‹ Histoire de l'Académie française (volume 3)Chapitre 13 sur 89 · QUI SE SONT PASSEES DANS L ACADEMIE · texte numérisé non relu

QUI SE SONT PASSEES DANS L ACADEMIE

J'ajouterai maintenant, suivant ma promesse, quelques choses considérables, qui se sont passées dans l'Académie, et que je n'ai pu commodément ranger ailleurs.

Celle qui se présente la première, par l'ordre des temps, que je garde autant que je puis en chaque article, est la générosité que l'Académie témoigna après la mort de Camusat, son libraire, ayant en faveur de sa veuve et de ses enfants résisté, pour ainsi dire, à la volonté du Cardinal, son protecteur. Aussitôt après cette mort, M. de Boisrobert, qui étoit alors à Abbeville avec lui, écrivit à l'Académie ', « que son Eminence en ayant eu la nouvelle, bien qu'elle jugeât qu'il n'y avoit aucun homme dans Paris plus capable de remplir cette place

1 Registres, 3 juillet 1659.

que Cramoisv, son libraire, qu'elle esliinoit et qu'elle affectionnoit, n'avoit pas voulu toutefois user de l'autorité qu'elle avoit comme leur chef, pour leur commander de le recevoir; mais avoit désiré seulement qu'il le leur proposât avec cette condition que, s'ils en savoient quelque autre qui leur fût plus propre, ils le pussent prendre ; ne désirant en façon quelconque, ni en cela, ni en toute autre chose, violenter leur choix. » Par apostille il étoit ajouté : « Depuis ma lettre écrite. Monseigneur m'a envoyé quérir en fort bonne compagnie, pour me dire que vous lui feriez plaisir de prendre ledit sieur Cramoisy: je vois bien qu'il affectionne cette affaire, dont il m'a fait l'honneur de me parler trois fois. »

Néanmoins la veuve de Camusat voulant continuer son commerce, et ayant avec elle pour cet effet un nommé Du Chesne, parent de son mari, homme de lettres, qui maintenant est docteur en médecine, l'Académie désira de conserver cet honneur à sa famille, et répondit • à M. de Boisrobert de telle sorte que, sans s'éloigner du respect qu'elle devoit au Cardinal, et se soumettant toujours à suivre ses volontés, elle lui faisoit assez connoître qu'il étoit juste d'en user ainsi. Cette lettre eut l'effet qu'on souhaitoit; et M. de Boisrobert en écrivit bientôt une autre au Secrétaire de l'Académie^, contenant l'approbation du Cardinal, et le consentement qu'il donnoit que Du Chesne fût reçu pour exercer la charge au nom de la veuve. Ainsi, après

1 Registres, 1 1 juillet 1G59. — '- Registres, 26 juillet 1659.

ARRIVÉES DANS L'ACADÉMIE. i:9

qu'on eut ordonné une réponse à M. de Boisrobert, pour le remercier, et pour le charger de faire aussi des remercîmcnts très-liunibles au Cardinal ; Du Chesne fut introduit dans l'assemblée', prêta le serment au nom de la veuve, et fut exhorté d'imiter la discrétion, les soins, et la diligence du défunt. Et parce qu'en la mort de M. Bardin, l'un des Académiciens, il avoit été résolu qu'il seroit l'ait à tous ceux du Corps qui mourroient, un service dans les Carmes réformés, dits des Billettes, il fut arrêté qu'on en feroit un aussi à Camusat-, et ce fut l'honneur que cette Compagnie rendit à la mémoire de son libraire.

Or touchant la lettre de M. de Boisrobert à l'Académie, il me semble q>ie je ne dois pas oublier cette petite circonstance. Il avoit signé : Votre très-humble et très-obéissant serviteur. L'Académie, qui vouloit répondre en corps, afin que la lettre eût plus d'effet en faveur de la veuve, se trouva en peine comment elle mettroit au bas. D'un côté tout le Corps écrivant à un de ses membres ne devoit pas en apparence le traiter d'égal , et de l'autre, le mot simple de très-afectionnés serviteurs^ par l'usage, sembloit être trop peu civil, et ne se pouvoit même écrire qu'à des personnes fort inférieures. Enfin on prit ce milieu, de signer : Vos trèspassionnés serviteurs, CoxRART, comme étant un peu plus civil que très-affectionnés , et moins que très-humbles.

Maintenant j'ai à parler d'une autre mort plus consi-

1 Registres, 20 juillet 16Ô9.

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dérable, et que je ne saurois passer sous silence, qui fut celle du Cardinal nit^me, Protecteur et Instituteur de ce Corps. Si elle fut nuisible à l'Etat, comme je Tai toujours cru, ce n'est pas ici le lieu d'en rien dire-, mais il est bien certain pour le moins que les gens de lettres, et l'Académie en particulier, y firent une perte presque irréparable. Le 9 de ce même mois', la Compagnie s'étant assemblée, M. de l'Estoile, qui avoit été fait Directeur huit jours auparavant, dit : « Qu'il n'y avoit, à son avis, personne dans tout le Corps, qui ne fût trèssensiblement touché de ce malheur et qui ne fût disposé à le témoigner, non-seulement en ordonnant un service, et en composant un Eloge à M. le Cardinal, comme on avoit accoutumé de faire aux Académiciens qui mouroient, mais encore en lui fondant un anniversaire avec le plus de solennité qu'il seroit possible ; que néanmoins toute cette pompe regardant plutôt la satisfaction des vivants que la gloire des morts, il estimoit que l'Académie devoit plutôt donner des preuves de sa piété et de sa reconnoissance, par des actions promptes et dévotes, que par un grand apparat qu'il faudroit retarder longtemps 5 qu'il prioit donc la Compagnie de délibérer ce qui étoit à faire pour ce regard. »

Sur cette proposition, il fut résolu qu'on feroit un service aux Carmes des Billettes à M. le Cardinal, aux dépens de la Compagnie, chacun y contribuant ce qu'il voudroit, afin que cette action se fît plus honorablement, et avec plus de dignité : que M. de la Chambre

' Registres, 9 décembre IGi^.

lui feroit un éloge, M. de Serizay une épitaphe, et M. l'abbé deCerisy une oraison funèbre; que cbaeun des autres Académiciens composeroit quelque ouvrage de vers ou de prose à sa louange, comme plusieurs avoient déjà fait ', et M. Baro, entre autres, duquel on lut à l'heure même un sonnet sur l'église de Sorbonne, où le Cardinal avoit choisi son tombeau. Or quant à l'oraison funèbre, les voix furent partagées^, pour savoir si on la prononceroit en public ou non ; et comme je l'ai dit ailleurs, on s'en remit à M. le Chancelier, qui trouva bon qu'elle fût prononcée seulement dans la Compagnie; ce qui fut fait quelque temps après. Pour le service, on jugea depuis qu'il étoit plus à propos qu'il fût seulement avec bienséance et sans pompe. M. de lEstoile, Directeur, demanda qu'il lui fût permis d'en faire seul les frais 5 cela lui fut accordé, et le service fut célébré le 20 du même mois, à dix heures du matin.

Mais la chose la plus importante pour l'Académie étoit de choisir un Protecteur, en la place de celui qu'elle venoit de perdre. Plusieurs penchoient vers le cardinal Mazarin, sur le sujet duquel l'envie et les factions n'avoient point encore partagé les esprits, et que tout le monde voyoit avec plaisir succéder dans le ministère au cardinal de Richelieu. On jugeoit même que cette élection lui seroit d'autant plus agréable que, n'étant pas né François, elle sembloit lui être en quelque sorte plus glorieuse.

D'autres pensoient à M. le duc d'Enguien, mainte-

' Voir aux pièces justificatives.

* Registres, Ifi (iécembre 1(515.

liant prince deCondé, qui n'avoit pas encore gagné des batailles, ni fait les choses qu'on a admirées depuis, dans les premières années de la Régence, mais en qu i on voyoit déjà briller, en une grande jeunesse ', beaucoup d'esprit, et beaucoup d'inclination aux belleslettres.

Tous ceux au contraire qui étoient dans l'Académie, dépendants ou serviteurs de M. le Chancelier, désiroient avec passion de lui acquérir ce titre : et il sembloit que personne n'y avoit plus de droit que lui. Dès le commencement de l'Académie, lorsqu'il demanda d'y être reçu, on avoit parlé de le faire Protecteur avec le Cardinal : mais on ne passa pas plus outre, de peur de déplaire à ce ministre, qui avoit déjà donné quelques marques de jalousie sur ce sujet. Ainsi tout l'honneur qu'on lui fit alors fut de mettre son nom le premier dans le tableau, et à quelque distance des autres, qu'on y avoit rangés par sort. 1^' Académie pourtant l'avoit toujours eu depuis en une vénération particulière. Elle avoit député vers lui pour le remercier de ce qu'il lui vouloit faire l'honneur d'en être-, et quand de garde des sceaux il devint chancelier de France, elle lui écrivit une lettre pour lui en témoigner sa joie. Il sembloit donc qu'elle ne pouvoit alors raisonnablement jeter les yeux que sur lui, puisqu'elle l'avoit toujours si fort considéré; qu'en sa naissance il lui avoit témoigné tant d'affection-, et que d'ailleurs étant élevé à la première dignité de la robe, il aimoit ceux qui faisoient profes-

J 11 l'ioil lu le 8 septembre 16:21.

sion des lettres, et les favorisoit en toutes rencontres. Ces raisons l'emportèrent aussi sur les autres, dans l'esprit des Académiciens, et en la même assemblée du 9 décembre, il fut résolu que les officiers, avec Messieiu's de Priézac, Cbapelain et de Sérisay, iroient le supplier d'honorer la Compagnie de sa protection. Les ofiiciers, qui sont d'ordinaire trois, n'étoient alors que deux, parce que M. Conrart, Secrétaire perpétuel, avoit été fait Chancelier, ces deux charges n'étant pas incompatibles, comme je vous l'ai dit. M. de l'Estoile, qui étoit le Directeur, porta la parole pour tous le 17 du même mois. Son compliment est assez beau pour être inséré ici :

Monseigneur,

Nous, faisons assez connoître que toutes les grandes douleurs ne sont pas muettes, puisque celle de la mort de AI. le Cardinal nous laisse encore assez de voix pour vous supplier de ne nous abandonner pas dans ce malheur. Que s'il reste encore à ce grand génie quelque soin des choses d'ici-bas, il sera bien aise que vous soyez le support d'une Compagnie qu'il aimoit comme son ouvrage. Il vous en prie, Monseigneur, et par Tétroite affection qui vous attachoit à lui et par celle que vous portez aux belles-lettres. Vous ne l'avez jamais refusé de rien, et c'est ce qui nous fait espérer que la tempête nous jettera d'un port dans un autre, et qu'enfin nous recouvrerons en vous ce que nous avons perdu en lui, c'est-à-dire un Protecteur, non-seulement illustre par sa naissance et par sa dignité, mais aussi par sa vertu. Nous en dirions davantage et n'en dirions pas encore assez; mais votre modestie et notre déplaisir ne nous permettent plus de parler que pour vous assurer. Monseigneur, qu'une protection si glorieuse que la vôtre est le plus grand de nus

désirs, que nous voulons nous l'aire des lois de vos volontés, et que nous sommes tous en générai, et en particulier, Vos... etc.

Us furent reçus avec grande civilité et avec beaucoup de témoignages de joie. M. le Chancelier commença alors d'être Protecteur, et on remplit la place d'Académicien qu'il occupoit auparavant, comme je dirai dans l'article des Académiciens en particulier.

Pour achever celui-ci, il me semble que je suis obligé de rapporter ce que diverses personnes ont dédié, adressé ou écrit en divers temps à l'Académie '.

M. d'Espeisses^, conseiller d'État, fut le premier, que je sache, qui écrivit quelque chose en son honneur. Car le 19 juin 163i, il lui fit présenter par M. de Cerisy et Desmarests quelques vers françois à sa louange. Ces deux Messieurs eurent cliarge de l'en remercier, et de répondre même à ses vers par d'autres.

Ce fut environ ce même temps, que l'aîné de Messieurs de Sainte-Marthe fit présenter à l'Académie, par M. Colletet, de beaux vers latins sur le même sujet, qui commençoient :

Salve perpeiuis florcns Academiafastis,

1 Dans le dénombrement que M. Pellisson va faire des personnes qui ont dédié ou adressé de leurs ouvrages à l'Académie, il oublie son ami M. Sarasin, qui, sous le nom de Sillac d'Arbois, adressa à l'Académie en 1638 son Discours sur Y Amour tyrannique de Scudéry. (p.) — Au sujet du discours de Sarasin, voyez une lettre de IJalzac à Cliapelain. (Voyez, sur ces divers ouvrages, les /'/éccs jus/ificnlires )

2 Registres, 19 juillet 1654.

ARRIVÉES DAINS L'ACADÉMIE. J3o

et qui turent reçus, comme j'ai appris, avec toute l'estime et toute la civilité qu'ils méritoient, bien qu'il ne s'en trouve rien dans les registres.

Le sieur de La Peyre, en l'année 1635 ' , dédia à cette Compagnie son livre De V Eclaircissement des Temps^ avec ce titre : A rEminente^ qui a fait croire depuis à plusieurs qu'elle s'appeloit Y Académie Éminente. Il fut ordonné que Messieurs de Gomberville et de Malleville iroient l'en remercier chez lui. Ce fut en ce livre que ce bon homme, qui avoit souvent des imaginations fort plaisantes, fit mettre le portrait du Cardinal en taille douce avec une couronne de rayons tout autour, chacun desquels étoit marqué par le nom d'un Académicien. Ce qui est de meilleur, c'est qu'entre ces Académiciens il mit M. de Bautru-Chérelles, qui ne l'étoit pas : et celui qui a fait Y Etat de la France en l'année 1652, y ayant voulu insérer le nMe des Académiciens, pour l'avoir peut-être pris de ce lieu, est tombé dans la même faute.

Le sieur Belot'^, avocat, dédia aussi à l'Académie en ce temps-là, si je ne me trompe, un livre que je n'ai pu trouver, et dont il n'est point fait de mention dans les registres, intitulé : Apologie de la langue latine^ et c'est

' Registres, 3 décembre 163o.

- M^ Micliel Belot, avocat au conseil privé du Roi, étoit né vers 1605 ; il étoit fils de M^ André Relut, procureur au Grand Conseil, et fut reçu avocat dès 1624, à dix-neuf ans; on le voit en 1630 (8 janvier) accusé d'avoir atïiché des (dacards séditieux et interroge pour ce fait par l'académicien Jean Doujat, alors conseiller en la Cour du Parlement.

(CoUecl. des >bs. de Dupuy, t. 751-756.)

ce qui a donné occasion à ce bel endroit de la Requête

des Dictionnaires :

La pauvre langue latiale Alloit être troussée en maie.

Si le bel avocat Belot, etc.

M. Frénicle' ayant fait imprimer des Paraphrases sur quatre psaumes chez Camusat, le chargea par une lettre de présenter un exemplaire de son livre à chacun des Académiciens; cela fut exécuté le 1" de février 1638, et la Compagnie ordonna qu'il en seroit remercié de sa part, parle même Camusat.

Le sieur de Lesfargues, Toulousain, maintenant avocat au Conseil, fit premièrement présenter à l'Académie une Paraphrase du seco?id psaume \ par Camusat qui Tavoit imprimée, et depuis encore il fut introduit dans la Compagnie assemblée ^, pour lui présenter sa traduction des Controverses de Sénèqiie, qu'il lui dédioit. Il en fit distribuer un exemplaire à chaque Académicien. L'Epitre liminaire fut lue en sa présence, et il en fut remercié par la bouche du Directeur. C'est pour cette raison que dans la même Requête des Dictionnaires il

est dit :

Et le Sénèque faisoit nargue A votre candidat Lesfargue.

En l'année 1041 ■*, le Père du Rose, cordelier, prédicateur du Roi, connu pour être l'auteur de XHon7iête Femme ^ et de plusieurs autres ouvrages, après avoir

1 Registres, !«■• février 1638. — '^ Registres, 28 juin 1658. — ^ Registres, 51 janvier 1659. — * Registres, 16 novembre 1611.

arkivél;s dans l"acadi:;mi1'. 137

fjiit imprimer un Panégyrique du cardinal de Riclielieu, se présenta à Tenlrée dune des conférences de l'Académie et offrit un exemplaire de son livre à chacun de ceux qui s'y trouvèrent, dont il fut loué et remercié.

Le sieur Le Taneur ayant publié . en Tannée 1630, un traité des quantités incommen-nirables . avec la traduction du dixième livre d' Euclide . y ajouta un fort beau discours à Messieurs de l'Académie françoise, sur le moyen d'expliquer les sciences en françois.

Ceux du Corps ont souvent présenté à l'Académie leurs ouvrages avant 1 impression ou après. Par exemple, je trouve que le 21 février 1639, M. Girv lui fit présenter par Camusat sa traduction des Harangues de Symynaque et de saint Ambroise sur l'autel de la Victoire- de quoi Camusat eut charge de le remercier.

M. de Racan. lorsqu'il eut composé ses Odes sacrées, qui ont été publieeslannée dernière (1651), les envoya à l'Académie pour lui en demander son avis, et lui écrivit la lettre qu'il a mise au devant. L'Académie lui fit la réponse qu'il a fait imprimer au même lieu, sans lui en demander permission, ni au Secrétaire qui l'avoit écrite et qui pourtant ne fait aucun tort à l'un ni à l'autre'.

Mais de tout ce qui a été écrit ou adressé à l'Académie, il n'y a rien dont la mémoire mérite mieux d'être conservée que des lettres de M. de Boissat, Académicien, où il lui rendit un compte exact, et de ce qui lui

1 On trouve ces deux lettres dans le Recueil des harangues de Messieurs de l'Académie , donné en 1G98 par J.-B. Coiynard , 1 vol. in-i°.

arriva chez M. le duc de Lesdiguières, qui n'étoit alors que comte de Sault. et de l'accommoderuent qui fat fait entre eux par l'entremise de la noblesse de Dauphiné. assemblée en corps'.

Je n'ignore pas combien les choses de cette nature sont déhcates et chatouilleuses parmi les François, et qu'il s'en pourra trouver qui me blâmeront d'avoir fait mention de celle-ci. en un ouvrage où je n'avois pas dessein de diminuer la gloire de l'Académie ni la réputation des particuliers qui la composent. Mais enfin je ne vois rien qui m'oblige à supprimer des événements remarquables , qui se rencontrent dans mon sujet, qui peuvent servir d'instruction et de préjugé en des occasions pareilles, quon publieroit peut-être un jour tout autrement qu'ils ne sont, et où, tout considéré, il n'y a aujourd'hui rien de fâcheux, ni pour cette illustre Compagnie qui n'avoit point de part à ce différend, ni pour M. de Boissat, gentilhomme, comme chacun sait, plein d'honneur et de mérite. J'en parlerai donc : et qui plus est. sachant bien d'un côté qu'une matière si curieuse ne vous ennuiera pas, et de l'autre qu'en ces points d'honneur on pèse jusqu'aux moindres syllabes, j'insérerai ici tout au long, nonseulement la copie de l'accommodement qui fut envoyée à l'Académie par M. de Boissat, mais aussi la lettre dont il l'accompagna, et la réponse qu'elle y fit.

Que si je supprime la première lettre qu'il écrivit à cette Compagnie, et qui contenoit une narration parti-

1 Vuii aux |)ièce- juslilicalives.

ARRIVÉES DANS LACADEMIE. 13U

culiére de son malheur et des choses qui avoient précédé, c'est parce que j'ai appris qu'il tâche à la supprimer lui-même, par un mouvement de véritable générosité, pour ne laisser aucune marque de ressentiment ni d'aigreur contre des personnes avec lesquelles il est tout à fait réconciUé, dont, en mon particuher, j'honore comme je dois la qualité et la naissance.

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