‹ Histoire de l'Académie française (volume 3)Chapitre 37 sur 89 · DE MONTEREUL · texte numérisé non relu

DE MONTEREUL

Jean de Montereul ', Parisien, et fils d'un avocat an Parlement, après avoir fort Lien étudié, commença lui-même par le barreau ; mais, à l'âge dedix-huit ou dix-neuf ans, il fut en Italie avec M. de Bellièvre'^, qui le donna au cardinal Antoine^, neveu du pape Urbain VIlï. Ce cardinal le fit cbanoine de Toul, ce qui

1 Jean de Montereul ou plutôt Montreuil, comme son frère Mathieu a signé le titre de ses Œuvres, était le fils aîné de Bernardin de Montreuil, avocat en Parlement; celui-ci même était le second fils de Jean Montreuil, aussi avocat en Parlement, On a de ce dernier une pièce de trois cents vers intitulée : Tombeau de Philippe Des Parles, qu'il publia en 1606, un Plaidoyer pour l'archevêque et le chapitre de Rouen dans la cause de la Fierté de Saint-Romain (1607), et enfin une Oraison fyinèbre de Al. le cardinal de Joyetise, archevêque de Rouen, in-S", 1616.

Bernardin de Montreuil donna en 1618 une traduction française de YHistoire grecque de saint Nicéphore, patriarche de Constantinople; son père fit l'épître dédicatoire. On y voit que le frère aine de Bernardin était gouverneur du prince de Joinviile, fils du duc de Guise et petit-neveu du cardinal de Joyeuse, auquel Jean de Montreuil avait été longtemps attaché.

2 M. de Beliièvre fut envoyé comme ambassadeur extraordinaire en Italie en 1635.

' Antoine Barberin, cardinal du saint-siége, grand aumônier de France, archevêque de Reims.

242 DES ACADÉMICIENS EN PARTICULIER, l'obligea de revenir en France -, et dès lors il fut retenu pour être secrétaire de M. le prince de Conti. Ce prince étoit alors au collège, et n'avoit pas encore besoin de son service : c'est pourquoi il ne laissa pas de prendre cependant d'autres emplois.

Il fut à Rome avec le marquis de Fontenay-Mareuil ', ambassadeur de France, en qualité de son second secrétaire; mais enfin M.Bouard, qui étoit le premier, ayant été retiré à cause de la disgrâce de M. de Thou, dont il étoit parent, Montereul devint le premier; et, avant cela môme, il ne laissoit pas d'avoir la principale part aux affaires.

Au retour de Rome, il fut, avec la même qualité de secrétaire de l'ambassade, en Angleterre, avec M. de Bellièvre ^, et enfin fut laissé pour résident en Ecosse. Il y servit fort utilement, car il étoit très-propre à la négociation, d'un esprit souple et adroit, fort concerté, et qui ne faisoit presque jamais rien sans dessein. Ce fut lui qui donna l'avis que l'Electeur Palatin devoit passer incognito en France, pour aller commander les troupes du duc de Weimar, et se saisir de Brisac, ce qui fut cause qu'on y pourvut et que l'Electeur fut arrêté en son passage. Ce fut lui aussi qui, pensant rendre un bon Service &u roi d'Angleterre, négocia qu'il fût mis

* François Duval , marquis de Fontenay-Mareuil , fut envoyé trois fois comme ambassadeur à Rome, en 1641 d'abord, puis en 1643, et enfin même en 1647.

^ En 1647. — Cependant V Annuaire historique de la Société de l'histoire de France, qui donne celte date, place l'envoi de Jean de Montreuil comme résident en Ecosse eu 16i5.

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