‹ Histoire de l'abbé de Rancé et de sa réformeChapitre 215 sur 445 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

L'abbé de Rancé et la comtesse de Vertus (2).

La célèbre duchesse de Montbazon, dont nous avons parlé précédemment, avait cinq sœurs, qui n'étaient pas mariées; c'étaient : Mlks de Vertus, de Clisson, de Ghantocé et de Goëtlo; enfin, Marie-Claire, abbesse de Malnoue. Elles avaient été élevées chez les Bénédictines de Montargis, par la vénérable Geneviève Grangier. Si elles eurent quelques égarements passagers de jeunesse, il faut les attribuer en partie non seulement à l'entraînement des passions, aux séductions du monde, mais aux tristes exemples de leur mère et de leur sœur. Toutes revinrent à Dieu, toutes finirent leur vie dans les austérités de la pénitence. Elles avaient connu l'abbé de Rancé dans le monde; elles savaient sa transformation : ce fut à lui qu'elles s'adressèrent comme à un guide sûr et dévoué (3). L'abbesse de Malnoue , inspirée , dirigée par lui dans les rudes voies de la Réforme, se conduisit en véritable Trappistine. Elle rétablit l'abstinence, les veilles, les jeûnes et le travail des mains. On la voyait au jardin bêcher et planter; au bûcher, charger ses épaules délicates de lourds fardeaux de bois qu'elle portait à la cuisine; éplucher les herbes, laver la vaisselle, balayer les immondices, rendre aux malades les services les plus répugnants (4).

(1) Lettres de Leibniz à l'abbé Nicaise (à la Bibliolh. de Lyon).

(2) Nous nous sommes servi, pour tout ce chapitre, des lettres autographes et inédites de l'abbé de Rancé, qui nous ont été communiquées par M. Hecquet d'Orval. (Voir Y Introduction.)

(3) Nous avons retrouvé à la Bibliothèque de Troyes quelques-unes des lettres qu'il leur adressait.

(4) « Vilioribus obsequiis operam dare, ligna colligere, ferre humeris, herbas lavare, et purgare, vasaque tum coquinee tum refectorii detergere, etc. » (Gall. chrtst., t. VII, p. 595.)

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