LIVRE X, CHAPITRE III
termes et de méchantes phrases qui ne sont point de moi. Elle en entendra bientôt parler. Parce que j'entendis dire qu'on faisait imprimer ce livre, et que l'imprimeur faisait connaître que j'en étais l'auteur, je fis ce que je pus pour qu'on ne le donnât point au public; j'en écrivis même à M. de Harlay; mais, malgré tous mes soins, on l'a publié. C'est une mortification qu'il faut que j'avale (1). »
Dans une autre lettre à M. de Maupeou, curé de Nonancourt, il affirme qu'on a éludé toutes ses diligences par une supercherie qu'il ne pouvait pas prévoir (2). Il proteste, à l'abbé Nicaise que tout s'est fait contre son gré (3). Plus tard, il écrit encoreà une autre personne : « Vous pouvez dire sûrement que je n'ai nulle part à l'impression de ce livre... On a surpris le docteur; on a changé le titre pour avoir le privilège (4)... »
Il nous semble que l'abbé de Rancé, saint religieux, homme d'honneur et de probité, gentilhomme d'une loyauté parfaite, méritait bien d'être cru sur sa parole et à l'instant même ; Dieu permit qu'il n'en fût point ainsi pour éprouver sa foi et sa patience, et pour faire ressortir aux yeux du monde son innocence et son humilité.