LIVRE VII, CHAPITRE II. Il
Enfin, la conclusion était que ce récit, quoiqu'il se trouvât dans la plupart des anciens manuscrits (1) , devait être regardé comme supposé, et qu'il fallait le retrancher dans la nouvelle édition des œuvres de saint Bernard. Mabillon fut de l'avis de l'abbé de Rancé, et donna les mêmes raisons.
C'est pour la première fois que ces deux hommes, si dignes l'un de l'autre, se rencontrent, s'interrogent et se répondent, qu'ils s'ouvrent leur esprit et leur cœur. Sans doute , l'abbé de Rancé pouvait apprendre beaucoup de choses de Mabillon ; mais celui-ci pouvait en apprendre aussi beaucoup de l'abbé de Rancé. Le célèbre Bénédictin le reconnaît assez en le consultant : cette consultation est une preuve de plus que c'était un vrai savant, car les demi-savants font parade de ne rien ignorer, et ils ne consultent presque jamais. Ils ressemblent à ce solitaire d'Orient, qui s'imaginait que le soleil ne luisait que dans sa cellule.