LIVRE X, CHAPITRE VIII
Qui ne voit qu'il ne s'agissait plus de ces deux fugitifs, mais de vingt autres que l'on disait prêts à les suivre ? Ce qui n'était pas vrai.
« Ils prient , continuait-on , pour l'Etat et pour le roi ; rien n'est plus juste, rien n'est plus louable ; mais pourquoi tant de louanges du roi dans un renouvellement des vœux? Elles n'y avaient que faire; des éloges ne sont pas des prières : louer les hommes, ce n'est pas prier Dieu, si ces louanges ne marquent l'empressement qu'on a de remercier Dieu des biens qu'il distribue aux hommes. »
L'abbé de Rancé n'ignorait pas toutes les dénonciations qu'on avait envoyées au roi contre lui pour rendre sa fidélité suspecte; il avait raison de saisir toutes les occasions de témoigner tout son dévouement à Sa Majesté : dans le cas présent , il n'allait pas trop loin (1). Au reste, il ne voulut pas qu'on réfutât ce libelle, disant qu'il se réfutait assez de lui-même (2).