II
sa vie et décider de son sort pour jamais , il ne répondit que ces deux mots : Patience et miséricorde. Quelques instants après, sans convulsion et sans effort, il rendit son âme entre les mains de Jésus-Christ (1).
Ainsi, l'armée avait donné ce malheureux militaire à la Trappe, et la Trappe l'avait donné au Ciel. La foi n'est pas toujours morte sous la capote et la cuirasse, souvent elle n'est qu'endormie; et lorsqu'elle se réveille, elle opère des prodiges de piété, de pénitence, d'abnégation et de dévouement. On dirait que la grâce de Dieu vise aux contrastes les plus étranges : d'un militaire débauché elle fait un trappiste; d'un lion, un agneau. Elle semble se complaire à ces coups-là.