DE COLOMBY
François de Cauvigny, sieur de Colomby ', étoit de Caen en Normandie, parent de Malherbe '^, dont il fut disciple et sectateur. Il étoit aussi parent de M. Morant, trésorier de l'Epargne, qui lui fit donner pension et l'en faisoit payer. Il avoit une charge à la Cour, qui n'avoit point été avant lui, et n'a point été depuis-, car il se qualifioit orateur du Roi pour les affaires d! Elat^^ et c'étoit en cette qualité qu'il recevoit douze cents écus tous les ans. H tiroit aussi d'autres bienfaits de la Cour, et faisoit même vanité qu'on les crût beaucoup plus grands qu'ils n'étoient. Sur la fin de ses jours, il prit la soutane, mais ne se fit pas prêtre. 11 mourut à l'âge de soixante ans. Il étoit de grande taille, et fort puissant, d'une humeur ambitieuse, et concerté en
' On lit CouLOMCY dans sa Plainte de la belle Calisfon, el CoL- LOMBY dans son Justin, (o.)
' On trouve à la page 28 du Recueil de Favet une lettre où Malherbe appelle Colomby « monsieur mon cousin. » — Voy. cidessus, p. 203, un passage de la Vie de Malherbe, par Racan.
' 11 falloil dire : pour les discours d'État, comme on le voit dans la liste de ses ouvrages, (o.)
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toutes ses actions. Il n'estimoit pas M. Coëffeteau, et blàmoit presque tout ce qu'il voyoit de lui.
On trouve de ses vers en plusieurs des recueils imprimés, et de ses lettres dans le recueil de l'an 1637 '. Son principal ouvrage est la traduction de Justin ^, imprimée en l'an 1627 ', qu'il dédia, d'une manière assez nouvelle, au Roi et à la Reine sa mère, par deux épîtres dédicatoires. On voit aussi de lui une partie du premier livre de Tacite en françois, avec des observations, qu'il fit imprimer en l'an 1613*.
J'ai vu encore un discours manuscrit à M. le duc d'Orléans, pour l'obliger à retourner en France, d'oij
1 Apparemment il faut lire ici ; de l'an 1627; car je crois qu'on veut dire le Recueil de Faret. (o.) — H y a, en effet, dans ce Recueil, plusieurs pièces signées de Coulomby -Cauvigny .
Ce ne sont pas, à proprement parler, des lettres que l'on trouve ici de Colomby, mais de véritables discours et lettres d'État; ainsi, page 100 : Discours de consolation ati président Jcannin sur la mort de sa femme ;
Lettre d'État sur le sujet de la main-levée du temporel des ecclésiastiques dcBéarn, autrefois affecté aux gages et pensions des ministres de la religion prétendue réformée; — (p. 157.)
^u Roij, sur l'utilité de l'histoire; — (p. 172.)
^ Tanneguy Le Fèvre estimoit celte traduction; il eu adonné une édition par lui retouchée, avec des notes, à Saumur, 1672. (o.)
^ En 1616, selon le catalogue de d'Olivet.
* « Sçauroil-on mêler, dit Ralzac écrivant à Chapelain, la raillerie et le tout de bon avec plus d'adresse sur le sujet de l'adieu de M. de Colomby à l'Académie, de la malédiction qu'il a donnée à son siècle, et du peu d'intelligence qui étoit entre lui et Tacite au temps même de leur plus grande familiarité. » (Letlre du [^^ août 1610, liv. XXI, let. 21.)
il s'étoit retiré mal content; et c'est là qu'il signe :
Votre irès-hximble serviteur et orateur.
J'ai ouï parler aussi dune pièce qu'il avoit faite contre l'Astrologie judiciaire^ et d'un traité de la Souveraineté ', et ne doute point qu'il n'y en ait plusieurs autres sur les affaires du temps, comme des lettres, des apologies, etc. Mais en général, je vous avertis ici que je ne prétends pas ne rien oublier de ce qu'ont fait les personnes dont je parle. En un pays comme la France, où on a presque toujours négligé cette sorte de mémoires, c'est bien assez qu'on puisse prendre pour vrai ce que je dirai, sans rejeter comme faux ce que je ne dirai point. Et c'est, si je ne me trompe, avec cette même discrétion qu'il faut lire toute sorte d'écrivains, jusques aux plus exacts, à qui après tout il est impossible qu'il n'échappe beaucoup de choses.