‹ Histoire de l'Académie française (volume 2)Chapitre 34 sur 158 · II. Perrault ayant envoyé ses Parallèles à M. Huet · texte numérisé non relu

II. Perrault ayant envoyé ses Parallèles à M. Huet

^ Le poëme du Siècle de Louis le Grand, ov'igme de la querelle, fat lu dans T Académie le 27 janvier 1687. (o.) — En 1687, la liste des Académiciens comprenoit messieurs : Renouard de Villayer, Bussy-Rabutin, friand de Lavau, Bergeret, Racine, Charles Perrault, Bossuet, Tabbé Jacques Testu, Gallois, Thomas Corneille, le duc de Coislin, Tabbé Tallemant, Charpentier, de Tourreil, le cardinal d'Estrées, Pellisson,Quinaalt, Potier de Novion,le comte d*Avaux, de Chaumont, Boyer, le marquis de Dangeau, Boileau- Despréaux, La Fontaine, Tabbé de Dangeau, Segrais, Tabbé de La Chambre, Harlay de Champvalon, le comte de Crécy, le duc de Saint-Aignan, Jean Doujat, B .'n^erad i, Huet, Barbier-d^Aucour, Fléchier, Rose, Colbert, archevêque de Rouen, Régnier des Marais, Tabbé François Tallemant. Une i lace étoit inoccupée : c'étoit celle de Furetière, exclu en 1685, et qui ne fut remplacé qa*en 1688. •

L'abbé d'Olivet met hors de cause Bossuet et Fléchier : leur opinion valait cependant bien qu'on cherchât à l'exposer.

* Sans nommer personne, il y attaque formellement Pierre Perrault, qui avoit publié une défense de l'opéra d\ilcestêf par Quinault. Voyez V Histoire de la querelle des anciens et des modernes^ par M. H. Rigault, p. 132. — Nous ne pouvons recommencer ici à trniter cette question, épuisée dans le savant ouvrage auquel nous renvoyons.

celuî-cî entreprit de le tirer d'erreur, par une lettre insérée dans le recueil de ses Dissertations^ outre qu^il revient encore plus d'une fois à la charge dans Huetiana^ livre qu'on peut regarder comme son testament littéraire.

III. A regard de La Fontaine, sans toucher ici a ses autres ouvrages, contentons-nous d'une épitre qu'il composa dans le fort de la dispute, et où, après avoir dit nettement :

Que faute d'admirer les Grecs et les Romains^ Oq s'égare en voulant tenir d'autres cbemins^

il ajoute :

Je vois avec douleur ces routes méprisées.

Arts et guides^ tout est dans les champs Élysées.

J'ai beau les évoquer, j'ai beau vanter leurs traits,

On me laisse tout seul admirer leurs attraits.

Térence est dans mes mains; je m'instruis dans Horace;

Homère et son rival sont mes Dieux du Parnasse.

Je le dis aux rochers : on veut d'autres discours ;

Ne pas louer son siècle est parler à des sourds.

Je le loue, et je sais qu'il n'est pas sans mérite,

Mais près de ces grands noms notre gloire est petite '.

IV. Homère étant un des anciens, contre qui Perrault s'est le plus déchaîné, l'abbé Régnier essaya de le faire connoître par une traduction en vers françois du premier livre de V Iliade^ ^ précédée d'une longue préface

^ Épitre à M. Huet, en lui donnant un Quintilien traduit par Toscanella. (o.)

' Despréaux écrivait à ce sujet à Brossette : « \\ paroît ici une traduction en vers du 1" livre de V Iliade d'Homère, qui, je crois, va donner cause gagnée à M. Perrault... Cette traduction est cependant d'un fameux Académicien,. et qui la donne, dit-il, au

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OÙ il montre, non-seulement beaucoup de zèle, mais beaucoup de raison et de goût.

V. Je ne dis rien de M. Despréaux. On ne sait que trop avec quelle vigueur il combattit. Il ne se contenta pas d'aiguiser, il empoisonna ses traits.

Pour anéantir donc Homère, Sophocle, Euripide, Térence, Virgile, Horace ; pour opposer à Racine, à Huet, à La Fontaine, à Régnier, à Despréaux, nous avonsd'Académiciens, jusqu'en 1687: MM. de Lavauet Charpentier, guidés par M. Perrault, qui avoit eu pour précurseur M . Desmaresls.

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