CHAPITRE VI
Trois ou quatre religieux quittent la Trappe; nouvelles calomnies; M. l'abbé Gerbais voit l'abbé de Cîteaux et le prévient favorablement (1694).
Les ennemis de l'abbé de Rancé voyaient bien que tous les complots qu'ils tramaient contre lui étaient impuissants et venaient mourir à ses pieds, comme le flot sur le rivage. Ils devaient comprendre qu'ils ne réussiraient jamais à détruire ni même à ébranler une réputation si bien établie, et cependant, ils n'étaient que plus ardents à recommencer leurs attaques, au risque d'être couverts, pour la centième fois, de honte et de confusion. Il se présenta dans ce moment une occasion de lui nuire, ils la saisirent avidement.
L'abbé de Rancé avait remarqué dans sa maison deux religieux qui ayant été autrefois du grand monde, avaient conservé beaucoup de politesse : c'étaient Dom Arsène de la Croix et Dom Armand Climaque, autrefois page à la cour du prince d'Orange, et dont nous avons déjà parlé. Il les chargea du soin de recevoir les hôtes (2). Leur vertu n'était pas assez solidement fondée ; elle s'ébranla au contact des gens du siècle. Hélas !
(1) Le Nain, t. î, p* 336.
(2) Ce passage est incomplet et incompréhensible dans les historiens de l'abbé de Rancé, qui avaient alors de grands ménagements à garder.