‹ Histoire de l'Académie française (volume 3)Chapitre 45 sur 89 · PRONONCÉ LE 17 NOVEMBRE · texte numérisé non relu

PRONONCÉ LE 17 NOVEMBRE

Par m. Pellisson,

Lorsqu'il fut reçu à la place de M. de Porchères.

Messieurs,

J'aurois souhaité de ne voir jamais mourir pas un de messieurs les Académiciens, et de demeurer toute ma vie supernuméraire, ce qui ne m'étoit que trop glorieux -, mais puisqu'il en devoit arriver autrement, je me réjouis de voir que cette illustre Compagnie confirme aujourd'hui la grâce qu'elle m'avoit déjà faite, et qu'elle n'en a point été détournée ni par les défauts qu'elle a pu remarquer en moi depuis que j'ai l'honneur d'assister à ses assemhiées, ni par les divers murmures qui ont été excités de tous côtés contre ce misérable livre, qui, tout innocent qu'il est, n'a pas eu certainement le bonheur de satisfaire également à tout le monde. Je me

sens obligé, Messieurs, à vous protester de nouveau que, ni en le composant, ni en le publiant, je n'ai jamais eu d'autre pensée que de servir la Compagnie, d'obliger tous les particuliers qui la composent, d'honorer le Protecteur mort, de rendre tout ce que je devois au mérite et à la qualité du Protecteur vivant.

A cette protestation. Messieurs, j'en ajoute une autre, qui est que je n'imiterai point ceux qui ne témoignent de l'ardeur pour leurs maîtresses que durant les fiançailles et qui s'en dégoûtent le lendemain de leurs noces. Vous me verrez redoubler mon assiduité et mes soins, et, par les devoirs que je rendrai, et à tout le Corps en général, et à chacun de vous, Messieurs, j'essayerai de vous faire voir que dans une âme qui n'est pas tout à fait mercenaire, le souvenir et la reconnoissance d'un bienfait reçu ont encore plus de force que n'en avoient le désir et l'assurance de le recevoir.

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