‹ Histoire de l'abbé de Rancé et de sa réformeChapitre 348 sur 445 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

L'abbé de Rancé se trouve mêlé, sans le vouloir, dans l'affaire du Quiétisme (1696).

Nous avons vu précédemment comment le Molinosisme s'était propagé à travers l'Italie et avait envahi les provinces méridionales de la France, où l'abbé de Rancé l'avait déjà attaqué par ses lettres et vaincu dans l'âme de plusieurs personnes qui s'étaient laissé séduire. Le voici qui se tempère, qui s'adoucit pour pénétrer à Paris dans ce monde léger et frivole, dans cette société amollie, mais toujours croyante, et même assez portée au mysticisme. C'est une femme exaltée et séduisante qui s'en fait l'apôtre. Elle prêche je ne sais quel repos de l'esprit humain , l'anéantissement de toutes ses puissances, une indifférence totale pour la vie et la mort, pour le paradis et l'enfer, un état extatique de pur amour, vague et indéfini, dans lequel il n'y a plus rien pour le corps. Et cependant, fatalement, le corps

(1) Lettres de piété, t. II, p. 71.

(2) C'est ce que nous voyons dans les Lettres de piété de l'abbé de Rancé, et dans de« pièces manuscrites de la Bibliothèque de Grenoble.

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