain, Élie Dupin, s'exprime ainsi, dans la Bibliothèque des auteurs ecclésiastiques du XVIIe siècle, sur l'ouvrage qui nous occupe : « Ce livre est composé des entretiens que M. l'abbé de la Trappe avait avec ses religieux, ou plutôt des discours et des exhortations qu'il leur faisait. Quoiqu'il paraisse simple, il est très élevé et écrit avec beaucoup de vivacité et de pureté: les pensées en sont nobles et chrétiennes, les expressions fortes et sublimes, et la doctrine en est tirée de l'Écriture et

des ouvrages des saints Les gens du monde qui ne goûtent point les

écrits ascétiques, en louèrent le style et la noblesse (1) »

Voici ce qu'en a dit Chateaubriand, près de deux cents ans plus tard : « Quel est cet ouvrage que l'aigle de Meaux avait couvert de ses ailes?.... On y entend les accents pleins et majestueux de l'orgue. On se promène à travers une basilique, dont les rosaces éclatent des rayons du soleil. Quel trésor d'imagination dans un traité qui paraissait si peu s'y prêter ! La lumière et l'ombre avaient bâti les édifices religieux plus que la main des hommes. Le travail de Rancé apprendra à ceux qui ne le connaissent pas, qu'il y a dans notre langue un bel ouvrage de plus!.... A son apparition, il se fit d'abord un profond silence, autant d'admiration que d'étonnement. Il ne fallut pas moins de deux années pour que les amours-propres se remissent du choc (2). »

Quant au fond de la doctrine, Bossuet et les évêques de Luçon et de Grenoble, c'est-à-dire le génie et la sainteté, en ont rendu témoignage, et, quand de pareils maîtres ont parlé, il n'y a plus rien à dire.

(1) Partie IV«, p. 158 et suiv.

(2) Vie de Rancé, p. 193 et 199.

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