‹ Histoire de l'abbé de Rancé et de sa réformeChapitre 397 sur 445 · LIVRE XII, CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE XII, CHAPITRE VIII

moines avec leurs coules blanches eurent pris place dans leurs stalles ; que les lords et les officiers anglais se furent agenouillés aux bancs des hôtes, on vit avec la plus profonde émotion le père et le fils s'avancer chacun avec un cierge à la main et se prosterner devant l'autel, en présence de l'abbé de la Trappe, l'un pour se faire religieux, l'autre pour se faire catholique : le père dans l'ordre de la nature était devenu l'enfant dans l'ordre de la grâce; il y avait eu entre eux un échange sublime de vie.

Il y eut un instant de saisissement général. Il ne manquait à cette grande et magnifique scène qu'une voix grande et magnifique comme elle, celle de Bossuet ou de l'abbé de Rancé (1).

Le Frère Alexis ne tarda pas à convertir aussi sa mère, sans la voir, sans lui parler, mais en priant et en pleurant pour elle ; sa prière et ses larmes l'atteignirent par delà les mers (2). Il mourut bientôt après, à peine âgé de vingt-trois ans. Il avait sauvé son âme, celles de son père et de sa mère. C'était là sa destinée : il l'avait remplie, il n'avait plus rien à faire sur la terre. Dieu se hâta de le rappeler dans le Ciel pour lui donner trois couronnes.

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