‹ Histoire de l'abbé de Rancé et de sa réformeChapitre 332 sur 445 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

L'abbé de Rancé publie deux volumes où il raconte les merveilles de la grâce dans vingt et un de ses religieux morts depuis plusieurs années ; le colonel d'Albergotti se retire à la Trappe et y fait profession; Bossuet y vient aussi pour la dernière fois (1696).

La Relation de la vie et de la mort du comte de Santéna avait produit des impressions profondes et des fruits de pénitence et de salut dans l'âme de ceux qui l'avaient lue sans prévention. Les plus touchés et les plus attendris ne pouvaient résister au besoin d'en remercier et d'en féliciter l'abbé de Rancé. On lui adressa un grand nombre de lettres à ce sujet ; nous ne citerons que celle de M. de la Quère, gentilhomme qui avait quitté l'armée et le monde pour se retirer à Notre-Dame-des-Anges, en Provence. « Il y a deux jours, écrivait-il le 2 novembre, qu'on a lu ici au réfectoire la vie de Frère Palémon, autrefois comte de Santéna. Il y avait dix ecclésiastiques à table, dans l'esprit desquels cette lecture a excité des mouvements de piété si effectifs, qu'il y en eut qui prirent des résolutions d'aller à la Trappe, d'autres de se faire Chartreux; la plupart en furent si touchés de componction qu'ils ne purent retenir leurs larmes. Et en gé-

(1) Voici ce qu'on lit dans un Mémoire historique sur la vie et les écrits de M& d'Inguimbert, par M. l'abbé de Saint-Véran, son neveu (Biblioth. de Carpentras, MS.) : « On

remarque dans le nouvel hôpital la salle du bureau, où se trouve le portrait de

l'abbé de Rancé peint par le fameux Rigaut. Ce portrait fut donné à Clément XII par le marquis de Saint-Simon, et par ce Pape à Dom Malachie d'Inguimbert. Rigaut, pour venir à bout de peindre l'abbé, fut obligé de contrefaire le fol, etc. » — Il existe à l'hôtel de ville de Carpentras une pièce intitulée : Rôle des tableaux et autres objets que Dom d'Inguimbert apporta de Rome en 1736, et sur la liste des tableaux, art. 22, on lit : Portrait de l'abbé de Rancé.

(2) Rien n'est plus facile à vérifier, puisque Saint-Simon dit que, l'abbé de Rancé ayant la main droite ulcérée et ne pouvant s'en servir, comme il est peint sur l'original la plume à la main, il a fait écrire cette circonstance derrière la toile et la manière dont il avait été peint de mémoire, pour qu'à l'avenir cela ne fît point erreur.

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