‹ Histoire de l'Académie française (volume 2)Chapitre 87 sur 158 · ORDONNANCES, ETC · texte numérisé non relu

ORDONNANCES, ETC

et en qui nous avons une plaine confiance, que plusieurs de l^ dite Académie qui ont des procès dans des autres pariemeot^ seroient obligez de les y aller poursuivre, ce qui les esloignerov^ pour longtemps desdites fonctions et assemblées académique^/' et causeroit un grand retardement à leurs travaux : pour empe*-^ cher que ce mal n'arrive, après avoir fait voir en notre conser ledit édit de création de ladite Académie où le privilège di committimus luy est accordé, de Tadvis de nostre conseil et de nostre plaine puissance et authoritéRoyalle nous avons restably et restablissons par ces présentes, signées de notre main, à Tesgard de l'Académie françoise, pour en jouir à l'avenir plainement et paisiblement par tous les Quarente dont elle est cooh posée, comme ils en jouissoient avant la réduction faicte sur ce sujet par notre ordonnance du mois d'aoust mil six cent soixante neuf, à laquelle nous desrogeons pour ce regard seulement par ces présentes ; voulons que les Quarente de l'Académie françoise jouissent dudit droit de committimus au grand sceau» comme les officiers, domestiques et commenceaux de nostre maison» et comme nos conseillers secrétaires de la maison et couronne de France, sans qu'à présent ni à l'advenir il leur y soit donné aucun empeschement.

Si donnons en mandement à nos amez et féaux conseillers les gens tenant nostre cour de parlement à Paris, maistres des requestes ordinaires de nostre hostei, et à tous autres nos justiciers et officiers qu'il appartiendra, qu'ils fassent lire et regisr trer ces présentes et jouir de ce qui y est contenu lesditz Quarente de l'Académie françoise et leurs successeurs à l'advenir, faisans cesser tous troubles et empeschements contraires. EX parce qu'on pourra avoir affaire des présentes en divers lieux, nou» voulons qu'aux coppies collationnées par un de nos amez et féauxconseillers secrétaires foy soit adjousléecomme à l'originaL Mandons au premier nostre huissier ou sergent sur ce requis de faire pour l'exécution d'icelles tous exploits nécessaires , sans demander autre permission, nonobstant oppositions ou appellations quelconques, pour lesquelles nous ne voulons qu'il soit différé, desrogeant, pour cet effect, à tous édits, ordonnances.

déclaratioDS^ arrestez^ règlements et autres lettres à ce contraires. Car tel est nostre plaisir. En tesmoin dequoy nous ayons faict mettre nostre scel à cesdites présentes.

Donné à Saint-Germain-en-Laye, le cinquiesme jour du mois de décembre^ Tan de grâce mil six cent soixante treize^ et de nostre Règne le trente-unième. Signé : LOUIS. Et plus bas : Par le Roy: Golbert. Et ensuite est escrit : Registrées ouy et ce consentant le procureur général duRoy^ pourestre exécutées et jouyr par les Quarente de l'Académie de Teffet et contenu en keUes selon leur, forme et teneur, suivant Tarrest de ce jour. A Paris^ en Parlement, le dix-sept février mil six cens soixante et quatorze.

On sait que les membres de l'Académie sont ordinairement rangés par fauteuils sur les listes où ils se succèdent. L'origine de ces listes par fauteuils est rapportée ainsi par Laplace, dans ses Pièces intéressantes pour servir à l* histoire de la littérature :

«Le cardinal d'Estrées^ dit Laplace, devenu très-infirme, et cherchant un adoucissement à son état dans son assiduité aux assemblées de l'Académie, demanda qu'il lui fût permis de faire apporter un siège plus commode que les chaises qui étaient alors en usage; car il y avoit seulement un fauteuil pour le Directeur. On en rendit compte à Louis XIV, qui, prévoyant les conséquences d'une pareille distinction , ordonna à l'intendant du garde-meuble de faire porter quarante fauteuils à l'Académie, et confirma par là l'égalité académique.»

L'abbé d'Olivet termine son ouvrage par une liste des Académiciens rangés par fauteuils; mais l'ordre qu'il suit est trèsarbitraire. Nous essayerons de présenter une classification fondée sur le texte de Pellisson et nos recherches particulières.

1 Voy. p. 22.

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