DES VISITES
nous nous expliquâmes dans le public sur notre élection future, afin que deux ou trois concurrents qui méritoient des égards n'eussent point à nous reprocher de leur avoir laissé faire des pas inutiles. Pendant que cela se passoit ainsi, notre candidat revint de sa campagne pour la rentrée du Parlement, et il se rendit, selon l'usage, à la buvette, où quelques-uns de ses confrères, animés peut-être d'un peu de jalousie, se diveHirent à représenter combien il seroit glorieux à l'ordre des avocats qu'un de ses dignes suppôts allât de porte en porte mendier nos suffrages. Telle fut Famertume de leurs plaisanteries, que non-seulement il promit de ne voir aucun de nous, mais il s'imposa ipême la loi de le déclarer publiquement, et il tint parole.
Tous les ordres, vous le savez, ont leur petit orgueil. Autre chose est, dirent nos capitulants, de ne point rendre de visites 5 autre chose, d'assurer et de publier qu'on n'en veut point rendre. Une pure civilité, qui n'a blessé ni les chefs du Parlement, ni les maréchaux de France S ni les prélats, fussent-ils membres du sacré collège^, peut- elle blesser Tordre des avocats? Quoi qu'il en soit, notre chapitre général ayant été convoqué dans les règles, nous fîmes un autre choix sans qu'il fût dit une parole concernant l'homme de mérite que nous avions regardé pendant un mois, et avec un sensible plaisir, comme un confrère désigné.
Paris a raisonné là-dessus, comme sur toute autre
L'Académie française comptait alors, pour la première fois, deux maréchaux de France : le duc deVillarset le duc d'Estrées. * Les cardinaux Fleury, de Polignac et d'Estrées.